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EAN : 9782743648732
300 pages
Payot et Rivages (02/10/2019)
3.23/5   153 notes
Résumé :
Oghi, paralysé après un accident de voiture ayant causé la mort de sa femme, se retrouve enfermé chez lui sous la tutelle d’une belle-mère étrange. Cette dernière s’obstine à creuser un immense trou dans le jardin entretenu autrefois par sa fille, afin, dit-elle, de terminer ce qu’elle avait commencé...
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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
3,23

sur 153 notes

Cannetille
  01 mai 2020
Complètement paralysé après un accident de voiture qui a coûté la vie à son épouse, ne s'exprimant plus que par battements de paupières, Ogui, la quarantaine, est finalement renvoyé à son domicile après une longue hospitalisation. Sa belle-mère, son ultime parente, s'installe chez lui. Insidieusement, au rythme des étranges comportements de la vieille femme, qui s'active notamment à creuser un vaste trou dans le jardin, s'installe un huis-clos étouffant et inquiétant…

J'ai été littéralement happée par cette terrible histoire qui s'ouvre sur le réveil d'Ogui après un long coma. Peu à peu lui revient la mémoire des événements qui ont mené à son funeste accident, un enchaînement de souvenirs qui finissent par dessiner le portrait de cet homme et la nature de ses relations passées avec son épouse, ses beaux-parents et ses collègues. Ogui a jusqu'ici mené une existence ordinaire, plutôt centrée sur lui-même et ses ambitions, ni pire ni meilleure qu'une autre, mais l'on comprend graduellement, au fil de ses réminiscences, ce que lui semble incapable de percevoir : son entourage a sans doute des raisons de le considérer d'un oeil pas forcément bienveillant, et de ne pas compatir si spontanément à son sort actuel…

Dès lors, le malaise ne fait que se préciser, Ogui prenant conscience des impalpables menaces qui le cernent, lui qui se retrouve désormais dans une situation de totale dépendance et d'impuissance à se défendre si besoin. Dépossédé de son corps, réduit à une passivité physique qui l'oblige à subir son environnement sans recours, Ogui réalise qu'il risque de perdre aussi son statut d'être humain tout court, chacun pouvant désormais le traiter à sa guise, comme un vulgaire objet, en vérité plutôt répugnant.

Nous faisant vivre de l'intérieur l'enfermement d'un homme dans la prison qu'est devenu son corps inerte, à la merci d'un entourage désormais tout puissant sur son sort, ce récit réussit à instaurer un climat hautement angoissant et à faire frémir le lecteur dans un crescendo de tensions au dénouement implacable : la force des mésententes et des malentendus familiaux est décidément sans équivalent ! Grand coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Sylviegeo
  27 avril 2021
Oghi est prisonnier de son corps après un accident de voiture qui a pris la vie de sa femme. Tous les deux, malgré tout, avaient une belle vie: un poste à l'université pour lui où il réussissait bien et des ambitions jamais réalisées pour sa femme...sauf leur jardin qu'elle a su transformer en un magnifique endroit de fleurs, de buissons et d'arbres fleuris. Comme Oghi est orphelin et n'a donc plus de famille, ce sera sa belle-mère qui finira par prendre soin de lui lors de son retour à la maison. le hic c'est que cette belle-mère ne s'est jamais remise de la mort de sa fille. Un deuil inaccompli. Un récit qui nous fait penser à Misery de Stephen King c'est bien vrai mais avec une fatalité toute acceptée, transcendée. Pour Oghi, ce n'est même pas une mauvaise fortune mais plutôt un possible irrévocable et c'est juste parce que c'est ainsi. Pour un récit aussi troublant, et malgré son cynisme, c'est très joliment écrit. Presque légèrement. Un récit sur la fermeté d'une conviction qui en occulte le mal.
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karmax211
  28 juillet 2021
Oghi, quarante-quatre ans professeur de géographie spécialisé dans la cartographie, marié sans enfants, se réveille à l'hôpital après un long coma profond. Il est entièrement paralysé et ne peut communiquer- sa mâchoire est en lambeaux - que grâce au battement de ses paupières.
Progressivement, lui reviennent en mémoire les images d'un accident de voiture... cause de son état présent.
Il doit se rendre à l'évidence : sa femme est morte.
Il est seul au monde... il est orphelin depuis l'enfance...
Non, il lui reste sa belle-mère, veuve également, et mère de sa femme décédée dans l'accident.
Elle est inconsolable et son affection et sa dévotion pour son gendre forcent l'admiration de tous.
Après huit mois d'hospitalisation et de rééducation, Oghi qui a récupéré l'usage du bras gauche... c'est peu, mais c'est un début (?), retourne à la maison où plane le fantôme de sa femme.
Sa belle-mère irréprochable jusqu'alors se métamorphose peu à peu.
Elle vouait une adoration aveugle à sa fille.
Le couple battait de l'aile.
Sa fille avait transformé le petit jardin de leur propriété, au point que les badauds dans la rue s'arrêtaient et demandaient l'autorisation de contempler cette merveille.
Il est aujourd'hui en friche.
La belle-mère d'Oghi s'attelle à la tâche... déblaie, défriche, déplante, déracine... pour creuser un trou. Un trou profond pour, dit-elle, en faire un étang...
Point n'est besoin d'être devin pour comprendre qu'elle creuse la tombe de celui qui est à ses yeux le criminel qui a tué sa fille.
Elle a retrouvé dans la chambre de celle-ci, qui écrivait compulsivement, ce que fut l'histoire de ce couple... ce qui se cachait derrière les apparences.
Enfermé dans son corps, prisonnier de celui-ci, sa belle-mère va s'employer à l'emmurer vivant... double châtiment et début d'une première allégorie...
L'auteur nous fait vivre un huis clos dans lequel l'impuissance d'Oghi à communiquer, à se bouger, à se défendre, est à terme synonyme de mort...
Contrairement à ce que j'ai lu ici ou là, ce n'est pas à - Misery - et à S. King que j'ai pensé en lisant - le jardin -, mais plutôt à Dalton Trumbo et au malheureux Johnny dans - Johnny s'en va-t-en guerre -, à Jean-Dominique Bauby victime du locked-in syndrome ( le syndrome d'enfermement ), dont vous pouvez retrouver le témoignage dans son livre - le scaphandre et le papillon -.
- Misery -, c'est une tout autre histoire,,, effrayante, angoissante certes, mais Paul Sheldon a des ressources et des défenses que n'a plus Oghi. C'est par ailleurs, en dehors du face à face entre Paul et Annie, une allégorie sur l'écriture, la création, les relations et les interactions entre l'écrivain, son oeuvre, et ses lecteurs.
Oghi, s'il fallait chercher une allégorie, ce pourrait être une allégorie sociétale... comment au XXIème siècle la Corée du Sud est devenue ce qu'elle est, l'impact que la modernité, la numérisation et la globalisation a eu ( l'impact... pour les grammairiens ...) sur la cellule familiale, l'individu... Que sais-je encore...
Ce huis clos, compte tenu de l'état d'immuno-dépression totale de ce pauvre Oghi et de l'hostilité meurtrière et de l'indifférence du monde à son égard ( encore des allégories ), est à chaque page une souffrance qui se surajoute à toutes celles qui ont précédé... pour nous autres pauvres lecteurs.
L'écriture est tout à fait lisible.
L'histoire est crédible et bien structurée.
Les personnages ont de l'épaisseur.
Un roman dont il est regrettable qu'on ne fasse pas une adaptation théâtrale... il y a matière à...
Mal être garanti... c'est efficace mais sans surprise !
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sandrine57
  03 mars 2021
Oghi avait bien réussi dans la vie : un poste de professeur à l'université, une jolie maison avec jardin et une gentille épouse. Jusqu'au jour où un accident de voiture met un arrêt brutal à ce bonheur tranquille. Sa femme ne survit pas et lui se réveille d'un long coma défiguré, muet, paralysé, ne pouvant plus communiquer qu'en clignant des yeux. Orphelin et fils unique, Oghi n'a plus pour seule famille que sa belle-mère. Quand il est autorisé à rentrer chez lui, c'est elle qui prend en main sa rééducation. Mais alors que son état ne semble pas s'améliorer, le comportement de la mère de sa femme est de plus en plus étrange. Isolé, Oghi est entièrement dépendant d'une femme qui creuse un immense trou dans le jardin.
Ambiance oppressante pour ce thriller psychologique coréen où le lecteur se retrouve dans la tête d'un homme prisonnier de son corps. le malheureux Oghi est à la merci d'une belle-mère qui prend soin de lui, ne le menace pas et pourtant le malaise plane. Elle semble vouloir le couper du monde extérieur, elle fait mine de ne pas comprendre ses demandes désespérées et surtout, elle creuse. Jusqu'ici le jardin était le domaine privilégié de sa femme qui s'en occupait à temps complet et la belle-mère dit vouloir continuer son oeuvre. Alors pourquoi ce trou ? Oghi cogite, passe de la reconnaissance à la rage intérieur, de l'impression d'être paranoïaque à une réelle terreur. Et puis mérite-t-il les soins d'une femme qui ne lui est rien ou, au contraire, est-il la victime d'une froide vengeance ? Après tout son couple n'était pas parfait et il n'a pas toujours été un mari exemplaire…
Le jardin est un huis-clos étouffant que l'on lit presque en apnée tellement on ressent le sentiment d'enfermement du personnage principal. Une lente mais inéluctable descente aux enfers.
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celine85
  30 mai 2020
Comment je me sens après la lecture de ce roman ? Je dirais perplexe, désorientée, décontenancée, déconcertée, déroutée, vous l'aurez compris pleins de !!!!! et ????? dans ma tête
Je vais vous décrire mon parcours avec ce livre pour que vous compreniez.
Pourquoi je l'ai emprunté à ma bibliothèque ?
Tout d'abord j'ai trouvé la couverture magnifique avec ces fleurs et petit détail si on la regarde de plus près, il y a des gouttes de sang, de quoi titiller ma curiosité. Ensuite le titre, qui me laisse penser à quelque chose de poétique, et comme le roman est coréen (autre chose qui m'a attiré pour le choisir), le style est souvent particulier, poétique lui aussi. Il ne faut pas négliger la 4ème de couverture, le résumé m'a donné envie
Dans quelle histoire on s'embarque ?
Ogui et sa femme ont un accident de voiture. Malheureusement celui-ci va causer la mort de sa femme et lui va rester lourdement handicapé, paralysé et défiguré. Après une longue hospitalisation, il peut retourner vivre chez lui. La seule famille qui lui reste, c'est sa belle mère. Elle va s'installer chez lui. Mais son comportement ne va pas être bienveillant et va être de plus en plus étrange
Ce que je pense de ce livre au fil de ma lecture ?
Pour moi il y a deux parties dans ce roman. La première avec une mise en place de l'histoire que j'ai d'ailleurs trouvée très longue. J'avais l'impression que l'auteure nous « balançait » les éléments, avec une sensation que ça partait dans tous les sens, que le texte était brouillon. En plus il y a de nombreuses répétitions inutiles. le tout fait que ça traine en longueur, et pourtant le roman ne fait que 155 pages. Il faut attendre la moitié du roman pour que la tension commence à monter, que je ressente des émotions, le coté intriguant, angoissant, dérangeant dû au comportement de la belle mère. Mon attention a été captée dans cette partie mais alors la fin…. a tout fait redescendre. Elle a été amenée de manière trop rapide.
Quels points ai-je aimé dans ce roman ?
Vous l'aurez compris, ca a été les montagnes russes avec ce roman. J'aime les livres qui traitent du thème de l'enfermement (psychologique, corporel, huis clos). J'aime aussi les livres qui me sortent de mon petit confort de lecture habituelle et qui me font poser des questions (pourquoi il est comparé à « Misery » de Stephen King, ou Hitchcock en 4ème de couverture restera un grand mystère pour moi, pourquoi il a reçu un prix
En conclusion, je lui attribue une note intermédiaire car je n'arrive pas à le classer.
Si vous l'avez lu, qu'en avez-vous pensé ? Je suis curieuse d'avoir votre retour…
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critiques presse (2)
LePoint   04 novembre 2019
Une atmosphère claustrophobie aigre-douce, une menace latente, et une fin qui en est une, chose rare, que l'on doit à une romancière coréenne qui s'exporte, Pyun, et connaît un succès aux États-Unis qu'on lui souhaite légitimement voir gagner la France.
Lire la critique sur le site : LePoint
Liberation   11 octobre 2019
La Coréenne Hye-Young Pyun trousse un scénario implacable autour d'un homme devenu infirme à la suite d'un accident et pris en charge par sa belle-mère.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   09 mars 2021
Tous avaient eu la même curiosité et le même avenir incertain. Tous avaient regretté d'avoir continué en master puis en doctorat et étaient souvent aller se saouler ensemble, résignés. Leur amitié avait prospéré parce qu'ils étaient sur un pied d'égalité : aucun n’entretenait la moindre once d'espoir.
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collectifpolarcollectifpolar   03 novembre 2019
Le médecin lui soulève successivement les deux paupières. Il le palpe ensuite un peu partout. Ogui n’éprouve toujours aucune sensation. L’homme examine tour à tour son patient et les différentes données qu’affichent les appareils fixés à son chevet, les note dans le dossier d’Ogui et souffle à voix basse des consignes à l’infirmière.

– Bravo, cher Monsieur, vous avez accompli un travail extraordinaire. Je vous laisse reprendre des forces, d’accord ? C’est maintenant que commence la vraie bataille, et votre volonté va jouer un rôle déterminant là-dedans. Nous avons davantage besoin de votre volonté que de la médecine. Je peux beaucoup pour vous. Je ferai au mieux. Mais pas autant que vous, Monsieur, vous comprenez ? Le médecin a son rôle à jouer, mais c’est vous qui allez devoir fournir le plus d’efforts. Nous allons commencer par quelques examens, pour lesquels nous devons vous installer dans une autre chambre. Ça vous va ? Si vous êtes d’accord, clignez une fois de l’œil.

Ogui lui obéit à nouveau.

– Très bien. Parfait. Je repasse tout à l’heure.
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collectifpolarcollectifpolar   03 novembre 2019
Il entend la porte de sa chambre s’ouvrir doucement. Quelqu’un entre sur la pointe des pieds. Ogui l’observe. La personne s’approche, elle porte un vêtement blanchâtre. Ogui continue à la fixer et voit soudain son corps s’étirer vers le haut. Stupéfait, il la voit désormais collée au plafond.

Elle descend alors lentement vers lui ; il ferme les yeux, les ferme très fort, décidé à ne plus jamais les rouvrir. C’est le seul moyen qu’il a de faire face à la peur. Ça ne peut pas être une illusion : il a clairement entendu la porte s’ouvrir. Et puis la personne qui approche son visage du sien a une odeur familière.

L’odeur de sa femme.
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collectifpolarcollectifpolar   03 novembre 2019
C’est seulement alors qu’Ogui se rend compte qu’il est revenu à la réalité, non pas celle de sa chambre d’hôpital trop éclairée où une infirmière prend gentiment soin de lui et où un docteur l’encourage démesurément à chaque fois qu’il cligne des yeux, mais celle du vrai monde, là où les gens se bousculent, parlent haut et fort, attendent en faisant la queue, se jettent des regards à la dérobée, le monde dans lequel il ne pourra vivre qu’en faisant preuve de beaucoup de volonté, comme le lui a dit le docteur.
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polarjazzpolarjazz   12 octobre 2021
Chaque nuit, il prie avant de s'endormir. Il prie pour la fin du monde, pour qu'il arrête de respirer à cause d'un médicament auquel il serait soudain allergique ou pour une dégradation radicale de son état. Bien sûr, même s'il prie, il sait pertinemment ce qui va se passer le lendemain. Le soleil se lèvera tandis que lui se réveillera. Le monde continuera à tourner comme si de rien n'était et se moquera complètement de son absence. Il commencera la journée de la même manière que d'habitude, sur son lit, en expirant la mauvaise haleine qu'il a accumulée dans sa bouche toute la nuit.
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