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Serge Soupel (Éditeur scientifique)Charles Mauron (Traducteur)
ISBN : 2080703714
Éditeur : Flammarion (07/01/1999)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 136 notes)
Résumé :
Grand roman moderne du XVIIIe siècle anglais, considéré comme l'un des sommets de la littérature universelle, à l'égal des œuvres de Rabelais ou de Cervantès, et curieusement mal connu en France, Tristram Shandy - littéralement Tristram Tête-Fêlée - renaît aujourd'hui dans la nouvelle traduction intégrale de Guy Jouvet. D'une force comique et subversive incomparable, cette chronique d'une maisonnée campagnarde - où l'on assiste aux déboires et aux débats véhéments e... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Pirouette0001
30 octobre 2016
On compare Tristram Shandy à Rabelais et son Gargantua ou Pantagruel ou à Cervantes et son Quichotte, que, du reste, le personnage de Tristram cite souvent, ou, plutôt, il se réfère régulièrement à Sancho Panza. Certes, il y a le même humour, la même volonté de tout prendre en dérision, et assurément, le propos est fort distrayant, mais on n'atteint pas les mêmes sommets me semble-t-il.
Presqu'inconnu chez nous, Tristram Shandy est fréquemment lu et cité en Angleterre et chez les écrivains espagnols que j'aime. C'est, du reste, Javier Marias qui l'a traduit en castillan et Villa-Matas tout comme Barnes parlent de shandisme. Rien que pour cela, j'avais envie de le lire, et rien que pour cela, je n'ai aucun regret. Je m'attendais simplement à encore plus mieux, si vous voyez ce que je veux dire.
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Ceache
02 mars 2011
Un sommet absolu de littérature selon moi. Un roman que je n'ai pas fini de lire, relire, explorer dans toutes ses traductions et dans sa langue originale qui n'est pas la mienne. La traduction des éditions Tristram est une des plus récentes. Cette édition est particulèrement à recommander pour son appareil de notes et de commentaires. Une édition était même prévue en quatre tomes avec abondance de notes en fin de volume. Je l'attends avec impatience, s'il est toujours prévu qu'elle puisse paraître. La traduction de Charles Mauron, plus ancienne, moins Rabelaisienne, plus britannique au sens où l'entendent les français (mais que comprennent les français des britanniques ?) est aussi une excellente version, c'est celle par laquelle j'ai découvert ce roman foisonnant, très favorable à l'imagination. J'ai dû cocher une case sur Babelio, j'ai donc coché "lu", mais pour traduire mon approche de ce roman il faudrait créer une case où l'on puisse trouver à la fois "lu et relu" "à lire absolument" "à relire sans modération" "à offrir"... Bref, je ne peux que vous le recomander.
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lolo71
18 juin 2009
« La vie et les opinions de Tristram Shandy » porte mal son nom. Car de la vie de Tristram, le narrateur, on apprend très peu de choses, et un peu plus de ses opinions il est vrai. Sa naissance ne survient qu'au tiers du livre environ, et à la fin il n'est encore qu'un enfant. Les véritables héros en sont le père de Tristram, Gauthier Shandy, et le frère de celui-ci, Tobie. Leurs discussions, réflexions, faits et gestes, et les retours sur leur vie constituent autant de digressions qui freinent la progression du récit. Mais cela semble le cadet des soucis de Laurence Sterne, qui prend plutôt plaisir à dynamiter la forme académique du roman.
Au final, le récit se présente comme un collage de commentaires philosophiques, de gloses religieuses, d'allusions graveleuses, de discussions sur d'absurdes points de droit, d'analyses scientifiques, de dissertations sur l'art militaire. La science des fortifications est le « dada » (ou « califourchon ») de Tobie, ancien officier blessé à la bataille de Namur, homme bon et doux dingue, qui reconstitue dans son jardin, en miniature, places fortes ou autres villes afin de rejouer avec son fidèle serviteur L'Astiqué les batailles qui s'y sont déroulées. Tout cela sous l'oeil mi-amusé mi-agacé de son frère, excentrique d'un autre genre, homme fantasque, singulier et imprévisible, à la grande culture livresque parfois mal digérée, « dont la méthode constante était de faire cadrer de force chaque événement au monde avec une de ses hypothèses » et qui professe les théories les plus extravagantes sur la procréation, l'accouchement, la forme du nez, ou encore l'influence du nom de baptême. Théories qu'il entend bien appliquer à l'éducation de son fils Tristram, même si la fortune semble prendre un malin plaisir à contrarier ses plans.
« Tristram Shandy » est rempli de références aux penseurs et écrivains qui ont influencé Sterne : Locke, Swift, mais surtout Cervantès et Rabelais. On retrouve de ce dernier un goût certain pour la fantaisie verbale, avec ces savoureux archaïsmes (ou néologismes ?) : « éplapourdi », « patafioler », « embabouiné », « emberlucoqué », « coquefredouille », « niquedouille », « entrefesson », « dilapidéchargé », « débagoulage », « fougadeux », « turlutaine », etc. Hommage et satire, éloge de la singularité et dénonciation des idées reçues, récit et parodie de récit, ce texte iconoclaste contient tous les genres, il est tous les textes, il est le « livre des livres ».
Laurence Sterne s'amuse avec son lecteur, qu'il apostrophe parfois pour lui exposer ses propres réflexions sur la littérature et la vie. Ecrire et vivre sont une seule et même chose pour Sterne le tuberculeux. Lutter contre la mort qui rôde revient donc à combattre le mortifère esprit de sérieux en littérature : « […] j'écris sans plus m'en faire ce parfait livre du dessouci : d'une honnête courtoisie et d'une extravagance absolue, facétieux en diable mais sans malice aucune, bref, shandéique jusqu'à la moelle des os, qui ne manquera point de vous faire le plus grand bien au coeur. Et à la tête également, à condition que vous y compreniez quelque chose. » Grand bien nous fasse en effet.

Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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chartel
01 juin 2015
A mon sens, lorsque Laurence Sterne engendra "Vie et opinions de Tristram Shandy", il aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait. S'il avait à cet instant dûment pesé le pour et le contre, il aurait pu s'apercevoir qu'il se lançait dans une aventure sans fin et que son incroyable entreprise, de digressions en digressions, accompagnerait son quotidien jusqu'au terme de sa vie. Car l'objectif premier de ce roman des romans est de ne surtout pas arriver à un quelconque terme. Deux expressions du narrateur expriment remarquablement le principe de l'oeuvre: "C'est du soleil des digressions que nous vient la lumière" et "Je ne conduis pas ma plume, elle me conduit". L'édifice de Monsieur Sterne semble donc inachevable, un chapitre pouvant toujours s'ajouter aux autres, un livre pouvant encore prolonger les autres. Mais, soit dit en passant, cherchons-nous une destination finale lorsque nous ouvrons un livre? Et ne désirons-nous pas plutôt nous engager dans un inoubliable voyage?
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AlineMarieP
26 août 2014
Une lecture qui a profondément touché et chamboulé ma vie étudiante. de quoi ça parle? de rien, de tout, de ci et de cela... Que répondre à l'examen? Une histoire de naissance, de tabac, de routes et surtout d'un monde littéraire qui raconte l'Europe du XVIIIe, qui raconte l'Homme.
Un vrai roman à tiroir (qu'aucun héritier français n'a jamais réussi à égaler), un brin donquichottisant, plein de philosophie et d'humour. A savourer et à rêver de relire un jour quand on aura vieilli et que Tristram et l'oncle Toby nous apprendrons encore de nouvelles et belles choses sur nous.
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Citations & extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
tolstoievskitolstoievski22 juillet 2017
Nulle corporation n'eût jeté plus de lumières sur le sujet que celle des médecins — si, chaque fois qu'ils en débattaient, les savants bonnets de la Faculté n'étaient infailliblement retombés dans leurs chamailleries […].
Il s'en trouva malgré tout dans leurs rangs pour démontrer de façon fort satisfaisante qu'une masse aussi pesante de matière hétérogène ne pouvait s'accumuler sur le nez de l'enfant encore in utero sans détruire l'équilibre statique dudit fœtus […].
Les bonnets d'un autre parti apportèrent une réponse complète à cette difficulté, infirmant une telle conclusion par une dissertation dans les règles sur la faculté nutritive où étaient montrés les effets autrement considérables du nourrissement : […] de deux choses l'une, et non moins fatalement dans un cas que dans l'autre : ou bien le nez tomberait de son homme, ou bien l'homme tomberait de son nez. […]
— Les faits prouvent le contraire — répondirent leurs adversaires. —
En ce cas les faits ont tort, ripostèrent-ils.

Livre IV, Conte de Grosscacadius.
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tolstoievskitolstoievski16 juillet 2017
Avant qu'une affliction n'ait été digérée, — les paroles de consolation viennent toujours trop tôt ; — et lorsqu'elle a été digérée, elles arrivent trop tard.

Livre III, Chapitre XXIX.
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tolstoievskitolstoievski15 juillet 2017
Je hais tous les discours convenus, dissertations d'école ou autres laïus fabriqués d'avance, — et, par-dessus tout, ce procédé que je compte au nombre des plus imbéciles qui se puissent pratiquer dans ce genre d'exercices, je veux parler de cette manie ridicule qu'ont leurs auteurs d'y obscurcir à mesure chaque hypothèse qu'ils avancent en interposant systématiquement entre elle et l'entendement du lecteur une interminable kyrielle de grands mots opaques, — quand il eût probablement suffi de regarder autour de soi pour apercevoir quelque exemple immédiatement parlant ou n'attendant que de le devenir à l'usage, et qui eût illico clarifié la question.

Livre III, Chapitre XX.
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tolstoievskitolstoievski10 juillet 2017
Les femmes ont leurs idées, voyez-vous ; et dans ces sortes d'affaires, poursuivit mon père, où ce sont elles qui portent tout le fardeau et qui souffrent les douleurs les plus aigües pour le profit de nos familles et le bien de notre espèce, — elles ne laissent point de revendiquer le droit de décider " en Soveraines " à quelles mains elles se confieront et à quelle mode devra opérer celui ou celle sur qui elles ont jeté leur dévolu.
C'est qu'elles sont ici dans leur droit, — fit mon oncle Tobie. Tout de même, Monsieur, répondit le Docteur Bran, passant outre l'avis de mon oncle Tobie et se tournant vers mon père, — il ne manque point d'autres chapitres moins essentiels où l'on pourrait les laisser gouverner à leur guise, sans leur abandonner celui-là ! — et un père de famille désireux de perpétuer sa race ferait mieux à mon gré de reprendre cette prérogative à sa femme et de lui céder en échange de quelconques autres droits plus bénins. — Je me demande bien, répondit mon père avec un peu trop d'humeur pour être totalement dénué de parti pris en faisant cette sortie, — je me demande bien, fit-il, quel privilège il nous reste encore à leur céder en échange du droit de décider qui mettra nos enfants au monde, — si ce n'est celui — de choisir par qui elles se les veulent faire faire !

Livre II, Chapitre XVIII.
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NMTBNMTB01 mars 2017
Dites-moi un peu, vous les je-sais-tout, devrons-nous indéfiniment ajouter tant et tant à la masse et si peu à la valeur ?
Devrons-nous produire éternellement de nouveaux livres comme les apothicaires produisent de nouvelles mixtions en ne faisant que les transvaser d'un flacon dans un autre ?
Devrons-nous éternellement enrouler et dérouler la même corde ? Eternellement sur la même voie toute tracée - éternellement à la même allure ?
Sommes-nous destinés pour l'éternité, les jours fériés aussi bien que les jours ouvrables, à exhiber les reliques de notre science, comme font les moines avec les reliques de leurs saints - sans opérer un seul - un seul petit miracle ?
Qui donc a créé l'Homme nanti de facultés capables de le projeter de la terre au ciel en un clin d'oeil - l'Homme, cet être supérieur, la plus excellente et la plus noble des créatures au monde - le miracle de la nature, comme l'a nommé Zoroastre dans son livre Sur La Nature - la SHEKINAH de la présence divine, selon Chrysostome - l'image de Dieu, selon Moïse - le rayon de lumière de la divinité, selon Platon - la merveille des merveilles, selon Aristote - pour en faire cette servile engeance condamnée à se traîner ainsi à plat ventre - à cette pitoyable - cette maquereautesque - cette avocassière allure d'entremetteur et de mendigoteur de causes ?
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Videos de Laurence Sterne (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurence Sterne
Jean-Hubert Gaillot - Laurence Sterne / Un voyage sentimental .Jean-Hubert Gaillot vous présente l'ouvrage de Laurence Sterne "Un voyage sentimental" aux éditions Tristram, traduit par Guy Jouvet. Rentrée littéraire 2016. Note de musique : "Advent Chamber Orchestra" by Corelli - Free Music Archive Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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