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EAN : 9782070131143
240 pages
Éditeur : Gallimard (30/05/2013)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Banni de la famille après son installation en Californie, l’oncle Yeshayahou concocte un plan diabolique pour secouer son frère et sa belle-sœur Tonia, la grand-mère du narrateur, installés au mochav de Nahalal, une coopérative agricole de Galilée. Après la révolution d’Octobre, et alors qu’une importante partie de la communauté juive quitte la Russie pour émigrer en Palestine, se développe une défiance toujours plus grande vis-à-vis de l’Amérique au sein des commun... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Momiji
  13 mars 2015
Il arrive que des livres retiennent l'attention par leur titre, qui laisse augurer d'une bonne lecture. C'est clairement le cas ici !
Si l'on ne connaît pas Meir Shalev (ce qui était mon cas), on peut s'attendre à une fiction, mais c'est bien plus que cela : l'auteur nous raconte ici la vie de sa famille, sans concession, avec un humour mordant, jouissif, teinté d'ironie pour notre plus grand plaisir. Sans se prendre jamais au sérieux mais en veillant à l'être dans sa description des faits, il nous embarque dans le destin d'une lignée familiale certes, mais au-delà, il dessine les contours de la société israélienne à ses débuts, de Nahalal à Jérusalem en passant par Haïfa, avec toute sa complexité et ses ambiguïtés. Pour la novice que je suis en la matière, cette lecture a été l'opportunité de comprendre davantage la vie de ces communautés depuis leur arrivée à la fin des années 20 : kibboutz, mochav, travail de la terre, valeurs portées à la modestie et l'entraide, reconnaissance du travail manuel, rejet du luxe et des superficialités…L'occasion d'effleurer et de s'imprégner de cet univers ashkénaze riche et haut en couleurs.
Un délice à parcourir car Meir Shalev a le don de mettre en scène l'ambiance familiale tout au long de la lecture et de le distiller page après page, agrémenté de temps en temps par une photo qui achève de nous plonger dans son récit : passant de digression en anecdotes, on a l'impression d'assister avec lui à un de ses grands repas de famille où chacun y va de sa version des faits, s'interrompant pour raconter une autre histoire qui vient s'intégrer avec une fluidité presque insolente dans la trame du récit. Et l'auteur est un vrai conteur qui sait nous maintenir en haleine pour savoir comment, oui, comment grand-mère Tonia s'est procuré cet aspirateur, pourquoi il est arrivé jusqu'ici et pourquoi elle le garde enfermé dans sa salle de bains dans laquelle personne n'a le droit d'entrer ! Il faut accepter de rentrer dans le jeu de l'écoute attentive de Meir Shalev, qui ne perd pas une occasion d'entrer dans le détail de la grande épopée de sa famille.
Et c'est cela qui constitue aussi le sel de ce texte : l'histoire de l'aspirateur est certes drôle, mais ce sont les personnages tous plus étonnants les uns que les autres qui teintent le récit d'une aura si éclatante. Grand-mère Tonia et son caractère bien trempé, maniaque et autoritaire jaillit tout au long du texte et retentit fortement dans le paysage, mais frères, soeurs, mère, tante et oncle sont tout aussi savoureux et on est happé en un rien de temps dans la narration, avec la volonté d'en savoir plus sur chacun d'eux. L'âne de la famille aurait même eu la capacité de voler, mais plus personne aujourd'hui ne peut le confirmer. le plus original de tous, c'est bien sûr le sweeper, ou sveeperrr comme dirait Tonia, personnage à part entière doté d'une capacité à penser et qui va créer le terreau de nombreux débats, même bien après sa disparition inexplicable.
Vérité, réalité, mensonge, déformation se mélangent en une joyeuse mêlée familiale avec laquelle l'auteur s'amuse et dans laquelle il tente de faire émerger malgré tout le Vrai, en prenant des pincettes. Avec tendresse, malice et facétie, il nous plonge dans un récit à la croisée du documentaire et de l'autobiographie pour nous faire découvrir la vie de l'un des premiers moshav de Palestine. Il dresse avec intelligence un portrait qui rend hommage à ces populations juives ayant quitté l'Europe de l'Est et qui en voulant mettre en place un idéal du travail agricole en communauté sur la Terre Promise ont développé une culture hybride assez souvent méconnue. Une saga familiale drôle avec une approche intéressante mêlant petite et grande histoire.
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sylvaine
  25 novembre 2016
Découvrir l'histoire du sweeper, de l'aspirateur, offert par l'oncle Yeshayahou à sa belle-soeur Tonia,est en réalité découvrir l'histoire de la famille de Meir Shalev et surtout la forte personnalité d'une grand-mère hors norme. Cette famille juive a quitté la Russie après la Révolution d'Octobre pour émigrer en terre d'Israël alors sous protectorat britannique. Elle a vécu au sein du moshav de Nahalal, une coopérative agricole de Galilée.
Tonia a épousé son beau-frère veuf de 14 ans son aîné. Femme au tempérament trempé, elle a comme beaucoup travaillé inlassablement sur la ferme mais surtout elle passait sa vie à traquer la poussière.. transformant sa vie et celle de sa famille en véritable enfer . Alors quand le renégat, le traître , le capitaliste immigré en Californie, celui qui a changé son nom et se fait appeler Sam lui fait parvenir l'aspirateur dernier cri Tonia est d'abord ravie mais va vite se buter et ...
Meir Shalev , écrivain israélien reconnu, a sans aucun doute un réel talent de conteur. Au travers des évènements survenus dans sa famille, grands ou petits, réinventés ou réels, c'est son enfance, son adolescence qu'il nous narre c'est aussi me semble t'il la gestation de la société israélienne contemporaine . Une lecture souvent cocasse, parfois monotone , surtout un regard sur un pan d'histoire, une culture que je ne connais peu ou pas, rien que pour cela elle valait le détour.
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Bazart
  28 septembre 2014
Dans le mochav de Nahalal, une coopérative agricole de Galilée, on considère que l'oncle Yeshayahou est un traître. Car il est parti en Amérique et le pays du capitalisme est mal vu par cette communauté juive d'origine russe. Mais l'oncle Yeshayahou a un plan diabolique. Il connaît l'obsession pour la propreté de Tonia, la grand-mère du narrateur, et lui envoie le tout dernier modèle d'aspirateur General Electric. Un sweeper qui deviendra le moteur des histoires familiales, des tensions intergénérationnelles et des anecdotes les plus folles.
Ma grand-mère russe et son aspirateur américain est un roman d'un auteur israélien reconnu dans son pays, Meir Shalev, que je ne connaissais pas, et dont j'ai appris à savourer l'univers autobiographique et complètement surréaliste en même temps dans lequel il nous plonge dans une invraisemblable histoire familiale qui nous dit pas mal de choses pertinentes sur la société israélienne à ses débuts.
On y apprend pas mal de choses sur un des premiers moshav de Palestine, fondés par une poignée d'Ukrainiens communistes hauts en couleur, et dans lesquelles ces populations juives chassées de leurs pays respectifs et condamnées à assimiler une nouvelle culture et une nouvelle langue.
Sur un sujet qui aurait pu être plein de tragique et de gravité, Meir Shalev préfère la fantaisie et la farce ( un peu à la manière d'un Emir Kusturica dont j'ai parlé récemment) mais n'oublie pas la tendresse et la malice dans ce livre à mi chemin entre le récit iniatique jubilatoire et le documentaire d'une partie d'une population qu'on connaissait fort mal.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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letitbe
  31 janvier 2015
Je ne peux pas dire que j'ai détesté ce livre. L'auteur a un vrai talent de conteur, un style entraînant et communicatif.
J'ignorais ce qu'était un mochav (une coopérative agricole) et j'ai découvert l'idéalisme des personnes qui y ont consacré une partie de leur vie.
Meir Shalev partage avec les lecteurs des anecdotes familiales savoureuses et émouvantes. Et puis, il y ces personnages hauts en couleur comme la grand-mère Tonia, une maniaque de la propreté, Aharon, son mari fugueur.
Mais voilà, je n'ai accordé que 2 étoiles à ce livre. Car le récit est très décousu et Meir Shalev nous mène en bateau avec cette histoire d'aspirateur. Et puis, dans son élan, il devient parfois excessif et tire sur la corde. La 4ème de couverture laissait entrevoir certains éclairages sur la société israëlienne mais ceux-ci se sont révélés bien faibles.
Au final, une impression mitigée. Ce n'est pas une déception mais ce n'est pas une grande découverte.

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MaggyM
  27 mars 2020
Une chronique familiale, dans le mochav de Nahalal en Galilée. Une histoire vraie mais ne sait-on pas que chaque histoire à sa propre version?
Tout a commencé quand la maniaque Grand-mère Tonia a reçu de ce traître de beau-frère Yeshayahou un énorme aspirateur depuis l'Amérique. A moins que tout n'ait commencé bien avant cela, quand Tonia a quitté la Russie?
Meir Shalev prend le prétexte de ce fameux aspirateur, catalyseur de la mémoire familiale, pour nous raconter les siens; ses grands-parents, sa mère, ses oncles, leur cheval facétieux, leur âne qui, parait-il, peu voler la nuit. de souvenirs par procuration en souvenirs réels, d'anecdotes savoureuses en souvenances mélancoliques, l'auteur nous dresse le portrait d'une famille israélienne des années 40 jusqu'aux années 70, la sienne.
On rit parfois, on sourit souvent, on est ému tendrement aussi, devant le récit de cet adulte qui se souvient d'un temps qui n'est plus. Un roman qui se lit vite mais qu'on doit prendre le temps de savourer car il peut tenir chaud au creux de l'hiver.
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critiques presse (1)
Lexpress   24 juillet 2013
Ma grand-mère russe et son aspirateur américain est une chronique drolatique où, sous forme de parabole discrète, Shalev évoque la naissance de la société israélienne.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
keishakeisha   03 décembre 2013
On dit qu'elle se fait même une manucure". Cette expression encore usitée aujourd'hui exprime le summum de l'abjection, une décadence tant idéologique que spirituelle. Elle procédait d’une conversation au cours d'un dîner familial. Quelqu'un du village "a vendu des melons à un négociant qui passait par là", déclara l'un des convives. En d'autres termes, cette personne avait transgressé les principes du moshav subordonnant les échanges commerciaux aux institutions officielles. A l'époque, cela représentait une faute morale si grave qu'un autre convive s'empressa d'ajouter: "Et en plus, sa femme fricote avec un type de Ramat David.", pas du kibboutz d'à côté, heureusement, mais de la base aérienne voisine.

Une fois établi qu'il s'agissait de gens profondément malhonnêtes ayant enfreint le règlement du moshav, comme le code moral de l'humanité tout entière, on porta le coup final, la phrase prouvant la pire dépravation où l'on puisse tomber :"Et elle se fait une manucure, à ce qu'il paraît".

La manucure incarnait une symbole négatif, le pire de tous, car elle s’appliquait aux doigts, aux mains industrieuses vouées à labourer, bêcher, semer et construire. Les mains des pionniers que la révolution pouvait arracher à la plume, au commerce, à la casuistique talmudique pour les renvoyer aux outils et aux travaux des champs. Ces mains destinées à manier le sécateur ou le pis des vaches, attraper le manche de la faux, et, le cas échéant, appuyer sur la détente, comment pouvaient-elles jouer les coquettes?
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miriammiriam   13 juin 2013
"L'Amérique ignorait sans doute que, dans mon jeune âge,en sus de l'Union soviétique, de l'Allemagne de l'Est et la Corée, elle avait un autre ennemi. Oh pas très puissant ni spécialement dangereux, à vrai dire, mais virulent acharné et moralisateur : une poignée de moshavim et kibboutzim - le courant pionnier en Terre d'Israël."
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miriammiriam   13 juin 2013
Mais la manucure incarnait un symbole négatif, le pire de tous, car elle s'appliquait aux doigts, aux mains industrieuses vouées à labourer, bêcher,semer et construire. Les mains des pionniers que la révolution devait arracher à la plume, au commerce, à la casuistique talmudique pour les renvoyer aux outils et aux travaux des champs..."
C'est là qu'intervient le fameux aspirateur, cadeau d'un double traître qui a préféré faire des affaires en Californie.
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feanorafeanora   09 février 2015
Les rapports complexes qu'entretenaient les pionniers juifs avec la terre ont fait couler beaucoup d'encre, mais le cas de grand-mère Tonia était plus épineux encore. Elle possédait une information que le sionisme semblait méconnaître: la terre n'est pas seulement vierge, l'héritage ancestral, un refuge pour les Juifs errants et persécutés.
En certaines circonstances, pas si exceptionnelles, elle était synonyme de saleté, un point c'est tout.
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BazartBazart   25 septembre 2014
En tout cas, les voyages en train permettent de développer l’empathie. “Ce sont des cultivateurs comme nous”, commenta maman en nous incitant à les saluer .
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