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Philippe Raynaud (Éditeur scientifique)
EAN : 9782081220874
301 pages
Éditeur : Flammarion (10/03/2010)
4.01/5   115 notes
Résumé :
Voici le premier texte de philosophie politique qui s'attache à comprendre cette part de l'Occident qui n'est pas l'Europe : l'Amérique. Jusqu'au XVIIIème siècle, l'Occident désignait en effet toujours la Vieille Europe ; puis, à partir de la Révolution américaine, une pointe de l'Occident se développe hors d'Europe...
Ce que Tocqueville dit des élections, de la foule, de la presse, de l'opinion, des moeurs ou des armées, s'applique toujours à notre monde mod... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
enzo92320
  25 décembre 2020
Je commence par recopier 2 paragraphes de wikipedia, qui, par l'excellence de leur analyse, ne méritent pas d'être paraphrasés :
"L'aspect visionnaire de cette oeuvre a marqué les esprits. de fait Tocqueville a prédit plusieurs événements qui se sont réalisés au fil du temps. Ainsi de la question de l'abolition de l'esclavage qui allait déchirer les États-Unis au cours de la Guerre de Sécession (1861-65); de la disparition des nations indiennes (« Je crois que la race indienne de l'Amérique du Nord est condamnée à périr, et je ne puis m'empêcher de penser que le jour où les Européens se seront établis sur les bords de l'océan Pacifique, elle aura cessé d'exister »1); de l'émergence des États-Unis et de la Russie comme super-puissances2, menant à une bipolarisation (situation que le monde connaîtrait sous le nom de guerre froide), du rôle croissant de l'administration dans la vie des citoyens, comme conséquence de l'exigence d'égalité de ceux-ci, ou bien encore du renoncement des citoyens à leur liberté au profit d'une plus grande égalité, comme cela eut lieu au xxe siècle dans les sociétés totalitaires. Plus discutable peut être sa prédiction de la violence entre les partis politiques et du jugement des sages par les ignorants.
De fait la démocratie américaine comportait, selon Tocqueville, des faiblesses potentielles : le despotisme populaire, la tyrannie de la majorité, l'absence de la liberté intellectuelle, faiblesses conduisant à la dégradation de l'administration et occasionnant la chute de la politique bénéfique, de l'éducation et des belles-lettres. Notons que si de la démocratie en Amérique fut rapidement reconnue comme une oeuvre majeure par nombre de commentateurs, elle fut aussi critiquée pour certaines lacunes : ainsi de la quasi absence de la mention de la pauvreté dans les grandes villes (même si l'on peut faire valoir que dans les années 1830, au moment où Tocqueville rédigeait son livre, la pauvreté n'était pas aussi répandue ni aussi critique qu'elle le devint plus tard dans les villes américaines), et d'une façon plus générale de l'impasse faite par l'auteur sur la question sociale."
Pour ma part, j'ajouterai que la qualité et le défaut simultanés de la démarche de Tocqueville résident dans son côté très "intuitif" : il énonce des enchaînements qui ne sont logiques que pour lui-même. Cela lui permet une très grande fluidité, certaines fulgurances visionnaires, mais se paye par quelques aberrations totales.
Il fonctionne beaucoup par a priori. Un tel livre devrait donc être normalement imbuvable. Et pourtant, il a une telle acuité d'observation, sans doute poussée par une volonté de neutralité où on reconnaît la figure de l'honnête homme en proie à de sincères interrogations, qu'on lui pardonne tant sa démarche apparaît, finalement, très originale voire rafraîchissante à un chercheur du XXIème siècle.
D'autant que l'on a rarement l'occasion de revenir 200 ans en arrière, pour y lire la photo d'un pays de la plume d'un homme qui nous parait incroyablement contemporain dans ses réflexions (sur la justice ou la décentralisation, par exemple).
La seule chose réellement choquante en 2020 est la quantité de jugements à l'emporte-pièce portés sur le peuple, sur les "sauvages", sur les motivations des hommes... Cela nous montre que le politiquement correct et l'auto-censure qu'elle induit, souvent critiqués, peuvent avoir du bon, puisqu'ils nous épargnent, au moins sur les sujets identifiés comme sensibles, de telles bavures.
D'une manière générale, la manière dont Tocqueville établit un pont entre l'Antiquité, la pensée des Lumières, et ce que va devenir la philosophie économique et politique, est très fertile en idées pour son lecteur de 2020.
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vincentf
  25 janvier 2018
A l'heure de Trump, il semble tout indiqué de se plonger dans quelques réflexions classiques sur la démocratie américaine.
Tocqueville découvre aux Etats-Unis non seulement un système politique original mais aussi et surtout une société nouvelle, basée sur l'égalité : aucun homme – les femmes, ça viendra, mais Tocqueville est un peu frileux à leur sujet – n'est intrinsèquement supérieur à un autre. Certes, il existe des différences de fortune mais celles-ci ne sont pas ancrées dans un ordre immuable. le pauvre peut s'enrichir et le riche dégringoler au bas de l'échelle sociale.
Ce principe d'égalité est à la base de toute démocratie. Si on l'oublie, on retombe dans l'aristocratie, c'est-à-dire le pouvoir de quelques-uns, par exemple les requins de la finance. Si les démocraties d'aujourd'hui sont malades, c'est qu'elles ont tendance à oublier l'égalité, certaines castes se croyant au-dessus des autres.
Face à ces démocraties dévoyées, les appels au peuple sont souvent grossiers, démagogues et populistes, pour employer des mots à la mode. Ils n'en sont pas moins nécessaires, afin que ne meurent pas les fondements d'une société qui permet à tout individu d'espérer y vivre dignement.
La démocratie en Amérique n'est pas morte. Elle a juste besoin de retrouver l'égalité qui la fonde.

Lien : http://www.lie-tes-ratures.c..
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Cer45Rt
  08 juillet 2018
Une oeuvre visionnaire ! Malgré quelques conjectures un peu douteuses-conjectures secondaires, sans incidence sur le reste, heureusement-cet ouvrage reste un magnifique traité sur la démocratie, ou la démocratie, dans " ses penchants", comme dit Tocqueville, est magnifiquement décodée. Grand et bel ouvrage ! A lire de toute urgence !
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balarasse
  01 octobre 2020
NB: j'ai lu la version abrégée éditée par Gallimard-Flammarion
Un grand texte à la croisée de l'analyse socio-politique et de la philosophie politique.
Le style limpide et les réflexions pertinentes quasi 200 ans après. Ce livre m'a vraiment fait réfléchir aux forces et faiblesses de la démocratie.
Voici les 5 grandes idées principales selon moi:
-Dichotomie entre les sociétés aristocratiques composées de classes et des démocratie aux individus égaux en droits.
-Dichotomie entre centralisation gouvernementale et administrative.
-Possible apparition d'une tyrannie de la majorité
-L'égalitarisme entre le citoyens peut les pousser à l'individualisme, ce qui les écarte de la vie publique et peut mener au despotisme.
-La recherche démesurée d'égalité par le peuple peut l'amener à la perte de liberté et potentiellement au despotisme.
De nombreux autres thèmes sont abordés avec justesse et raison.
Bref, une excellente lecture.
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regisrain
  15 novembre 2012
Une oeuvre éclairée et visionnaire dont les thématiques sont encore pleinement d'actualité presque 2 siècles après sa rédaction..
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critiques presse (1)
LeMonde   11 juin 2021
La trajectoire singulière d’un grand penseur de la société et de la politique modernes s’y reflète dans une langue superbe.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Jeanmarc30Jeanmarc30   03 novembre 2018
Les croyances dogmatiques sont plus ou moins nombreuses, suivant les temps. Elles naissent de différentes manières et peuvent changer de forme et d’objet; mais on ne saurait faire qu’il n’y ait pas de croyances dogmatiques, c’estàdire d’opinions que les hommes reçoivent de confiance et sans les discuter. Si chacun entreprenait luimême de former toutes ses opinions et de poursuivre isolément la vérité dans des chemins frayés par lui seul, il n’est pas probable qu’un grand nombre d’hommes dût jamais se réunir dans aucune croyance commune.

Or, il est facile de voir qu’il n’y a pas de société qui puisse prospérer sans croyances semblables, ou plutôt il n’y en a point qui subsistent ainsi; car, sans idées communes, il n’y a pas d’action commune, et, sans action commune, il existe encore des hommes, mais non un corps social. Pour qu’il y ait société, et, à plus forte raison, pour que cette société prospère, il faut donc que tous les esprits des citoyens soient toujours rassemblés et tenus ensemble par quelques idées principales ; et cela ne saurait être, à moins que chacun d’eux ne vienne quelquefois puiser ses opinions à une même source et ne consente à recevoir un certain nombre de croyances toutes faites. Si je considère maintenant l’homme à part, je trouve que les croyances dogmatiques ne lui sont pas moins indispensables pour vivre seul que pour agir en commun avec ses semblables.
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Nastasia-BNastasia-B   14 novembre 2015
Ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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AdenoliaAdenolia   03 juin 2017
La véritable dignité des manières consiste à se montrer toujours à sa place, ni plus haut, ni plus bas; cela est à la portée du paysan comme du prince. Dans les démocraties, toutes les places paraissent douteuses; d’où il arrive que les manières, qui y sont souvent orgueilleuses, y sont rarement dignes. De plus, elles ne sont jamais ni bien réglées ni bien savantes.
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MaldororMaldoror   17 août 2015
Dans les siècles de foi, on place le but final de la vie après la vie [...]. Ceci explique pourquoi les peuples religieux ont souvent accompli des choses si durables. Il se trouvait qu'en s'occupant de l'autre monde, ils avaient rencontré le grand secret de réussir dans celui-ci [...]. Dans les siècles d'incrédulité, il est donc toujours à craindre que les hommes ne se livrent sans cesse au hasard journalier de leurs désirs et que, renonçant entièrement à obtenir ce qui ne peut s'acquérir sans de longs efforts, ils ne fondent rien de grand, de paisible et de durable. S'il arrive que, chez un peuple ainsi disposé, l'état social devienne démocratique, le danger que je signale s'en augmente.
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gavarneurgavarneur   09 août 2020
A l'approche de l'élection, le chef du pouvoir exécutif ne songe qu'à la lutte qui se prépare ; il n'a plus d'avenir ; il ne peut rien entreprendre et ne poursuit qu'avec mollesse ce qu'un autre peut-être va achever.

(Chapitre 8 Réflexions sur le régime présidentiel)
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