AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Lazare Bitoun (Traducteur)
EAN : 9782070733033
451 pages
Éditeur : Gallimard (12/04/1995)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 81 notes)
Résumé :
En face de Philip Roth, personnage central de cette confession, un deuxième Philp Roth, un homonyme, un imposteur. Et ce sosie parfait, ce double monstrueux, s'est mis en tête de faire retourner "chez eux" - en Pologne, en Ukraine, en Allemagne - les Juifs venus d'europe vivant en Israël.
Tout se noue en quelques jours à Jérusalem, pendant le procès de John Demjanjuk, un Ukrainien alors suspecté d'être le "bourreau de Treblinka". Ajoutons que Philip Roth relè... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  16 mars 2020
Grande fan de l'auteur, ce roman névrotique à souhait m'a donné du fil à retordre : contrairement à "La contrevie" dans laquelle je me suis énormément plu à me perdre dans les méandres et miroirs sans fin de l'intrigue, la construction et l'essence même de celui-ci ont failli me faire caler à plusieurs reprises.
Il faut dire que le roman est dense, et long, et même s'il reste au final parfaitement maîtrisé car le maître Roth, même massivement déprimé, sait toujours où va sa plume, il y a de quoi perdre son lecteur, comme le laisse pressentir son pitch : Arrivé en Israel quelques mois après une lourde dépression pour interviewer un auteur rescapé des camps de la mort, Philip Roth lui-même (ça déjà c'est troublant) découvre qu'y sévit un double qui se fait passer pour lui (ouh la, ça se corse) et profite de sa notoriété pour faire l'apologie du diasporisme, doctrine dans laquelle il prône le retour des Juifs d'Europe dans leurs pays d'origine.
Et ce n'est pas tout : il est aussi question du procès d'un criminel nazi, d'une infirmière antisémite, d'un chauffeur de taxi pétomane, d'un chèque d'un million, et d'un Philip Roth le vrai qui se fait lui-même passer pour Philip Roth le faux, se fait enlever, couche avec l'infirmière, s'enfuit, revient...
On s'y perd vite! mais c'est voulu car à travers le délire de cette intrigue rocambolesque c'est toute la complexité de la judéité post holocauste que l'auteur expose avec brio, entre complexe du survivant et arrogance sioniste, stéréotypes de tous ordres du "Juif" tel que le voient les Gentils et tel que les Juifs eux-mêmes se les imposent.
Complexe à lire, donc, mais brillant, comme toujours.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          301
MarianneL
  26 avril 2013
Comment se débarrasser d’un double maléfique ? Un roman brillant de Philip Roth, au sommet de son art.
L’écrivain Philip Roth se retrouve en dépression en 1988 suite à la prise d’Halcion, un somnifère aux effets secondaires très négatifs, qui provoque en particulier des troubles d’identité. Encore fragile alors qu’il se remet à peine des dégâts causés par ce médicament, il apprend l’existence d’un autre Philip Roth, qui, à Jérusalem, utilise son nom pour promouvoir le diasporisme, doctrine visant au retour des juifs ashkénazes d’Israël en Europe, afin de leur éviter un «deuxième holocauste», car il est convaincu qu’Israël est condamnée à être détruite par ses ennemis arabes, et se réclamant de Theodore Herzl face à ceux qui rejettent son «utopie».
Exaspéré, Philip Roth appelle son double, raccroche une première fois, puis mû par une impulsion incontrôlable, se fait passer pour un journaliste du nom de Pierre Roget, se voyant contaminé et aspiré par cette usurpation d’identité qui le fait lui-même rentrer dans la peau d’un imposteur.
«Ce soir-là, après le dîner, j’annonçai à Claire que je montais dans mon bureau, tout en haut de la maison, continuer à travailler sur les romans d’Aharon et prendre des notes pour préparer l’entretien de Jérusalem. Mais je n’étais pas assis à ma table depuis cinq minutes que j’entendis la télévision à l’étage en dessous et que j’en profitai pour appeler l’hôtel King David à Jérusalem où je demandai la suite 511. Je déguisai ma voix en parlant anglais avec un accent français ; pas un accent français d’alcôve, pas l’accent caricatural de Charles Boyer, repris par Danny Kaye et que l’on entend maintenant dans les publicités télévisés pour le vin de table ou les chèques de voyage, mais l’accent des grands intellectuels français, celui des cosmopolites comme mon ami Philippe Sollers, sans « zis » ni « zat » ou autres « h » consciencieusement aspirés à l’initiale – je parlais un anglais courant rythmé par la cadence et les intonations naturelles d’un étranger cultivé. C’est une imitation que je réussis pas mal – une fois, au téléphone, je suis même parvenu à tromper Sollers, pourtant il est malin – et c’était le stratagème que j’avais décidé d’adopter alors même que je discutais avec Claire de l’opportunité de ce voyage ; alors-même, je dois le reconnaître, que plus tôt ce jour-là, la très sérieuse voix de la Raison me soufflait que ne rien faire était le plus sûr moyen de gagner la partie. À neuf heures ce soir-là, je cédai à la curiosité, et la curiosité est un caprice pas très rationnel.
« Allô, Mr Roth ? Mr Philip Roth ? demandai-je.
– Oui.
– Vous êtes bien Mr Roth l’écrivain ?
– C’est moi.
– L’auteur de Portnoy et son complexe ?
– Oui, lui-même. Qui est à l’appareil, s’il vous plaît ?»
Mon cœur battait aussi fort que si j’avais été au beau milieu de mon premier cambriolage avec un complice comme Jean Genet, pas moins – tout ceci n’était pas seulement perfide, c’était aussi très intéressant. À la pensée qu’à l’autre bout du fil il prétendait être moi, alors que de mon côté je prétendais n’être pas moi, j’eus soudain l’impression extraordinaire de vivre en plein carnaval. C’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que je commis immédiatement une erreur idiote. « Je m’appelle Pierre Roget », dis-je. Et à l’instant même où je prononçai ce nom de guerre bien pratique, apparemment venu de nulle part, je pris conscience d’avoir choisi les mêmes initiales que les miennes – et les siennes. Pire, il se trouve que c’est une très petite modification du nom du lexicographe du XIXe siècle dont tout le monde connaît le célèbre dictionnaire. Et ça, je ne m’en étais pas rendu compte non plus – c’est le nom de l’auteur du meilleur dictionnaire des synonymes !»
Toujours vulnérable nerveusement, Philip Roth se rend finalement à Jérusalem où il doit interviewer son ami Aharon Appelfeld. Il va bien sûr y rencontrer son double déviant, être fasciné par cette histoire et aspiré dans un enchaînement d’événements délirants, du fait des personnalités du double – que Philip Roth affuble du surnom de Moishe Pipik pour le tenir à distance – de son attirance inexplicable pour sa maîtresse pulpeuse et antisémite repentie, et car israéliens et palestiniens veulent utiliser sa réputation et ses réseaux, tout ceci se déroulant sur fond d’Intifada et du procès de John Demjanjuk, qui pour sa défense prétend ne pas être le bourreau de Treblinka mais un père de famille ordinaire.
Comment démêler le mal du bien ? Comment comprendre ce qui relève de la réalité ou de la fiction, alors que l’auteur brouille les pistes à l’envi, mélangeant personnages réels et de fiction, mentionnant des passages de son interview, réelle, de Aharon Appelfeld (qu’on peut lire dans le passionnant «Parlons travail»), et indiquant dès première page de la préface, signée P.R., que ce livre est un compte-rendu aussi fidèle que possible des événements qu’il a effectivement vécus entre sa cinquantième et sa soixantième année, et qui devaient le conduire au début de l’année 1988 à accepter de recueillir des renseignements pour le compte du Mossad ?
Paru en 1993, traduit en 1995 par Lazare Bitoun pour les éditions Gallimard, «Opération Shylock», histoire de double hilarante en lisière du fantastique, est aussi un roman d’espionnage aux multiples chausse-trappes, une méditation sur l’identité, un thriller politique, un questionnement sur Israël, un livre totalement jubilatoire.
Retrouvez cette note de lecture sur mon blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2016/01/15/note-de-lecture-operation-shylock-philip-roth/
Pour acheter ce livre à la librairie Charybde, sur place ou par correspondance, c'est par là :
http://www.charybde.fr/philip-roth/operation-shylock
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          131
miriam
  12 novembre 2020
Depuis un moment je n'avais pas lu Philip Roth.  Avec le temps de lecture octroyé par le confinement (oui! la lecture est essentielle comme manger et boire) ce pavé (650 pages en poche) me semblait tout à fait indiqué. 
Opération Shylock, un tel titre suggère un thriller, de l'espionnage...
Thriller? Sûrement pas, le rythme est paresseux avec des digressions incroyables.
Espionnage, presque, Roth embauché par le Mossad, qui l'eût cru?
Shylock ? Nous digressons sur Shakespeare : Roth, très littéraire, nous emmènera aussi du côté de Dostoïevski. Shylock , "Trois mille Ducats" ,le marchand de Venise, l'archétype du Juif. Il sera question d'antisémitisme. C'est même un des thèmes principaux du livre. Paroxysme de l'antisémitisme : on assiste à des audiences du  procès de Demjanjuk (Ivan le Terrible de Treblinka) à Jérusalem. Antisémitisme ordinaire, en Ukraine, Pologne ou aux Etats Unis. Même un burlesque club des Antisémites Anonymes sur le modèle des Alcooliques Anonymes, ayant pour but de désintoxiquer des antisémites repentants. Comédie et tragédie mêlés, comme souvent, dans un humour juif ravageur. 
Une confession? on pense plus à une psychanalyse qu'à l'aveu d'une faute. Auto-analyse, Freud fait partie de la culture juive newyorkaise, comme chez Woody Allen ou chez d'autres. Hilarante comparaison entre l'injonction de se taire, ou de cesser la médisance, d'un rabbin Polonais Hofetz Haïm et celle de parler de Freud
L'histoire commence par la convalescence de Philip Roth atteint d'une grave dépression, effet secondaire d'un médicament  : l'Halcion. Tout juste guéri, l'écrivain se met au travail : il a prévu une série d'entretiens avec Aharon Appelfeld  qu'il va rencontrer à Jérusalem en janvier 1988, début de la Première Intifada alors que se déroule le procès Demjanjuk.
A Jérusalem, Roth rencontre son sosie qui, non seulement lui ressemble physiquement, mais qui prétend s'appeler également Philip Roth.  Il usurpe son identité  pour profiter de la notoriété de l'écrivain afin de  rencontrer des autorités (Lech Walesa, et pourquoi pas Yasser Arafat à Tunis). le faux Philip Roth est le promoteur d'un mouvement politique :  le diasporisme qui prétend au retour des Juifs Ashkénazes en Pologne, Roumanie et Allemagne (d'où il proviennent). Cette thèse scandaleuse fait l'affaire des Palestiniens. 
Etrangement, Philip Roth ne dénonce pas cette usurpation d'identité et ne s'entoure pas d'avocats chargés de clarifier cette affaire. Au contraire, il s'amuse du romanesque de la situation, s'empêtre dans des situations scabreuses et soutient les thèses improbables du diasporisme. On ne sait plus qui est qui, qui pense quoi . L'écrivain voit dans le thème du double une contradiction intéressante stimulant son imagination. Pour s'y retrouver (et pour que le lecteur ne soit pas complètement perdu il nomme l'autre Philip Roth Moishe Pipik,  surnom enfantin qu'on attribue aux enfants qui font les intéressants, Moishe petit-nombril,  surnom péjoratif pour rabaisser l'imposteur? le roman, la confession, ne serait-il pas nombriliste? On est pris parfois d'un doute, ce dédoublement de la personnalité ne serait-il pas plutôt imputable à l'Halcion, le médicament aux effets secondaires psychiatriques? 
Les péripéties sont tellement invraisemblables qu'on navigue à vue. Et si l'opération Shylock était  une manipulation habile? En plus de cette intrigue compliquée, Roth nous raconte des souvenirs d'enfance. Il fait des détours par des références littéraires ou philosophiques. J'ai le tournis et je suis tentée d'abandonner ce maelstrom quand il expose des délires antisémites difficiles à lire (j'ai sauté des paragraphes entiers). Et culot  incroyable, Houtzpah phénoménale!  il ose, après 577 pages, terminer le livre par un épilogue : En général les mots gâchent tout. 
Lien : https://netsdevoyages.car.blog
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
kathel
  01 septembre 2020
Voici un roman d'un bon gros format confortable, qui m'a permis de retrouver l'écriture marquante de Philip Roth, mais qui n'est pas des plus faciles à résumer. le narrateur en est Philip Roth lui-même, sortant d'une dépression massive causée par un médicament. Il doit se rendre à Jérusalem pour des entretiens avec l'auteur Aharon Appelfeld, lorsque ce même Aharon, ainsi que le cousin du narrateur, lui apprennent qu'un individu se fait passer pour lui (lui, Philip Roth) à Jérusalem, et propage en son nom une thèse nommée « diasporisme ». Il vous faudra lire le roman pour en savoir plus, et découvrir comment se passe le voyage à Jérusalem. Il faut y ajouter le procès, qui se déroule dans la capitale israélienne, d'un ukrainien, accusé d'être le « bourreau de Treblinka ». Ce procès aura aussi une grande importance dans le déroulement des événements.
J'ai choisi de lire ce roman sur la base du résumé, alléchant, et parce que j'avais la plus grande confiance en l'auteur. J'ai retrouvé ici plutôt la veine du Complot contre l'Amérique, qui montre cette fois encore qu'humour et littérature, profondeur et dérision, peuvent faire bon ménage.
Parmi les excellentes surprises que recèlent ce livre, retrouver, et en quelque sorte côtoyer, Aharon Appelfeld, dont j'ai tant aimé ce que j'ai lu, et qui est à mes yeux une personne hors du commun, était la plus importante. Mais ce roman en recèle encore bien d'autres, et sous des dehors assez loufoques, apporte par la voix de divers personnages des théories parfois caricaturales, parfois sérieuses, sur l'antisémitisme, et montre la manière dont les Juifs sont, encore et toujours, perçus par les autres, fussent-ils habitants de la Palestine, Américains ou Européens. le texte regorge de pages passionnantes, et, malgré d'incontestables longueurs, Philip Roth sait toujours où il va, et maîtrise totalement lesdites longueurs, et le tour subtil que prend son histoire de doubles, qui ressemble parfois à une suite, très réussie, de poupées gigognes. J'avoue avoir trouvé parfois que c'était un chouïa trop long, pour décider à la page suivante qu'il y avait des choses tellement formidables dans ce livre qu'il aurait été vraiment dommage de déclarer forfait !
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
Corboland78
  10 avril 2013
Philip Roth est né le 19 mars 1933 à Newark, dans le New Jersey, son oeuvre couronnée de multiple prix en fait l'un des plus grands écrivains américains contemporains. Aujourd'hui il vit dans le Connecticut. Némésis paru en France il y a quelques mois devrait être son tout dernier roman, l'écrivain ayant déclaré à la presse qu'il arrêtait d'écrire. Ce roman, Opération Shylock, sous-titré Une confession, est paru en 1993.
Jérusalem en 1988. Alors que se tient le procès de John Demjanjuk, un Ukrainien suspecté d'être le « bourreau de Treblinka », Philip Roth l'écrivain bien connu est confronté à son sosie, un autre Philip Roth, homonyme et imposteur, condamné par un cancer, promouvant le « diasporisme », une théorie qui voudrait que le seul espoir de survie pour les Juifs d'Israël face à la menace Palestinienne, serait de revenir vivre en Europe, dans les pays dont ils sont originaires, à savoir la Pologne, l'Ukraine et l'Allemagne.
Pour appliquer ce programme il a créé l'ASA, les Antisémites Anonymes, et se fait aider par sa maîtresse gironde, son ancienne infirmière, antisémite en voie de guérison. Sachez aussi qu'il y a un chèque d'un million de dollars qui s'égare, un chauffeur de taxi qui a la chiasse, une prothèse de sexe maousse, un enlèvement, un vrai Roth qui se fait passer pour le faux Roth pour mieux le démasquer et les services secrets du Mossad. Encore ai-je abrégé.
Ce qui amène l'auteur à cette constatation lucide « Jusqu'ici, l'histoire est construite de manière superficielle, elle est sur-construite, il la trouve même un peu trop monstrueusement construite à son goût, avec des évènements étranges qui surgissent dans tous les coins, de sorte que l'intelligence ne trouve pas où se fixer pour avoir une vue d'ensemble. » Tout cela est vrai et il faut tout le talent de l'écrivain pour nous embringuer dans cette histoire ahurissante, où vrai et faux s'emmêlent, où les mises en abimes en rajoutent au trouble dans lequel est plongé le lecteur. Un bouquin qui a « l'apparence de l'autobiographie tout en acquérant les potentialités du roman ».
Il y a du polar ou du thriller, un fond politique et historique fort, une interrogation sur la judéité et sur la position qu'un Juif libéral peut adopter devant le comportement de l'état Israélien face au peuple Palestinien.
Philip Roth nous avait déjà habitués à la dualité avec ses héros, variantes de lui-même, comme le fameux Zuckerman, mais dans Opération Shylock, il va plus loin encore, puisque nous avons sous sa plume, deux Philip Roth. Carrément. Un roman intellectuellement époustouflant, même si certains passages sont un peu longs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          61

Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
merveillemerveille   02 octobre 2017
Enlevez aux juifs leur loshn horé, et qu’est-ce qu’il reste ? Des braves goyim. Mais dire cela, c’est déjà une manifestation de loshn horé, du loshn horé de la pire espèce, parce que utiliser le loshn horé en considérant le peuple juif comme une entité est le plus grand de tous les péchés. Reprocher comme je fais, au peuple juif d’utiliser le loshn horé constitue en soi un crime de loshn horé. Et je ne me contente pas de pratiquer le loshn horé, j’aggrave mon péché en vous obligeant à rester assis et à m’écouter. Je suis exactement comme ce Juif que je dénonce. Je suis pire que ce Juif-là. Parce que ce Juif dont je parle est un imbécile il est incapable de se rendre compte de ce qu’il fait, alors que moi , je suis un disciple du Hofetz Haïm et je sais que tant que ce loshn horé persistera , le Messie ne viendra pas nous sauver-et malgré cela, je continue à utiliser le loshn horé comme je viens de le faire en traitant cet autre Juif d’imbécile. Quel espoir existe-t-il alors de réaliser le rêve du Hofetz Haïm ? Peut-être que si tous les Juifs religieux qui ne consomment aucune nourriture le jour de Kippour s’abstenaient plutôt d’utiliser le loshn horé … si pendant un bref instant, pas une seule parole de loshn horé ne sortait de la bouche d’aucun Juif….si au même moment tous les juifs de la terre consentaient tout simplement à se taire pendant une seconde….( p 378 et suivantes)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
DAYTONADAYTONA   10 janvier 2016
Mais ce n'était pas le première ni la dernière fois que, démuni face à une situation dont l'issue était incertaine, je me tournais vers la lecture pour apaiser mes frayeurs et empêcher le monde de s'écrouler autour de moi....

Il ne me restait plus qu'à apprendre le secret qui me permettrait d'amener ces lettres à devenir des mots pour que l'extase soit complète. Je n'avais jamais connu pareil plaisir, aussi stimulant et qui soit susceptible d'étendre de manière aussi dynamique le champ de ma conscience, depuis que j'avais appris à marcher quelque quinze mille jours auparavant ; et rien n'allait s'approcher d'une expérience aussi exaltante jusqu'à ce qu'un stimulant pas moins fort que la puissance du langage - les attraits toujours hasardeux de la chair et le besoin irrépressible de la quéquette pressée de gicler - ne vienne mettre fin à une enfance angélique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Corboland78Corboland78   10 avril 2013
Attendre de voir la critique que fera de mon dernier livre le plus bête, le plus maladroit, le plus superficiel, le plus débile de tous les crétins bourrés de mauvaises intentions qui traînent dans ce métier où des abrutis sans aucune oreille et incapables de sentir la moindre nuance passent leur temps à aligner des clichés qu’ils appellent critiques de livres. Il n’y a pas grand espoir de se faire comprendre. Qui ne penserait qu’il valait peut-être mieux sauter par la fenêtre ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
kathelkathel   01 septembre 2020
J’ai toujours considéré Aharon comme quelqu’un dont la maturation s’est effectuée dans des convulsions de la pire cruauté qui soit et qui a cependant réussi à retrouver son côté d’homme ordinaire justement parce que c’est un homme extraordinaire ; c’est quelqu’un qui a su dépasser la futilité et le chaos et dont la renaissance sous la forme d’un être humain équilibré, écrivain de très grand talent de surcroit, constitue une réussite qui, à mes yeux, relève du miracle ; d’autant plus que c’est le fruit d’une force intérieure absolument invisible à l’œil nu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
DAYTONADAYTONA   19 décembre 2015
Mon monde réel dépassait de très loin la puissance de l'imaginaire et, en tant qu'artiste, je n'ai pas eu besoin de stimuler mon imagination mais au contraire de la freiner, et, chaque fois que j'y parvenais, le résultat me semblait encore impossible, parce que tout était tellement incroyable que je me faisais l'impression d'être moi-même un être imaginaire.... Au début, j'ai essayé de me fuir et de fuir me souvenirs, de vivre une vie autre que la mienne et d'écrire sur une vie autre que le mienne.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Philip Roth (54) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philip Roth
4/4 Philip Roth : Le refus de l'idylle (2016 - La compagnie des auteurs / France Culture). New York, le 17 septembre 2010. Portrait de Philip Roth, écrivain américain à son domicile new-yorkais. Photo Pascal PERICH. Diffusion sur France Culture le 10 novembre 2016. Production : Matthieu Garrigou-Lagrange. Avec la collaboration de Corinne Amar, Didier Pinaud et Anne-Vanessa Prévost. Réalisation : Laurence Millet. Réaliste, satirique, sarcastique, voire érotique, Philip Roth écrit des romans complexes dans lesquels il se joue des clichés. Guy Scarpetta et Alain Finkielkraut analysent dans ce dernier volet les grandes thématiques rothiennes et son rapport à la politique américaine. Philip Roth s'emploie à mettre en évidence les dérives du politiquement correct et joue de l'artificialité de certaines représentations. Guy Scarpetta, romancier et critique, et Alain Finkielkraut, philosophe et académicien, nous parlent dans ce dernier temps de la poétique de Philip Roth ainsi que de son rapport à la politique.
« L'histoire est toujours là. Mais ce qui intéresse Roth ce n'est pas l'histoire en tant que telle, (...) ce sont les effets qu'elle produit sur les subjectivités et les effets d'incertitude, de paradoxes, d'ambiguïtés, qui peuvent être révélés dans l'expérience humaine de certaines circonstances historiques. » Guy Scarpetta
« Si le roman de Philip Roth nous dit quelque chose, c'est à travers précisément cette critique du politiquement correct, de cet antiracisme devenu fou, parce que précisément Donald Trump a joué sur cette idéologie. Il est en quelque sorte la Némésis du politiquement correct. Toute une part de l'Amérique étouffe sous le poids de cette bien-pensance idéologique et le malheur est qu'elle se soit choisi comme porte-parole un homme comme lui. Le politiquement correct est une calamité politique et morale, mais ce que Donald Trump combat sous ce nom c'est le tact, la nuance, la complexité, la civilisation elle-même. » Alain Finkielkraut sur “La tache”.
À 15h30, Bernard Geniès de “L'Obs” nous parle de l'exposition “L'histoire commence en Mésopotamie” qui se tient du 2 novembre 2016 au 23 janvier 2017 au Louvre-Lens. Et à 15h55, Jacques Bonnaffé lit W.B. Yeats.
Musique générique : “Panama” de The Avener (Capitol) fin : “Dwaal” de Holy Stays (Something in Construction) Musique chronique : “Self portrait” de Chilly Gonzales.
Intervenants :
Guy Scarpetta, romancier, essayiste, critique d'art Alain Finkielkraut, philosophe, académicien, et producteur de l'émission “Répliques” sur France Culture Bernard Géniès, journaliste Jacques Bonnaffé, comédien
Source : France Culture
+ Lire la suite
autres livres classés : israëlVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
1402 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre

.. ..