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EAN : 9782709636780
750 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (28/03/2012)
3.89/5   75 notes
Résumé :
En 1944, alors que le Débarquement approche, Monzon et ses compagnons, membres du parti communiste, sont convaincus de pouvoir instaurer bientôt un gouvernement républicain à Viella, en Catalogne. Pas très loin de là vit Inés.

Restée seule à Madrid pendant la guerre civile, elle a épousé la cause républicaine, au grand dam de son frère, délégué provincial de la Phalange de Lerida, qui la tient à l’œil.

Inés écoute Radio Pyrénées en ca... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Pirouette0001
  15 août 2017
Quel souffle ! Quelle énergie !
J'ai retrouvé dans ce livre de Almudena Grandes la même impétuosité et force de conviction que dans le premier livre que j'avais lu, Les trois mariages de Manolita. Le style d'Almudena Grandes est à l'image de la personnalité de cette femme que j'ai eu l'occasion de rencontrer dans un festival littéraire à Bruxelles il y a quelques mois.
Elle nous raconte un autre épisode de la guerre d'Espagne, à travers l'histoire d'amour de Inés et de Gálan, celle du rôle du parti communiste espagnol et de la répression de celui-ci par le franquisme.
Toutefois, personne me connaissant, ne sera étonné si je vous dis que sur les 760 pages qui composent ce livre, il y a des longueurs et que j'aurais bien supprimé deux cents pages au moins.
En fait, Almudena Grandes a voulu nous donner trop de détails historiques, mais ce qui m'a déçu le plus, c'est qu'après que la Passionaria, Dolores Ibárruri Gómez, chef du parti communiste espagnol, se soit réfugiée à Moscou avec son amant, accueillis par Staline, Almudena Grandes ne nous dit rien des hésitations ou des doutes qui ont dû forcément jaillir dans l'esprit des troupes communistes à l'annonce de ce qui se passait dans les camps staliniens et qui était aussi connu que les horreurs hitlériennes. Ceci d'autant plus que l'histoire se termine bien après la disparition de Franco. L'auteure se focalise sur l'Espagne, qui se révélera également un terroir de tromperies pour la base du parti, mais j'aurais aimé davantage.
Cela reste un très bon roman, qui se lit sans discontinuer une fois commencé.
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litolff
  08 septembre 2013
Inès et la joie raconte l'histoire méconnue de l'invasion du val d'Aran, une opération militaire orchestrée par des guerilleros espagnols exilés en France, pour reconquérir l'Espagne en octobre 1944.
Dans ce vaste opus fourmillant de détails, Almudena Grandes évoque les dissensions internes du PCE exilé à Moscou, la formidable opération militaire du val d'Aran , l'histoire d'amour passionnée entre Galan, l'un des acteurs de cette opération, et Inès, soeur d'un avocat franquiste influent… sans oublier les amours de Jesus Monzon Reparaz et de Dolores Ibarruri, les principales figures du PCE de l'époque .
J'avais été littéralement scotchée par « le coeur glacé », cette fresque somptueuse et romanesque qui explore la vie de deux familles espagnoles pendant et après le séisme de la guerre civile : il s'agissait avant tout d'une histoire d'amour extraordinaire sous un éclairage historique passionnant.
Dans Inès et la joie, c'est l'histoire et la politique qui prennent le pas sur l'histoire d'amour entre Galan et Inès. J'ai trouvé cet épisode historique extrêmement intéressant et bien documenté, ainsi que la description des vies des exilés à Toulouse entre 1945 et 1976 ; quant à l'histoire de Galan et Inès sublimée par la plume d'Almudena Grandes, elle est évidemment passionnante… mais je pense qu'il faut vraiment s'intéresser à la politique et en particulier à l'histoire du communisme pour apprécier pleinement ce roman très touffu et j'ai été parfois un peu gênée par le procédé narratif utilisé par l'auteure.
Au final, j'ai beaucoup aimé la démarche d'Almudena Grandes : « L'Histoire avec un H majuscule méprise les amours des corps, de la chair faible qui la distord, l'ébranle, la met en pièces avec un acharnement qui est loin d'être à la portée des amours de l'esprit, plus prestigieux, bien entendu, mais également bien plus pâles, et donc moins décisifs. »
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Rodin_Marcel
  25 juin 2020
Grandes Almudena (1960-) – "Inès et la joie" – Lattès / Livre de poche, 2012 (ISBN 978-2-253-17345-8)
– 1048 pages – traduit de l'espagnol par Serge Mestre, titre original "Inés y la alegria" publié en 2010.

Un livre consternant, au sens le plus fort du terme.

L'écriture en est poussive, répétitive, lassante : sur ces mille pages, il eut fallu en supprimer au moins un bon quart, si ce n'est plus.

La trame historique relève pour une bonne part de l'imposture, probablement délibérée de la part d'une personne qui prétend avoir fouillé les archives et interrogé des témoins survivants.
Car c'est une imposture manifeste de commettre un roman aussi long sur la Guerre d'Espagne – et tout spécialement sur les agissements du Parti Communiste Espagnol (PCE) –, en passant totalement sous silence la véritable guerre que ce parti stalinien mena contre ses "alliés" dans le camp dit "républicain", s'employant au moins autant à éliminer ses "alliés" (anarchistes, socialistes, trotskystes n'ont droit qu'à une unique mention lapidaire et méprisante, p. 775) que les franquistes, pour ne viser que l'instauration d'une "dictature du prolétariat" dont on sait aujourd'hui qu'elles furent bien aussi sinistres et mortifères que les dictatures fascisantes.
Et lorsque la population du Val d'Aren ne se "soulève" pas pour venir appuyer la "reconquête" lancée par cette "glorieuse" escouade communiste, l'auteur fournit deux explications : d'une part, le régime franquiste terrorise les gens par une répression féroce qui les réduit au rang de trouillards (quel mépris!), d'autre part le Val d'Aren est un mauvais choix puisque cette population rurale est forcément arriérée, les "prolétaires éclairés" se trouvant dans les villes (une thèse centrale de la pensée de "gauche", aujourd'hui encore l'un des fondamentaux politiques dans ces milieux de bobos urbains).
Dans son entreprise de falsification, l'auteur "oublie" la raison la plus évidente : la population espagnole a suffisamment vu les partis "républicains" s'entre-tuer tout en se livrant à divers massacres de curés ou d'opposants pour ne pas souhaiter le retour de telles exactions.

Soulignons que l'auteur elle-même, née en 1960, n'a pas connu la période historique dont elle traite.
Sa thèse sous-jacente est simplissime si ce n'est simpliste : il y eut le vilain PCE incarné par Dolorès Ibarruri (surnommée la Passionaria, objet d'un culte de la personnalité délibéré comme les partis communistes savent en imposer cf pp. 662, 928 etc) et son exécuteur des basses oeuvres Santiago Carillo (cf pp. 664-680) – deux personnages qu'elle vilipende tout au long du récit – et il y aurait eu un tout bon et gentil parti communiste, incarné par Jesus Monzon, celui-là même qui lança la pitoyable invasion du Val d'Aran en octobre 1944 à laquelle Carillo mit brutalement fin.
Certes, il est incontestable que Staline et ses séides dirigeants des divers partis communistes européens liquidèrent les tentatives de "révolution communiste" initiées par les maquisards des années 1940-1945, aussi bien en Espagne que – surtout – en Grèce (seul Tito parvint à s'imposer en Yougoslavie), mais ce point historique mérite des analyses autrement plus fouillées que cette thèse formulée à l'emporte pièce et de manière unilatérale, à la limite de la malhonnêteté.

L'auteur dresse d'ailleurs à plusieurs reprises un portrait flatteur de ce Jesus Monzon, séducteur, galant homme, élevé dans le luxe d'une famille de la grande bourgeoisie (laquelle le sauvera de la peine de mort), bien sûr très cultivé, ne vivant que dans les hôtels de luxe, mais tout plein dévoué à la révolution prolétarienne et au parti communiste (les partis communistes regorgent de tels dirigeants, dans la pure lignée de leur maître Karl Marx épousant une aristocrate qu'il cocufie avec la servante).
Ce portrait masculin reflète – en miroir – le portrait de l'héroïne féminine centrale : Inès vient elle aussi d'une riche famille prenant fait et cause pour les phalangistes qui la sauvera de la prison.

Avec cette héroïne, l'auteur se place au niveau des romans de la série "harlequin" : la toute belle héritière s'enfuit sur son beau cheval blanc, séduit le plus bel officier le soir même (pp. 376-392), capture toute seule le grand vilain traître en le saucissonnant (heureusement, il est manchot) ; lorsque les glorieux desperados rentrent en France, elle monte bien évidemment le "meilleur restaurant espagnol de France" (p. 881), tandis que son glorieux officier devient un richissime importateur de produits espagnols, et ils engendrent les plus beaux enfants qui soient, ils sont "parfaitement normaux" (p. 927), c'est-y pas beau tout ça ?

Car c'est l'autre thèse centrale de ce roman : les grands tournants de la Grande Histoire s'expliquent par les peines de coeur et démangeaisons charnelles de la petite histoire : leitmotiv maintes fois répété "L'Histoire immortelle accomplit des choses étranges en croisant la trajectoire de l'amour des corps mortels" ( cf par exemple p. 676, 677, 691 etc).
Le lecteur baigne ad nauseam dans le plus pur récit de type "Tribune de l'histoire" (Alain Decaux André Castelot) voire carrément "Angélique marquise des anges"...

Remarque plus générale : ces derniers temps, j'ai lu des romans, nouvelles et essais de Ferdinand von Schirach : cet auteur allemand, qui est le petit-fils de celui qui fut le bras droit d'Adolf Hitler dirigeant la Hitler-Jugend (jeunesse hitlérienne), se taille en Allemagne une belle renommée littéraire en assumant les thèmes et idées de la bien-pensance la plus standardisée actuellement en cours.
Le roman espagnol dont il est ici question, publié par Almudena Grandes, montre comment une toute belle héroïne issue d'une famille franquiste parvient à faire fortune en passant dans le camp communiste... La résilience à tout crin est bien l'une des principales caractéristiques de ces gens issus des "bonnes" familles de la "bonne" société : tout comme les chats, elles et ils retombent toujours sur leurs pattes.

En tout cas, ce roman est tellement mal écrit, tellement ennuyeux qu'il ne mérite que la poubelle.

PS : ma déception est d'autant plus forte que j'avais lu, il y a quelques temps, le remarquable roman de Victor del Arbol Victor del (1968-) – "Toutes les vagues de l'océan" (cf recension du 18 nov. 2019)
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sylvaine
  12 août 2017
Almudena Grandes dont le Coeur Glacé est l'un des fleurons de ma bibliothèque a projeté d'écrire Les épisodes d'une guerre interminable . le premier des 6 romans prévus est Inès et la joie . L'histoire commence en octobre 1944 lorsqu' Inès ancienne prisonnière politique, coincée dans la maison de son frère à quelques kilomètres de la frontière française entend à Radio Espagne Indépendante que les troupes du PCE basées à Toulouse sont sur le point d'envahir l'Espagne de Franco ... Inès et Galan sont les deux héros de cette histoire , avec eux leurs amis survivants de cette invasion ratée du val d'Aran , nous les suivrons jusqu'en avril 1977 et la mort de Franco ...
Roman d'une période trouble de l'histoire espagnole, période dont les protagonistes sont sortis marqués à vie . Ce récit avait de prime abord tout pour m'enchanter, une plume que j'aime, une période de l'histoire que je commence à comprendre , des personnages hauts en couleur , mais voilà à force de vouloir bien faire, à force de vouloir expliquer le pourquoi du comment du PCE et du PC central ,d'obédience stalinienne, à force de détails , certes importants , ce roman a fini par devenir à mes yeux un "fourre-tout" souvent indigeste et m'a laissé un arrière goût de déception suffisant pour me convaincre d'attendre avant de replonger dans l'oeuvre d' Almudena Grandes . Bref une lecture décevante , dommage !
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tynn
  03 juin 2013
Dans la continuité du livre "le coeur glacé" que j'avais beaucoup aimé, je referme ce second opus de Almudena Granges avec un même plaisir de lecture, impressionnée par sa capacité à nous faire comprendre les années noires de l'Espagne.
Nous sommes en 1944, l'Espagne est rageusement franquiste.
Mais en Europe, les régimes fascistes se délitent et l'espoir renait chez les républicains espagnols, exilés ou emprisonnés.
Inés et Galán se rencontrent au cours des combats du Val d'Aran, s'aiment, aiment leur pays et se battent pour un même idéal de reconquête et de justice sociale.
Le montage romanesque "chorale" s'articule en trois thématiques, alternant les récits des deux personnages fictifs et une voix "off" qui décrypte les événements de géopolitique avec limpidité. La qualité documentaire est passionnante, en éclairant la réalité historique d' un parti communiste gangrené par ses luttes intestines et de combattants déracinés, idéalistes et d'un courage impressionnant.
Moins romanesque que Coeur Glacé, plus axé sur les événements et les personnalités réels, c'est un livre guerrier, profondément attachant, porté par une puissance narrative et un style fluide, en dépit de quelques envolées épiques teintées d'un brin de grandiloquence.
Almudena Grandes prévoit de continuer son devoir de mémoire par plusieurs autres livres inspirés de la guerre civile espagnole.
Je serai au rendez vous...
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critiques presse (2)
Lhumanite   04 août 2012
Almudena Grandes est de cette génération qui aborde 
la guerre civile sans complexe, sans tabou, 
avec ses figures et
ses combattants, anonymes ou pas, de la République espagnole.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Lexpress   28 mai 2012
Etoffant sans relâche ses personnages, réels ou inventés, tous plus fascinants les uns que les autres, sa plume reste constamment dans une dimension très littéraire. Elle est grande, la Grandes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
litolfflitolff   29 août 2013
L'Histoire immortelle accomplit des choses étranges en croisant la trajectoire de l'amour des corps mortels. Ou peut-être pas, peut-être est-ce seulement que l'amour charnel n'affleure jamais dans cette version officielle de la petite histoire qui façonne par la suite la fameuse grande Histoire et sa majuscule sévère, rigoureuse, parfaitement équilibrée, avec ses angles droits à chaque sommet, mais qui daigne à peine observer les amours de l'esprit, les plus élevés, oui, mais aussi ceux qui sont bien plus pâles et par conséquent moins marquants. Les bâtons de rouge à lèvre n'atteignent jamais les manuels d'histoire.
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litolfflitolff   09 septembre 2013
Les manuels d'Histoire ne savent pas décrire ces regards fouillant dans l'obscurité d'un ciel délimité par les quatre angles du plafond d'une chambre. Ils ne savent pas décrire le désir qui monte peu à peu, franchit les limites d'une fantaisie savoureuse, d'une polissonnerie insignifiante, d'une impertinence amusante, jusqu'a se mettre à bouillir avec la même épaisseur métallique que le plomb fondu, un liquide lourd qui sèche la bouche, lamine la gorge, comprime l'estomac et prolonge les flammes de son empire pour aller un foyer jusque dans la plus infime cellule d'un pauvre corps humain, mortel et pris au dépourvu.
+ Lire la suite
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litolfflitolff   30 août 2013
"Ce Caudillo est un gigolo et un connard", aimait à hurler Nicolas Franco Salgado-Araujo presque tous les soirs après avoir bu quelques verres dans les bars d'un des quartiers les plus centraux et les plus peuplé de Madrid, derrière la Gran Via. "Je le sais très bien, moi ! Je suis son père !"
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litolfflitolff   05 septembre 2013
Quelle espèce de pays de merde est devenue l'Espagne ? Ces gars qui sont partis en courant étaient des nôtres, tu entends? C'étaient les mêmes qui, cinq ans auparavant, se seraient fait tuer sur un ordre venant de toi, sur ordre venant de moi... A présent, ils préfèrent se retrouver dans les geôles de Franco que lutter à nos côtés.
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ASAIASAI   23 juin 2020
A Madrid, pendant la guerre, j'avais vu des scènes de ce genre, des femmes anéanties, vidées, si creuses qu'il ne leur restait même plus d'espace où ranger leur peur, assises parmi des hommes en uniforme qui les traitaient comme du bétail, comme des animaux de compagnie qu'ils venaient de trouver dans la rue et qui aimaient les coups qu'elles recevaient en échange de quelque chose à manger, d'un coin sous un toit où pouvoir dormir. C'était répugnant, cela me dégoûtait et me faisait honte. Honte parce que ces connards étaient dans notre camp, et cela me faisait encore plus de mal que la lumière sombre qui transformait les yeux de ces femmes en perpétuelles flaques noires.
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Video de Almudena Grandes (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Almudena Grandes
Isabelle de l'Imagigraphe présente Almudena Grandes "Le coeur glacé" - Source : Libraires TV
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