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ISBN : 2818017378
Éditeur : P.O.L. (03/01/2013)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 57 notes)
Résumé :
«Après la mort de mon père, j'ai trouvé en rangeant ses papiers des documents sur sa grand-mère dont j'ignorais tout et qui révélaient un secret de famille. Je ne me suis jamais intéressée aux ancêtres de personne : les gens que je ne connais pas, surtout s'ils sont morts, me sont cent fois plus étrangers, même s'ils me sont apparentés, que les personnages de romans. Mais il y avait dans ce que je découvrais sur cette arrière-grand-mère des choses qui me plaisaient,... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  30 janvier 2015
Est-ce un signe d'attachement passéiste de la maturité qui me fait de plus en plus apprécier les quêtes d'identité familiale, ces recherches de racines parentales, de personnes et de lieux?
J'ai donc suivi avec intérêt l'enquête très personnelle de Julie Wolkenstein.
Elle est le "moi" du titre, curieuse du destin de son arrière-grand-mère Adèle, née sous le Second Empire, femme au tournant du siècle, décédée au milieu de 20ème. le "moi" qui s'interroge sur le sentiment d'imposture qu'elle a elle-même toujours ressenti dans son milieu familial.
En s'appuyant sur lettres et journaux intimes, l'auteur réinvente sa famille paternelle. Elle imagine une enfant de 1870, à qui un père médecin, veuf et libertin, donne une éducation peu conventionnelle pour leur milieu, puis une femme corsetée dans son époque mais à la personnalité lucide et affirmée. Elle en esquisse une image partielle mais possible, de grande bourgeoise fortunée, ses lieux de villegiature, sa vie d'épouse et de mère.
Un thème intéressant, très fouillé, très vivant, bien qu'alourdi parfois par une écriture alambiquée à laquelle il m'a fallu m'habituer (que de digressions en parenthèses!).
Mais la puissance narrative est remarquable, et le montage littéraire intelligent, jusque dans le twist final.
J'ai aimé l'humour, l'originalité, la liberté de ton pour s'amuser de trop de bienséance. le livre est un peu long, on imagine la difficulté de l'auteur à quitter son univers personnel. Il se dégage beaucoup de tendresse et de sensibilité dans la description de cet album de famille sur trois générations, avec joies, peines et secrets, sur fond de grande Histoire française.
Par cette reconstitution familiale entre biographie et auto fiction, Julie Wolkenstein jette un pont temporel entre elle même et une élégante de la Belle époque, avec en contrechamp une peinture caustique de la bonne bourgeoisie française, torpillant le conformisme et la "bonne éducation" des filles en dépit de l'évolution tiède des mentalités.
Une identité familiale et sociale qui vaut documentation.
Vraiment bien ce roman!
Et une mention spéciale pour le dormeur du Val d' Arthur Rimbaud, magnifiquement mis en scène dans le coeur d'Adèle.
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sandrine57
  19 mai 2013
En vidant l'appartement de son père décédé, la narratrice tombe par hasard sur quelques pages écrites par sa tante Odette qui évoque succinctement la vie de son arrière grand-mère Adèle Armand-Duval. Son père lui avait très peu parlé de cette aïeule, aussi a-t-elle envie d'en savoir plus sur cette femme d'un autre siècle avec laquelle elle se sent des affinités. Commence alors un voyage dans le temps, sur les traces d'Adèle, son enfance, son mariage, ses enfants, ses maisons, ses joies, ses peines, pour découvrir une femme indépendante, une bâtisseuse, une amoureuse, une mère, et avec elle apparaît le secret de famille qui a pesé sur sa vie. Au fil de ses découvertes, la narratrice entrevoit la possibilité que naisse un livre où elle écrirait ce qu'elle sait et laisserait son imagination remplir les vides.

Elle a connu trois guerres, s'est retrouvée orpheline très jeune, a perdu trois de ses quatre enfants, a subi la honte d'une origine suspecte, mais Adèle a tout de même eu une vie heureuse. Elle était riche, elle a fait un mariage d'amour, elle a mené sa barque à sa guise. C'est cette femme moderne et volontaire qui est le centre de ce beau roman de Julie WOLKENSTEIN. Mais c'est aussi une histoire familiale, ce qui se transmet, ce qui perdure et ce qui se perd au fil des générations, avec comme un coeur qui bat au rythme des naissances et des décès, des arrivées et des départs, la maison familiale qui domine St-Pair sur la côte normande. Lieux des paisibles étés en famille, ancrage immuable, cette bâtisse battue par les vents a vu grandir les enfants Armand-Duval. Depuis Adèle, le village de pêcheur a changé bien sûr, mais ses descendants ont reçu en héritage l'amour de ce petit coin de Normandie et ils continuent à y passer leurs étés. Si l'héritage s'est dilué au fil des successions, si la famille ne trouve plus place dans la grande bourgeoisie, St-Pair reste le lien qui unit les enfants d'aujourd'hui à leur aïeule du XIXè siècle.
Un roman long mais passionnant qui mêle faits réels et imagination créatrice pour une histoire sensible qu'on referme avec la tristesse de quitter cette Adèle qu'on a appris à connaitre et à aimer.
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cecilit
  19 décembre 2015
Ce roman/document familial/enquête (oscillant comme les vagues sur la mer, entre l'imaginé/ le fantasmé et le concret/le factuel ) m'a bouleversée et l'écriture de Julie Wolkenstein a eu sur moi un effet hypnotique et complètement addictif. Elle nous raconte la vie d'Adèle, son arrière-grand-mère née au siècle dernier, amoureuse, puis mère, puis grand-mère. Elle nous raconte des lieux : des maisons (familiales, bourgeoises donc ou transitoires), des chambres (d'enfance, de couple, de repli ) et puis surtout la Mer, personnage central peut-être (la Manche, entre Saint-Pair et Granville). Elle nous raconte le couple, la famille (parmi celle-ci, ceux que l'on préfère, ceux qui sont partis et qui nous manquent, ceux dont on se fout et dont on se moque). Elle nous raconte l'amour, le désamour, la honte, les préjugés, le pardon, la bourgeoise bien-pensante. Elle juxtapose à cette histoire, la sienne propre, avec son amoureux du moment....Tout le monde peut se reconnaître dans ce roman, et puis, si tout n'est pas réel ou ne s'est pas exactement passé comme ça, ce n'est pas grave puisque c'est ce qu'on se raconte qui finit pas être vrai et qui reste ! .. et puis il est important de dire aussi qu'on sourit souvent à la lecture de ce roman.


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Olivia-A
  06 août 2014
Intriguée et interpellée par les ressemblances entre sa propre vie et celle de son arrière-grand-mère, Adèle, Julie Wolkenstein part sur les traces de celle-ci, tentant de reconstituer ce qu'à été sa vie. de 1870 à nos jours, elle nous fait la chronique de sa famille, nous dévoile les joies et les peines de son arrière-grand-mère et même ses pensées les plus intimes. Prenant appui sur un journal intime retrouvé par la Tante Odette, elle reconstitue du mieux qu'elle peut ces années qu'elle n'a pas connues.
C'est sensible, émouvant, très vrai et en même temps très prenant. On aurait pu croire que la vie d'une vieille dame d'un autre temps nous ennuierait, mais en fait pas du tout. L'auteur parvient à rendre son récit très vivant, de même que ses personnages, qu'il nous semble connaitre personnellement à la fin. C'est une belle histoire de famille, avec des réflexions très justes sur la vie, sur les convenances et les contraintes sociales, sur les gens aussi, ces personnages tous assez stéréotypés et représentatifs de leur époque qui traversent la vie d'Adèle.

Vraiment, un livre à dévorer, absolument.
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Ness
  27 février 2013
A la mort de son père, la narratrice découvre dans les papiers de ce dernier, un petit texte, à peine une biographie, de son arrière-grand-mère Adèle.
Désireuse d'en savoir plus, sur cette femme d'un autre siècle, la narratrice se plonge alors dans l'histoire de sa famille. Une famille jusqu'à lors ignorée.
La jeune femme se découvre alors de nombreuses similitudes avec son aïeule dont notamment une passion pour la maison familiale au bord de la mer.
De cette quête va resurgir des secrets de famille et des déchirures. Si Adèle a eu une longue et heureuse vie, elle aura tout de même enterrée trois de ses quatre enfants, son mari et même une petite fille.
Mais c'est une femme forte et moderne que dévoile ce très beau roman.
Un très beau roman sur la quête d'identité et sur ce qui fonde une famille. En reposant ce livre, on a qu'une envie, visiter les lieux que décrit l'auteur avec tant de passion. Une écriture toute simple mais qui fait mouche comme je les aime et qui nous prend même pas surprise parfois car tout ce que nous conte la narratrice est-il bien vrai au final.
Un grand merci au Dialogues croisés, fournisseur de belles découvertes.
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Les critiques presse (1)
Telerama   02 janvier 2013
Dans ce roman où, telle la marée, afflue et reflue le passé, l'auteur redonne vie à son arrière-grand-mère, l'inventant autant qu'elle la découvre. Envoûtant.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
cecilitcecilit   15 décembre 2015
Elle appartient à la première génération de jeunes filles dont les déceptions amoureuses prennent la forme d'un appareil mystérieux et désespérément muet, dont on évite de s'éloigner, dont on vérifie constamment le bon fonctionnement, qu'on regarde alternativement comme un oracle ou un ennemi, devant lequel on fait parfois, seule, folle, des incantations sauvages, qu'on hésite mille fois à décrocher quand même, pour demander un numéro retenu par coeur, tout en sachant pertinemment que NON, ce n'est pas à la fille de rappeler ; règle qu'on finit parfois par transgresser pour raccrocher aussi sec si par malheur quelqu'un répond, avec des battements de cœur furieux si c'est LUI (peut-être ? on ne connaît généralement de LUI que sa voix nocturne) ; première génération de jeunes filles à prononcer la question rituelle (chaque fois qu'on est obligée de s'absenter ou qu'on a décidé de le faire pour épargner des nerfs torturés par l'attente, résolution mêlée de superstition : c'est justement quand je ne serai pas là qu'il se décidera) : " Un coup de téléphone pour moi?" invariablement déçue d'un "Pas le moindre". J'appartiens pour ma part à la toute dernière génération de jeunes filles à avoir connu cette attente (la téléphonie moderne n'a rien changé à ça) du moins cette dépendance particulière à un poste fixe, qui entretenait mieux l'espoir (" À tous les coups, IL a essayé d'appeler quand il n'y avait personne à la maison "). Les répondeurs, les répondeurs interrogeables à distance, puis les portables ont abrégé ces longues journées d'incertitude, d'illusions tour à tour abandonnées et reconstituées.
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Olivia-AOlivia-A   31 juillet 2014
pourquoi ai-je le malheur de toujours anticiper le manque, gâchant systématiquement nos derniers moments ensemble, pourquoi cette hantise de ne jamais le revoir, qui me pousse à laisser traîner le plus longtemps possible les traces de sa présence, à ne pas ranger le peignoir qu'il porte ici, ni le livre qu'il y a lu?
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maylibelmaylibel   07 novembre 2013
C’est parfaitement banal et si j’en avais parlé à qui que ce soit à l’époque, je n’aurais raconté que des banalités : les contours de sa bouche en gros plan la première fois qu’ on s’est embrassés, sa peau, tendre et dure, la caresse de sa mèche de cheveux sur mon ventre, ses doigts qui paraissaient si innocents, inoffensifs et qui savaient toujours où et comment se poser sur moi, tout ça que tu connais aussi, j’espère pour toi ? (p. 94)
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Olivia-AOlivia-A   01 août 2014
Comme elle, il est conscient que ce genre de rencontre ne se présente pas souvent, ne se présente quelquefois jamais dans une vie. Et que, les choses étant ce qu'elles sont (les villes assiégées, les parents mortels), c'est-à-dire fragiles, mieux vaut ne pas lâcher celles qui vous rendent heureux, elles se briseront bien assez vite d'elles-mêmes.
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Olivia-AOlivia-A   05 août 2014
les femmes, disait-elle, ont certes beaucoup de choses à envier aux hommes, sauf deux. Eux, faisait-elle remarquer, doivent affronter deux obligations qui nous sont épargnées: bander et se battre. Quand il le faut, dans les deux cas, leur responsabilité seule est engagée. Elle n'échangerait pas, concluait-elle, sa place contre la leur.
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