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Serge Soupel (Éditeur scientifique)Charles Mauron (Traducteur)
ISBN : 2080703714
Éditeur : Flammarion (07/01/1999)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 132 notes)
Résumé :
Grand roman moderne du XVIIIe siècle anglais, considéré comme l'un des sommets de la littérature universelle, à l'égal des œuvres de Rabelais ou de Cervantès, et curieusement mal connu en France, Tristram Shandy - littéralement Tristram Tête-Fêlée - renaît aujourd'hui dans la nouvelle traduction intégrale de Guy Jouvet. D'une force comique et subversive incomparable, cette chronique d'une maisonnée campagnarde - où l'on assiste aux déboires et aux débats véhéments e... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Pirouette0001
30 octobre 2016
On compare Tristram Shandy à Rabelais et son Gargantua ou Pantagruel ou à Cervantes et son Quichotte, que, du reste, le personnage de Tristram cite souvent, ou, plutôt, il se réfère régulièrement à Sancho Panza. Certes, il y a le même humour, la même volonté de tout prendre en dérision, et assurément, le propos est fort distrayant, mais on n'atteint pas les mêmes sommets me semble-t-il.
Presqu'inconnu chez nous, Tristram Shandy est fréquemment lu et cité en Angleterre et chez les écrivains espagnols que j'aime. C'est, du reste, Javier Marias qui l'a traduit en castillan et Villa-Matas tout comme Barnes parlent de shandisme. Rien que pour cela, j'avais envie de le lire, et rien que pour cela, je n'ai aucun regret. Je m'attendais simplement à encore plus mieux, si vous voyez ce que je veux dire.
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Ceache
02 mars 2011
Un sommet absolu de littérature selon moi. Un roman que je n'ai pas fini de lire, relire, explorer dans toutes ses traductions et dans sa langue originale qui n'est pas la mienne. La traduction des éditions Tristram est une des plus récentes. Cette édition est particulèrement à recommander pour son appareil de notes et de commentaires. Une édition était même prévue en quatre tomes avec abondance de notes en fin de volume. Je l'attends avec impatience, s'il est toujours prévu qu'elle puisse paraître. La traduction de Charles Mauron, plus ancienne, moins Rabelaisienne, plus britannique au sens où l'entendent les français (mais que comprennent les français des britanniques ?) est aussi une excellente version, c'est celle par laquelle j'ai découvert ce roman foisonnant, très favorable à l'imagination. J'ai dû cocher une case sur Babelio, j'ai donc coché "lu", mais pour traduire mon approche de ce roman il faudrait créer une case où l'on puisse trouver à la fois "lu et relu" "à lire absolument" "à relire sans modération" "à offrir"... Bref, je ne peux que vous le recomander.
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lolo71
18 juin 2009
« La vie et les opinions de Tristram Shandy » porte mal son nom. Car de la vie de Tristram, le narrateur, on apprend très peu de choses, et un peu plus de ses opinions il est vrai. Sa naissance ne survient qu'au tiers du livre environ, et à la fin il n'est encore qu'un enfant. Les véritables héros en sont le père de Tristram, Gauthier Shandy, et le frère de celui-ci, Tobie. Leurs discussions, réflexions, faits et gestes, et les retours sur leur vie constituent autant de digressions qui freinent la progression du récit. Mais cela semble le cadet des soucis de Laurence Sterne, qui prend plutôt plaisir à dynamiter la forme académique du roman.
Au final, le récit se présente comme un collage de commentaires philosophiques, de gloses religieuses, d'allusions graveleuses, de discussions sur d'absurdes points de droit, d'analyses scientifiques, de dissertations sur l'art militaire. La science des fortifications est le « dada » (ou « califourchon ») de Tobie, ancien officier blessé à la bataille de Namur, homme bon et doux dingue, qui reconstitue dans son jardin, en miniature, places fortes ou autres villes afin de rejouer avec son fidèle serviteur L'Astiqué les batailles qui s'y sont déroulées. Tout cela sous l'oeil mi-amusé mi-agacé de son frère, excentrique d'un autre genre, homme fantasque, singulier et imprévisible, à la grande culture livresque parfois mal digérée, « dont la méthode constante était de faire cadrer de force chaque événement au monde avec une de ses hypothèses » et qui professe les théories les plus extravagantes sur la procréation, l'accouchement, la forme du nez, ou encore l'influence du nom de baptême. Théories qu'il entend bien appliquer à l'éducation de son fils Tristram, même si la fortune semble prendre un malin plaisir à contrarier ses plans.
« Tristram Shandy » est rempli de références aux penseurs et écrivains qui ont influencé Sterne : Locke, Swift, mais surtout Cervantès et Rabelais. On retrouve de ce dernier un goût certain pour la fantaisie verbale, avec ces savoureux archaïsmes (ou néologismes ?) : « éplapourdi », « patafioler », « embabouiné », « emberlucoqué », « coquefredouille », « niquedouille », « entrefesson », « dilapidéchargé », « débagoulage », « fougadeux », « turlutaine », etc. Hommage et satire, éloge de la singularité et dénonciation des idées reçues, récit et parodie de récit, ce texte iconoclaste contient tous les genres, il est tous les textes, il est le « livre des livres ».
Laurence Sterne s'amuse avec son lecteur, qu'il apostrophe parfois pour lui exposer ses propres réflexions sur la littérature et la vie. Ecrire et vivre sont une seule et même chose pour Sterne le tuberculeux. Lutter contre la mort qui rôde revient donc à combattre le mortifère esprit de sérieux en littérature : « […] j'écris sans plus m'en faire ce parfait livre du dessouci : d'une honnête courtoisie et d'une extravagance absolue, facétieux en diable mais sans malice aucune, bref, shandéique jusqu'à la moelle des os, qui ne manquera point de vous faire le plus grand bien au coeur. Et à la tête également, à condition que vous y compreniez quelque chose. » Grand bien nous fasse en effet.

Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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chartel
01 juin 2015
A mon sens, lorsque Laurence Sterne engendra "Vie et opinions de Tristram Shandy", il aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait. S'il avait à cet instant dûment pesé le pour et le contre, il aurait pu s'apercevoir qu'il se lançait dans une aventure sans fin et que son incroyable entreprise, de digressions en digressions, accompagnerait son quotidien jusqu'au terme de sa vie. Car l'objectif premier de ce roman des romans est de ne surtout pas arriver à un quelconque terme. Deux expressions du narrateur expriment remarquablement le principe de l'oeuvre: "C'est du soleil des digressions que nous vient la lumière" et "Je ne conduis pas ma plume, elle me conduit". L'édifice de Monsieur Sterne semble donc inachevable, un chapitre pouvant toujours s'ajouter aux autres, un livre pouvant encore prolonger les autres. Mais, soit dit en passant, cherchons-nous une destination finale lorsque nous ouvrons un livre? Et ne désirons-nous pas plutôt nous engager dans un inoubliable voyage?
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AlineMarieP
26 août 2014
Une lecture qui a profondément touché et chamboulé ma vie étudiante. de quoi ça parle? de rien, de tout, de ci et de cela... Que répondre à l'examen? Une histoire de naissance, de tabac, de routes et surtout d'un monde littéraire qui raconte l'Europe du XVIIIe, qui raconte l'Homme.
Un vrai roman à tiroir (qu'aucun héritier français n'a jamais réussi à égaler), un brin donquichottisant, plein de philosophie et d'humour. A savourer et à rêver de relire un jour quand on aura vieilli et que Tristram et l'oncle Toby nous apprendrons encore de nouvelles et belles choses sur nous.
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Citations & extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
NMTBNMTB01 mars 2017
Dites-moi un peu, vous les je-sais-tout, devrons-nous indéfiniment ajouter tant et tant à la masse et si peu à la valeur ?
Devrons-nous produire éternellement de nouveaux livres comme les apothicaires produisent de nouvelles mixtions en ne faisant que les transvaser d'un flacon dans un autre ?
Devrons-nous éternellement enrouler et dérouler la même corde ? Eternellement sur la même voie toute tracée - éternellement à la même allure ?
Sommes-nous destinés pour l'éternité, les jours fériés aussi bien que les jours ouvrables, à exhiber les reliques de notre science, comme font les moines avec les reliques de leurs saints - sans opérer un seul - un seul petit miracle ?
Qui donc a créé l'Homme nanti de facultés capables de le projeter de la terre au ciel en un clin d'oeil - l'Homme, cet être supérieur, la plus excellente et la plus noble des créatures au monde - le miracle de la nature, comme l'a nommé Zoroastre dans son livre Sur La Nature - la SHEKINAH de la présence divine, selon Chrysostome - l'image de Dieu, selon Moïse - le rayon de lumière de la divinité, selon Platon - la merveille des merveilles, selon Aristote - pour en faire cette servile engeance condamnée à se traîner ainsi à plat ventre - à cette pitoyable - cette maquereautesque - cette avocassière allure d'entremetteur et de mendigoteur de causes ?
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ElGatoMaloElGatoMalo19 juillet 2012
Au très honorable Mr. PIT T.
Monsieur,
jamais pauvre diable dédicaçant ne mit en sa dédicace moins d’espoir que moi aujourd’hui; c’est que j’écris dans un coin retiré du royaume, sous le chaume de la maisonnette solitaire où je ne cesse de me défendre par la seule gaieté contre les assauts de la maladie et autres misères de l'existence, persuadé que je suis en effet qu’un homme s’il sourit - et s’il rit mieux encore - ajoute quelque chose à la portion de vie qui nous est accordée.
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Pirouette0001Pirouette000125 septembre 2016
L'argument de mon père tirait toute sa force de deux axiomes :
Le premier posait qu'une once d'idées personnelles valait facilement un quintal pesant de pensées empruntées, et
le second (qui, soit dit par parenthèse, constituait le fondement du premier, ---- quoiqu'il soit énoncé en dernier) ---- que tout homme devait puiser la force de ses idées dans son propre fonds, autrement dit son âme propre, ----- et non dans celui d'autrui.
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kristolikidkristolikid11 août 2013
Je suis ce mois-ci plus âgé d'un an que je ne l'étais l'année dernière à pareil jour ; et étant parvenu, comme vous voyez, presque au milieu de mon troisième volume - mais pas au-delà du premier jour de ma vie - il est évident que j'ai trois cent soixante-quatre jours de ma vie de plus à écrire que quand j'ai commencé ; en sorte qu'au lieu d'avancer, comme un écrivain ordinaire, dans mon ouvrage en proportion de ce que j'en ai fait - au contraire, me voici justement d'autant de volumes en arrière - si chaque jour de ma vie devait être aussi affairé que celui-ci - Et pourquoi pas ? - et si ces faits et opinions devaient exiger autant de description - Et pour quelle raison les tronquerais-je ? comme de ce train-là je vivrais 364 fois plus vite que je n'écrirais - Il en résulte, n'en déplaise à Vos Honneurs, que plus j'écrirai, plus j'aurai à écrire - et par conséquent plus Vos Honneurs liront, et plus Vos Honneurs auront à lire.
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NMTBNMTB30 janvier 2017
Le cinquième jour de novembre 1718, lequel tombait aussi près des neuf mois de calendrier requis que pût raisonnablement l'espérer n'importe quel mari, je, Tristram Shandy, fils de bonne famille, vis le jour dans ce monde infect et calamiteux où nous tenons notre état. Que ne suis-je né dans la Lune, ou dans n'importe quelle autre planète (à l'exception de Jupiter et de Saturne, car je n'ai jamais pu supporter le froid) ! Sur aucune, (encore que je ne saurais répondre de Vénus) je n'eusse essuyé pires désastres que sur cette planète de turpitude et de fange que nous habitons.
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