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ISBN : 2070466949
Éditeur : Gallimard (03/09/2015)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Un quotidien fait de calculs mesquins, une cuisante déception amoureuse, un profond sentiment de désarroi face à la condition humaine...Les personnages de ces nouvelles sont englués dans une existence qui leur rétrécit l'âme, qui éteint leur joie de vivre. Mais peut-être nous invitent-ils à méditer le conseil que se donne l'un d'entre eux : "La vie est effrayante, alors il n'y a pas à se gêner avec elle, brise-la et prends tout ce que tu peux lui arracher avant qu'e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
ninamarijo
  18 janvier 2017
Dans « les groseilliers » second volet de sa petite trilogie (1898) (« L'homme dans un étui »et « de l‘amour » étant les deux autres volets). Tchéchov raconte avec humour l'histoire de Nikolaï petit fonctionnaire qui rêve d'une autre vie.
L'histoire commence ainsi ; contraint, par une forte pluie de se réfugier dans une ferme, Ivan Ivanitch raconte à Bourkine, son ami, l'histoire de son frère Nikolai dont le désir (qui va devenir une obsession) était de revenir vivre à la campagne pour son plus grand bonheur. Arrivé à ses fins, à force d'économie, il peut enfin se payer la propriété de ses rêves à 50 ans. Nikolaï se retire donc sur ses terres, il cultive enfin ses propres groseilliers dont les fruits lui paraitront succulents, il se lèvera la nuit pour les déguster ! Pourtant le lieu est plutôt sordide, usines et incinérateur bordent son terrain, mais, notre héros est aveuglé dans sa petite vie étriquée. Son frère, spectateur, est triste devant son peu d'ambition… son rêve de petit bourgeois qui place son bien-être dans de petites choses, ce solitaire et ce fat d'autosatisfaction.
Tchékhov qui disait « L'écrivain n'a pas à résoudre les problèmes mais il doit « les poser correctement », suscite en nous des interrogations sur le sens du mot bonheur et ce grand humaniste écrit : « le bonheur n'existe pas… si la vie a un sens et un but, ils ne sont nullement dans notre bonheur, mais dans quelque chose de plus grand. Faites le bien ! »
Dans « Ionytch » c'est de la déception amoureuse que Tchékhov décortique avec finesse et mélancolie. Ionytch, repoussée par une femme s'enlise dans sa vie et se néglige il devient obèse. Le récit est affligeant, triste là encore notre héros s'abandonne dans sa vie étroite, déçue, éplorée et cupide. Prends en main ton destin pourrait on lui dire !
Dans « la peur » nous sommes pris d'angoisse face à l'existence « Ce qui m'effraie surtout, c'est le train-train de la vie quotidienne, auquel nul d'entre vous ne peut se soustraire. Je suis incapable de discerner ce qui, dans mes actions, est vérité et ce qui est mensonge, et elles me causent du tourment ; j'ai conscience que les conditions de l'existence et mon éducation m'ont enfermé dans un cercle étroit de mensonge, que toute ma vie n'est rien d'autre qu'une préoccupation quotidienne de me tromper moi-même et de tromper les autres sans m'en apercevoir, et je suis effrayé à la pensée que je ne me délivrerai pas de ce mensonge jusqu'à ma mort. »
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seblac
  02 mai 2016
Quatre nouvelles à la fois douces et amères qui renvoient à ce qu'Anton Tchekhov sait faire de mieux quand il évoque la vie morne et molle.
A l'image du frère d'Ivan Ivanytch dans la nouvelle les groseilliers, chacun à sa petite vie étroite et nourrit des rêves tout aussi étroits. Pour le frère de ce personnage, fonctionnaire de son état, le rêve consiste à acquérir une propriété à la campagne avec maison, dépendances, terres et surtout des groseillers… Son rêve s'exauce et ce n'est pas sans fierté qu'il déguste les fruits de son attente devant son frère autant surpris qu'écoeuré. Ces groseilles, c'est le but ultime de la vie de son frère, elles ont beau être acides et infectes, il s'en délecte, s'en gave. Ces fruits rouges deviennent métaphore d'une vie mais la seule chose qui risque d'en découler c'est une belle colique. Autre métaphore de la vie si il en est...
Peu ou prou cette vie est celle de tous les personnages de ces nouvelles. Toutes ont un lien fort avec la campagne, la province. On s'y ennuie immensément, la vie y semble interminable et cette immense vide donne le vertige. Alors on se prend à désirer autre chose...Dans la peur le narrateur se prend à désirer la femme de son ami, dans Ionytch un médecin convoite la fille d'un couple de notables.
Mais toujours l'échec, ou au moins la déception, sont au rendez vous, toujours on finit par chuter dans la boue de la vie. On s'embourbe, on patauge mais il n'y a rien de mieux à faire sinon fuir, ne pas regarder les autres se perdre et sauver sa peau.
De ce tableau peu reluisant, seule la nouvelle l'étudiant apparaît comme un tout petit ilôt de lumière et d'optimisme.
Souvent inégales en terme de qualité ces éditions à petit prix de chez folio proposent ici un Tchekhov au sommet de son art. Idéal pour qui voudrait commencer à découvrir cet écrivain et son univers désenchanté.
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ATOS
  29 novembre 2015
« Nous ne somme pas sur Terre / Pour que la mort nous surprenne dans une paresse bienheureuse »,  La Divine Comédie , extrait, Dante Alighieri.
« Et moi je rôde, foetus adulte,plus moderne que n'importe quel moderne, pour chercher des frères qui ne sont plus. »…. Je suis une force du passé, Pier Paolo Pasolini, extrait.
Il faut parler d'âme lorsqu'on entre en littérature russe. D'âme et non de style. Parler de style serait peut être parler en courtoisie, l'âme russe n'est jamais courtoise. Peur, folie, extase, effondrement, dépassement, joie, feu, glace, tourbe, encre, papier musique, rage, marche, espace, immensité des espaces, innombrables appels, tourments.
Libre , vibrante, glacée, brûlante, jamais courtoise.
Pourquoi inviter Dante ? Pourquoi inviter Pasolini ? Pourquoi les convier à la table de Tchékhov ?
Parce qu'à la lecture de ces quatre nouvelles, et tout particulièrement à la lecture de « l'étudiant » cela devient une évidence.
«  le passé, pensait-il, est lié au présent par une chaîne ininterrompue d'événements qui découlent les uns des autres. Et ils semblait qu'il venait d'apercevoir les deux bouts de la chaîne : il avait touché l'un, et l'autre avait vibré ».
Puisque « Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige; Valse mélancolique et langoureux vertige ! » vient nous répondre Baudelaire.
« Voilà l'hiver revenu, dit l'étudiant, en s'approchant du feu ».
Astrid Shriqui Garain

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cmpf
  23 janvier 2017
Quatre nouvelles pour dire l'absurdité de la vie.

Challenge XIXe siècle 2017
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PinkCatReading
  31 décembre 2017
Nouvelle incursion en territoire russe pour moi avec ce recueil de nouvelles d'Anton Tchekhov et je n'ai peut être pas choisi le bon ouvrage...ou alors je ne suis pas en phase avec l'univers désenchanté de Tchekhov.
J'ai trouvé l'écriture riche mais fluide ce qui a facilité ma lecture. C'est plutôt au niveau de l'ambiance et des thèmes que j'ai eu du mal. Certes, j'ai été dépaysée, moi qui ne connait pas la Russie et encore moins ses campagnes où se déroule la plupart des nouvelles. La vie y est, semble-t-il extrêmement ennuyeuse, morne et vide! Pour combler cet ennui, les personnages sombrent dans la mesquinerie, les calculs...Il y a souvent un espoir d'autre chose mais cela fini toujours mal. Mais où est la joie de vivre?!
Un peu déçue d'être passée totalement à côté de ce grand auteur.
J'envisage de plonger dans le fantastique russe avec Sergueï Loukianenko, ça sera forcément différent.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   26 septembre 2015
Il tombait une pluie violente, serrée, dont il était difficile de prévoir la fin. Les deux hommes s'arrêtèrent, se demandant quel parti prendre ; leurs chiens, déjà trempés, immobiles, la queue entre les pattes, les regardaient d'un air attendri.
« Il faut nous abriter quelque part, dit Bourkine. Allons chez Aliokhine. C'est tout près.
— Allons-y. »
Ils tournèrent de côté, traversant des éteules sans discontinuer, tantôt prenant au droit, tantôt appuyant à droite jusqu'à ce qu'ils débouchent sur un chemin. Bientôt ils aperçurent des peupliers, un jardin, puis des toits rouges de granges ; la rivière miroita et leur regard découvrit un vaste plan d'eau avec un moulin.
Le moulin tournait, couvrant le bruit de la pluie ; la digue vibrait. Près des chariots, des chevaux attendaient, immobiles, trempés, la tête basse, tandis que des gens allaient et venaient, un sac sur la tête pour se protéger de la pluie. Tout cela était humide, boueux, inhospitalier, l'eau semblait froide, mauvaise. À présent, Ivan Ivanytch et Bourkine sentaient qu'ils étaient trempés, crottés, qu'ils avaient les membres raides et les jambes alourdies par la boue et ils longèrent la digue et remontèrent vers les granges, sans se parler, comme s'ils étaient fâchés.

LES GROSEILLIERS.
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Nastasia-BNastasia-B   26 septembre 2015
L'argent, comme la vodka, fait des gens des êtres à part. Tenez, un marchand dans notre ville vient de décéder : à l'article de la mort il s'est fait apporter une assiette de miel et il a avalé avec le miel tout son argent et ses billets à lot pour que personne n'en profite. Un jour, dans une gare, j'inspectai du bétail : un maquignon tombe sous la locomotive, qui lui sectionne la jambe. Nous le portons à l'hôpital, le sang coulait, c'était affreux à voir, et lui, il ne cessait de demander qu'on aille chercher sa jambe : ce qui le tracassait, c'est qu'il y avait vingt roubles dans sa botte et qu'il avait peur de les perdre.

LES GROSEILLIERS.
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HunterUrnamHunterUrnam   26 août 2017
Et un tel ordre est sans doute nécessaire ; sans doute l'homme heureux ne se sent-il bien que parce que les malheureux portent leur fardeau en silence, car sans ce silence le bonheur serait impossible. C'est une anesthésie générale. Il faudrait que derrière la porte de chaque homme satisfait, heureux, s'en tînt un autre qui frapperait sans arrêt du marteau pour lui rappeler qu'il existe des malheureux, que, si heureux soit-il, tôt ou tard la vie lui montrera ses griffes, qu'un malheur surviendra - maladie, pauvreté, perte - et que nul ne le verra, ne l'entendra, pas plus que maintenant il ne voit ni n'entend les autres. Mais l'homme au marteau n'existe pas, l'homme heureux vit en paix et les menus soucis de l'existence l'agitent à peine, comme le vent agite le tremble, et tout est bien.
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lorenlolorenlo   12 janvier 2016
Un quotidien fait de calculs mesquins, une cuisante déception amoureuse, un profond sentiment de désarroi face à la condition humaine... Les personnages de ces nouvelles sont englués dans une existence qui leur rétrécit l'âme, qui éteint leur joie de vivre. Mais peut-être nous invitent-ils à méditer le conseil que se donne l'un d'entre-eux : "La vie est effrayante, alors il n'y a pas à se gêner avec elle, brise-la et prends tout ce que tu peux lui arracher avant qu'elle ne t'écrase."
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ninamarijoninamarijo   30 décembre 2016
...mais comme l'a dit Pouchkine nous préférons,
Aux vérités les plus nombreuses
Un seul mensonge, mais flatteur
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Vidéo de Anton Tchekhov
Célia Houdart Villa Crimée éditions P.O.L : où Célia Houdart tente de dire comment et de quoi est composé son nouveau livre Villa Crimée, et où il est question notamment d'un ensemble construit par Sarah Bitter au 168 rue Crimée, à Paris 19e, de logements sociaux et d'ateliers d'artiste, d'architecture et d'écriture, de 212 fenêtres et de 212 fragments, de cuivre et de pavés, de couverture et d'ouvertures, de "La Vie mode d?emploi" et d'"Espèces d'espace", de Geroges Perec, d'admiration et des merveilles du monde, à l?occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Villa Crimée", à Paris le 23 octobre 2018 "Un îlot en chantier, un labyrinthe de traits sur un plan d?architecte, un toit-manteau de cuivre gold. Un couple qui dort à la belle étoile sur une loggia, le piano d?Anton Tchekhov dans sa Datcha Blanche. Série de visions, de fictions. Fenêtres sur cour et vies rêvées, en même temps que coups de sonde dans le passé d?un quartier parisien"
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Je m'appelle .............?..........." je suis un jeune homme de dix-sept ans, laid, maladif et timide", je passe mes étés dans la "maison de campagne des Choumikhine", et je m'y ennuie.

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