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EAN : 9782267030877
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (23/08/2018)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Un homme donne rendez-vous à une femme prénommée Lena dans le grand cimetière de Stockholm. Cette femme est une inconnue, mais elle rappelle intensément au narrateur la jeune femme dont il a été très amoureux il y a une vingtaine d'années. Cette dernière s'appelait Magdalena, était comédienne, elle aussi avait joué Strindberg. Après leur rupture, le narrateur a écrit un livre sur les trois années qu'ils ont vécues ensemble et il veut en donner les détails à l'inconn... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  22 septembre 2018
Que feriez-vous si une nuit, rentrant à votre hotel, vous rencontreriez en la personne du portier de nuit, votre double en plus jeune ? Surtout que vous y aviez fait le même travail au même endroit dans votre jeunesse.....Le dernier Stamm, débute fort, déroutant le lecteur dés les premières pages. le "vous" c'est le narrateur, un écrivain qui, vu la suite des événements va être aussi déboussolé que nous, lecteurs.
C'est cette histoire “à dormir debout” que raconte notre écrivain, quatorze ans plus tard, à Stockholm, à une inconnue (?), Magdalena, comédienne, marchant au Cimetière boisé. Une histoire qui se passe en Suisse, à Stockholm....et avec aussi, une autre Magdalena, comédienne,......"comme une pièce de théâtre montée par des metteurs en scène différents. Les décors ne sont pas les mêmes, le texte peut être modifié ou raccourci, mais l'action suit son cours inexorable."..., intrigant non ?
Histoire encastrée dans une autre histoire où Stamm brouille les frontières entre les personnages du passé et du présent.......Il en profite pour s'amuser avec la fiction, modulant les deux histoires à sa guise, remontant le temps, superposant le passé au présent (« Et quand nous sommes-nous vraiment embrassés pour la première fois ? demanda-t-elle. C'était un mois plus tard, dis-je. »), voulant faire vivre à son écrivain vieillissant ( son double 😊? ) au moins le temps du récit, l'illusion qu'il est de nouveau jeune et qu'il peut donner une autre tournure à sa vie.
L'idée du livre est géniale, et me rappelle un petit livre qui m'a fortement marquée dans la vie, "L'étrange vie d'Ivan Osokin" de P.D.Ouspensky. Peut-on modifier ce qui a déjà été vécu, si on nous donnait une seconde chance ?
Si le sujet vous attire, n'hésitez pas, laissez-vous emporter par la douce indifférence du monde, cette indifférence qui vous laissera perplexe, pensant à votre propre vie déjà vécue.......
"Dans la réalité il n'y a pas de fin, sauf la mort. Et elle est rarement heureuse.....Et tandis que je rentre à la maison, je m'imagine finir.....sans plus aucune attache pour échapper à la vie, sans laisser la moindre trace."

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si-bemol
  05 avril 2019
Le narrateur de cette histoire, un écrivain profondément nostalgique et qui ressent sa vie comme étant « une pièce vide », rencontre une inconnue mystérieusement connectée à sa propre vie à qui il raconte son histoire, son amour perdu pour une femme qui lui ressemble, son travail d'écrivain, ses regrets et ses doutes, ses interrogations sur le sens de sa vie, son épaisseur et sa valeur dans « la douce indifférence du monde ».
Les vies se télescopent, les histoires s'entrecroisent, l'espace et le temps deviennent les théâtres déroutants de mises en abyme labyrinthiques où tout devient troublant et incertain. Identités menacées où « l'autre », tout à coup, double à la fois semblable et différent, devient plus réel que soi-même, vidant peut-être de sa substance ce que l'on croyait être sa propre vie…
« La douce indifférence du monde » est un récit onirique d'une inquiétante étrangeté, aux frontières de la folie, traversé par des jeux de miroirs et de reflets où s'entremêlent passé et présent, réalités rêvées et vécues et où se pose en filigrane la question de l'identité profonde des êtres – surtout lorsque, comme dans ce roman, écrivains ou acteurs, ils ont construit leurs vies au bord-même de la fiction.
J'ai savouré lentement cette histoire au charme hypnotique et un peu triste, cette écriture très épurée où il m'a semblé, dans la douceur et la nostalgie qui s'en dégagent, retrouver un peu par endroits quelque chose de l'univers et du ton de Modiano. Un moment de lecture très agréable, un écrivain que je ne connaissais pas et, pour moi, une belle découverte.
[Challenge MULTI-DÉFIS 2019]
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Lutvic
  20 janvier 2019
Pour faire un film d'animation, il suffit d'une première image ; d'une deuxième ensuite, qui peut très bien n'être que la première légèrement modifiée ; en superposant ces deux images, on en obtient une troisième : c'est ainsi que le mouvement naît. le petit roman de Peter Stamm, un livre-songe, s'inscrit dans un tel intervalle mouvementé : une zone irriguée par la mélancolie, l'irrévocable et l'immuable, où notre imagination interprétative s'exerce et cherche du sens. C'est l'endroit où la douce indifférence du monde se niche, telle l'attention du lecteur guettant les indices d'un destin se déployant sous ses yeux et dont il se demande, à l'instar du personnage principal, s'il pourrait voir changer le cours des événements, si le fantastique saurait opérer jusqu'à « corriger » et modifier son histoire.
La première image est le vécu tel quel : l'histoire de l'amour raté de Christophe et Magdalena. La deuxième serait le livre que le premier choisit d'en faire, en préférant la littérature à l'amour (« Ce n'est qu'à présent que je comprenais qu'amour et liberté ne s'excluaient pas mais conditionnaient le fait que l'un n'était pas possible sans l'autre ») : cette démarche rend Christophe étranger à lui-même, et transforme la femme aimée en une étrangère elle aussi. le « film » qui en découle est par conséquent une chose également bien étrange : le récit – correspondant au présent de la narration – de cette histoire à 16 ans distance, récit fait à une femme (Léna) en tout semblable à l'amoureuse d'antan.
Maintes fois, les personnages errant dans les rues, pendant la nuit, regardent à l'intérieur des maisons éclairées. Ils s'y imaginent et se demandent quelles seraient leurs vies s'ils étaient à la place des autres : seraient-ils les mêmes dans d'autres situations ou seraient-ils tout à fait d'autres personnes ?
Peter Stamm joue magistralement avec plusieurs sujets « lourds » de la littérature : l'identité ; la rencontre avec son double ; l'impossible retour ; l'immuabilité de l'être ; la réécriture permanente de son vécu. On n'y éprouve pas d'émotion majeure, mais un plaisir heuristique certain, alimenté par la multiplicité de lectures possibles.
Ce doute constamment entretenu sur la capacité de la littérature de traduire fidèlement la vie se mue en une légère inquiétude qui nous accompagne une fois le livre refermé : car devenu un vieillard, Christophe pose sur son vécu un regard demeurant étonné, incrédule, et son sens lui échappe toujours.
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Zakuro
  16 février 2019
Quel livre étrange et fascinant dont j'aimerais happer pour toujours sa beauté . Mais ce court roman de Peter Stamm qui m'a beaucoup marquée ne se laisse pas attraper facilement . Il est insaisissable, beau et troublant. J'ai évolué dans un songe doux mais très mélancolique, onirique et surréaliste.
Le passé, le présent, et l'avenir ne forment plus qu'un seul espace où le narrateur essaie de fixer pour toujours l'image d'une femme Magdalena qu'il a aimée et quittée pour écrire un livre.
Un jour, il rencontre Léna qui ressemble trait pour trait comme un double à la jeune Magdalena qu'il a connu une dizaine d'années auparavant. Dans l'hiver froid et brumeux de Stockholm, l'histoire réelle flirte avec le fantastique par le désir puissant d'arrêter le cours du temps et suivre un autre chemin. Que j'aurais aimé moi aussi attraper et suspendre le temps, arrêter la course folle du monde pour se retrouver, rien qu'un instant face à soi même et tendre la main vers celui ou celle que l'on est vraiment.
C'est un roman sublime et un très beau portrait féminin. Il m'a touchée par son ambiance fragile comme du verre et son obsession romantique à contenir le temps et l'espace pour que les plus beaux souvenirs ne se réduisent pas à une vieille photo jaunie. J'ai aimé l'atmosphère calme et sereine du roman malgré les rencontres déroutantes du narrateur. L'écriture très serrée où se mélangent les voix confondantes de Magdalena et Léna favorise le flou fantomatique des personnages et des situations.
J'ai aimé le combat silencieux du narrateur qui comme un chevalier des temps modernes brave le bruit incessant du monde et la place des nouvelles technologies où notre présence sur terre se mesurerait à notre célébrité sur internet.
J'ai beaucoup aimé la ténacité amoureuse de faire dévier le cours d'une vie qui se cogne à s'en faire mal aux miroirs déformants et labyrinthiques que nous faisons parfois de nos choix.
Je n'ai pu me détacher de ce beau roman cristallin qui a posé sur mes épaules une étreinte à la fois délicate et ferme.
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RITAB
  18 septembre 2018
Dans la dernière émission d'Arnaud Laporte, les membres de l'équipe de la Dispute s'escrimaient au sujet du contenu de "La douce indifférence du monde" de Peter Stamm ; les uns trouvaient le roman facile à raconter, les autres irracontable. Personne n'était d'accord sur le point de départ de l'histoire, mais les quelques structures du récit qui ressortaient et les impressions contrastées promettaient une histoire riche et universelle.
Tout ceci a évidemment aiguisé ma curiosité, d'autant que je connais Peter Stamm et que j'ai un petit faible pour lui. Alors j'ai fait un crochet par la librairie – je voulais vérifier qui disait la vérité – et j'ai pris le dernier livre (détail amusant quand on a lu le texte). Puis je l'ai lu en moins d'une journée.

Alors de quoi parle ce livre ? de vie et de fiction. Un sujet tellement galvaudé… Mais attention, il s'agit de Peter Stamm ; et Peter Stamm a une extrême aisance pour faire apparaître et disparaître ses personnages comme dans un théâtre d'ombres chinoises.
L'auteur pose une question universelle : et s'il vous était donné l'opportunité de revivre une histoire d'amour, une de celles qui ont compté ? Et si elle se présentait un jour, cette actrice, celle qui rejouerait le rôle de l'être aimée ? Suivrez-vous le même chemin ? Aujourd'hui, avec l'histoire racontée depuis ? Avec les traces écrites ?
Ecririez-vous la même histoire ? L'écririez-vous mieux ?
Avec un esprit scientifique, de façon empirique, il nous expose cette deuxième histoire. Attention, l'auteur ne se joue pas de nous. Au contraire, avec son théâtre d'ombres chinoises, il ordonne le cheminement de son esprit avec beaucoup de rigueur !
Début de l'histoire : le narrateur est un homme, devenu écrivain. Magdalena, une actrice, la femme aimée. Au moment de leur rupture, Il était en train d'écrire un livre sur leur histoire.
Son double se présente, « son visage à côté du reflet du miens ». Elle est là, elle aussi, l'actrice. Elle se nomme Lena dans cette nouvelle vie. Elle aime beaucoup les cimetières.
Son double est vivant. « Il m'a salué de façon tout à fait normale. » Il a des tocs d'écrivains, prend des notes. Il écrit également sur Lena. « le bonheur ne fait pas de bonnes histoires ».
le narrateur raconte son histoire à Lena ; il lui raconte comment il a connu Magdalena : ils ont escaladé une pente raide en montagne, mais elle a voulu escalader plus haut. Lena a sa version. Magdalena n'a pas voulu se déshabiller dans le lac lors de leur première randonnée, et elle a continué sa route plus haut pour atteindre un sommet « dont le nom lui plaisait ». Elle l'a semé.
Première épreuve de force.

Est-ce qu'il est tombé instantanément amoureux de Magdalena ? Un coup de foudre ? le « mythe créateur » ? « A force d'écrire, j'étais devenu prudent avec les grands mots et les grands sentiments ».
« Même quand nous étions ensemble, j'avais l'impression qu'elle jouait un rôle, non de façon délibérée, mais parce qu'elle ne pouvait faire autrement »
Ils vont dans un musée, Lena et lui, la femme aimée ressuscitée. Il contemple les « butins de chasses soigneusement disposés, des renards morts ». Sentiment d'épuisement. Léna parle de « calme après la chasse ».
Lena trouve l'idée belle qu'il ait un double. Il n'est pas d'accord, « c‘est comme si l'on n'était plus une personne complète, comme si on se dissolvait. »
Il continue à raconter son histoire à Lena, comment il s'est éloigné de son double à Barcelone, quand il a eu envie de mettre un terme à la vie de Chris, son double ; quand il est revenu dans sa ville, « dans un pays étranger » : « Je n'avais pas besoin de preuves d'une vie que j'avais menée et dont je me souvenais… Je revivais en pensée le début de notre relation, une deuxième fois. Et mon désir de Magdalena redevint aussi fort qu'à l'époque, au moment où elle m'avait quitté.»
Revenu dans sa ville, il écrit la première phrase du livre qu'il avait écrit seize années plus tôt, au moment de leur rupture. Ce livre que Magdalena l'avait encouragé à écrire à l'époque. Il l'écrit à nouveau mais lentement. « Je n'étais pas pressé… je comprenais qu'amour et liberté ne s'excluaient pas mais conditionnaient que l'un n'était pas possible sans l'autre.»
Que devient cette nouvelle histoire ? Peut-elle prendre une autre tournure ? Une belle fin ?

de chapitre en chapitre, le narrateur dévoile un nouveau pan de sa conscience. Il revoit son histoire, suit le cours de ses pensées. Une petite étincelle qui aurait pu changer le cours de choses. Une autre histoire se déploie. Elle interagit avec l'ancienne, mais s'en sépare aussitôt qu'elle la rejoint, qu'elle essaye d'en modifier son cours. Son histoire d'amour prend de l'ampleur ou se disloque en images selon qu'il soit loin ou proche de Magdalena.
La conclusion de cette lecture est évidemment plurielle. Troublante. Une preuve empirique de la métamorphose des souvenirs est apportée par l'auteur mais je crois que toute personne qui essaye d'approcher ses sentiments au plus près, pour sonder pourquoi, comment elle a pris un chemin, peut faire l'expérience que décrit Peter Stamm.
En réalité, cette histoire est une allégorie de la vie d'un écrivain. Peter Stamm parle de toutes les ambivalences qui existent dans le processus créateur, de ce tiraillement constant pour un écrivain entre la vraie vie et la vie que l'on se raconte, l'histoire que l'on se construit. de la convergence de l'une vers l'autre. Dans un sens ou dans l'autre. Il pose la question cruciale : comment donner naissance à des textes vivants. Il nous montre que l'histoire que l'on se raconte prend une coloration autre quand l'on s'en éloigne. Il différencie le livre que l'on écrit sous contrainte avec le livre que l'on souhaite écrire. Il s'arrête sur les quelques rares vérités tangibles dont il dispose pour avancer : le côté irrévocable d'un livre. « Il suffit de les posséder, de les prendre dans ses mains et de savoir qu'ils resteront toujours tels qu'ils sont. » Il nous parle des pièges de l'amour et de l'écriture, ce que l'on désire posséder. La domination, la jalousie. Il dénonce l'écriture productive, avec scénario. L'écriture qui apporte le confort social. Il nous parle de l'impossibilité de savoir à l'avance ce que l'on va trouver quand l'on écrit.
Ce livre est également une allégorie de la vie de tout diariste, ou de toute personne qui essaierait d'approcher au plus près ses sentiments pour sonder et s'expliquer son propre parcours. Finalement le problème que ce livre pose est relativement universel : comment inscrire sa propre histoire dans l'histoire de l'humanité, avec ses éternels recommencements.
Ce livre est un immense livre. J'ai été impressionnée par la construction très habile de l'auteur, par son immense pouvoir hypnotique malgré une construction très pensée, très structurée. Il y a une maîtrise de la mise en abyme extraordinaire. Des phrases courtes ; chaque action a une signification, enrichit la personnalité du personnage. J'ai beaucoup aimé la très belle concision des descriptions quand il installe une atmosphère. On y est, on chemine. Une route, un cimetière. Des immeubles gris et anonymes. Une route bordée d'entrepôts, un paysage, un pont, des artères. Une plage fréquentée par des gens du cru. Puis l'événement qui tranche et apporte une nouvelle coloration au souvenir, un steak qu'un metteur en scène brandit parce qu'il n'est pas assez saignant, des oiseaux qui ne sont pas des mouettes mais des pigeons. Magdalena qui veut que le narrateur signe son livre stocké à la bibliothèque centrale.
Quand Peter Stamm se pose une question métaphysique, il ne se perd pas en philosophie creuse. Il ne discourt pas non plus en s'attardant sur la psychologie de ses personnages. Il fait une expérience, une vraie : il prend son personnage, le plonge dans la bonne formule alchimique pour le confronter à ses contradictions. Il met en action son personnage dans un environnement précis, avec ses souvenirs du moment, avec ce qu'il a retenu de son expérience passée. Il développe scientifiquement son texte. On est toujours dans l'expérience avec Peter Stamm, la vraie ; avec des hypothèses précises, dans un espace précis, avec un historique donné. Ce qui est flou c'est le vrai flou, c'est-à-dire les résultats de son expérience (enfin de celle du narrateur), les différentes facettes de sa personnalité et les souvenirs qui ont traversé le temps.
C'est l'un des rares livres de cette rentrée où le mystère est complètement naturel. Un véritable tour de force dans l'environnement littéraire actuel !
Puisqu'il est d'usage de parler de prix littéro-commerciaux à cette saison, ce livre magistral qui pourtant a plusieurs strates de lectures possibles, n'est pas dans beaucoup de listes (à part pour le prix Médicis) mais en réalité je ne m'en étonne pas. On pourrait même dire que s'il ne fait pas partie des listes de prix, c'est qu'il n'a pas besoin d'être poussé… Les personnages sont réalistes, prennent vie dès les premières pages ; et comme l'être humain est un animal social qui a besoin d'entrer en contact avec des personnages, qui s'attache aux personnages vivants, ce livre devrait plaire.
Un excellent livre, donc. Espérons que ce livre saura toucher un large lectorat. Beaucoup de lecteurs.
Dans tous les cas, un livre à garder dans sa bibliothèque – de façon irrévocable, pour le toucher, le palper.
le relire.
Il me semble que je suis relativement d'accord avec la lecture de Florent Georgesco et d'Arnaud Laporte.

Et pour finir, ce passage du livre de Christine singer, « Une passion, entre ciel et chair » :
"J'ai deux mémoires, celle qui me retrace les événements, leur enchaînement dans le temps – et puis celle qui me restitue des états de conscience, l'odeur, la saveur, les différents états d'âme et de corps. Univers dans lequel je m'oriente les yeux fermés, humant, flairant, tâtant : ma vraie patrie, ma vraie vie.
La première mémoire autrefois si aiguë commence à se brouiller un peu mais la vigueur de la seconde est intacte. J'ai même l'impression qu'elle fait de la première sa pâture et s‘accroît au fur et à mesure que l'autre s'exténue.

J'ai passé toutes les nuits dernières à réfléchir l'amour – je dis « réfléchir » comme on le dit d'un reflet d'eau. Je n'ai fait en somme qu'offrir à une interrogation passionnée le miroir de mon attention. J'ai attendu que s'y dessine un contour. Mais le mystère n'en a pas été entamé. Tout reste aussi incompréhensible qu'au premier jour. Je sens bien autour de moi cette vibration ténue qui me révèle que la réponse m'est proche, toute proche. Mais à peine ai-je lancé les filets de mes mots pour la ramener au rivage que tout s'esquive à nouveau…."


La douce indifférence du monde ; Peter Stamm ; Traduit de l'allemand par Pierre Deshusses ; Editions Christian Bourgois.
Lien : http://lapagederita.blogspot..
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critiques presse (4)
Liberation   10 décembre 2018
Lignes de fuite et chemins de traverse, reflets de doubles qui n'en sont peut-être pas, vies écrites à l'avance, vertiges de la disparition : tout l'art de l'écrivain suisse concentré dans ce nouveau roman mélancolique.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs   19 octobre 2018
Un homme rencontre un autre homme, et pense qu'il s'agit de lui-même, vingt-six ans plus tôt. Sur ce postulat fantastique, Peter Stamm offre une expérience universelle et intime. Il propose une réflexion profonde sur le fil de nos vies. Un livre à lire comme on voit un film de David Lynch, d'une seule traite, et à relire, sans jamais en épuiser la richesse.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaCroix   28 septembre 2018
Avec une remarquable maîtrise, l’écrivain suisse met en mouvement ses personnages et leurs doubles.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   14 septembre 2018
Un homme rencontre son double et retrouve, inchangée, une jeune femme perdue depuis longtemps. « La Douce Indifférence du monde », puissant roman.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   20 septembre 2018
Je veux d’abord entendre la fin de l’histoire. La fin de l’histoire, je ne peux pas vous la raconter, il n’y a que dans les livres que les histoires ont une fin. Mais je peux vous raconter la suite.
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LutvicLutvic   20 janvier 2019
Magdalena rentra pour le week-end et me demanda ce que j'avais fait pendant son absence. Des tas de choses, dis-je. Mais je ne lui parlai pas de ce j'avais écrit sur elle. J'avais l'impression que je l'aurais trompée avec son image, comme si la Magdalena écrite m'était plus proche que la Magdalena vivante. Je la regardais et ne la reconnaissais plus, et en même temps j'avais l'impression de la voir de façon plus réelle que jamais auparavant, une femme parfaitement étrangère. Qu'est-ce que tu as ? demanda-t-elle, le regard soucieux. Je secouai la tête et la pris dans mes bras, comme si je pouvais ainsi me rapprocher d'elle. [...] La Magdalena fictive avait recouvert la Magdalena réelle comme un masque recouvre un visage. C'était de ça que parlait le livre, des images que nous nous faisons les uns des autres, du pouvoir que ces images ont sur nous (pp. 40, 97).
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RITABRITAB   18 septembre 2018
J’ai parlé un jour avec un physicien qui m’a expliqué que l’univers entier reposait sur une petite erreur, un minuscule déséquilibre entre la matière et l’antimatière, qui a dû avoir lieu au moment du Big Bang. S’il n’y avait pas eu cette erreur, la matière et l’antimatière se serait annihilées depuis longtemps et rien n’existerait. Mais le moindre écart ne devrait-il pas alors se multiplier ? demanda Lena. Toute décision que lui ou moi avons prise de façon différente de vous et de Magdalena à l’époque ne devrait-elle pas toujours entraîner de nouveaux écarts ? On pourrait le penser, dis-je, mais vous revenez toujours sur le bon chemin. Comme si ce que vous faites n’avait aucune influence sur ce qui arrive. C’est comme une pièce de théâtre montée par des metteurs en scène différents. Les décors ne sont pas les mêmes, le texte peut être modifié ou raccourci, mais l’action suit son cours inexorable.
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mumubocmumuboc   20 octobre 2019
Je ne veux pas savoir ce que me réserve l'avenir, mais j'aime l'idée qu'il est déjà écrit, que tout ce qui m'arrive est déjà arrivé à quelqu'un, que tout cela a un rapport et un sens. Comme si ma vie était une histoire. Je crois que c'est ça que j'ai toujours aimé dans les livres. Le fait qu'ils sont irrévocables. On n'est pas du tout obligés de les lire. Il suffit de les posséder, de les prendre dans ses mains et de savoir qu'ils resteront toujours tels qu'ils sont. (p107)
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ChristwChristw   10 février 2019
"Le livre que j'avais écrit à l'époque ne racontait pas vraiment l'histoire de Magdalena et de moi. Après qu'elle m'avait encouragé à écrire sur elle, je m'étais vite aperçu que je n'y arriverais pas, que j'étais trop bloqué pour la voir et la décrire clairement. La Magdalena fictive avait recouvert la Magdalena réelle comme un masque recouvre un visage. C'était de ça que parlait le livre, des images que nous nous faisons les uns des autres, du pouvoir que ces images ont sur nous."
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Videos de Peter Stamm (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Peter Stamm
À l'occasion du salon du livre de Genève 2019, rencontre avec Peter Stamm autour de son ouvrage "La douce indifférence du monde" aux éditions Bourgois.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2234416/peter-stamm-la-douce-indifference-du-monde
Notes de Musique : Youtube Audio Library.
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