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EAN : 9782357071780
144 pages
La Fosse aux Ours (03/03/2023)
4.11/5   9 notes
Résumé :

Quatrième de couverture :

 l’âge de s’initier à la marche nordique ou la gym douce, Fabienne Swiatly a posé ses valises (légères) dans sa Caboulotte pendant un an.
Voivi le récit, au fil des saisons, de cette expérience peu ordinaire...
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Ne cherchez pas dans les dictionnaires, le mot "caboulotte" est une simple contraction par l'auteure de roulotte et cabane. Un "habitat" fort personnel de 8 mètres carrés dans lequel Fabienne Swiatly a passé trois cent soixante-cinq jours ou presque. Il faut dire que cette caboulotte ne se trouvait pas n'importe où, mais dans les hauteurs d'un village drômois, où venaient braire les ânes de la couverture.

J'ai été tellement charmé par son bref roman ou longue nouvelle "Saïd" que j'ai commenté ici favorablement le 4 mars dernier, que je n'ai pas pu résister à la tentation de me commander son histoire de caboulotte, qui venait de paraître chez la Fosse aux Ours à Lyon, où a habité d'ailleurs l'auteure.

"L'année de la caboulotte" est aussi bref que "Saïd" : tout juste 120 pages. Comme le note Fabienne Swiatly elle-même "la brièveté est mon territoire, alors que j'aime les écritures longues, baroques."

Pour aller s'installer à un endroit aussi isolé dans une résidence plutôt ultra-primitive, où elle a été le plus souvent absolument toute seule les longs mois d'hiver 2021-2022, lorsqu'on a dépassé la soixantaine, a vraiment de quoi surprendre, qu'il y ait oui ou non une grosse déception amoureuse à la base.

Mais comme l'auteure indique, "Rouge-gorge" (son nom pour la caboulotte) lui a permis de réaliser l'essentiel, à savoir écrire. Et écrire elle a fait. Ses nombreuses chroniques, contributions à différentes associations culturelles et sociales, la version définitive de son "Saïd" et la préparation d'une biographie littéraire de l'écrivaine Violette Leduc.

Incroyable mais vrai, Fabienne Swiatly a considéré ce séjour à bord du Rouge-gorge comme un entraînement à la vie d'une écrivaine- nomade à bord d'un fourgon aménagé en fonction de ses besoins spécifiques et dans les limites de ses moyens financiers.
Et effectivement, début août 2022 elle met cap sur la Haute-Loire à bord de son Volkswagen Crafter de 5m60 de long sur 2m70 de haut, sa nouvelle maison, pour "au moins 2 à 3 ans".

J'admire ce côté aventurier de cette dame, tout comme j'apprécie son style d'écriture concis, précis et plein d'aphorismes et de citations et renvois littéraires à des auteurs aussi variés que Chateaubriand, Sylvain Tesson, Annie Ernaux et Marlen Haushofer du "Mur invisible".

Typique pour l'auteure est aussi sa façon de s'adresser directement au lecteur à propos du temps qu'il fait, la pandémie du Covid-19, la guerre en Ukraine, la situation de la femme, les impératifs de mesures climatologiques, etc.

Quel chemin parcouru de la fille partie comme adolescente de chez elle d'Amnéville en Moselle, de serveuse au restaurant le Donjon et de femme de ménage du casino d'Étretat à l'écrivaine qu'on connaît.

Je vous suggère d'aller faire un petit tour sur son site de voyages "latracebleue.net" avec d'impressionnantes chroniques et de très belles photos.

À la page 13, Fabienne Swiatly note : "Vieillir est une longue liste de renoncements". Un adage qui n'a apparemment pas trop l'air de s'appliquer à elle.
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« Ses yeux bleus à lui nous regardaient de manière tendre et égarée. » (pages 97/98)
Pas facile de « critiquer » une autrice rencontrée, avec qui nous partageâmes plusieurs heures à écrire, à composer, à lire. L'entrée dans ce court récit se déroulant sur 2021/2022 (la guerre en Ukraine, le covid étant présents) fut difficile, je lisais sans enthousiasme, était-ce un mauvais jour ? Au moment de la reprise de la lecture, le lendemain pour terminer, tout s'emboîtait, les mots, les blessures anciennes que l'on soupçonne, la joie d'être là sensible au Monde, les doutes sur ce que l'on écrit, l'obsession de la trace que l'on laissera (l'intitulé de son site Internet le révèle), les minuscules trébuchements, la vieillesse qui s'installe, etc., des saynètes extraordinaires d'une vie ordinaire (ou le contraire).
Reste le lectorat ? L'exemplaire entre mes mains, issu d'une bibliothèque, n'avait pas encore été lu (des indices le montrent, l'absence de rides sur la reliure, un fragment de page triangulaire resté accroché au massicotage), combien de fois sortira-t-il de l'étagère ? Fabienne Swiatly déroule ses multiples activités d'autrice pour vivre en temps qu'écrivaine (qui est un statut social, obtenu grâce à un.e éditeur.rice), vivre chichement mais avec une certaine forme de liberté « choisie » avec la précarité et les incertitudes qui accompagnent ce statut. Si le récit tourne autour d'elle les autres sont à, présents ou absents, proches ou lointains, et présentés avec une tendre empathie où pointe un zeste de révolte. Fabienne Swialty, ne shunte pas le réel, le social, la vie qui palpite loin des lumières bourgeoises.
« Écrire alors qu'il n'y a rien à dire. Écrire c'est peut-être cela, chercher ce qui ne peut pas. » (page 64) Deux autres textes magnifiques de Fabienne Swialty « Gagner sa vie » « Une femme allemande ».
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Novembre
Extrait 1
  
  
  
  
- Tu n’as pas peur ? La question est récurrente sans que l’on me précise de quoi je devrais avoir peur. Ma vraie peur, et j’en ai déjà parlé, est que l’écriture ne se fasse plus. Ce qui n’est pas le cas pour l’instant. Peur de la solitude ? Elle n’est pas un fait de tous les jours, puisque hier encore j’échangeais avec une cinquantaine de bibliothécaires et enseignants à l’Hôtel du département à Privas.
Peur de la nuit ? De l’obscurité ? Cette peur, je l’apprivoise, par contre je me sens incapable de bivouaquer seule dehors comme cet ami qui chaque année part marcher en montagne et dort dans un hamac. Ce ne sont pas les animaux ou l’obscurité qui m’effraient, mais l’idée de sentir la présence de ma mère.
Un jour… peut-être. Quand je serai grande.
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"Le bonheur n’est vrai que quand il est partagé. "

Christopher McCandless

(page 71).
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Humeur instable, époque agitée à se confronter chaque jour, à la guerre en Ukraine, aux propos stupides d'Eric Zemmour, aux alertes sur le réchauffement climatique, la violence faite aux femmes. Ne pas se laisser submerger par le désastre.

p 74
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Dans le carnet, j'écris une phrase vengeresse qui me fait rire : il manipulait mon clitoris comme une manette de jeu.
( p 35 )
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Videos de Fabienne Swiatly (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fabienne Swiatly
Avec Marc Alexandre Oho Bambe, Nassuf Djailani, Olivier Adam, Bruno Doucey, Laura Lutard, Katerina Apostolopoulou, Sofía Karámpali Farhat & Murielle Szac Accompagnés de Caroline Benz au piano
Prononcez le mot Frontières et vous aurez aussitôt deux types de représentations à l'esprit. La première renvoie à l'image des postes de douane, des bornes, des murs, des barbelés, des lignes de séparation entre États que l'on traverse parfois au risque de sa vie. L'autre nous entraîne dans la géographie symbolique de l'existence humaine : frontières entre les vivants et les morts, entre réel et imaginaire, entre soi et l'autre, sans oublier ces seuils que l'on franchit jusqu'à son dernier souffle. La poésie n'est pas étrangère à tout cela. Qu'elle naisse des conflits frontaliers, en Ukraine ou ailleurs, ou explore les confins de l'âme humaine, elle sait tenir ensemble ce qui divise. Géopolitique et géopoétique se mêlent dans cette anthologie où cent douze poètes, hommes et femmes en équilibre sur la ligne de partage des nombres, franchissent les frontières leurs papiers à la main.
112 poètes parmi lesquels :
Chawki Abdelamir, Olivier Adam, Maram al-Masri, Katerina Apostolopoulou, Margaret Atwood, Nawel Ben Kraïem, Tanella Boni, Katia Bouchoueva, Giorgio Caproni, Marianne Catzaras, Roja Chamankar, Mah Chong-gi, Laetitia Cuvelier, Louis-Philippe Dalembert, Najwan Darwish, Flora Aurima Devatine, Estelle Dumortier, Mireille Fargier-Caruso, Sabine Huynh, Imasango, Charles Juliet, Sofía Karámpali Farhat, Aurélia Lassaque, Bernard Lavilliers, Perrine le Querrec, Laura Lutard, Yvon le Men, Jidi Majia, Anna Malihon, Hala Mohammad, James Noël, Marc Alexandre Oho Bambe, Marie Pavlenko, Paola Pigani, Florentine Rey, Yannis Ritsos, Sapho, Jean-Pierre Siméon, Pierre Soletti, Fabienne Swiatly, Murielle Szac, Laura Tirandaz, André Velter, Anne Waldman, Eom Won-tae, Lubov Yakymtchouk, Ella Yevtouchenko…
« Suis-je vraiment immortelle, le soleil s'en soucie-t-il, lorsque tu partiras me rendras-tu les mots ? Ne te dérobe pas, ne me fais pas croire que tu ne partiras pas : dans l'histoire tu pars, et l'histoire est sans pitié. »
Circé – Poèmes d'argile , par Margaret Atwood
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