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EAN : 9782266190015
160 pages
Pocket (03/09/2009)
  Existe en édition audio
3.74/5   215 notes
Résumé :
Au cours d'un dîner, Lucile rencontre Antoine, jeune éditeur parisien. Leur complicité se transforme vite en une fougueuse passion. Or, Lucile vit avec Charles, quinquagénaire élégant et fortuné qui l'entoure d'un amour désintéressé. Malgré sa profonde affection pour lui, lorsque Antoine lui demande de choisir, elle décide de quitter Charles. "Vous me reviendrez. Je n'ai qu'à attendre." Charles n'en doute pas. Parce qu'il aime cette femme-enfant pour elle-même et no... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
3,74

sur 215 notes
filippo
  07 juin 2017
Lucile est jeune, légère et futile. Elle est la maîtresse de Charles, riche et intellectuel ; mais les choses se compliquent à la rencontre d'Antoine, incarnation à ses yeux de la jeunesse et de la beauté. le choix qui s'offre à elle est cornélien, du fait de sa persévérante affection pour l'homme mûr et sa passion pour le jeune fougueux, à savoir l'alternative entre, d'une part, la sagesse et le confort, et, d'autre part, davantage de vitalité, et de tout autant d'instabilité.
Il est fait allusion au mot chamade, percussion de tambour augurant une défaite, dont je vous laisse découvrir pour qui elle s'augure.
Françoise Sagan nous livre à nouveau un schéma amoureux non conventionnel, qui s'avère sinueux, en raison des hésitations de l'héroïne principale. A en croire ses romans, la monogamie, si elle est la règle, connaît en pratique beaucoup d'aménagements, agencés avec une bonne dose d'hypocrisie pour garder les apparences. Les décors y sont toujours ceux des beaux quartiers et des riches cités balnéaires de la Côte d'Azur.
Ce roman, de 1964, fut un assez gros succès, un peu moindre toutefois que son tout premier, "Bonjour Tristesse",
Il a été adapté au cinéma, avec Catherine Deneuve et Michel Piccoli.
Avec douceur, et presque avec candeur, ce roman fait réfléchir sur la place de l'amour, sur la fidélité et la sincérité des sentiments. Il est agréable, et même assez utile.
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Ambages
  01 novembre 2018
" Ton coeur bat très fort, dit-elle. C'est la fatigue ?
- Non, dit Antoine, c'est la chamade."
Il n'y a rien à faire, j'adore ce que Sagan écrit et la manière dont elle l'écrit. C'est fin et subtile, c'est effroyable de lucidité et il y a toujours une phrase qui fait mouche en vous renvoyant à l'une de vos propres pensées (en mieux dit, mieux cerné, plus profond. En tout cas pour moi…).
J'aime cette description des sentiments qui n'épargne pas les personnages, disposant de la conscience complète de leurs choix. "Elle se sentait parfaitement irresponsable."
Les vies amoureuses presque paisibles vues de prime abord et pourtant, décryptées par Françoise Sagan, sont si tempêtueuses. Lorsque la passion naît certains semblent découvrir qu'ils vivent parce qu'ils souffrent. L'amour transforme ces êtres éphémères. Mais comme eux, est-ce suffisant pour une saison supplémentaire ? J'aimais ses "yeux jaune clair le matin, c'est incroyable" Les couleurs de l'automne arrivent et avec elles le froid et le gris des cheveux.
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mumuboc
  17 février 2017
2ème Lecture
"Ils savaient aussi que ce moment était exceptionnel et que rien de mieux ne pouvait être donné à un être humain que la découverte de son complément. Imprévisible, mais à présent inéluctable, la passion physique allait faire, de ce qui aurait pu être, entre eux, une passade - une véritable histoire. (p68)"
Il s'agit pour moi d'une relecture. La première avait eu lieu en 2016 et je n'en gardai aucun souvenir (merci mon blog et Babelio de me le rappeler). L'occasion du challenge Sacrées femmes m'a fait parcourir ma bibliothèque et il m'a paru comme une évidence de lire (ou donc relire) Françoise Sagan qui a marqué une époque mais également un style de littérature.
Et je vous avoue que cette relecture a été un grand plaisir. Je n'avais qu'une hâte c'était de rejoindre l'histoire de ce quadrille amoureux où jeunesse et âge mûr se confrontent. Les premiers ne résistent pas à la pulsion amoureuse mais sans vouloir faire souffrir pour autant ceux avec qui ils vivent, les seconds, plus au fait de la vie et de ses aléas, pour Diane attendant d'être face à l'évidence, pour l'autre, Charles, faire preuve de sagesse et même s'il souffre, faire confiance à ce qu'il sait de Lucile, de ce qu'elle est et de ce dont elle a besoin, sachant qu'un jour ou l'autre elle lui reviendra.
Quel très beau roman et à la différence de ma première lecture, j'ai trouvé que la manière dont l'auteure retrace une histoire d'amour sur trois saisons : Printemps avec l'éclosion de l'amour entre Lucile et Antoine, Eté avec son épanouissement et Automne avec son flétrissement, était tout simplement d'une implacable justesse. 
"-D'où vient l'expression "la chamade" demanda le jeune Anglais à l'autre bout de la table;
-D'après le Littré, c'était un roulement joué par les tambours pour annoncer la défaite, dit un érudit.(p249)"
Elle fait évoluer ses personnages dans un univers qu'elle connaît et maîtrise pour y avoir eu ses entrées, la jet-set parisienne, ses codes, ses figures, où l'argent s'expose, est assumé et entretient les liens. Il n'y a pas de jugement mais simplement le constat de ceux qui y vivent mais l'ensemble s'oriente malgré tout vers une certaine mélancolie, un constat doux-amer car elle confronte deux manières de vivre l'amour. La première de façon confortable même s'il ne s'agit pas d'amour fou mais d'amour paisible et l'amour fou, incandescent mais confronté aux réalités de l'existence. 
Lucile est ce qu'elle est et Charles l'accepte telle qu'elle est alors qu'Antoine voudrait la voir changer, la faire entrer dans son monde à lui, celui où il faut avoir une activité, travailler, s'investir. Tous les personnages sont attachants (peut-être un peu moins Diane car un peu moins présente) et on ne voudrait presque pas les voir souffrir et pourtant la souffrance guette.
"Elle s'étira, ferma les yeux. Cela devait arriver, elle savait que cela devait arriver, les hommes étaient horriblement fatigants. D'ici après-demain, elle devrait prendre une décision et c'était un des mots de la langue française qui lui faisaient le plus horreur. (p127)"
Car, nous qui observons, voyons les premiers indices qui apparaissent et annoncent que cette histoire d'amour est promise à s'éteindre par les réactions de Lucile, son regard désabusé sur l'univers d'Antoine, sa chambre, le manque du confort auquel l'a habitué Charles. Elle croit, dans un premier temps, pouvoir passer au-delà de tout cela, n'écoutant que l'appel de ses sens et voulant croire qu'elle peut changer, qu'elle peut être autre différente de la femme-enfant insouciante. L'auteure confronte également la préalable position des deux jeunes amants entretenus chacun par une personne plus âgée, l'un en tant qu'homme et l'autre en tant que femme, cette dernière étant pour Lucile "normale" et pour Antoine "humiliante" :
"Elle aimait les objets, elle aimait ces fichus objets, il en faisait partie, il une pièce maîtresse de son luxe, il était un jeune homme entretenu. Pas vraiment, non, bien sûr, mais il dînait chez "ses amis", il dormait dans "son appartement", il vivait "sa vie". Il avait beau jeu de juger Lucile. Au moins Lucile était une femme. (p118)"
J'ai trouvé que le roman était le reflet d'une époque, d'un monde mais également une observation fine des caractères, de leurs attentes à chacun, l'écriture est très fluide, efficace, ne cherchant pas à "enrober" les faits ou les sentiments, mais à les restituer tels qu'ils sont, l'auteure en étant le témoin.. Une histoire d'amour ou plutôt plusieurs histoires d'amour et de comportements amoureux où chacun cherche sa place ou celle qu'il voudrait avoir ou tenir mais qui se confrontera à ce qu'il est vraiment et l'assumer. L'amour est-il toujours synonyme de bonheur ?
J'ai beaucoup aimé.
Il y a eu une adaptation cinématographique en 1968 d'Alain Cavalier avec Catherine Deneuve et Michel Piccoli.
1ère Lecture :Lucile, jeune femme vit avec Charles depuis 2 ans. Il lui assure une vie sans soucis, vie oisive et insouciante mais lors d'un dîner Lucile fait la connaissance d'Antoine, travaillant dans l'édition et en couple avec Diane, femme plus âgée dont il n'est pas amoureux.
Entre Lucile et Antoine c'est l'amour fou et au non de cet amour ils se sépareront de leurs compagne et compagnon mais l'amour fou dure-t-il, résiste-t-il au quotidien, Lucile va-t-elle réussir à devenir une femme active ????
Françoise Sagan aborde à nouveau le couple, dans le milieu bourgeois et "jet set" avec ses trahisons, ses complots etc....
Histoire découpée en 3 saisons (Automne, Hiver et Printemps). Comme toujours l'écriture est fluide, vive, directe et l'analyse des personnages est fine et sans complexe.
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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Marti94
  29 avril 2019
L'histoire pourrait paraître banale parce qu'avec « La chamade » Françoise Sagan parle une nouvelle fois d'un trio amoureux, de séparation et d'amour, comme dans « Aimez-vous Brahms… ». Et pourtant même si ses romans ont l'air de se ressembler Sagan n'écrit jamais le même livre.
La jeune Lucile vit avec Charles, bourgeois quinquagénaire. On est dans le Paris des beaux quartiers, dans un milieu de gens riches et cultivés. La vie passe de façon plaisante mais sans passion. Au cours d'un dîner mondain Lucile va croiser le regard du jeune Antoine, compagnon de Diane, femme riche et plus âgée que lui.
Ces deux-là étaient fait pour vivre une folle passion, celle de leur âge et de l'insouciance, celle qui fait battre le coeur comme un tambour, le coeur qui bat la chamade….
Pourtant lorsqu'ils quittent leur milieu protecteur, Antoine et Lucile vont vite devoir faire face au manque d'argent. Lucile va devoir travailler et lorsqu'elle est enceinte elle doit trouver de quoi payer son avortement. Et c'est vers Charles qu'elle retournera pour être aidée. Même si Lucile est agaçante à prôner l'oisiveté, sa volonté d'avorter est un sujet très audacieux pour l'époque (nous sommes 10 ans avant la loi Veil).
Ce que j'aime beaucoup aussi c'est leur amour de la littérature, car Antoine travaille dans une maison d'édition et la lecture est l'autre pilier de la vie de Lucile, en référence à Faulkner. On retrouve donc dans « La chamade » de belles références littéraires comme Scott Fitzgerald mais aussi Jean de la Fontaine, Simenon ou Proust.
S'il y a des livres dans le roman de Françoise Sagan il y a aussi le théâtre, des lieux que je connais et que j'apprécie comme le Théâtre de l'Atelier dans le 18ème arrondissement.
J'ai malheureusement vu l'adaptation au cinéma réalisée par Alain Cavalier qui a gâché un peu mon plaisir de lecture même avec de grands comédiens comme Catherine Deneuve et Michel Piccoli. D'abord parce que certains détails ont été exclus comme la mort de Sarah, comédienne et amoureuse d'Antoine qui s'est suicidé mais surtout parce qu'on ne retrouve pas les subtilités de l'écriture de Sagan qui font la grande richesse de ce roman.
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spleen
  13 avril 2013
Sans doute faut-il une certaine maturité pour apprécier les romans de Françoise Sagan, j'avais déjà eu cette impression en relisant Bonjour Tristesse.
L'écriture est fluide, avec une langue riche, non chargée et jamais vulgaire.
Bien sûr, il s'agit d'une époque révolue, les années soixante qui paraissent maintenant si insouciantes, d'un milieu snob avec de jeunes adultes entretenus et oisifs.
Mais avec cette distance d'un autre siècle et celle que l'on met avec l'expérience vis à vis de moeurs déphasés , j'ai aimé cette histoire de passion entre Lucile et Antoine , cette quête vaine du bonheur et le regard que Françoise Sagan portait sur les gens qu'elle fréquentait.
" Comme un volcan devenu vieux , mon coeur bat lentement la Chamade .
La lave tiède de tes yeux coule dans mes veines malades..." dit le chanteur .
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Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
Yuko
Yuko  
- Charles... ? Pourquoi m'avez-vous laissée seule avec Antoine ?
En même temps, elle savait qu'elle cherchait l'éclat, le drame, n'importe quoi d'autre que ce dégout tranquille. Et c'était Charles qui paierait, Charles qui souffrirait. Qu'elle n'aimât que les extrêmes était une chose, qu'elle le fasse supporter aux autres en était une autre. Mais la phrase était déjà partie et, telle un javelot, traversait la chambre à coucher (...)
Il pensa une seconde, tant il était fatigué, éluder la question, dire : "Mais voyons, Lucile, j'étais enrhumé." Elle n'aurait pas insisté : ses quêtes de vérité (...) n'allaient jamais très loin.
Mais il avait déjà trop envie de savoir, de souffrir (...)
Il répondit :
- Je pensais qu'il vous plaisait.
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tristantristan
tristantristan  
Voyez-vous, Lucile, vous me reviendrez : Je vous aime pour vous. Antoine vous aime pour ce que vous êtes ensemble. Il veut être heureux avec vous, ce qui est de son âge. Moi, je veux que vous soyez heureuse, indépendamment de moi. Je n'ai qu'à attendre.
Elle eut un geste de protestation, mais il leva la main, très vite:
De plus, il vous reprochera ou il vous reproche déjà ce que vous êtes: épicurienne, insouciante et plutôt lâche. Il vous en voudra forcément de ce qu'il appellera vos faiblesses ou vos défauts. Il ne comprend pas encore ce qui fait la force d'une femme, c'est la raison pour laquelle les hommes l'aiment, même si cela couvre le pire. Il l'apprendra avec vous. il apprendra que vous êtes gaie, et drôle et gentille parce que vous avez tous ces défauts. Mais ce sera trop tard. Du moins je le crois. Et vous me reviendrez. Parce que vous savez que je sais.
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sabine59
sabine59  
Pour qu'un homme et une femme s'aiment vraiment, il ne suffit pas qu'ils se soient fait plaisir, qu'ils se soient fait rire, il faut aussi qu'ils se soient fait souffrir.
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Ambages
Ambages  
Il y avait beau temps qu'elle ne se pensait plus, qu'elle ne se voyait plus, qu'elle ne se définissait plus à ses propres yeux, et que seul le présent courait avec elle dans ce vent d'aube
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Ambages
Ambages  
Ils savaient aussi que ce moment était exceptionnel et que rien de mieux ne pouvait être donné à un être humain que la découverte de son complément. Imprévisible, mais à présent inéluctable, la passion physique allait faire, de ce qui aurait pu être, entre eux une passade - une véritable histoire.
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Vidéo de Françoise Sagan
Lorsque paraît Bonjour Tristesse, en 1954, Sagan n'a pas 20 ans. D'emblée, elle s'impose comme un phénomène, orchestré par l'éditeur René Julliard, et tête de pont d'une génération de jeunes écrivaines moquant les convenances, dans le sillage de Simone de Beauvoir. Un “charmant petit monstre”, selon les mots de Mauriac, est né. Mais cette figure de jeune fêtarde argentée, sinon cynique, fait oublier sa réelle mélancolie et son ancrage littéraire. 
Françoise Sagan et tous les grands auteurs sont sur www.lire.fr
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