AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Léopold Sédar Senghor (Éditeur scientifique)
ISBN : 2130589448
Éditeur : Presses Universitaires de France (11/05/2011)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 11 notes)
Résumé :

Cette anthologie fut publiée pour la première fois en 1948 à l'occasion du centenaire de la Révolution de 1848 et de la publication des décrets abolissant définitivement l'esclavage et instituant l'instruction gratuite et obligatoire dans les colonies. « C'est ainsi que les hommes de couleur, singulièrement les Nègres, ont pu accéder non seulement à la liberté du citoyen, mais encore et surtout &... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
FreeMalik
  28 octobre 2013
Si Malcom X avait connu Sartre, je pense qu'il se serai bien entendu. Sartre, en homme blanc qu'il est prend le temps de se mettre en observateur avisé de la situation coloniale, et toujours en tant que philosophe blanc, pousse la réflexion aussi loin que pourrai le faire tout les noirs opprimés de l'époque.
le raisonnement est limpide, clair, frappant et s'appuie sur les textes présents dans l'anthologie pour décrire la négritude.
voici quelques images qui m'ont le plus marqué.
La négritude, est une revendication d'un regard subjectif que porte l'homme blanc sur l'homme noir. "Vous dites que nous somme noir, esclaves, et sauvages? Oui nous le somme, nous l'assumons et nous avons décidé de faire de ce que vous nommez des faiblesses le fondement de notre identité et de notre force "
Contrairement au juif, qui sont qualifié de juif par les nazi par exemple, peu importe qu'il l'admettent ou non, les noirs se servent de se regard porté sur eux pour se définir, et se réinventer.
Un autre paradoxe de la situation de colonialisme, c'est que pour se définir en tant qu'africain, les poètes noirs doivent passer par la langue française, la langue du colonisateur. Même dans leur effort de ré invention, il se trouve quand même en présence de cette homme blanc, qui par les mots se trouve partout, jusqu'au conciliabule le plus secret.

Pour contourner cette obstacle les poètes noirs, comme Aimé Césaire, vont donner un nouveau sens, aux mots, une chaleur, des thèmes propres, qui vont donner une nouvelle couleurs à la langue de l'oppresseur, et qui sera comprise de la même manière dans tout ce public de fils d'esclave qui se retrouve à travers les mers et les empires. Des thèmes récurrent qui représente l'Afrique dans toute sa force, le sable, les arbres, les tam tam, le rythme, ou la fertilité .
Sartre fait aussi un glissement de sens très important pour renverser la situation de l'homme noir en parlant de ces thèmes . le Noir n'est pas l'homme de la technique, il n'est pas l'homme du savoir. Mais cette faiblesse est une force , car l'africain, n'a pas des tracteurs, des engrais, des semances, mais il est proche de la terre. Il est la semence de la terre lui même , qu'il ne cherche pas à contrôler, mais juste à protéger pour la laisser pousser. Son intelligence réside dans son intuition, il est conscient de son rôle qui est de laisser faire la nature, à son rythme. confiant et sur de son travail.
C'est un bel hommage à la civilisation noir qui lorgne alors sur son indépendance.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Lenora
  16 décembre 2015
Cette anthropologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de la langue française regroupe de nombreux poèmes marqués par le mouvement de la négritude.
Léopold Sédar Senghor y réunit des poètes tels que Aimé Césaire, Birago Diop ou encore Léon G. Damas pour que l'esprit de ces hommes fiers et de leurs ancêtres soient évoqués chacun à leur manière. Ainsi, si certains reprennent la forme et l'esprit traditionnel africain, d'autres par leur culture et leur vie occidentale composent avec des normes et règles poétiques plus classiques. L'oeuvre mélange alors une polyphonie de voix où certaines compositions vous portent telle une possession shamanique, tandis que quelques pages plus loin, on se retrouve face à des poèmes africains hantés par la présence de Rimbaud. le chant est tantôt rythmé, tantôt monotone. le passé vient à la rencontre du présent afin de faire un point historique. Et la joie et la complainte se mêlent dans une effervescence d'émotions pour rappeler la beauté non seulement de l'homme noir, mais surtout de la plus belle de toutes les races : l'Homme.
La négritude fait alors preuve d'un grand élan humaniste. Il n'est plus question d'individualité, mais d'universalité.
A noter que cette anthropologie est ouverte par le magnifique texte « Orphée noir » de Sartre, qui pointe non seulement la force idéologique du mouvement, mais surtout que nous avons là quelques perles de la littérature francophone (si ce n'est, française).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   04 février 2019
Lyre à sept cordes
(Cantate)


Extrait 10

Là-bas, rien n’est stérile et le tombeau lui-même à l’angle de
  l’ Enceinte
engendre des bonheurs chaque jour inédits,
nouveaux comme l’aurore et, comme le désir, sans cesse renaissants
  et toujours agrandis !

Et puis quand on a bu l’eau du Manangarèze,
qu’était-ce du Lethé le sortilège vain ?
Montparnasse et Paris, L’Europe et ses tourments sans fin
nous hanterons parfois comme des souvenirs ou comme des
  malaises.
Aux derniers cris des Continents,
insensibles nos cœurs renés à la ferveur des hautes solitudes,
ivres de songes seuls, double offrande lyrique au vent des Altitudes
et gardiens de la source où rutile la paix des Astres éminents.

Et tu préfèreras la douceur d’une fraise, oh, d’une simple fraise
cueillie au petit jour au creux de nos falaises,
quand nous aurons rêvé sur le Manangarèze !...
Tu t’émerveillera de voir des oiseaux blancs,
plus blancs que neige et nacre , escorter, vigilants,
des berges de l’Alôtre aux rives de l’Ikoupe,
la génisse nomade aux yeux de pleine lune aussi beaux qu’une coupe.

Et, vois-tu, le long des buissons, les fiers taureaux aux lentes marches,
graves comme des rois, vénérés comme des patriarches!
Pour célébrer ton nom et consacrer l’éclat de tes hauts attributs,
Un sang riche, ma sœur, arrosera l’autel de nos douze tribus.



//Jacques Rabemananjara (1913 – 2005)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
LenoraLenora   16 décembre 2015
" Qu’est-ce donc que vous espériez, quand vous ôtiez le bâillon qui fermait ces bouches noires ?Qu’elles allaient entonner vos louanges ? Ces têtes que nos pères avaient courbées jusqu’à terre par la force, pensiez-vous, quand elles se relèveraient, lire l’adoration dans leurs yeux ? Voici des hommes noirs debout qui nous regardent et je vous souhaite de ressentir comme moi le saisissement d’être vus. Car le blanc a joui trois mille ans du privilège de voir qu’on le voie ; il était regard pur, la lumière de ses yeux tirait toute chose de l’ombre natale, la blancheur de sa peau c’était un regard encore, de la lumière condensée. L’homme blanc, blanc parce qu’il était homme, blanc comme le jour, blanc comme la vérité, blanc comma la vertu, éclairait la création comme une torche, dévoilait l’essence secrète et blanche des êtres. Aujourd’hui ces hommes noirs nous regardent et notre regard rentre dans nos yeux ; des torches noires, à leur tour, éclairent le monde et nos têtes blanches ne sont plus que de petits lampions balancés par le vent. " Orphée Noir - Sartre
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
mathieuplmathieupl   11 mars 2011
En fait, la Négritude apparaît comme le temps faible d’une progression dialectique : l’affirmation théorique et pratique de la suprématie du blanc est la thèse ; la position de la négritude comme valeur antithétique est le moment de la négativité. Mais ce moment négatif n’a pas de suffisance par lui même et les noirs qui en usent le savent fort bien, ils savent qu’il vise à préparer la synthèse ou la réalisation de l’humain dans une société sans races. Ainsi la négritude est pour se détruire, elle est passage et non aboutissement, moyen et non fin dernière. (Préface de JP Sartre)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
coco4649coco4649   04 février 2019
Lyre à sept cordes
(Cantate)


Extrait 3

Debout, Sœur pâle, debout !
Du haut de la cime des Continents, sur L’Eminence unique,
dis le psaume des adieux,
dis les versets de l’Aventure !
Lyrique soit ton chant du Départ !

Comme les pèlerins sur le chemin de la solitude,
vêtus de simples tuniques,
un même viatique apaisera les tourments jumeaux de nos cœurs,
de nos visages sans rides ni fard.

Mienne tu fus avant que d’être,
Mienne avant même la mémoire des Dieux et des âges.
Consécration, mon choix !
Mon Amour, couronnement et confirmation de ta splendeur !
Des siècles sans nombre n’ont été
que pour préfigurer nos messages
polir la voix abrupte

renaît sous nos pas le rythme de l’antique candeur.

Tu viendras, Sœur pâle, au pays du rêve, au bord des sources royales.
Blanche, blanche l’orchidée au col de la Colline d’Alassour !
La pivoine embrase les entiers sous les feux des couleurs immémoriales.
Et la brise du Sud trouble l’étang virginal d’une confidence d’amour.



//Jacques Rabemananjara (1913 – 2005)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
LenoraLenora   08 décembre 2015
Mais le faisant, mon coeur, préservez-moi de toute haine
ne faites point de moi cet homme de haine pour qui je n'ai que haine
car pour me cantonner en cette unique race
vous savez pourtant mon amour tyrannique
vous savez que ce n'est point par haine des autres races
que je m'exige bêcheur de cette unique race
que ce que je veux
c'est pour la faim universelle
pour la soif universelle
la sommer libre enfin

de produire de son intimité close
la succulence des fruits.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Léopold Sédar Senghor (191) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léopold Sédar Senghor
Le Printemps des poètes débute ce 9 mars, et on s'interroge : quelle est cette chose indéfinissable qu'est la poésie ? Senghor, Sarraute, Saint John Perse, mais aussi MC Solaar ou Charles Trénet, donnent leur définition. Et pour vous, c'est quoi, la poésie ?
Léopold Sédar Senghor 1983
Les Peuls du Sénégal définissent la poésie : "des paroles plaisantes au c?ur et à l?oreille."En Afrique la poésie est l?art le plus complet. C?est le langage le plus expressif qui passe par les sens pour aller jusqu?à l?âme.
Andrée Chedid 1979
Pour moi la poésie n?est pas quelque chose de coupé de la vie donc pour moi c?est la pleine réalité enfin c?est la réalité qui comprend l?existence et cette essence de vie qui frémit au fond de nous.
Saint John Perse 1960
Poésie, s?ur de l?action et mère de toute création. Elle est l?animatrice du songe des vivants et la gardienne la plus sûre de l?héritage des morts.
Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/¤££¤19Abonnez-vous7¤££¤6khzewww2g
Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture/
+ Lire la suite
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
750 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre