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EAN : 9782081383852
528 pages
Éditeur : Editions Arthaud (28/08/2019)
3.52/5   23 notes
Résumé :
"De notre aventure, je ne sais pas ce qui est resté le plus clairement imprimé dans mon esprit: les visages ou les paysages, les pierres que nous avons vues ou les atmosphères que nous avons flairées en chemin. Ce qui est sûr, c'est que ce voyage a été le plus terre à terre et en même temps le plus visionnaire de tous ceux que j'ai faits. Tandis que le poids de mon sac à dos m'ancrait fermement au sol, ma tête vagabondait parmi les nuages, à la manière d'un cerf-vol... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
vibrelivre
  23 novembre 2019
Appia(2016)
Paolo Rumiz
récit, 515p
traduit de l'italien par Béatrice Vierne, 2019
Arthaud


Paolo Rumiz se revendique écrivain-voyageur. Il est reconnu comme le plus grand écrivain-voyageur italien d'aujourd'hui.. Il est né à Trieste, en 1947 ; Trieste ne redevient italienne qu'en 1954. Il a donc fait l'Appia à presque 68ans, le veinard, avant que l'arthrite ne lui enlève ses pieds, avec lesquels il écrit.

J'étais dans une très belle librairie à Saint-Flour, dont le nom fait rêver, La cité du vent, et qui renferme, entre autres trésors, des cartes très rigolotes. Sur une pile, un nom sur un livre m'a accrochée : celui de Paolo Rumiz, dont je ne savais rien. le livre : le phare, voyage immobile. Je me réjouissais de le trouver dans la médiathèque que j'aime, un autre lieu de rêve ; elle ne pouvait m'offrir que ce livre-ci, Appia. Je n'allais pas refuser le cadeau. le livre se compose de trois parties, le récit proprement dit, les remerciements adressés à ses pieds, et les cartes qui livrent l'itinéraire des 612 kilomètres parcourus en 29 étapes, de cette ligne mythique. Si ce n'est pas là une invitation au voyage, à une randonnée sac au dos et sans GPS -les cartes sont là, calligraphie du parcours-en droite ligne ou presque, qui fait traverser l'histoire et les temps, de l'Antiquité à aujourd'hui avec la mafia et les gouvernements viciés,en passant par le fascisme , à la marche , un révélateur de l'humanité, qui rend Rumiz capable de penser et d'écrire, et qui permet de voir de près et de faire des rencontres, en l'occurrence féminines, à croire que l'archéologie militante existe surtout grâce à elles.
La Via Appia est une route rectiligne, descendant vers le Sud, tracée pour les légionnaires dont la fonction n'est pas d e flâner en touristes, qui va de Rome à Capoue du vivant d'Appius Claudius, qui lui a donné son prénom, pas le nom de sa gens, puis étendue jusqu'à Brindisi grâce aux épigones du même Appius. Jusqu'à Capoue, la présence de Rome, la Dominante, l'Vrbs, se fait sentir ; après c'est le Moyen-Age qui marque le territoire.Cette voie existe toujours, les basoli , ces pierres volcaniques de 50 cm/50qui la pavent sont intacts contrairement à l'asphalte qui les recouvre, mais elle n'est pas entretenue, et elle ne compte pour rien quand il s'agit de la vendre à des industriels qui y placent des parkings ou des supermarchés, ou à des particuliers qui y établissent leurs demeures en se servant des ruines des constructions antiques. Or, non seulement c'est la première de toutes les routes antiques, mais encore de toutes celles d'Europe.Garibaldi, qui oeuvre pour la réunification nationale, veut qu'on la préserve. Sinon, le grand homme de la route du Sud, extension du tronçon, c'est Frédéric II de Souabe, XII°, le soleil des Pouilles, qui a rouvert les chemins de transhumance et qui parcourait son pays en nomade, de château en château, qu'il s'était fait construire, sa baraque à lui, son lieu de refuge ;la racine du mot renvoie à Barak, qui veut dire sainteté, et à Barka, la lignée d'Hannibal, et à Barcelone, Mais l'Italie a peur de l'histoire. C'est pour cela qu'elle manque d'orgueil pour le passé auquel elle appartient et qu'elle ne tient aucun compte de ses merveilles, comme si le Colisée lui suffisait. La France, elle, soigne les pavés de Paris-Roubaix.
Cette randonnée semble être une première. Qui a fait l'Appia à pied, qui l'a appiédée, comme le dit joliment un vieil Italien du Sud, depuis 1745 ? Aussi les randonneurs sont-ils accompagnés de gens, avertis par le bouche à oreille, qui viennent ou les encourager ou les sustenter ou leurs montrer les trésors du coin. Certes, des grilles, des chiens rendus à l'état sauvage, les hauts-fourneaux de l'Ilva à Tarente, au milieu de l'un desquels la Via est emprisonnée, les glissières de sécurité qui l'entravent, les éoliennes, les sordides appas du fric, la presque omniprésence de la corruption, encolèrent Rumiz que la beauté, toujours triomphante, des lieux apaise, beauté qu'il veut faire connaître à tous, histoire aussi de leur faire ouvrir des yeux plus larges, Italiens qui n'ont plus tellement l'habitude de la marche, comme étrangers, et qu'il engage à préserver l'antique.
Rumiz est sensible aux parlers, aux accents, qui disent la diversité de l'Italie et qui, au fur et à mesure qu'on descend vers Brindisi, annoncent la Grèce. La prononciation différente rappelle la présence de Lombards, d'Allemands, d'Arabes, de Byzantins, d'Espagnols, Il rectifie les on-dits de l'histoire : les Samnites connaissaient une civilisation ancienne, grande et raffinée. l aime à revenir à l'origine des mots : ainsi rappelle-t-il la racine commune des mots hostis et hospes, la terre des Osques qui aurait donné naissance au mot obscène en raison de ses attellanes aux termes orduriers, dont Tibère a demandé au Sénat de les abolir. La racine de Rumiz, -rum, pue l'Orient, dit-il, elle sent le gitan. Il se souvient de son grand-père qui, à l'âge de 8 ans, s'est exilé seul en Argentine. Alors bien sûr il est à côté de ceux qui marchent et qui éveillent des soupçons, des migrants, des vaincus.
Il est sensible aux ambiances également. Il sent que Gênes, Nice, sont méridionales en comparaison de Trieste. Il voudrait appeler, comme les Romains, l'Adriatique, mer du Nord, et la Tyrrhénienne, mer du Sud. Il trouve que le Mezzogiorno est le territoire de l'Est plus que du Sud, l'Est étant le paradis, et mettre le cap vers l'Est, c'est aller vers le renouveau.
Il est sensible, tout court. le compagnon et peut-être l'inspirateur de la route, c'est Horace, le pochetron ? En tout cas, le poète savait vivre. Les compagnons de l'Appia aussi, qui savourent des vins du terroir, et mangent à l'italienne, car ce qu'il y a de meilleur chez les Italiens se réfugie dans la nourriture, et particulièrement pour Paolo, dans la pizza aux courgettes frites et au pecorino. La marche éveille tous les sens, on respire, on voit, on touche, on goûte et on entend, hélas, le bruit incessant des voitures à certains endroits, mais aussi le chant des oiseaux et des grillons.Les pieds sentent s'ils sont sur la Via Appia. le soleil est terrible pour les marcheurs qui rêvent de bière. La marche fortifie l'amitié avec le partage des souffrances et le pique-nique, avec saucissons et fromages divers.
Sûr que la Via Appia a des atouts. Rien à voir avec Compostelle, qui est un chemin religieux, un pélerinage, et qui ne se parcourt que dans un sens, et en plus en troupeau. La Via Appia se descend quand on est légionnaire et se remonte quand on est un vaincu. Dans les années 70,, Compostelle n'était rien du tout. L'Appia peut faire mieux. Ceux qui la parcourent, comme Rumiz, sont des anarchistes.
Quand on lit le livre, qui recherche la trace d'une très ancienne route, et qui critique avec de sérieux arguments l'Italie d'aujourd'hui, et une fois qu'il est fermé, on a envie, très envie, de marcher sur l'Appia et de relire Horace. On a aussi envie de manger tous les fromages. Appel entendu, Paolo, on se fera l'Appia.
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Flaubauski
  27 décembre 2020
Paolo Rumiz, journaliste voyageur qui a chroniqué nombre de ses périples dans La Repubblica, décide à quasi 70 ans de suivre la via Appia, prestigieuse voie romaine de plus de 500 kilomètres qui reliait Rome aux Pouilles, plus particulièrement jusqu'à Brindisi. Cette via n'a quasi jamais été suivie par des voyageurs depuis qu'elle n'est plus utilisée, elle est donc un véritable défi pour ceux qui vont la parcourir, et c'est ce défi qui va être raconté de deux manières différentes dans Appia.
Tout d'abord, tel un classique récit de voyage, Paolo Rumiz nous décrit le cheminement effectué par ses acolytes et lui, de Rome à Brindisi, au plus proche de la via, ce qui n'est pas toujours simple car les vestiges de celle-ci sont parfois inexistants – c'est à grands renforts de recherches préalables que le cheminement pourra se faire sans grandes embûches -, sont recouverts par le bitume des nouvelles routes, font partie de propriétés désormais privées… En effet, l'Italie n'a pas été tendre avec cette voie, ne se préoccupant que bien peu de son intérêt archéologique au fil des siècles, ce qui n'est allé qu'en empirant ces cinquante dernières années selon le journaliste. le cheminement devient alors enquête, autant historique que sociologique, non seulement sur la voie, et la difficulté de la conserver, mais aussi sur l'Italie des années 2000, sur la différence entre la vie romaine, dont viennent nos voyageurs, et la vie des Pouilles, sur l'évolution d'un pays en proie à des questionnements nombreux sur son identité première, celle de la Rome Antique. Cheminement raconté via une plume particulièrement travaillée et passionnante à lire, qui mélange parfaitement moments poétiques, pour raconter certains instants ou lieux du voyage qui le méritent, et moments plus factuels, pour décrire les rencontres au fil du voyage qui ont donné lieu à diverses conversations plus ou moins pertinentes pour Paolo Rumiz. J'avoue que j'aurais aimé connaître l'italien pour pouvoir lire ce récit de voyage sans filtre, même si je pense que la traduction est ici d'une très grande qualité. Cheminement qui s'accompagne également d'une introduction de présentation de la via, tout à fait bienvenue, ainsi que d'un hommage final rendu aux pieds du journaliste qui sont, en toute logique, sa première source d'inspiration, comme il l'indique à plusieurs reprises.
Même voyage, autre façon de le raconter : dans une deuxième partie, le journaliste ne décrit que le chemin suivi, tel un guide, à celui qui voudrait se lancer dans la poursuite de la via Appia. Pas de fioritures ici, de descriptions de lieux, de rencontres, de repas…, uniquement le trajet à prendre. Intéressant en somme pour un futur randonneur, mais finalement aussi intéressant pour le lecteur, qui peut ainsi se rendre compte à quel point un récit de voyage se construit personnellement, au fil du périple, et sera différent pour chacun, ce qui fait tout son sel et son sens.
Appia est donc un récit de voyage comme je les apprécie, qui devient vite plus qu'un simple récit de voyage, qui plus est remarquablement écrit, pour nous mener non seulement à la recherche de la Rome antique, mais aussi dans une Italie plus actuelle, partagée entre son désir de respecter son passé et son besoin de se réinventer, notamment parce que sclérosée au Sud par la mainmise de la Camorra, qui a étendu son activité au fil des années.
Lien : https://lartetletreblog.com/..
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lehibook
  01 septembre 2019
Vitupération et chant d'amour . Hymne aux arts culinaires et oratoires. Exaltation de la marche et du pied comme instruments de la connaissance du monde . Tout cela est dans le récit de cette randonnée au long des 612 km de la Première des routes , L'Appia Antica , par un groupe de passionnés , archéologues , historiens et artistes , bien décidés à la faire revivre dans l'oublieuse mémoire des italiens . Rien là d'un repliement passéiste ,car cette route civilisatrice et coloniale à la fois est un révélateur des grandeurs et des misères de l'Italie d'aujourd'hui . Et le texte est porté par une poésie sensuelle , un humour qui viennent donner chair à l'érudition de l'auteur. A lire pour comprendre et aimer l'Italie passée et présente.
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silencieuse1
  15 septembre 2019
La via Appia, 612 kilomètres, voie légendaire reliant Rome à Brindisi. C'est toute l'Histoire de l'Italie qui nous est contée dans ce texte riche et coloré. Des hommes (scientifiques, littéraires, amateurs de belles pierres ...) ont marché pour nous et nous ont restitué ce que l'Italie avait de meilleur quand elle restait centrée sur l'Art et la beauté, quand elle véhiculait des valeurs nobles, quand elle était tournée vers le monde.
Paolo Rumiz, journaliste de la Repubblica, sait écrire et décrire pour notre plus grand plaisir.
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Lizzy135
  19 novembre 2020
Je suis perdue et du coup déçue! Il y a trop de noms de villes qui se télescopent. Chronologiquement ces vas-et vient me perturbe. du coup j'abandonne ma lecture. C'est plutôt rare. J'aime trop Rome pour être déçue davantage. Alors, pourquoi ne pas en faire un ouvrage illustré qui guiderait le lecteur à travers la via Appia?
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critiques presse (2)
Actualitte   30 octobre 2019
Un récit magique où toutes les digressions introspectives ou communicatives qu'autorisent la marche et les étapes, sont permises dans une langue ouverte, légère, admirative, sérieuse, outrée, coléreuse parfois, mais passionnée et passionnante.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeMonde   23 septembre 2019
L’écrivain voyageur traverse le sud italien le long de l’antique voie romaine et laisse libre cours, dans « Appia » à ses émerveillements – comme à ses indignations.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
lehibooklehibook   01 septembre 2019
(l'auteur dialogue avec ses pieds)
Et qu'est-ce que tu croyais ,ricaniez-vous quand je me plaignais d'un passage particulièrement ardu,qu'on allait t'envoyer dans des hôtels et des sentiers bien signalés avec le logo du pèlerin,et peut être aussi le secours de belles cartes géographiques toute prêtes , ou bien te faire déambuler en compagnie de bonnes âmes avec qui débattre du sens de la vie ? Que non , mon cher ami , ce serait trop facile.
Et quand épuisé , je vous mettais devant l'évidence d'une barrière de broussailles épineuses ou d'un mur qui barrait le passage: tu t'en contrefous de tout ça , me murmuriez-vous à l'oreille, trace ta ligne à toi , franchis l'obstacle et passe, aucune importance si les gens te regardent de travers. Aller à pied est un acte subversif et c'est dans cette subversion que résident ton orgueil et ta force.
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47library47library   02 mars 2020
page 245
"Je m'aperçois que, dans ce prologue romain de l'Appia, toute l'Histoire était déjà là. Ou plutôt qu'elle est déjà là. Oui, il faut mettre tout ça au présent. Ici, rien n'a changé. A supposer que ça n'ait pas empiré. Je me demande ce qu'est au juste notre voyage : la recherche d'une très ancienne route, ou plutôt une vue en coupe de l'Italie d'aujourd'hui, un carottage dans la stratigraphie la plus profonde de nos vices et de nos vertus ? La reine des routes ne porte plus en elle cette idée de l'Etat allant vers les périphéries, sauf en tant que contrôle vexatoire. Elle canalise au contraire en direction de Rome le pire de nous-mêmes, en le sublimant. Je n'ai jamais ressenti aussi fortement qu'ici, au cœur des Apennins, le sentiment le plus délétère de la métaphore selon laquelle "tous les chemins mènent à Rome"."
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michelekastnermichelekastner   17 mars 2020
Nous étions incapables de nous résigner à l'idée que ce n'étaient pas les barbares qui avaient dilapidé le patrimoine national, mais les italiens eux-mêmes, et que ces déprédations avaient connu leur point culminant non pas au Moyen-Age, ni à l'époque obscurantiste des particularismes et des épidémies de peste, mais dans les années 1960, lorsque avait disparu toute limite au déferlement de la laideur et à la négation de la mémoire. Il était navrant de constater que le fascisme lui-même avait mieux protégé l'antique que l'Italie contemporaine.
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michelekastnermichelekastner   17 mars 2020
Si la route était impossible à parcourir, c'était peut-être un avantage. C'était même son avantage pur et simple. Cela voulait dire que personne ne suivait plus la via Appia, ce qui m'offrait donc la probabilité d'être le premier, même si j'avais du mal à le croire. Cette idée a été le tournant. Etre le premier à refaire, après des siècles d'oubli, la première route d'Europe : c'était un luxe. Je ne pouvais rien espérer de mieux.
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CsylCsyl   30 septembre 2020
Mais voici un figuier avec ses premières feuilles : pour les Romains, c'était le signe que le moment de partir était venu. Les voyages sont toujours constellés de signes.
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Videos de Paolo Rumiz (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paolo Rumiz
Lors de l'émission “Hors-champs” diffusée sur France Culture le 1er janvier 2015, Laure Adler s'entretenait avec l'écrivain et voyageur, Paolo Rumiz dans le cadre de la série “Sans excédent de bagages : écriture et voyage”.
Il n’aime pas le terme d’écrivain voyageur. « Tous les voyageurs sont des écrivains et tous les écrivains sont des voyageurs (…) Tout est voyage, la vie est voyage ». Il nous parle de sa ville d’origine : Trieste, située tout près de la frontière d’avec la Slovénie. Une frontière, bâtie le jour de sa naissance, à l’origine de son « inquiétude migratoire ». À la chute de celle-ci, il repart : « je voulais éprouver encore une fois dans ma vie le vrai frisson d’une frontière à dépasser… ». Il se focalise alors sur les frontières de l’Union Européenne, une démarche à l’origine de son livre « Aux frontières de l’Europe ». « On aime toujours plus les détours » que la ligne directe. « On voyage avec le corps, avant de voyager avec la tête… » Il évoque ses voyages à vélo, en voiture, avec son fils... Lors de ses voyages, les sens sont essentiels, de manière très active. « Tu deviens le monde ». Les ouvrages de Nicolas Bouvier sont ses livres de chevet : « les choses qu’il dit restent sculptées dans la mémoire… » Il nous parle encore de ses souvenirs de correspondant de guerre dans les Balkans, en Afghanistan : où il s’est confronté aux concepts du bien et du mal, de l’humilité, du courage, de la mélancolie… Plutôt que journaliste, il se voit plus comme « anthropologue »… « Les lieux parlent… » « Il faut écouter son corps, c’est le corps qui décide… » Il évoque aussi Claudio Magris, ses films, le rapport à la mort et à la vie, le manque de solidarité, les populismes d’aujourd’hui… « Les politiciens voyagent toujours en avion, jamais dans le train, ils ne fréquentent jamais les gares… » Avec « Pô, le roman d’un fleuve », il a voulu voir ce monde depuis un « un endroit libre », pour constater un « naufrage métaphorique »… « Normalement on voit le naufrage depuis la terre. J’ai vu le naufrage depuis l’eau… » Ce voyage fut aussi « une redécouverte de la mer ». « J’ai commencé à vraiment voyager dans ce fleuve quand j’ai compris que ce n’était pas un lieu mais une personne… » Il aime lire en voyageant, comme à l’occasion de son livre « L’Ombre d’Hannibal » : « il est très important de faire réagir le livre avec le paysage. Ca permet de comprendre (…) L’important c’est de croire. Nous, nous avons cru et le voyage a démarré… » « Quand tu réveilles le nomade qui est en toi, c’est difficile de le forcer à redevenir sédentaire. Le vrai problème d’un voyage ce n’est pas le départ, mais l’arrivée… » Il faut alors que le voyage « recommence dans la mémoire », par l’écriture… Paolo Rumiz aime aussi « les voyages de l’âme »…
Thème(s) : Arts & Spectacles| Littérature Contemporaine| Littérature Etrangère| Voyage| Paolo Rumiz
Source : France Culture
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