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Michel Aucouturier (Préfacier, etc.)Sylvie Luneau (Traducteur)
EAN : 9782070366781
500 pages
Éditeur : Gallimard (25/07/1975)
3.99/5   113 notes
Résumé :
Ce classique de la littérature de l'enfance a été écrit par un très jeune homme pour qui le souvenir n'est pas lié à la nostalgie, à l'attendrissement poétique, mais qui voit dans l'écriture le seul moyen de se libérer de ses chaînes et d'aborder l'âge d'homme.
D'où le ton si particulier de ce livre, sa tension, son étrange et presque aveuglante vérité, son parfum de fraises sauvages. Enfance, adolescence, jeunesse est aussi un des tableaux les plus évocateur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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gouelan
  04 mars 2015
L'auteur nous raconte son enfance à travers cette autobiographie romancée. On y découvre, dès le plus jeune âge un personnage sensible et toujours en quête de vertus morales, de bonheur absolu. Il a la rage de raisonner.
« Pendant Toute une année, je vécus dans un isolement moral absolu, enfoncé en moi-même. Les questions abstruses de la destinée humaine, de la vie future et de l'immortalité de l'âme se présentaient déjà à moi, et ma débile intelligence d'enfant travaillait avec toute l'ardeur de l'inexpérience à éclaircir ces grands problèmes que le génie humain, dans ses plus grands efforts, arrive seulement à poser sans parvenir à les résoudre. »
On ressent aussi dans la lecture de cette sorte de journal intime, une auto-analyse de ses actes et de ses pensées. Il n'est pas tendre avec lui-même. Les règles de vie qu'il s'est imposées sont souvent difficiles à suivre, surtout dans la noblesse russe de l'époque où il vit, où règne oisiveté, plaisir du jeu, hypocrisie, vie facile avec tous ces précepteurs, servantes, esclaves et petit peuple à leurs pieds. Il serait facile de suivre un modèle tel que son frère ainé ou son père, mais il est bien différent d'eux. Il se rend compte qu'il n'est pas, comme il le pensait enfant, le centre d'un monde harmonieux.
Il nous décrit avec précision et sensibilité le passage de l'enfance à l'adolescence puis à la jeunesse, avec son lot de crédulité, d' espoir et de déception. Entre rêveries et désillusions.

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PatriceG
  18 septembre 2020
Jeunesse, publié en français en 1857. Traduction ici de Sylvie Luneau
On insiste sur Enfance, peut-être avec raison puisque ce fut sa première fiction comportant d'étranges similitudes avec sa propre vie que je n'ose qualifier d'autobiographie puisque l'auteur lui-même ne revendiquait pas cette qualification et démarquait bien ce qui était son propre songe du reste , plus prosaïque on va dire ; on insiste sur Enfance parce que ce fut aussitôt publié son premier et vif succès qui séduisit même la cour impériale, ; on insiste sur Enfance puisque quand il partit, enrôlé au Caucase, il partit avec ses notes sur Enfance qui devait d'ailleurs être le premier d'un quatre temps, quatre tranches de vie .. et il s'employa sur le front, dans ses plages, à achever son projet d'écriture ; ce qui donne un aspect romanesque aux choses ; on insiste sur Enfance parce que l'auteur savait dans ses vingt-deux, vingt-trois ans qu'il avait quelque chose à dire d'original et qu'il était déjà rompu à l'exercice d'écrire, par la tenue de son journal intime, ses carnets depuis 1847, par sa nombreuse correspondance plus précoce encore, par un essai avorté, servi par une plume en or qui palliait ses velléités de tous ordres et nombreuses, et que cette oeuvre constituait la première preuve tangible de son talent ; on insiste sur Enfance puisqu'il reçut la bénédiction de ses pairs on ne peut plus clairement à travers des phrases fort élogieuses..

Mais personnellement quand j'ai lu Enfance, puis Adolescence et donc Jeunesse dans la foulée, je me régalai autant, je n'y ai point vu de rupture mais au contraire la suite de la connaissance avec un Grand de la littérature qui confirmait totalement tous les beaux espoirs que le jeune écrivain faisait naître..
Assez parlé, voici l'incipit:
"Ce que je considère comme le début de ma jeunesse.
J'ai dit que mon amitié pour Dimitri m'avait révélé une nouvelle manière d'envisager la vie, son but, ses rapports. Cette manière de voir résidait dans la conviction que la mission de l'homme est de tendre son perfectionnement moral et que ce perfectionnement moral est aisé, possible et éternel. Jusqu'à présent, je m'étais contenté de jouir de la découverte des idées nouvelles qui découlaient de cette conviction et de la formation de projets brillants pour un avenir moral et actif, mais ma vie suivait son cours, mesquine, confuse et oisive.
Ces pensées vertueuses que nous ressassions dans nos entretiens, moi et mon ami bien aimé Dimitri, le merveilleux Mitia, comme je le nommais parfois tout bas pour moi-même, ne séduisaient encore que mon esprit , non ma sensibilité. Mais il y eut un moment où ces pensées affluèrent à mon esprit avec la force toute neuve d ela révélation morale je pris peur en songeant à tout le temps que j'avais perdu pour rien et voulus sur-le-champs, à la seconde même, appliquer ces pensées à ma vie avec la ferme intention de ne plus jamais en changer.
C'est ce moment que je considère comme le début de ma Jeunesse.
J'allais alors sur mes seize ans.."

il y a vraiment de quoi s'abreuver l'esprit dans ce regard sur soi-même que portait l'auteur, cette introspection, quand on sait l'homme changeant, complexe qu'était Tolstoï.. Beau programme en perspective !
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Albina
  15 août 2019
Un roman à la première personne librement inspiré de la vie de l'écrivain. J'ai aimé le récit de l'enfant où se révèlent, outre une imagination poétique, une sensibilité et une sincérité à fleur de peau qui lui permettent d'entrevoir avec netteté l'injustice de la condition humaine et de dépasser son statut de noble privilégié.
"Des milliers de pensées nouvelles et confuses ayant trait à leur solitude se mirent à essaimer dans ma tête et j'éprouvais tant de honte à être riche tandis qu'elles étaient pauvres que je devins écarlate et ne pus me résoudre à lever les yeux sur Kakenka."
C'est de cet enfant-là, qui garde toujours les yeux et le cœur ouverts, qu'est né l'écrivain. Et, même si plus tard, il sacrifie aux apparences ; à l'esprit bien français du "comme il faut", il trouvera encore le moyen de s'en affranchir. Lors de sa rencontre avec deux étudiants pauvres, il prendra conscience peu à peu que le fossé qu'il y a entre eux n'est en fait qu'un rapport de classe.
« Il y avait un abime de nuances, qui faisaient tout le charme et tout le sens de la vie, parfaitement incompréhensible pour eux et réciproquement, mais la principale cause de l’impossibilité de rapprochement c’était le drap à vingt roubles de ma vareuse, ma voiture et ma chemise en toile de Hollande. Cette cause était surtout importante pour moi : il me semblait que je les blessais involontairement avec ces marques de mon bien-être. »
Tout Tolstoï est là : dans cette liberté iconoclaste, cet amour absolu de la vérité et ce besoin incessant de réparer une injustice.
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gilliat
  17 janvier 2015

Bonjour à toutes et à tous.
J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge 19 ème siècle et c'est le premier de ma liste.
Enfance, Adolescence, Jeunesse est la première oeuvre majeure de Tolstoi qu'il a écrite à 24 ans.
Il s'agit d'une autobiographie romancée des années d'enfance d'un jeune garçon âgé d'environ 10 ans au début du livre jusqu'à l'âge de 17 ans à la fin de l'ouvrage. Une suite était prévue par l'auteur mais il a renoncé à l'écrire.
Le livre est composé de 3 parties qui font le titre du livre. Ce qui est remarquable, c'est la maitrise dont fait preuve Tolstoi si l'on tient de son jeune âge et du fait qu'il écrit là sa première oeuvre..
Certes, le livre n'est pas sans défaut mais ce est étonnant, c'est que l'on y retrouve déjà les mêmes défauts mais aussi les mêmes qualités que dans les oeuvres majeures qui suivront à savoir,le talent pour décrire des scènes de nature ( les chapitres l'orage et jeunesse sont formidables ), la finesse psychologique dans l'analyse des personnages mais par contre les passages dans lesquels Tolstoi se veut philosophe ou moraliste sont un peu pesant.
Je recommande la lecture de ce livre et pour les lectures qui n'auraient pas encore lu Tolstoi, il constitue, à mon sens, une très bonne introduction à son oeuvre.
Bonne lecture à toutes et à tous.

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ivredelivres
  22 juillet 2021
Voilà un livre qui enchante à la fois par sa grâce, sa sensibilité et par l'intérêt qu'il présente de nous montrer le futur grand écrivain à ses débuts.
Les trois volets de ces récits sont parus étalés dans le temps, une chose domine c'est la sensibilité de l'auteur. Les récits de la petite enfance sont les meilleurs à mon goût. Véritable journal intime dans lequel les scènes sont touchantes. Les portraits tiennent beaucoup de son entourage même si l'on ne peut pas reconnaitre les membres de la famille derrière les récits.
Ce qui fait le grand charme c'est la capacité d'évocation de Tolstoï qu'on retrouvera dans Guerre et Paix ou dans Anna Karénine. C'est la société russe qui est dépeinte, la vie à la campagne, les portraits des domestiques et de la famille, la joie de profiter de la nature environnante.
Tolstoï fut un grand sensuel et on le trouve ici amoureux du son des cloches, des odeurs du foin, des arbres d'Iasnaïa Poliana , il y a une réelle vibration dans ces pages.
Dans Adolescence le ton change. Tolstoï dit s'imposer des règles de vie, habitude qu'il aura toute sa vie. Des désillusions arrivent. La noblesse est oisive et s'adonne à des plaisirs faciles et le jeune homme s'interroge sur l'argent, le désir de gloire.
Tolstoï a vingt trois ans quand il écrit le début de ses souvenirs d'enfance. le récit va lui donner du fil à retordre et il devra corriger, élaguer, dans son journal il dit « Il faut supprimer sans pitié tous les passages peu clairs, mal placés, trop longs, en un mot peu satisfaisants, même s'ils sont en eux-
C'est Tolstoï l'apprenti écrivain à ses débuts. Il y a quelques longueurs ou des récits un peu en surnombre et des répétitions mais le plaisir l'emporte largement
Dans Jeunesse il y a un chapitre magnifique qui déjà montre le grand écrivain
« La plupart du temps je me levais de bonne heure. Je m'habillais rapidement, prenais sous mon bras une serviette et un roman français, et m'en allais me baigner dans la rivière, à l'ombre d'un bosquet de bouleaux, à quelques cinq cents mètres du manoir.
Une fois là, je me couchais dans l'herbe et je lisais. Parfois j'abandonnais mon livre pour observer la surface de l'eau qui se couvrait de taches violettes aux endroits situés dans l'ombre, et commençait à frémir sous la caresse de la brise matinale; ou bien le champ de seigle mûrissant, sur l'autre rive; les parties basses des troncs blancs des bouleaux, colorés en rouge par le soleil »
Un classique dont le charme ne s'épuise pas
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
peloignonpeloignon   20 janvier 2013
Les timides souffrent parce qu'ils sont dans le doute sur l'opinion que les autres ont d'eux; aussitôt que cette opinion s'est manifestée, même à leur désavantage, leur malaise cesse.
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gouelangouelan   03 mars 2015
Il me semble que chaque individu, dans son développement intellectuel, repasse par les mêmes routes qui ont été suivies par les générations successives, que les idées formant le fondement des diverses théories philosophiques font partie intégrante de l'esprit humain, et que chaque homme en a eu conscience plus ou moins nettement, avant même de savoir qu'il existait des théories philosophiques. Ces Réflexions s'imposaient à mon esprit avec tant de force et de vivacité, que je cherchais à les appliquer à la vie, me figurant que j'avais découvert le premier des vérités si importantes et si utiles.

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ADAMSYADAMSY   31 octobre 2016
Je me souviens qu'un jour, à dîner (j'avais alors six ans), on avait parlé de ma figure. Maman s'était efforcée de trouver quelque attrait à mon visage - des yeux intelligents, un sourire agréable-, mais, en fin de compte, il lui avait bien fallu se rendre à l'évidence et reconnaître, avec mon père, que j'étais laid. Comme je la remerciais pour le dîner, elle me tapota la joue et dit :
- Nikolenka, il faut que tu saches que personne ne t'aimera pour ton visage : tu devras t'efforcer d'être un garçon intelligent et bon.
Ces paroles renforcèrent en moi une double conviction : celle d'être laid, mais aussi celle de devenir plus tard un garçon intelligent et bon.
Malgré cela, je passais par de véritables crises de désespoir : je me disais qu'il ne pouvait y avoir de bonheur sur terre pour un être pourvu d'un nez épaté comme le mien, avec des grosses lèvres et de petits yeux gris. Je suppliais Dieu de faire un miracle... De me transformer en Adonis. Car j'aurai tout donné pour un joli visage : tout ce que je possédais et tout ce que je posséderais plus tard !
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PatriceGPatriceG   18 septembre 2020
Selon Hubert Juin, préfacier, il y a deux hommes chez Tolstoï, sinon trois. Le joueur, le buveur, l'amateur de chevaux, le chasseur, le coureur de jupon : voilà le vrai, contre lequel il va tenter (si l'on veut) de se faire, de se construire. Et l'autre, c'est le rousseauiste, l'homme du bien et du bon, l'ami de la nature. Ce qui réunit des tendances aussi complexes et opposées paraît, à qui sait lire, dès les premières pages : c'est la mort. La peur de la mort. L'angoisse.
J'en ai évoqué un troisième, sans lequel les deux autres, dans leur conflit, n'auraient pas fait les grands romans que l'on sait et que l'on aime : le voyant au regard aigu, précis, méticuleux, à l'oeil rapace, auquel suffit un détail parce que ce détail dérobé est le meilleur, le plus significatif, le seul -au fond- qui vaille. C'est, en partie, le romancier
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SZRAMOWOSZRAMOWO   17 janvier 2015
C’était un homme du siècle dernier, et, comme toute la jeunesse d’alors, il avait un je ne sais quoi de chevaleresque, d’entreprenant, d’assuré, d’aimable et de débauché. Il éprouvait un profond mépris pour les gens de notre siècle, et son mépris venait à la fois d’une hostilité orgueilleuse et du dépit de ce qu’il ne pouvait plus avoir à notre époque l’influence et les succès qu’il avait eus dans son temps. Ses deux grandes passions étaient les cartes et les femmes. Il gagna ou perdit au jeu, dans le cours de sa vie, plusieurs millions, et il aima un nombre incalculable de femmes, dans toutes les classes de la société.

Il était grand et de belle prestance, marchait très singulièrement, à tout petits pas, et avait un tic dans une des épaules. De petits yeux toujours souriants, un grand nez d’aigle, une bouche irrégulière, un peu grimaçante et néanmoins agréable, un défaut de prononciation (il sifflait en parlant) et une tête toute chauve : tel était mon père à l’époque où remontent mes plus anciens souvenirs. Avec cet extérieur, non seulement il sut passer pour un homme à bonnes fortunes et l’être en effet, mais il sut plaire à tout le monde sans exception, grands et petits, en particulier à ceux à qui il voulait plaire.
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