AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

Claude Seban (Traducteur)
EAN : 9782070425716
336 pages
Gallimard (17/06/2004)
3.63/5   278 notes
Résumé :
Elle, c'est Ursula. Parce qu'elle est trop grande et mal dans sa peau, Ursula se surnomme elle-même la Nulle.
Lui, c'est Matt. Doué, drôle, il aime faire le malin. Trop parfois. Lorsqu'il a menacé de faire exploser le lycée, il plaisantait. Mais tout s'enchaîne: accusé, isolé, Matt voit sa vie devenir un enfer. Seule Ursula ne cède pas à la rumeur...
Que lire après Nulle et grande gueuleVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
3,63

sur 278 notes
5
13 avis
4
27 avis
3
15 avis
2
3 avis
1
0 avis
Ursula se trouvait terne, trop grande, trop costaud - adolescence, ton univers impitoyable. Depuis qu'elle s'est auto-baptisée 'la Nulle' en secret, elle ne craint plus rien ni personne. Sa seule présence impose le respect, personne n'ose s'y frotter. Mais elle a beau s'être blindée, endurcie et isolée, elle garde une belle sensibilité et une grande générosité. Elle seule osera défendre Grande Gueule, un type sympa qui fait rire tout le monde mais qui ne mesure pas toujours la portée de ses reparties.

Belle histoire d'amitié adolescente. Deux lycéens qui s'unissent dans l'adversité, contre la rumeur, le conformisme, la lâcheté, le harcèlement et la violence. On retrouve le style sobre de Joyce Carol Oates et des thèmes qui lui sont chers, une atmosphère particulière et des personnages 'sur le fil' à la fois vulnérables et pleins de ressources.

Ce roman m'a semblé légèrement plus naïf et convenu que les autres de son répertoire jeunesse (pour grands adolescents). Peut-être en raison de la ressemblance entre Nulle/Ursula et Zarbie les Yeux verts, dont l'histoire, plus spectaculaire, m'a particulièrement marquée.
Commenter  J’apprécie          560
Je suis super contente, parce que j'ai enfin découvert Joyce Carol Oates, dont j'entendais parler depuis longtemps. C'est sans trop d'hésitations que j'avais acheté ce livre dans une bouquinerie il y a près de deux ans. Intriguée à la fois par ce titre et par cette autrice, je n'ai pas prêté attention plus que cela au résumé.

Nous allons suivre Ursula (qui, intérieurement, se surnomme "La Nulle") qui va soutenir un élève qu'elle connait très peu, Matt (dit "Grande Gueule"), lorsque celui-ci va être accusé à tort d'avoir voulu poser une bombe dans leur lycée. Alors que tout le monde tourne le dos au jeune homme, Ursula est là et une belle amitié va les lier...

Ce livre permet de réfléchir sur les rumeurs et les proportions que celles-ci peuvent prendre, jusqu'à détruire des vies. L'histoire se passe dans un lycée : les chuchotements de couloir sont légion et le harcèlement quotidien. La vie de Matt va s'en trouver bouleversée, alors même que seule Ursula le croit et lui tend la main.

J'ai bien aimé ce personnage, même si je l'ai trouvée déroutante au début, et presque clichée, sous certains aspects. J'ai moins adhéré au personnage de Matt, dont nous ne savons finalement pas grand chose, comparé à Ursula.

Un roman prenant qui met en garde contre les rumeurs et où la tension monte petit à petit, alors qu'on ne sait pas ce qui pourrait arriver à la fin...
Commenter  J’apprécie          372
Ce roman écrit en 2002 par Joyce Carol Oates, célèbre auteure américaine, est le premier qu'elle rédige pour la jeunesse. Elle dresse ici un portrait peu flatteur d'une Amérique paranoïaque et hypocrite où le moindre mot de travers est traqué et dénoncé, où la liberté d'expression semble n'être plus qu'un vague souvenir, où la différence même est devenue un danger.
Matt l'apprendra à ses dépens. Lui qui s'amusait d'un rien, devient, du jour au lendemain, un paria et va peu à peu se replier sur lui-même en prenant conscience de la lâcheté de son entourage.

De nombreux thèmes peuvent être abordés suite à cette lecture, à commencer par les répercussions que peut avoir une calomnie. le livre nous invite à faire preuve de discernement, d'avis critique face à la rumeur en dénonçant l'influence des médias, les réactions disproportionnées et l'injustice qui en découle.

Cette histoire d'adolescents, simple et cruelle, dépeint une société malade de la peur, suspicieuse et conformiste au possible. L'auteur y fustige, implacable, les adultes qui survivent aux pressions à coup de somnifères, de Prozac ou d'alcool, la peur du qu'en-dira-t-on, omniprésente et paralysante, les relations vraies qui semblent ne plus pouvoir exister.
Ce livre est magistral pendant les huit dixièmes de l'histoire. Remarquablement écrit, il dérange, met mal à l'aise même, tout en mettant le doigt sur quantité de caractéristiques de la société d'aujourd'hui. Puis, il redevient plus politiquement correct et se termine par un happy end à l'américaine qui casse un peu la force du propos. Je le regrette. Il reste cependant percutant et d'une grande qualité littéraire.

Une histoire qui parlera aux adolescents, âge vulnérable où l'on se cherche et où le regard d'autrui est important pour la construction de la personnalité.
Commenter  J’apprécie          350
Je dois dire que je n'ai jamais lu de roman de Joyce Carol Oates (même si certains de ses romans m'attirent comme sa trilogie "gothique" comprenant Bellefleur) et si j'ai bien compris, Nulle et grande gueule est l'un de ses rares romans "jeunesse" : et bien, si c'est le cas, JC Oates s'en sort très bien !

J'ai trouvé ce roman original et intéressant, aussi bien pour un public adolescent qu'adulte, car il aborde un sujet fort : quelles sont les conséquences pour un lycéen et son entourage de paroles dites sans mauvaise intention, mais déformées et transformées en menaces ?
Dès le début de l'histoire, je me suis attachée à Matt, jeune garçon drôle, mais en réalité timide, extrêmement brillant, ayant peu confiance en lui, qui se retrouve, en l'espace de quelques heures, au centre de l'attention de toute une ville, puis se retrouve totalement isolé, ignoré, accusé et ce, sans preuve. J'ai également apprécié Ursula, dont j'ai admiré le courage, la liberté par rapport au regard des autres, l'originalité, l'intelligence. Les deux forment une paire terriblement attachante, à laquelle s'ajoute l'adorable Citrouille, le chien de Matt, éprouvant pour ce dernier un amour inconditionnel.

Le roman offre donc une très belle réflexion sur les rapports humains, nous invite à réfléchir à l'importance d'une main tendue à l'adolescence (période difficile) mais pas seulement, nous montre que les amitiés se forgent souvent après des épreuves difficiles et que des "amis" d'hier peuvent devenir de simples connaissances du jour au lendemain...

C'est un roman qui vaut le coup d'oeil, ne serait-ce que parce qu'il évoque des valeurs hélas souvent oubliées, comme la tolérance, l'amitié, l'amour, la justice ou encore la famille.

A lire !
Commenter  J’apprécie          251
Ce livre me fut offert comme cadeau par une amie. J'étais assez surprise en voyant le roman pour la première fois, je savais pertinemment que ça n'aurait pas du tout été le genre de bouquin vers lequel je me serai dirigée si je l'avais vu en librairie. Enfin, bien sûr, je lis beaucoup de livres dans le genre "tranche de vie", mais ni le titre ni le résumé ne m'auraient attiré plus que ça. Néanmoins j'ai décidé de faire confiance à mon amie qui avait beaucoup aimé cette lecture.

J'ignorais complètement que Joyce Carol Oates était une célèbre romancière américaine, mais au moins ce livre m'aura permis de la découvrir !

Enfin bon que dire... ?
Une histoire se déroulant au lycée, nous faisant suivre deux adolescents... J'ai été un peu déstabilisée au début, surtout par la personnalité atypique d'Ursula. le fait qu'elle se surnomme "La Nulle" à longueur de temps me déboussolait complètement, me dérangeait, même, quelque part.

Finalement, j'ai fini par m'attacher à elle et à Matt. Et si ce livre ne fut pas un coup de coeur, ce fut une bonne découverte malgré tout.
À vrai dire, je n'ai pas adoré l'histoire en elle-même, que je n'ai pas détesté non plus mais qui ne m'a pas captivé plus que ça. (Le livre a beau traiter de sujets intéressants de notre société, je n'ai pas réussi à être réellement dedans...)
Mais ce que j'ai aimé, ce sont les personnages, la relation qui se tisse entre nos deux protagonistes. C'est davantage ça que j'ai apprécié. Ils ont réussi à me toucher alors que je n'étais pas vraiment convaincue par le début, alors pour ça, merci. :)
Commenter  J’apprécie          210

Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
Le bruit courait qu'il y avait eu une alerte à la bombe au lycée dans l'après-midi. Ou que l'on avait peut-être découvert une vraie bombe dans la cafétéria, ou ... dans la bibliothèque. Un garçon déclara qu'il avait entendu dire que la bombe - "une bombe artisanale" - avait été trouvée dans un placard du concierge, près du gymnase.

- "Quand ?" demandai-je d'un ton sceptique. "Dans ce cas, notre match aurait été annulé, non ? On aurait fait évacuer le lycée."

Mais personne ne faisait très attention à moi. Ils parlaient tous en même temps, le visage en feu. Des filles de Terminale nous rejoignirent avec cette nouvelle : elles venaient d'apprendre qu'un garçon, un élève de Première, était venu au lycée avec un pistolet ... ou une 22 long rifle ? ... ou peut-être une mitraillette, capable de tirer des centaines de balles en quelques secondes. Quelqu'un affirma avoir entendu dire que le garçon avait été arrêté, que des flics armés étaient venus le chercher en classe. "Des flics armés ? Ici ? Au lycée ?" Nous étions tous stupéfaits.
Commenter  J’apprécie          80
Quand il avait ouvert son casier dans le couloir bruyant des premières, il avait regardé autour de lui avec un sourire timide, et attendu qu'on s'aperçoive de sa présence ... Skeet, Neal, Carl, Russ et d'autres s'étaient montrés amicaux, d'accord. En apparence. Les élèves qui avaient les casiers voisins du sien, et qui étaient assis à côté de lui en classe. Mais ils étaient gênés. Ils ne savaient pas quoi dire. Russ, qui n'était jamais à court de mots, bégayait : "C'était vraiment bizarre, hein ? ... Ca a dû te faire ... bizarre." Même Mr Weinberg [le professeur d'anglais], dissimulant son embarras sous des plaisanteries, avait changé. Et quand Matt avait fini par rencontrer Stacey [sa petite amie], après les cours, elle courait à la répétition de la chorale et lui avait dit, le visage empourpré. "Oh ! Matt ! Je t'appellerai ... bientôt !"

Elle n'avait jamais appelé, bien entendu.

On aurait dit que Matt avait sur le corps une plaie invisible pour lui, mais visible pour les autres, horrible, à vif. Quand ils le regardaient, ils ne voyaient plus qu'elle. Ils ne voyaient plus Matt Donaghy.
Commenter  J’apprécie          50
Quand il avait ouvert son casier dans le couloir bruyant des premières, il avait regardé autour de lui avec un sourire timide, et attendu qu'on s'aperçoive de sa présence ... Skeet, Neal, Carl, Russ et d'autres s'étaient montrés amicaux, d'accord. En apparence. Les élèves qui avaient les casiers voisins du sien, et qui étaient assis à côté de lui en classe. Mais ils étaient gênés. Ils ne savaient pas quoi dire. Russ, qui n'était jamais à court de mots, bégayait : "C'était vraiment bizarre, hein ? ... Ca a dû te faire ... bizarre." Même Mr Weinberg [le professeur d'anglais], dissimulant son embarras sous des plaisanteries, avait changé. Et quand Matt avait fini par rencontrer Stacey [sa petite amie], après les cours, elle courait à la répétition de la chorale et lui avait dit, le visage empourpré. "Oh ! Matt ! Je t'appellerai ... bientôt !"
Elle n'avait jamais appelé, bien entendu.
On aurait dit que Matt avait sur le corps une plaie invisible pour lui, mais visible pour les autres, horrible, à vif. Quand ils le regardaient, ils ne voyaient plus qu'elle. Ils ne voyaient plus Matt Donaghy.
Commenter  J’apprécie          50
Toutes les petites filles [de quatre ans] qui prenaient des cours étaient vraiment adorables, et cela paraissait assez innocent de les former comme de "vraies" danseuses. (...) [Mais] la compétition comptait autant que la danse dans ces cours. Vous aviez beau être bonne, il pouvait toujours y avoir quelqu'un de meilleur. Le cauchemar, c'était que, dans une troupe de filles en concurrence, il fallait qu'une fille soit la moins douée. Il fallait qu'une fille soit juste un petit peu "trop grosse".
(p. 180)
Commenter  J’apprécie          90
Je le vis penser. Maintenant.
Je savais : c’est comme de plonger du plus haut plongeoir. Il faut que votre esprit vous y autorise. Votre corps veut survivre, il ne veut pas se jeter dans le vide. Jamais ! Il faut que votre esprit vous donne les ordres. Maintenant. Vas-y.
Commenter  J’apprécie          170

Videos de Joyce Carol Oates (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joyce Carol Oates
Après seize ans de négociations, le réalisateur Stig Björkman a convaincu Joyce Carol Oates, 85 ans, de lui ouvrir les portes de son univers. Portrait sensible de l’immense romancière, inlassable exploratrice de la psyché noire de l'Amérique.
autres livres classés : rumeursVoir plus
Les plus populaires : Jeunesse Voir plus


Lecteurs (661) Voir plus



Quiz Voir plus

Joyce Carol Oates (difficile si vous ne connaissez pas son oeuvre)

Un des nombreux romans de Joyce Carol Oates est consacré à Marilyn Monroe. Quel en est le titre ?

Corps
Sexy
La désaxée
Blonde

10 questions
379 lecteurs ont répondu
Thème : Joyce Carol OatesCréer un quiz sur ce livre

{* *} .._..