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EAN : 9782226465382
180 pages
Albin Michel (18/08/2021)
3.77/5   1470 notes
Résumé :
« Il ne faut pas sous-estimer la rage de survivre. »

Sous la forme d’un conte, Amélie Nothomb raconte la vie de Patrick, son père, doux enfant angélique qui, jeune adulte, devra se confronter à la mort.
Un magnifique hommage à la figure paternelle mais aussi à un héros de l’ombre, diplomate à la carrière hors norme.
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Critiques, Analyses et Avis (315) Voir plus Ajouter une critique
3,77

sur 1470 notes

Ladybirdy
  19 août 2021
Une sauce des Nothomb à la Nothomb, ça vous tente ? Car ici, pas d'élucubrations tirées à quatre épingles (enfin tout de même un peu, on ne changera pas Amélie) mais un plongeon épicé, drôle, fantasque et débridé au coeur de la famille Nothomb. du père d'Amélie en particulier, Patrick Nothomb.
L'enfant n'aura pas eu la chance de connaître son père, mort à la guerre quand il n'était même pas né. À six ans, ses grands parents maternels le jugent un peu mollasson, il a « le corps aussi tendre que l'âme » le gamin. Faut l'endurcir coûte que coûte. Rien de plus simple, il faut envoyer Patrick l'été chez les Nothomb ! Pauvre môme. Il n'imagine pas encore dans quoi il va atterrir.
Mélange d'exaltation et de désespoir, Patrick devra s'y faire.
Amélie Nothomb nous offre un bien sympathique moment de lecture au côté de ses aïeux qu'elle croque dans de judicieux et jubilatoires détails. Les aventures de Patrick Nothomb on pourrait penser que c'est l'horreur mais écrit avec cette fantaisie étourdissante d'Amelie, on se surprend à sourire ou à rire aux éclats. L'humour de l'auteure belge est bien présent et l'univers Nothombélien est un délice de lecture.
Je ne dévoile aucune des péripéties du père Nothomb car un roman d'Amelie, ça ne se prépare pas. Ça se déguste comme une parenthèse hors du temps. Bienvenue dans Premier sang.
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Yvan_T
  25 août 2021
Je n'avais encore jamais rien lu d'Amélie Nothomb (et oui, c'est moi), mais le sujet de celui-ci m'interpelait car j'ai toujours aimé découvrir les racines des gens avant de m'intéresser au reste. Comme l'auteure le souligne indirectement et ironiquement en fin de récit, celui-ci doit son existence à un certain Christian Gbenye, chef des rebelles durant la prise d'otages en 1964 à Stanleyville, dans l'ex-Congo belge… et, même si le compteur des bonnes actions de cet homme ne doit probablement pas battre des records, je me dois donc également de le remercier car cet ouvrage m'a non seulement donné envie de découvrir le reste de l'oeuvre d'Amélie Nothomb (ma PÀL ne le remercie donc pas), mais également le témoignage de son père : « Dans Stanleyville : journal d'une prise d'otages », publié en 1993.
À travers ce récit, Amélie Nothomb rend donc hommage à son père décédé à l'âge de 83 ans en mars 2020. Pour ce faire, elle se glisse dans sa peau et nous raconte un récit à la première personne, de l'enfance de Patrick Nothomb à ses débuts en tant que diplomate lors de la célèbre prise d'otages de Stanleyville, en passant par ses vacances scolaires chez les grands-parents paternels.
Ce plongeon fantaisiste au coeur de la famille Nothomb débute donc par la plus tendre enfance de Patrick et s'il y a une chose que j'apprécie particulièrement dans la littérature, c'est de revisiter l'histoire à travers le regard d'un enfant…surtout si celui-ci n'est pas né à une époque où l'on passe ses vacances scolaires le cul dans un fauteuil en jouant à la Play Station avec des amis virtuels et anonymes, mais au bon vieux temps où l'on passait les périodes estivales chez les grands-parents à la campagne. Ah, cette bonne vieille époque où les enfants gardaient leurs distances avec des aînés qu'ils respectaient, qui les élevaient à la dure et leur apprenaient à marcher droit… surtout s'il y avait un général dans la famille !
Si j'espérais bien évidemment accrocher à la plume d'Amélie Nothomb, je ne m'attendais par contre pas à ce qu'elle me fasse tant rire. Vu le sujet et la perte récente de ce père, je m'attendais plutôt à ce qu'elle joue avec mes émotions, mais pas avec mes zygomatiques. Mais bon, après avoir passé un excellent moment en compagnie des Nothomb, je comprends aisément d'où lui vient ce grain de folie, ainsi que le style décalé, drôle et fantasque de cet hommage.
Me voilà donc ravi de vous avoir lue Amélie et ravi d'avoir fait votre connaissance Patrick. Puissiez-vous reposer en paix en sachant que je m'évanouis également à la vue de la moindre goutte de sang…voire même souvent à la seule évocation de sa présence…Boum!!!
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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Kirzy
  22 décembre 2021
Devenir son père le temps d'un livre, c'est le geste fou d'Amélie Nothomb pour ressusciter son père décédé en mars 2020. Accoucher de lui pour le garder vivant et lui dire au revoir, sereinement. Ecrire devient ainsi à la fois un acte d'amour et de force. Cette étonnante première personne est emplie de sensibilité, porté par une écriture qui a le goût du mot juste et de la précision, chaque phrase étant centré sur le verbe dans une quête de simplicité qui donne beaucoup d'allant à un récit plein de vie et à l'humour exquis.
Je me suis régalée durant toute la première moitié consacrée à l'enfance de son père. Les passages se déroulant dans le château ardennais de ses grands-parents maternels sont formidables de lucidité enjouée. C'est là que Patrick Nothomb est envoyé pour s'endurcir et découvre une éducation darwinienne où il faut survivre à son enfance. Malgré les efforts de sa Bonne-Maman qui s'agite à fabriquer de la confiture de rhubarbe, la horde des enfants n'est quasi pas nourrie, pas chauffée, pas nourrie. le sordide de la situation est désamorcée par un sens de la drôlerie qui décrit un enfant adorant partager une liberté chaotique auprès d'une tribu ensauvagée.
Toute la deuxième partie centrée sur la vie de jeune adulte de son père m'a semblé nettement moins intéressante, plus pâlotte, y compris l'épisode de la prise d'otages de Stanleyville en 1964 au cours de laquelle des rebelles congolais ont retenu durant trois mois près de 1600 otages, Patrick Nothomb étant le jeune consul belge chargé des négociations. En fait, comme cela a été souvent le cas avec ses derniers romans, j'ai tendance à trouver que l'auteure bâcle un peu ses derniers chapitres, me laissant sur ma faim après les promesses pleines de brio du démarrage.
Reste une lecture très plaisante dans laquelle on sent toute l'admiration et la tendresse d'une fille pour son père qui écrit la gloire de son père avec une gaieté jamais teintée de mélancolie mais gorgée de sève.
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Cancie
  27 avril 2022
Premier sang débute avec un jeune homme de vingt-huit ans face à un peloton d'exécution. Sur le point de mourir, mis en joue par les douze hommes, il confie : « La seule chose que je ressens est une révolution extraordinaire : je suis vivant ». Alors qu'il est sur le point de mourir, se dégage de ces premières pages une volonté de vivre.
Cet homme devient le narrateur et voit défiler sa vie, de sa naissance jusqu'à ses vingt-huit ans.
L'absence de son père durant l'enfance, il n'avait que huit mois quand il est décédé et le désamour de sa mère à son encontre le marquent fortement. Il est élevé par ses grands-parents maternels dans un milieu aristocratique. Son grand-père le trouvant trop tendre et trop doux décide de le faire séjourner lors des vacances scolaires chez son grand-père paternel noble et poète, chez lequel il va faire connaissance avec tout le clan Nothomb, des oncles et des tantes presque aussi jeunes que lui. Ces séjours plus que spartiates ont de quoi endurcir notre garçon.
Lorsque le nom de Nothomb apparaît, le lecteur comprend alors que ce jeune garçon, puis jeune homme, Patrick, n'est autre que le père de l'auteure.
Il évoque également sa phobie du sang, découvrant qu'il s'évanouit à sa vue et termine avec cette terrible prise d'otages au Congo, orchestrée par des rebelles en 1964 et le rôle important et délicat qu'il a eu en tant que consul, s'étant proposé comme négociateur.
Et c'est le retour au peloton d'exécution, la boucle est bouclée. La phrase finale, très subtile est de bon augure.
Amélie Nothomb a ainsi savamment construit son roman, un bel hommage très original à son père décédé le 17 mars 2020. Elle s'est glissée dans la peau de celui-ci, lui rendant ainsi la vie en lui donnant la parole, un bel adieu !
J'ai trouvé vraiment excentrique et à peine crédible la vie que mène l'arrière-grand-père paternel de l'auteure, Pierre Nothomb et surtout la manière dont il a élevé ses nombreux enfants et son petit-fils Patrick, mais lui seulement pendant quelques périodes. Il fallait être sacrément costaud à l'époque pour avoir une chance de survivre à ces méthodes très spéciales même s'il est certain que celui qui avait reçu cette éducation était prêt à faire face à l'adversité ! C'est pourtant avec drôlerie et humour que cette enfance nous est contée.
Par contre, la vie diplomatique de ce jeune père, nommé consul à Stanleyville dans ce Congo qui venait d'obtenir son indépendance est particulièrement intéressante, et l'action, la créativité et le talent dont il a fait preuve pour négocier la protection des membres de la communauté internationale otages des révolutionnaires Simbas avec le régime révolutionnaire de l'Armée populaire de libération particulièrement bien relatées, mais peut-être un peu trop longuement… .
Difficile de résister à l'écriture légère, fluide, énergique et souvent ironique d' Amélie Nothomb !
Premier sang a décroché le Prix Renaudot 2021.
Merci à Cathy pour m'avoir prêté Premier sang, deuxième roman que je lis d'Amèlie Nothomb, le premier ayant été Stupeur et tremblements.
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migdal
  07 novembre 2021
En cette saison où #BalanceTonPère semble être le point de ralliement de celles et ceux en mal d'inspiration, quel plaisir qu'Amélie Nothomb honore son père en lui consacrant son ouvrage annuel !
Orphelin dès sa première année, Patrick Nothomb est élevé à Bruxelles par sa mère, jeune veuve très mondaine, et ses grands parents maternels à l'autorité militaire seyant à un Général dans les années d'entre les deux guerres. Il a la chance de passer ses vacances dans le chateau ardennais du Baron Nothomb, son grand père paternel, poète vivant insouciant des contraintes bassement matérielles. Jeté au milieu d'une volée sauvage de cousins et cousines, il apprend à se battre pour vivre, et tout simplement pour se nourrir !
Je devine que la romancière force un peu le trait, mais une chose est sure, c'est que cette éducation virile devient un atout notable lorsque Patrick, au début des années 60, est envoyé comme jeune diplomate au Congo en pleine époque de décolonisation et capturé dans Stanleyville avec plus de mille otages. Patrick devient par la force des choses, le négociateur qui palabre durant des semaines avec des insurgés perdant parfois le contrôle de leurs nerfs et exécutant au hasard un prisonnier.
Or le consul ne supporte pas la vue du sang et risque de perdre connaissance s'il regarde un blessé ou un cadavre … Et perdre connaissance c'est perdre la face et perdre toute crédibilité vis à vis du leader Gbenye.
« Il ne faut pas sous-estimer la rage de survivre », Patrick Nothomb trouve la force de tenir jusqu'à l'arrivée des parachutistes puis d'avoir un troisième enfant : Amélie.
Avec humour et pudeur, en tenant la plume à la place de son père, la romancière immortalise avec talent la mémoire de son papa décédé l'an dernier à l'époque du confinement. Ces cette soixante dix pages de piété filiale sont attachantes. le respect porté à l'adversaire en lutte pour son indépendance est remarquable et explique peut-être pourquoi autant d'otages ont finalement survécu.
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critiques presse (6)
MadmoizellePresse   08 janvier 2022
Avec l’audace qui la caractérise, la romancière raconte son père, un homme très vite confronté à la mort. Un bouquin qui nous noué la gorge et auquel on pensera encore longtemps.
Lire la critique sur le site : MadmoizellePresse
LePoint   13 septembre 2021
Tendre, drôle, apaisant « Premier Sang », hommage à celui qui lui a donné la vie.
Lire la critique sur le site : LePoint
LaTribuneDeGeneve   07 septembre 2021
Avec «Premier sang», la sorcière des lettres réussit un tour de magie, elle accouche de son père.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
Bibliobs   07 septembre 2021
Dans « Premier Sang », la romancière à succès s’est glissée dans sa peau de son père, disparu en 2020. Elle en tire une comédie pétillante et inconvenante.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Elle   06 septembre 2021
Avec son trentième roman, « Premier sang », Amélie Nothomb rend un doux hommage à son père, Patrick. De son enfance à sa carrière de diplomate : elle raconte sa vie sous la forme d’un conte.
Lire la critique sur le site : Elle
LeFigaro   31 août 2021
Dans Premier sang, son trentième ouvrage publié, la romancière fait revivre son père, décédé le premier jour du confinement.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (160) Voir plus Ajouter une citation
HundredDreamsHundredDreams   12 janvier 2022
Le plus grand moment de mon année, c’était le train Bruxelles-Habay du premier jour des vacances d’été. J’emportais toujours le cadeau de Grand-Mère qui, avec les années, devint mon livre préféré. À force de le lire, je repérai, au sein d’un long poème intitulé Le Bateau ivre, une succession de vers qui me tordit l’âme :

Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Cette flache, je la connaissais. C’était un vague ruisseau caché dans la forêt. L’époque n’était pas à la sécheresse, il y avait des rivières un peu partout dans les Ardennes, mais celle-là, lente et triste, était la mienne, où je me rendais seul. Je décidai que je l’appellerais la flache.
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CancieCancie   25 mai 2022
Depuis cette affaire, il m’est resté un réflexe plein de sagesse : ne jamais tomber amoureux d’une femme sans l’avoir vue fâchée. La contrariété révèle la personnalité profonde. Tout le monde peut se mettre en colère, moi comme les autres, mais il y a un mur de différence entre la saine fâcherie et le visage offensé. Celui-ci anéantit chez moi la cristallisation.
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CancieCancie   15 mai 2022
Je me faufilai parmi les corps agglutinés pour arriver jusqu’à Grand-Père. Il saisit mes mains dans les siennes et me regarda, les yeux brillants.
- Comme tu nous as manqué !
Je ne connaissais pas encore l’usage du nous de majesté et je crus réellement qu’il parlait au nom du clan. Bouleversé par un tel accueil, je distribuai des baisers autour de moi, sans remarquer les airs narquois des enfants.
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HundredDreamsHundredDreams   12 janvier 2022
On me conduit devant le peloton d’exécution. Le temps s’étire, chaque seconde dure un siècle de plus que la précédente. J’ai vingt-huit ans.
En face de moi, la mort a le visage des douze exécutants. L’usage veut que parmi les armes distribuées, l’une soit chargée à blanc. Ainsi, chacun peut se croire innocent du meurtre qui va être perpétré. Je doute que cette tradition ait été respectée aujourd’hui. Aucun de ces hommes ne semble avoir besoin d’une possibilité d’innocence.
Il y a une vingtaine de minutes, quand j’ai entendu crier mon nom, j’ai su aussitôt ce que cela voulait dire. Et je jure que j’ai soupiré de soulagement. Puisqu’on allait me tuer, il ne serait plus nécessaire que je parle. Cela fait quatre mois que je négocie notre survie, quatre mois que je me lance dans des palabres interminables afin d’ajourner notre assassinat. Qui va défendre les autres otages à présent ? Je l’ignore et cela m’angoisse, mais une part de moi est réconfortée : je vais enfin pouvoir me taire.
Dans le véhicule qui m’emmenait au monument, j’ai regardé le monde et j’ai commencé à m’apercevoir de sa beauté. Dommage d’avoir à quitter cette splendeur. Dommage, surtout, d’avoir mis vingt-huit années d’existence à y être à ce point sensible.

(Incipit)
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Jean-DanielJean-Daniel   17 octobre 2021
On me conduit devant le peloton d'exécution. Le temps s'étire, chaque seconde dure un siècle de plus que la précédente. J'ai vingt-huit ans. En face de moi, la mort a le visage de douze exécutants. L'usage veut que parmi les armes distribuées, l'une soit chargée à blanc. Ainsi, chacun peut se croire innocent du meurtre qui va être perpétré. Je doute que cette tradition ait été respectée aujourd'hui. Aucun de ces hommes ne semble avoir besoin d'une possibilité d'innocence.
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