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EAN : 9782070323647
480 pages
Éditeur : Gallimard (01/01/1986)
4.04/5   84 notes
Résumé :
Théoricien du libéralisme, Tocqueville montre dans De la démocratie en Amérique comment la démocratie s'est accompagnée des progrès de l'individualisme. Cependant, les droits individuels une fois proclamés et reconnus, ce goût pour la liberté s'est corrompu en passion pour l'égalité, favorisant la diffusion d'un esprit majoritaire et conformiste.

En effet, à force de réclamer les mêmes droits pour tous, les individus se contentent de revendiquer une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Cer45Rt
  24 avril 2019
Si la première partie de "De la démocratie en Amérique" pouvait décevoir, il n'en est pas de même pour la seconde partie, bien plus intéressante.
Il y a toujours comme dans la première partie, des idées un peu tirées par les cheveux ; mais il y en a beaucoup moins et il s'agit d'une excellente analyse du fonctionnement des systèmes démocratiques.
Il faut dire que cette partie est beaucoup plus ambitieuse et donc, beaucoup plus intéressante ; elle est aussi beaucoup plus intemporelle, puisque Tocqueville s'y intéresse moins ici au cas spécial de la démocratie en Amérique qu'à la démocratie en général.
Très intéressant et très pertinent !
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chartel
  18 septembre 2017
Ce deuxième tome peut paraître répétitif, tant le sujet est creusé consciencieusement pour en atteindre la substantifique moelle. Mais quel régal! le jeu en vaut la chandelle! Alexis de Tocqueville analyse avec une grande circonspection la naissance des régimes démocratiques basés sur la primauté de la valeur d'égalité. Loin de regretter l'ancien système aristocratique inégalitaire, il se réjouit des perspectives offertes à la grande majorité des hommes par la démocratie. Mais il reste lucide sur les nouveaux dangers qui se présenteront aux sociétés égalitaires. En plein XIXe siècle, Alexis de Tocqueville annonce la dictature du prolétariat, la montée en puissance des démagogues et la société de consommation!
A l'heure de la démocratie titubante, lire Tocqueville est revigorant.
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Hindy
  04 janvier 2011
Deuxième volume des pensées d'Alexis de Tocqueville et comme pour le premier Indispensable !
L'un des plus grand visionnaire que la France ait engendré, le plus méconnu aussi.
Une réflexion sur la démocratie faite au 19ème siècle qui prend tout son sens au 21ème.
Si on veut comprendre notre monde, nos démocratie il faut lire Alexis de Tocqueville !!!!
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gigi55
  11 février 2012
Dans ce deuxième tome, Tocqueville se détache de l'étude de l'Amérique proprement dite pour généraliser ses remarques sur la démocratie et l'égalité. On y voit l'esprit d'un aristocrate libéral se pencher sur la démocratie plébéienne et l'analysé avec finesse, intelligence et pertinence souvent (essor inéluctable de la médiocrité en démocratie) et parti pris parfois (la perte des grands sentiments aristocratiques ...)
Les grands esprits procurent toujours un vrai plaisir de lecture.
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stcyr04
  19 avril 2016
Après une première partie légérement fastidieuse et néanmoins intéressante Tocqueville dans la deuxième partie (plus philosophique) décrit avec talent les effets de l'égalité et de la liberté sur les sociétés démocratiques avec leur possibles dérives. L' oeuvre d'un écrivain visionnaire qui montre les effets des institutions politiques et permet de voir l'Amérique sous un autre jour. A lire.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   16 février 2020
Je pense donc que l’espèce d’oppression, dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédée dans le monde ; nos contemporains ne sauraient en trouver l’image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l’idée que je m’en forme et la renferme ; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tâcher de la définir, puisque je ne peux la nommer.
Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.
Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?
C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.
Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation a n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.
J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple.
Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu’on l’attache, parce qu’il voit que ce n’est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.
Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.
Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s’accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c’est au pouvoir national qu’ils la livrent. Cela ne me suffit point. La nature du maître m’importe bien moins que l’obéissance.

Chapitre VI : Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre.
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Nastasia-BNastasia-B   23 septembre 2013
Dans les temps d’aristocratie, chaque homme est toujours lié d’une manière très étroite à plusieurs de ses concitoyens, de telle sorte qu’on ne saurait attaquer celui-là, que les autres n’accourent à son aide. Dans les siècles d’égalité, chaque individu est naturellement isolé ; il n’a point d’amis héréditaires dont il puisse exiger le concours, point de classe dont les sympathies lui soient assurées ; on le met aisément à part, et on le foule impunément aux pieds. De nos jours, un citoyen qu’on opprime n’a donc qu’un moyen de se défendre ; c’est de s’adresser à la nation tout entière, et, si elle lui est sourde, au genre humain ; il n’a qu’un moyen de le faire, c’est la presse. Ainsi la liberté de la presse est infiniment plus précieuse chez les nations démocratiques que chez toutes les autres ; elle seule guérit la plupart des maux que l’égalité peut produire. L’égalité isole et affaiblit les hommes ; mais la presse place à côté de chacun d’eux une arme très puissante, dont le plus faible et le plus isolé peut faire usage.
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Nastasia-BNastasia-B   18 septembre 2013
Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s’accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c’est au pouvoir national qu’ils la livrent. Cela ne me suffit point. La nature du maître m’importe bien moins que l’obéissance.
Je ne nierai pas cependant qu’une constitution semblable ne soit infiniment préfé­ra­ble à celle qui, après avoir concentré tous les pouvoirs, les déposerait dans les mains d’un homme ou d’un corps irresponsable. De toutes les différentes formes que le despotisme démocratique pourrait prendre, celle-ci serait assurément la pire.
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pierre31pierre31   14 novembre 2016
Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres. […]
Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire , qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?
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Nastasia-BNastasia-B   01 septembre 2013
On dirait que les souverains de notre temps ne cherchent qu'à faire avec les hommes des choses grandes. Je voudrais qu'il songeassent un peu plus à faire de grands hommes ; qu'ils attachassent moins de prix à l'œuvre et plus à l'ouvrier et qu'ils se souvinssent sans cesse qu'une nation ne peut rester longtemps forte quand chaque homme y est individuellement faible, et qu'on n'a point encore trouvé de formes sociales ni de combinaisons politiques qui puissent faire un peuple énergique en le composant de citoyens pusillanimes et mous.
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