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ISBN : 1153684845
Éditeur : Livres Generaux (02/04/2010)

Note moyenne : 4/5 (sur 10 notes)
Résumé :
ISBN : 978-1-908580-03-0
Date de parution : 15 août 2011
Nombre de pages : 8 pages

C’est en 1753, en Prusse, que, suite à un coup de colère, Voltaire écrit Scarmentado. Il vient de se fâcher avec Frédéric II. Pourquoi ? Nous n’en savons rien. Les Editions de Londres n’existaient pas à l’époque, et si elles avaient existé, elles n’auraient pas été dans le secret des Dieux. Mais la rumeur raconte que ni Voltaire ni Frédéric n’avaient bon c... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Nastasia-B
  02 octobre 2015
L'Histoire Des Voyages de Scarmentado est un très court conte philosophique de Voltaire. Il est tout à fait dans la lignée du Monde Comme Il Va ou de Candide entre lesquels il s'intercale chronologiquement.
On y lit toujours la même vision assez désabusée de l'homme, un peu partout le même, un peu partout aussi féroce, intolérant et parfois fanatique. Ici, le coeur de cible est la religion ou, peut-être, même, devrais-je écrire religiosité.
Avec les ressorts que l'auteur utilise fréquemment : tour du monde et ironie, il nous dépeint un univers où la religion, en tant qu'appareil constitué, tombe aux mains de certains, qui, forts de ce pouvoir commettent les pires atrocités au nom même de l'idéal d'amour et de tolérance que leur religion professe.
En fin de compte, il y est toujours question de pouvoir et d'emprise sur les autres. le tout raconté avec un ton pas exactement comique, mais disons fortement ironique absolument jouissif.
C'est probablement une erreur de dire que nous parlons la langue de Molière car, du temps de Louis XIV, à ce que je me suis laissé dire, l'on utilisait encore couramment le son " oi " à la fin des imparfaits, et quelques autres archaïsmes qui ne disparaissent qu'avec Voltaire.
Et, sans chercher la compétition, la langue de Voltaire, c'est encore un ton au-dessus de la langue de Molière. Donc, pour ce conte et pour tant d'autres, j'aime autant dire que je parle la langue de Voltaire, pour les trésors et les pétillements qu'elle contient.
En somme, un tout petit conte bien caustique, bien envoyé dans la face de ces messieurs du clergé — quel que soit le clergé auquel on s'intéresse, Voltaire fait circuler son héros de Crète en Chine — qui réjouira ceux dont la fibre religieuse est assez usée et qui est si bien écrit que même les farouches croyants ne seront pas déçus du voyage. Mais ceci n'est bien entendu que mon avis de mécréante, c'est-à-dire, bien peu de chose par les temps qui courent.
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Erik35
  05 octobre 2017
LES VOYAGES FORMENT LA JEUNESSE ?
Il suffisait toujours de quelques pages bien troussées pour que les propos du grand Monsieur de Voltaire atteignissent le but qu'elles s'étaient fixées. Une fois n'est donc pas coutume, ce bref texte écrit aux alentours de 1753 et publié un peu plus tard en 1756, légèrement antérieur, donc, au fameux Candide est un pur régal d'écriture tout autant que d'ironie .
Il nous conte par le menu, sous la forme d'un rapide journal de voyage à la première personne, les voyages d'abord européens puis plus lointains de ce jeune homme né à Candie en 1600 (c'est à dire au centre de la Crête, l'origine quasi mythique de notre civilisation...). Il fait de rapides études à Rome où il découvre les femmes ainsi que les ecclésiastiques qui manquent de peu de l'excommunier, ne souhaitant pas devenir leur mignon, s'enfuit en France dont il fait un portrait épouvantable, le pays étant en pleine guerre de Religion. Il passe en Angleterre où ce n'est guerre mieux, tandis qu'une fois en Hollande l'intolérance domine tout autant : à l'arrivée du narrateur on coupe la tête du premier ministre qui a eu le malheur de penser « que l'on peut se sauver par les bonnes oeuvres aussi bien que par la foi. »
L'Espagne où il se rend dans la foulée n'est guère mieux loti, où un Grand Inquisiteur a finalement plus de pouvoir que le Roi, la Reine, ses enfants et toute l'aristocratie réunie ; il y fait quelques jours de cachot pour des paroles indiscrètes, et évoque le massacre et l'esclavage des indiens d'Amérique dont on lui affirme que c'est un bienfait de l'Eglise.
Ses pas l'amène en Turquie où la situation semble être plus à la tolérance mais il va bientôt s'apercevoir que cette situation est trompeuse et que le Vizir, selon qu'il prend parti pour les uns ou pour les autres, risque constamment sa tête. Notre naïf voyageur manque de peu de se faire empaler pour avoir refusé à l'imam de se faire circoncire pour pouvoir s'y marier...
Tâchant de retenir les leçons de ses précédentes mésaventures, Sacramundo décide de ne plus prendre parti pour quiconque, une fois arrivée à Ispahan en Perse. Mal lui en prend car il devient ainsi l'ennemi commun de ceux qui sont en faveur des moutons blancs tout aussi bien que ceux pour les moutons noirs... Il ne sauve sa peau qu'en se délestant d'une forte somme.
En Chine, ce sont les luttes intestines entre dominicains et jésuites, qui essaient de s'attirer les faveurs de l'Empereur, qu'il découvre. Quant à lui, sa Majesté l'accuse d'être un espion du Pape et il s'en sort en expliquant que ce dernier, vieux prêtre de soixante-treize ans ne peut guère s'avérer un danger pour lui.
Il poursuit son voyage en Inde où il rencontre un souverain local aussi prétendument pieux qu'il est affreusement cruel, y compris avec ses proches. Son traducteur prenant quelques libertés avec les paroles de notre découvreur, il s'en faut encore de peu que Sacramundo y laisse la peau.
Enfin, s'approchant des côtes africaines, la navire sur lequel il voyage se fait prendre par des pirates noirs qui les fait tous prisonniers et les envoient, en esclavage. Cette ultime mésaventure est le prétexte, fort intelligemment amené, pour faire le procès sans fard bien qu'avec beaucoup d'ironie, de la traite négrières. Au bout d'un an, il se fait racheter, rentre chez lui, et décide de ne plus voyager.
Le récit se termine ainsi : « je fus cocu, et je vis que c'était l'état le plus doux de la vie. » On ne peut, sans se tromper, qu'y trouver un écho cynique et désabusé à la conclusion désormais passée dans le langage courant de Candide : «Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin».
Texte bref que cette Histoire des Voyages de Sacramundo, mais Ô! combien saisissant et efficace quant à résumer et condamner l'absurde de l'intolérance religieuse, les faux-semblants, tartuferies et autres petites et grandes hypocrisies des églises, de leurs pasteurs ainsi que nombre de croyants, tout état social confondus. Procédant presque systématiquement par le biais d'antiphrases, c'est un voyage aux limites de l'écoeurement que Voltaire nous raconte-là, usant d'une ironie glaçante pour nous présenter toutes ces coutumes ridicules, la cruauté et la bêtise des hommes. Et si Sacramundo n'a pas d'ambition particulière, autre que de découvrir un peu le monde, sa conclusion n'en apparaît que plus terrible car elle semble ne laisser le choix qu'entre de fausses utopies se révélant être toutes monstrueuses et une existence dérisoire, sans surprise, fausse sans doute, mais reposant sur un mensonge intime, attendu et si peu violent, en réalité.
Bien que notre grand philosophe des Lumières n'avait qu'une estime modérée pour ses contes, c'est à bien juste titre que ceux-ci nous sont restés comme de vraies perles de notre littérature classique car d'un ton, d'un style et d'une force aussi inimitable que toujours autant d'actualité ! Ce que c'est que d'être immortel...
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patouillat45
  19 décembre 2016
Ce compte est assez compliquer à lire même pour moi qui suit en 2nde et je dois beaucoup m'aider d'intérêt poer réussir à comprendre
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lovelybook
  31 janvier 2016
Petit conte où Scarmentado raconte comment ce passe ses voyages dans tous les pays et où le malheur va s'abattre sur lui.
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   29 septembre 2015
Je vis au bout d’une allée d’orangers et de citronniers une espèce de lice immense entourée de gradins couverts d’étoffes précieuses. Le roi, la reine, les infants, les infantes, étaient sous un dais superbe. Vis-à-vis de cette auguste famille était un autre trône, mais plus élevé. Je dis à un de mes compagnons de voyage : « À moins que ce trône ne soit réservé pour Dieu, je ne vois pas à quoi il peut servir. » Ces indiscrètes paroles furent entendues d’un grave Espagnol, et me coûtèrent cher. Cependant je m’imaginais que nous allions voir quelque carrousel ou quelque fête de taureaux, lorsque le grand inquisiteur parut sur ce trône, d’où il bénit le roi et le peuple.
Ensuite vint une armée de moines défilant deux à deux, blancs, noirs, gris, chaussés, déchaussés, avec barbe, sans barbe, avec capuchon pointu, et sans capuchon ; puis marchait le bourreau ; puis on voyait au milieu des alguazils et des grands environ quarante personnes couvertes de sacs sur lesquels on avait peint des diables et des flammes. C’étaient des juifs qui n’avaient pas voulu renoncer absolument à Moïse, c’étaient des chrétiens qui avaient épousé leurs commères, ou qui n’avaient pas adoré Notre-Dame d’Atocha, ou qui n’avaient pas voulu se défaire de leur argent comptant en faveur des frères hiéronymites. On chanta dévotement de très belles prières, après quoi on brûla à petit feu tous les coupables ; de quoi toute la famille royale parut extrêmement édifiée.
Le soir, dans le temps que j’allais me mettre au lit, arrivèrent chez moi deux familiers de l’Inquisition avec la sainte Hermandad : ils m’embrassèrent tendrement, et me menèrent, sans me dire un seul mot, dans un cachot très-frais, meublé d’un lit de natte et d’un beau crucifix. Je restai là six semaines, au bout desquelles le révérend père inquisiteur m’envoya prier de venir lui parler : il me serra quelque temps entre ses bras, avec une affection toute paternelle ; il me dit qu’il était sincèrement affligé d’avoir appris que je fusse si mal logé ; mais que tous les appartements de la maison étaient remplis, et qu’une autre fois il espérait que je serais plus à mon aise. Ensuite il me demanda cordialement si je ne savais pas pourquoi j’étais là. Je dis au révérend père que c’était apparemment pour mes péchés. « Eh bien, mon cher enfant, pour quel péché ? parlez-moi avec confiance. » J’eus beau imaginer, je ne devinai point ; il me mit charitablement sur les voies.
Enfin je me souvins de mes indiscrètes paroles. J’en fus quitte pour la discipline et une amende de trente mille réales. On me mena faire la révérence au grand inquisiteur : c’était un homme poli, qui me demanda comment j’avais trouvé sa petite fête. Je lui dis que cela était délicieux, et j’allai presser mes compagnons de voyage de quitter ce pays, tout beau qu’il est.
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Nastasia-BNastasia-B   05 octobre 2015
J’allai en Hollande, où j’espérais trouver plus de tranquillité chez des peuples plus flegmatiques. On coupait la tête à un vieillard vénérable lorsque j’arrivai à La Haye. C’était la tête chauve du premier ministre Barneveldt, l’homme qui avait le mieux mérité de la république. Touché de pitié, je demandai quel était son crime, et s’il avait trahi l’État. « Il a fait bien pis, me répondit un prédicant à manteau noir ; c’est un homme qui croit que l’on peut se sauver par les bonnes œuvres aussi bien que par la foi. Vous sentez bien que, si de telles opinions s’établissaient, une république ne pourrait subsister, et qu’il faut des lois sévères pour réprimer de si scandaleuses horreurs. » Un profond politique du pays me dit en soupirant : « Hélas ! monsieur, le bon temps ne durera pas toujours ; ce n’est que par hasard que ce peuple est si zélé ; le fond de son caractère est porté au dogme abominable de la tolérance, un jour il y viendra : cela fait frémir. »
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Nastasia-BNastasia-B   01 octobre 2015
« Ces Turcs, dis-je à mes compagnons, sont des mécréants qui n’ont point été baptisés, et qui par conséquent seront bien plus cruels que les révérends pères inquisiteurs. Gardons le silence quand nous serons chez les mahométans. »
J’allai donc chez eux. Je fus étrangement surpris de voir en Turquie beaucoup plus d’églises chrétiennes qu’il n’y en avait dans Candie. J’y vis jusqu’à des troupes nombreuses de moines qu’on laissait prier la vierge Marie librement, et maudire Mahomet, ceux-ci en grec, ceux-là en latin, quelques autres en arménien. « Les bonnes gens que les Turcs ! » m’écriai-je. Les chrétiens grecs et le chrétiens latins étaient ennemis mortels dans Constantinople ; ces esclaves se persécutaient les uns les autres, comme des chiens qui se mordent dans la rue, et à qui leurs maîtres donnent des coups de bâtons pour les séparer.
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Nastasia-BNastasia-B   07 octobre 2015
On me montra la place où la bienheureuse reine Marie, fille de Henri VIII, avait fait brûler plus de cinq cents de ses sujets. Un prêtre ibernois m’assura que c’était une très-bonne action : premièrement, parce que ceux qu’on avait brûlés étaient Anglais ; en second lieu, parce qu’ils ne prenaient jamais d’eau bénite.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   11 janvier 2015
Je naquis dans la ville de Candie, en 1600. Mon père en était gouverneur ;
et je me souviens qu’un poète médiocre, qui n’était pas médiocrement dur,
nommé Iro, fit de mauvais vers à ma louange, dans lesquels il me faisait
descendre de Minos en droite ligne ; mais, mon père ayant été disgracié, il
fit d’autres vers où je ne descendais plus que de Pasiphaé et de son amant.
C’était un bien méchant homme que cet Iro, et le plus ennuyeux coquin qui
fût dans l’île.
Mon père m’envoya à l’âge de quinze ans étudier à Rome. J’arrivai
dans l’espérance d’apprendre toutes les vérités : car jusque-là on m’avait
enseigné tout le contraire, selon l’usage de ce bas monde depuis la Chine
jusqu’aux Alpes. Monsignor Profondo, à qui j’étais recommandé, était un
homme singulier et un des plus terribles savants qu’il y eût au monde. Il
voulut m’apprendre les catégories d’Aristote, et fut sur le point de me mettre
dans la catégorie de ses mignons : je l’échappai belle. Je vis des processions,
des exorcismes et quelques rapines. On disait, mais très faussement, que
la signora Olimpia, personne d’une grande prudence, vendait beaucoup de
choses qu’on ne doit point vendre. J’étais dans un âge où tout cela me
paraissait fort plaisant. Une jeune dame de mœurs très douces, nommée la
signora Fatelo, s’avisa de m’aimer. Elle était courtisée par le révérend père
Poignardini et par le révérend père Aconiti, jeunes profès d’un ordre qui ne
subsiste plus : elle les mit d’accord en me donnant ses bonnes grâces ; mais
en même temps je courus risque d’être excommunié et empoisonné. Je partis
très content de l’architecture de Saint-Pierre.
Je voyageai en France ; c’était le temps du règne de Louis le Juste. La
première chose qu’on me demanda, ce fut si je voulais à mon déjeuner un
petit morceau du maréchal d’Ancre, dont le peuple avait fait rôtir la chair,
et qu’on distribuait à fort bon compte à ceux qui en voulaient.
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