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Françoise Rose (Traducteur)
ISBN : 2714442277
Éditeur : Belfond (16/10/2008)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Dans le chaos qui suit la guerre civile espagnole, Harry Brett, interprète à l'ambassade britannique, peine à reconnaître le Madrid de sa jeunesse. La ville n'est plus qu'un champ de ruines.
Chargé par les services secrets anglais d'espionner un ancien camarade de collège lié à la faction extrémiste des nationalistes espagnols, Harry espère secrètement retrouver Bernie, son meilleur ami, fervent communiste porté disparu lors de la guerre civile. Aidé par Barb... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
GeorgesSmiley
  19 mars 2019
Un bon roman bien épais, avec tout ce qu'il faut de romances, d'aventures et de suspens, construit sur un socle très solide de connaissances et de documentations. La mise en place est longue et pourrait sembler ennuyeuse ? Ce n'est pas mon avis. le décor et les problématiques de cette fin d'année 1940 en Espagne, en Grande-Bretagne et dans toute l'Europe à feu et à sang méritent bien ces chapitres tout comme la cohérence et l'épaisseur des personnages, anciens des public schools anglaises, brigadistes de 1936, infirmière de la Croix Rouge, affairiste sans foi ni loi, militaires phalangistes ou monarchistes, madrilènes rescapés de la guerre civile ou orphelins maltraités. Cette partie se lit très agréablement parce que les personnages principaux ont du caractère, un passé et une histoire ayant forgé des convictions. Les personnages secondaires, quant à eux, illustrent bien les problématiques anglo-britanniques de cette année 1940 : L'hésitation de Franco à entrer dans la guerre, la pression allemande pour l'y entraîner et les efforts anglais pour l'en dissuader. Et aussi les rivalités entre phalangistes et monarchistes, la misère noire du petit peuple madrilène, la rancoeur des vaincus de la guerre civile envers les vainqueurs et réciproquement. Ou les dissensions toujours vivaces entre socialistes et communistes, masquant derrière les grands idéaux et la solidarité affichée entre « camarades », les petites bassesses et antipathies communes à l'ensemble du genre humain.
Le rôle de l'Eglise, persécutée par les Républicains puis soutien du nouveau régime, est lui-aussi finement illustré au-travers de ses hésitations face au sort des vaincus. Ce dialogue, dans un camp de prisonniers républicains, en est un exemple :
« Il ne s'agit pas d'une joute intellectuelle. Nous sommes dans un endroit où l'on empêche les malades de recevoir des soins et où l'on fait travailler des hommes jusqu'à ce qu'ils en meurent, sur ordre du gouvernement que votre Eglise soutient.
_ Vous n'êtes pas espagnol, Piper, répondit le prêtre en soupirant. Comment pouvez-vous comprendre ce qu'a été la guerre civile ? J'ai eu des amis, des prêtres, qui ont été faits prisonniers en zone républicaine. Ils ont été fusillés, jetés du haut des falaises, torturés…
_ Et c'est la raison pour laquelle vous vous vengez sur nous. Je croyais que les chrétiens étaient censés se conduire mieux que les autres hommes, dit Bernie avec un rire amer. »
Tout ceci est fort bien décrit, se lit agréablement et nourrit une intrigue complexe qui se développe jusqu'à un dernier rebondissement assez inattendu qui permet à ce très bon roman d'habilement mêler aventure passionnante et vraisemblance historique.
Et puis, « last but not least »…
« Dans le lointain, là où la Tierra Muerta s'estompait sur l'horizon brumeux, Bernie aperçut soudain une chose extraordinaire. Au-dessus d'une couche de brouillard blanc se dressait une falaise sur le bord de laquelle étaient perchées des maisons dont les fenêtres miroitaient sous le soleil. Elles paraissaient incroyablement proches et avaient l'air de flotter sur la brume. « Regarde, amigo, ce spectacle ne vaut-il pas la peine de rester en vie ? Ce n'est pas si souvent qu'on a la chance de voir ça. »
Ca, c'est Cuenca (à mi-chemin entre Madrid et Valence), dont le site est classé au Patrimoine mondial de l'Humanité. Ca donne envie d'y aller voir et de lire les autres romans de C.J Sansom.
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domeva
  14 juillet 2013
1940:Madrid,en ruines après la guerre civile,est le terrain de "jeux douteux" des politiciens de tous bords.Entre amour et haine,les héros,dont certains se connaissent depuis "toujours",vont subir des épreuves dramatiques dans lesquelles certains perdront la vie pour aller au bout de leurs convictions.
Un roman très fort.
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jmb33320
  25 mai 2018
Il s'agit là d'un vaste roman d'espionnage (presque 900 pages), qui se passe presque entièrement en Espagne, pendant et après la guerre civile. L'arrière-plan politique ce sont les relations diplomatiques ambigües entre Churchill et Franco pour éviter que ce dernier entre en guerre contre le Royaume-Uni. Trois anciens condisciples d'une "public school" vont s'affronter sur ce terrain. le premier, Bernie, communiste, s'est engagé dans les brigades internationales. Officiellement déclaré mort, Il est en réalité détenu dans un camp de travail. le second, Harry, blessé à Dunkerque, est finalement recruté par l'intelligence service pour, sous couvert d'un poste de traducteur à l'ambassade reprendre contact avec le troisième, Sandy, en vue de lui soutirer des renseignements sur de mystérieuses mines d'or, qui permettraient au régime de Franco d'aider les nazis. L'atmosphère est trouble. L'ancienne amante de Bernie, Barbara, vit désormais avec Sandy. Elles est informée que Bernie n'est pas mort. Elle fera tout pour le faire évader. le happy-end attendu n'est pas au rendez-vous mais ce roman a bien du souffle et je l'ai lu avec plaisir.
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BMSierre
  07 juillet 2009
Rookwood, un prestigieux collège anglais va servir de lien entre trois de ses étudiants au profil bien différent. Ces derniers se retrouvent à Madrid, en pleine guerre civile. Bernie, le prolétaire, s'engage dans l'armée républicaine. Harry, le conformiste, est envoyé en mission par les services secrets. Britanniques. Sandy, l'ambitieux amoral cherche à s'enrichir. Bernie nous fait vivre l'horreur de la guerre et le désespoir du peuple espagnol, privé de tout. Harry veut aider son pays, mais trop honnête pour espionner, sera rapatrié dans la honte. Finalement, c'est Sandy qui sans scrupules tirera son épingle du jeu. Au-delà d'une magistrale peinture du chaos de Madrid en 1940, il y a de quoi méditer sur la condition humaine. Une oeuvre magistrale et bouleversante. M.B.
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fabricel
  18 décembre 2017
Espionnage britannique sur fond de guerre d'Espagne. Franco est l'allié d'Hitler mais ne s'est pas déclaré dans la guerre. C'est à ce moment très incertain qu'interviennent Harry, Sandy et Bernie, les trois protagonistes de ce roman.
Roman très bien documenté mais dont la longueur, surtout au début, ne m'ont pas permis d'entrer véritablement et passionnément dans la lecture.
Malgré ces longueurs, "Un hiver à Madrid" est un bon roman d'espionnage.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
GeorgesSmileyGeorgesSmiley   18 mars 2019
Il se rappela sa toute première vision de la plage de Dunkerque, quand, arrivé au sommet d'une dune, il avait découvert les colonnes de soldats se déroulant tels des serpents noirs et interminables dans la mer couverte d'embarcations de toutes tailles; il avait même aperçu un bateau de plaisance à côté d'un dragueur de mines. Certaines de ces embarcations n'étaient plus que des épaves fumantes; les bombardiers allemands vrombissaient dans le ciel, s'abattant en piqué avec des hurlements stridents pour larguer leurs bombes sur les hommes et les navires. Et la retraite avait été si précipitée, si chaotique que l'horreur et la honte qu'il avait ressenties avaient été presque trop dures à supporter. Cette nuit, assis dans cet abri, il éprouvait de nouveau le même sentiment de honte et d'hébétude, la même impression de défaite totale.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   18 mai 2019
A présent, dans le froid de la nuit, les doutes revenaient l'assaillir. Le prêtre avait dit que le marxisme était une foi mensongère... Il s'efforça de se concentrer sur une image réconfortante qu'il évoquait parfois quand il n'arrivait pas à dormir, une scène d'une vieille bande d'actualités soviétique qu'il avait vue autrefois à Londres : des tracteurs roulant à travers des champs de blé infinis, en Russie, suivis de travailleurs qui chantaient en récoltant la moisson abondante.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   20 mars 2019
"_ Avez-vous déjà assisté à une corrida ?
_ Une fois, en 31. Ca ne m'a pas plu. Pourquoi ?
_ La première fois, ça m'a rendu malade, tout ce sang au moment de la mise à mort, l'expression terrifiée qu'on pouvait lire sur la gueule de la bête, après, quand on a apporté sa tête au restaurant... Mais j'étais obligé d'y aller, cela fait partie de mon travail. La deuxième fois, cela s'est mieux passé. Je me suis dit : bon sang, ce n'est qu'un animal après tout. Et la troisième j'ai commencé à apprécier l'habileté du matador, sa bravoure. Il faut savoir fermer les yeux sur les côtés les plus déplaisants d'un pays, quand on est diplomate, comprenez-vous ?"
Ou quand on est espion, ajouta Harry en lui-même. "Mais cela ne commence-t-il pas toujours de la même façon ? Nous nous endurcissons pour nous protéger, et finissons par ne plus voir la souffrance et la cruauté."
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   18 mars 2019
"_ Etes-vous médecin ?
_ Infirmière. Mais il y a des années que je n'exerce plus. Je suis devenue une bureaucrate, avait-elle répondu, avec un petit rire d'autodérision.
_ Ne vous dénigrez pas, le monde a besoin d'organisation.
_ Je crois que je n'avais jamais entendu dire ça ! avait-elle rétorqué, en riant de nouveau. Quelle que soit l'utilité du travail qu'on accomplit, le mot "bureaucratie" a toujours l'air péjoratif."
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   19 mars 2019
Reprenant la discussion, Bernie avait déclaré : "Puisque vous détestez la guerre, vous êtes forcément antifasciste.
_ J'exècre tout le fatras nationaliste sur la race des seigneurs, mais le communisme est tout aussi absurde. Les gens n'ont aucune envie de tout mettre en commun, c'est contre-nature. Mon père est propriétaire d'une boutique, mais il n'est pas riche, et il n'exploite personne."
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