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ISBN : 233001418X
Éditeur : Actes Sud (06/02/2013)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Dans un écrin de verdure à la périphérie de Buenos Aires, un “country club” auquel on n’accède qu’après des contrôles dignes du quartier général de la CIA, un homme est trouvé, la gorge tranchée. Tout porterait à croire qu’il s’agit d’un suicide si, quelques années auparavant, son épouse n’avait connu le même sort. Vengeance ? Règlement de comptes ? Le scoop parvient chez un vétéran des faits divers du journal El Tribuno, en délicatesse avec sa direction qui l’a mut... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Ellane92
  02 février 2016
Un homme est découvert la gorge tranchée dans sa jolie maison du Country Club La Maravillosa, quartier privatisé et surveillé (par des postes de gardes surveillant les entrées et sorties) pour nantis, où tout est fait pour le repos de l'âme et la santé du corps. Ca ressemble à un suicide, sauf que l'épouse de cet homme nouvellement décédé avait été retrouvée morte 3 ans auparavant, dans les mêmes conditions. A l'époque, tous les regards concernant la mort de l'épousée s'étaient tournés vers le mari, mais aucune preuve de sa culpabilité n'avait pu être trouvée.
Le quotidien El tribuno s'empare de cette affaire, et couvre ce meurtre/suicide au travers de l'approche maladroite du "gamin des faits divers". Ce dernier a été embauché en remplacement du célèbre journaliste Jaime Brena qui, ayant eu l'heur de déplaire à son rédacteur en chef, se retrouve à la tête de la fabuleuse rubrique société, écrivant des articles sans importance sur des sujets frôlant le ridicule... Quoiqu'il en soit, le rédacteur en chef indélicat demande à son ancienne maitresse, Nurit Iscar, Betibou de son surnom (car présentant une certaine ressemblance avec Betty Boop), une écrivain autrefois célèbre qui vivote en servant de petite main aux excentriques qui veulent écrire leur vie, de s'immerger dans le country club et d'y raconter de la fiction, pour alimenter le journal. Jaime, incapable de se tenir à l'écart, avec ses contacts toujours dans la poche, se rapproche du petit jeunot qui le remplace.
J'ai vraiment aimé ce Bétibou, un petit roman relatant l'enquête menée par deux journalistes différents mais complémentaires et un auteur. L'écriture de C. Pineira est simple, instructive mais pas démagogique, et nous dépeint une certaine société de l'Argentine moderne relativement peu connue, trempant tour à tour sa plume fine et élégante dans l'ironie, la férocité, l'extravagance, la tolérance, la bienveillance ou l'humour. L'avancée de l'enquête est plutôt lente, ce qui permet au lecteur de prendre son temps pour découvrir les personnages savoureux qui prennent vie sous nos yeux (Bétibou est un très beau portrait de femme, et l'on croirait ses amies tout droit sorties d'un film d'Almodovar !), leur histoire, leur environnement. Les dialogues, sans ponctuation ni identification de l'interlocuteur, sont percutants, et cette façon de procéder donne un certain cachet au texte.
De nombreux sujets sont évoqués au cours de ces 400 pages. Sous couvert de nous raconter l'investigation liée à la résolution d'un meurtre dans un country club, il me semble qu'une bonne partie du texte, décontextualisée, peut très bien s'appliquer à de nombreux pays, et de nombreuses époques. Par exemple, quand je pense "Argentine" et que je lis : "Quand on ne prête aucune importance aux atrocités passées, elles laissent des plaies ouvertes et, pire encore, il est certaines personnes qui s'arrogent parfois le droit de réparer ce que la justice a en son temps laissé impuni. Il n'empêche que cette justice rendue à titre personnel constitue une nouvelle atrocité qui alimente un cycle infini de haine et de vengeances. Est-il moins assassin que les autres, celui qui tue quelqu'un qui mérite de mourir ?", ça ne m'évoque pas immédiatement la résolution d'une enquête par deux journalistes et un écrivain. Mais après tout, chacun trouvera ce qui le touchera dans un texte !
Une belle découverte.
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mariecesttout
  28 avril 2014
Photo de couverture: Rodney Smith
Et en exergue:
"L'histoire continue, elle peut continuer, il y a plusieurs hypothèses possibles, elle reste ouverte, elle ne fait que s'interrompre. L'enquête, elle, n'a pas de fin, elle ne peut se terminer. Il faudrait inventer un nouveau genre littérare: la fiction paranoïaque. Tous les personnages sont suspects, ils se sentent tous poursuivis. "
Ricardo Piglia, Cible nocturne
"C'est le lundi que l'on met le plus de temps à entrer au Country Club La Maravillosa."
C'est une charmanté résidence réservée aux happy few, qui rappelle celle décrite dans Les veuves du jeudi, mais le temps n'a rien arrangé à la paranoïa des habitants. Et puis, sait-on jamais, si du personnel de maison parvenait à en sortir avec, je ne sais pas, un peu de nourriture qui n'échouerait pas dans une poubelle , là où est sa place? On ne peut pas admettre des actes criminels de cette ampleur.
A propos d'acte criminel, justement, son employée, après avoir réussi à passer barrage et fouille, vient de retrouver Pedro Chazarreta la gorge tranchée.. Bien sûr, on pourrait imaginer que, rongé par le remords d'avoir assassiné sa femme trois ans auparavant, il se soit infligé le même mode opératoire. Seulement.. -et hélas, ce serait plus simple- l'expert légiste n'est pas tout à fait d'accord.
.
Ce meurtre est le point de départ d'un roman bon et sympathique qui mêle donc une enquête policière, et une critique sociale de l'Argentine moderne et , en particulier de ses médias. Enfin, de l'Argentine? Je pense que certaines descriptions savoureuses de ce milieu pourraient s'appliquer partout, à des degrés divers bien sûr, tout sonne très juste.
Et Betibou, dans cette histoire?Nurit Iscar, surnommée Betibou est écrivain. Enfin, elle l'était, elle écrivait des romans policiers , et puis, un jour elle a écrit un roman d'un autre genre. Une critique assassine écrite par une chroniqueuse culturelle qui n'avait pas lu le livre , relayée, et voilà, exit Nurit Iscar . Maintenant elle écrit comme nègre des autobiographies pour des gens qui croient tous avoir des choses exceptionnelles à raconter. Et elle est chargée par le rédacteur en chef d'El Tribuno de s'installer dans la résidence, et de décrire la situation au jour le jour, de l'intérieur.. Elle va faire un peu plus.
C'est fin, ironique , Claudia Pineiro a toujours le même sens aigü de l'observation et de l'analyse ,toujours le même humour noir, le sens des portraits et des détails , et un rythme qui ne faiblit pas .
Réflexion sur l'avenir de la presse écrite en particulier, critique sociale féroce et drôle, beau et lucide portrait de femme .
"Le traitement de cette affaire policière vaut pour toute autre information et illustre la situation des médias à l'heure actuelle. Quand des choix informatifs négligent certaines nouvelles, on peut parler de censure. Ne laissez personne choisir à votre place. ..Aujourd'hui, la communication ne se fait plus entre un émetteur et un récepteur, nous y participons tous. Hiérarchiser les nouvelles en fonction de nos propres critères et non par les choix qu'on nous impose, c'est faire de la contre-information. Et la contre-information, ce n'est pas un gros mot, bien au contraire. Cela veut dire informer depuis un autre espace, depuis un espace détaché du pouvoir. ..
Si j'arrête aujourd'hui d'écrire dans ce journal, ce n'est pas parce que cela ne m'intéresse plus, c'est précisément le contraire. ..Le journalisme, le journalisme d'aujourd'hui est-il encore l'arme idéale? Je n'en sais rien, et n'étant pas journaliste, je ne me sens pas le droit de répondre à cette question. Je suis écrivain, j'invente des histoires… Car dans ce monde là, je n'ai pas peur. …
Je retourne donc à la littérature. Je n'écrirai plus ces reportages car j'ai peur d'écrire ce que je devrais écrire et parce que j'aurais honte d'écrire autre chose.
.. Je vous fais confiance, vous saurez quelle attitude adopter en cette nouvelle ère de l'information. Une nouvelle ère dont vous êtes, vous aussi, pleinement partie prenante."
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Shan_Ze
  04 septembre 2016
Pedro Chazarreta est retrouvé assassiné dans son fauteuil par sa femme de ménage. Trois ans après la mort de sa femme au même endroit. Et pourtant, l'homme habitait dans un country club argentin, La Maravillosa. Un endroit où il est très difficile d'entrer, Nurit Iscar, une auteure envoyée par Lorenzo Rinaldi, le directeur d'El Tribuno, pour écrire des articles sur ce meurtre pourra en attester. « le gamin des faits divers » travaille aussi dessus, appuyé par son mentor, Jaime Brena, autre journaliste d'El Tribuno qui hésite à partir à la retraite…
J'avoue que le résumé ne m'a pas alléché tout de suite mais… c'est Claudia Pineiro. J'avais beaucoup aimé A toi du même auteur. Son écriture est particulière, dialogues incorporés aux descriptions, des répliques qui cinglent, un humour discret et efficace. J'adore sa touche et sa façon de raconter les différents évènements (exemple : la petite soirée entre amis). L'avancée dans l'enquête est très intéressante à suivre, l'auteur fait avancer ses trois personnages principaux en même temps sans perdre son lecteur (ça ne m'a pas dérangé pour ma part). C'est du brut, ça peut plaire ou pas. Ça m'a plu même si je m'interroge encore sur certains points.
Sa plume me plait toujours autant, une auteure que je ne lâcherai pas de sitôt !
(La couverture de la version originale est plus explicite sur le titre mais j'aime beaucoup celle-ci !)
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Sylviegeo
  23 mai 2016
Je découvre et je salue bien bas Claudia Pineiro. Une lecture des plus intéressantes.
Bétibou c'est proche de Betty Boop. Bétibou c'est le surnom donné à Nurit Iscar (à cause de ses boucles), unique auteur de polar en Argentine. Toutefois, Bétibou vit une panne d'écriture qui s'éternise suite à l'échec de son dernier roman. Un roman d'amour démoli par la critique. Roman d'amour qui faisait suite à une rupture amoureuse. Double échec pour Bétibou , professionnel et personnel.
Voilà quelques années, on retrouve l'épouse d'un riche personnage égorgée dans sa maison. Ce meurtre n'est jamais résolu. Là, on retrouve le mari de celle-ci, égorgé lui aussi dans sa maison. On commence par parler de suicide, puis vite, on conclut au meurtre.
Simple fait divers ? En tout cas, assez important pour que le Journal El Tribuno ( dont l'éditeur est l'ex amoureux de Bétibou) mandate le gamin des faits divers (il restera anonyme tout au long du roman) et Bétibou pour écrire -fiction/journalisme- sur cette affaire. S'ajoute à eux, Jaime Brena, spécialiste des faits divers mais mis de côté par l'éditeur du journal.
Ils formeront ce trio qui réfléchira, se questionnera, associera et découvrira un passé trouble . Devront-ils révéler ou maintenir caché ce qu'ils auront découvert ?
Bétibou c'est une écriture dense, inquiète, totale. Bétibou c'est des description complètes voulant ne rien omettre, ne rien oublier. Un ryhtme soutenu, toujours suscitant notre curiosité. Cette façon, alambiquée, ambigue, de suivre les trois personnages, de parler des moments cruciaux de leur vie tant personnelle que professionelle, est tout à fait adéquate avec le ton de ce récit. Finement, délicatement, Claudia Pineiro réussit à introduire au récit, un portrait social d'une Argentine peut -être pas tout à fait débarassée des façons de faire de la dictature. Elle réussi également à nous faire réfléchir sur le journalisme d'hier et sur celui d'aujourd'hui.
Bétibou, une écriture intelligente, un réel plaisir de lecture.
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traversay
  12 mars 2013
Bétibou, drôle de sobriquet pour une romancière en panne qui vit mal sa cinquantaine. C'est vrai que son esprit indépendant et rebelle, son refus des compromissions, sa fragilité dans le registre amoureux, sans oublier ses petites bouclettes, l'apparentent quelque peu à un personnage qui fut une sorte de symbole du féminisme, la célèbre Betty Boop. On ne peut s'empêcher de penser, à la lecture du livre de Claudia Pineiro, à l'auteure elle-même qui semble avoir transposé quelques traits de son propre caractère en adepte de l'auto-dérision qu'elle pratique avec finesse. Cet aspect là n'est qu'un détail dans la richesse thématique de Bétibou, ouvrage passionnant de bout en bout, dont la trame de thriller cache une cinglante radiographie de la société argentine. Entre autres du monde des privilégiés, vivant dans un "Country Club" à l'écart de la plèbe, un peu comme dans Les veuves du jeudi, mais pas seulement. Claudia Pineiro, à travers le caractère de Bétibou et de deux journalistes qui l'accompagnent dans son enquête, représentant respectivement la vieille école et la nouvelle en pleine Google dépendance, brosse un portrait saisissant des liaisons dangereuses et équivoques qui réunissent la presse, la police et le monde des affaires. le livre est une petite merveille psychologique qui alterne les rebondissements, on y meurt beaucoup, avec une description amère ou drôle, cela varie, du quotidien des trois héros en quête d'une vérité qu'il ne sera jamais possible de divulguer. La romancière varie avec bonheur les styles, d'une précision chirurgicale pour les détails qui tuent, très à l'aise dans des dialogues enlevés et percutants, s'amusant à créer des personnages secondaires croustillants dont elle épingle la vulgarité avec délectation. En un mot comme un cent, Bétibou est un (béti)bouquin qui craque sous la dent comme du pop corn, intelligent, distrayant et pertinent. Oui, tout cela en 400 pages à consommer avec jubilation.
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critiques presse (1)
Actualitte   29 septembre 2014
Voilà un vrai talent mis au service d'un récit superbe qui, parallèlement à l'enquête policière menée par le trio, profite de l'occasion pour donner la parole à ceux qui continuent de s'insurger contre les relents du passé [...].
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   15 septembre 2019
Avec les années, ce n'est pas que les pires défauts des gens empirent, mais simplement qu'ils finissent par éclater au grand jour. Ils n'arrivent plus à faire semblant aussi bien qu'avant.
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MimekoMimeko   09 septembre 2019
Il remet les formulaires dans le tiroir et regarde, par dessus la cloison séparant son bureau de celui d'à côté, le nouveau qu'ils ont mis à sa place pour traiter les nouvelles dont il s'est toujours occupé : les crimes et agressions avec violence. Un bon gars, mais très inexpérimenté, pense t-il. Encore trop tendre. De la génération Google : aucun contact avec le terrain, tout par l'écran et le clavier, tout par internet. Du genre de ceux qui n'utilisent même pas un stylo.
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Ellane92Ellane92   15 mars 2016
Quand des choix informatifs négligent certaines nouvelles, on peut parler de censure. Ne laissez personne choisir à votre place. J'ai bien dit personne. Lisez beaucoup de quotidiens, regardez beaucoup de journaux télévisés, tous, même ceux avec lesquels vous n'êtes pas d'accord et, seulement après, faites votre propre choix. Hiérarchiser les nouvelles en fonction de nos propres critères et non par les choix que l'on nous impose, c'est faire de la contre-information. Et la contre-information, ce n'est pas un gros mot, bien au contraire. Cela veut dire informer depuis un autre espace, depuis un espace détaché du pouvoir.
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Shan_ZeShan_Ze   30 août 2016
Cela lui donne l'impression qu'il y a quelque chose dans son aspect qui attire leur attention. [...] Peut-être le livre, mais cela l'ennuie de marcher sans lire. Peut-être qu'ils pensent que c'est une sale habitude, dangereuse car elle empêche de faire attention où l'on marche. Si c'est le cas, alors ils ignorent que Nurit Iscar a l'habitude de lire dans n'importe quelle circonstance : quand elle marche, quand elle prend le bus ou le métro, quand elle fait la queue à la banque, et même au cinéma, tant que les lumières n'ont pas été éteintes avant le début du film.
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Ellane92Ellane92   05 mars 2016
Nurit, je te l'assure, ma chérie, ce roman est mauvais ; sais-tu pourquoi ? Parce que tu étais amoureuse, tu avais la tête ailleurs, et l'amour et l'art, cela ne fait pas bon ménage. Le sexe et l'art, oui. L'amour en souffrance aussi. Mais cet amour débile, de chéri chéri, amour de ma vie, celui-là, non.
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