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EAN : 9782253068037
1056 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (24/08/2016)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 45 notes)
Résumé :

Dans l'histoire de l'humanité, l'homme s'est toujours battu pour sa liberté. Pourtant, la liberté fait peur. Elle nous rend responsables de notre projet de vie, de nos choix et de nos actes. Il arrive qu'alors nous ayons l'impression que le sol se dérobe sous nos pieds. Et, si nous devons mourir, si nous constituons notre propre monde, si chacun de nous est seul dans un univers indifférent, quel sens a la vie? pourquoi vivons-nous... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  13 mars 2012
Livre destiné avant tout aux futurs psychothérapeutes ? Dans ce cas transformons-nous tous en Yalom en devenir, ou passons outre les recommandations au lectorat : dans le domaine de la lecture il est des limites qui ne méritent pas d'être posées, et il serait particulièrement dommage de passer à côté de Thérapie existentielle. Ce livre s'adresse à tout le monde. Quiconque aurait une fois pris le temps de s'interroger sur lui-même et le sens de son existence trouvera dans ses pages la formulation claire de ses plus profonds questionnements. A la lecture de ceux-ci, Irvin Yalom prendra progressivement l'apparence troublante d'un double qui se serait insinué dans nos esprits pour en extraire les doutes les plus dérangeants. Ceux-ci, il les formule en une ligne et les décline en quatre thématiques : la mort, la liberté, l'isolement fondamental et l'absence de sens.
Les règles étant posées, on pourrait craindre un développement qui resterait prisonnier d'un carcan théorique et rébarbatif. Ce n'est pas le cas. Yalom anime son manuel et le dote d'une force dramatique aux allures de polar. Qui a été assassiné ? La vérité. Les coupables et autres empêcheurs-de-tourner-en-rond à éliminer ? Les idées fausses. A travers Thérapie existentielle ,le lecteur découvre quelles sont les illusions qui le détournent de lui-même, quels paradigmes peuvent l'emprisonner dans un schéma de pensées et de croyances qui ne lui correspondent pas, et quels comportements névrotiques ont été mis en place dans l'intention de le conforter dans sa position de négation de la vérité. Plus ou moins profondément, chacun d'entre nous aurait donc assassiné sa propre vérité, mais une longue expérience de déni nous l'aura fait oublier, nous envoyant balader sur des sentiers escarpés dont nous peinons à identifier la destination.
Les quatre thématiques précédemment citées deviennent des catégories déclinant leur lot de coupables. Pour nous faire comprendre leur dangerosité, Yalom ne s'apitoie pas. Avec humour et autodérision, il invoque de grandes figures littéraires telles celles de Kafka, Dostoïevski, Camus, Sartre, Schopenhauer ou Nietzsche. Il rappelle également foule de cas cliniques auxquels il a été confronté, comme autant d'aveux confessés aux barreaux du tribunal.
Pour bien faire, Yalom s'attaque immédiatement à la figure la plus imposante : la mort. Pas besoin de fouiller bien longtemps pour comprendre que l'homme, lancé dans la vie avec la plus entière ignorance qui soit, est totalement terrifié à l'idée de mourir. Son angoisse de mort le pousse à mettre en place des comportements de déni, dont les deux figures principales sont la croyance en un être supérieur qui viendra le sauver des griffes de la mort (on trouve par exemple dans ce genre de comportement la figure du masochiste) ou la croyance d'être une personne spéciale qui serait épargnée par la mort quand bien même les autres hommes seraient condamnés à succomber sans merci (on trouve ici la figure du narcissique, de l'héro compulsif ou du bourreau de travail). Excepté ces cas extrêmes, l'homme tend généralement à mêler ces deux systèmes de croyances dans l'élaboration de comportements de déni l'éloignant de sa réalité mortelle. Mais s'éloigner de celle-ci, comme nous le montre Yalom à travers le contre-exemple fourni par certains patients en fin de vie, nous donne aussi la nonchalance de l'immortalité, et nous condamne à la passivité plus qu'elle ne nous pousse à vivre véritablement. A ce stade de la lecture, on se demande encore qui se cache derrière cette énigmatique figure du « véritable ». Patience, patience… La lecture à son terme saura nous l'apprendre…
L'enquête s'approfondit ensuite sur la figure de la liberté. Revendiquée dans ses aspects les plus anodins, la véritable liberté terrorise l'homme car elle implique le corollaire moins plaisant de la responsabilité, au sens sartrien du terme. L'homme doit avouer que son existence n'est pas une suite de contingences qui se sont abattues sur lui, pauvre victime misérable, sans qu'il ne demande rien. Elle est la conséquence de tous les choix, de toutes les décisions et de tous les actes (ou bien de toutes les absences de choix, de décisions et d'actes) qu'il aura produits depuis sa naissance. La vie devient alors un matériau beaucoup plus malléable que ce que nous voulons bien admettre habituellement. Ici, Yalom rejette la dynamique freudienne qui cloue l'homme à un passé sur lequel il n'a plus aucun pouvoir. La prise de conscience de cette responsabilité est lourde à assumer. Il faudra alors éliminer deux nouveaux coupables qui tenteraient de séquestrer la vérité : l'impuissance apathique et la surpuissance culpabilisante.
Mais voilà que surgit l'isolement fondamental… Plus inquiétant que l'isolement en tant que simple définition de la solitude ou de méconnaissance de soi-même, il s'agit de la conscience que nous avons d'être entièrement seul dans notre quête personnelle de la vérité. Chaque homme est seul dans sa façon de voir le monde, dans les décisions qu'il prend, chaque homme est seul en ce que lui seul détient la conscience de sa réalité intérieure. Poussé à l'extrême, ce sentiment détruit toute réalité : le monde apparaît comme une illusion, fruit des hallucinations d'un individu qui se croit exister. L'autre extrême amène à une conduite de déni frénétique encouragée par la société de consommation moderne : entourons-nous d'une multitude de gens, de choses et d'objets, possédons-les, incorporons-les. Peut-être alors, ayant tout ingurgité, cesserons-nous de nous sentir fondamentalement isolés ? Bien sûr, ce comportement est coupable également. Aussi, Yalom en démonte bien vite les rouages. Prendre conscience de son isolement fondamental, c'est admettre que les autres sont tout aussi fondamentalement isolés que nous, c'est cesser de voir les autres comme un ensemble d'avantages que l'on peut exploiter ou non. A terme, c'est se lier aux autres véritablement, par la reconnaissance que nous sommes tous concernés par la même tragédie (mais est-ce vraiment une tragédie d'ailleurs ?)
La vérité se précise…. C'est que nous arrivons bientôt au terme de la quête initiée par Irvin Yalom… Ne reste plus que la dernière figure du coupable à abolir : celle du sens de la vie. L'homme occidental moderne semble torturé par cette question. Quel est le sens de la vie ? Est-il utile de mener une vie de labeur, parfois peu gratifiante, si tout est voué à la destruction, s'il ne restera aucune trace de nos agissements ? Yalom dresse timidement quelques réponses : le sens de la vie peut être apporté par le comportement altruiste (bénévolat, dévouement à une cause), par la créativité (artistique, professionnelle, parentale, artisanale…) ou bien encore par l'hédonisme (bien que le plaisir puisse parfois découler de comportements autodestructeurs). Mais quelque chose cloche… Pourquoi la question du sens de la vie est-elle aussi dévorante pour l'homme d'aujourd'hui, alors que l'homme des siècles passés, celui qui vivait avant l'époque De La Renaissance, ou l'homme oriental, semble peu préoccupé par cette question ? Voici que se dresse le dernier coupable : la culture occidentale moderne, héritée du pragmatisme de Calvin, qui exhorte les hommes à devenir des êtres d'entière utilité, sans considération aucune pour la culpabilité dévastatrice qui peut surgir devant le constat d'échec de cet accomplissement.
Tous les coupables qui éloignaient l'homme de la vérité ont disparu, et celle-ci se dessine à l'horizon de Thérapie existentielle. A chercher dans la philosophie orientale qui prône l'harmonie de l'homme et de la nature, elle préconise la quête d'une sérénité qui passe par l'engagement relationnel. Tout acte d'interaction diminue l'angoisse et fait disparaître la question du sens existentiel au profit de l'émergence d'un bonheur potentiel. La thérapie existentielle ne fuit pas devant les réalités qui fondent la condition humaine. Aussi effrayantes qu'elles puissent paraître, il convient de les affronter comme de nouvelles perspectives de vie.
« Chacun est unique, il faut donc, d'une certaine façon, créer une nouvelle thérapie pour chaque patient. Je veux être surpris : à chaque séance, je suis impatient de retrouver mon patient, et je me demande comment sa vie s'est déroulée depuis la séance précédente. »
La vérité, à la fin de ce livre, ne veut pas se définir clairement, comme une réponse définitive et péremptoire à la quête de sens d'un individu. Ses contours ne sont pas figés. Ce livre ne cherche pas à imposer une pensée dans l'esprit d'un individu abandonné et prêt à gober n'importes quels salmigondis rédempteurs. Il invite le lecteur à prendre du recul sur les discours et l'aliénation moderne afin d'entrer dans une démarche de plus profonde honnêteté avec lui-même. Il ouvre les portes de la conscience de l'individu, lui signalant par là qu'il y a un formidable voyage à accomplir. La vérité n'est pas unique, et il en existe autant qu'il existe d'hommes sur terre. Surtout, la vérité change de forme au cours de la vie d'une seule et même personne. Une vie que l'on trouve plus accueillante à l'issue de la lecture de cet ouvrage, non pas en vertu de quelques unes de ses qualités, mais parce qu'elle est, et reste en devenir entre les mains de chacun.

Lien : http://colimasson.over-blog...
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Livretoi
  19 avril 2020
Un livre lu il y a bien longtemps... mais comme il faut une critique pour sélectionner un ouvrage parmi les six oeuvres qu'on emporterait sur une île déserte, je m'y colle.
Ce livre m'a marqué, et continue aujourd'hui de m'influencer tout simplement à travers les quatre mots-clefs qui sont comme des pense-bêtes des quatre problématiques existentielles auxquelles tout être humain est confronté toute sa vie : La mort ; la liberté ; la solitude ; le sens de la vie.
- On naît , on meurt, la vie est absurde mais c'est la mort qui permet d'apprécier la valeur de la vie. Les personnes en fin de vie redécouvrent cette saveur...
- La liberté, c'est la responsabilité, l'engagement, les choix, les renoncements, les regrets, les remords. Sur la page blanche de notre vie, nous devons écrire notre propre roman. Cela peut faire peur, peur de se tromper, peur de rater, peur de faire souffrir, peurs de toutes sortes. Mais nous n'avons pas le choix. Il faut choisir pour vivre pleinement.
- La solitude est le lot de tous, on naît seul, on meurt seul, on s'assume seul. Malgré l'entourage, l'amour, les proches, on se retrouve tôt ou tard face à soi-même. Je me rends des comptes à moi-même.
- Le sens de la vie est le reflet de notre identité et de nos choix. La vie se remplit quantitativement (des actes, des engagements, des décisions) et qualitativement (des valeurs, de la plus-value apportée aux autres ou au monde, etc.). Peu importe la manière (l'altruisme, le travail, l'hédonisme, la créativité) trouver un sens à sa vie c'est orienter son énergie disponible, avoir des objectifs, suivre un fil conducteur. On sait pourquoi on fait ce qu'on fait.
Tout se tient, ces quatre notions sont interdépendantes.
Cet ouvrage de réflexions sur la condition humaine finalement s'appuie sur de nombreux cas cliniques traités par l'auteur, sur d'innombrables exemples tirés de la littérature et de la philosophie. Il est riche, instructif, intéressant, concret. Je le prendrais sur mon île déserte pour mieux accepter et accompagner ma solitude, pour bien assumer mes responsabilités face à la nécessité de sur-vivre, pour enrichir mon humanité, conserver un sens à ma vie, préparer ma mort comme un vieux loup solitaire.
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DianeRocch
  01 mars 2020
Irvin D. Yalom est un psychiatre américain très reconnu et est un écrivain à part entière qui donne généralement corps à des héros thérapeute dans ses romans.
J'avais entendu parler de son livre « Apprendre à mourir » et j'étais impatiente de découvrir sa plume avec ce roman « Thérapie Existentielle » et je n'ai pas été déçue !
L'auteur nous confronte à nos interrogations les plus enracinées, celles que l'on exprime rarement à haute voix mais qui font partie intégrante de chacun et qui déterminent également le chemin de vie des uns et des autres selon la sensibilité, l'éducation et les valeurs inhérentes à chacun.
L'auteur livre un roman pédagogique, que tout le monde peut lire, où l'envie de transmettre et de soulager les maux des humains-patients est prépondérante. La vulnérabilité de l'Homme est omniprésente ce qui rend parfois absurde notre volonté de trouver un sens à la vie malgré une recherche constante de liberté. Cette dernière nous anime, il s'agit d'une liberté qui revêt différents visages : celle d'agir, de penser, de s'exprimer et de vivre mais parfois comme nous l'explique Irvin Yalom, la liberté est source d'angoisse et certaines questions existentielles méritent d'être posées pour grandir à tout âge.
On ne trouve pas de réponse définitive à nos questions fondamentales à l'issue de la lecture de ce livre mais une volonté de mieux se connaître, d'aborder avec soi-même des thèmes comme l'isolement ou encore notre rapport à la nature ce qui m'a particulièrement intéressée et m'a permis de réfléchir à certaines implications qui sont un travail de chaque jour.
Une lecture dense mais passionnante !
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Olivius
  31 janvier 2020
Pour moi l'un des meilleurs ouvrages de réflexion sur la psychologie et la condition humaine, rien de moins ! Irvin Yalom expose avec intelligence et élégance comment nous pouvons avancer dans l'existence en se focalisant sur des points clefs de notre condition. D'où viennent nos angoisses ? Comment vivre en ayant intégré certaines informations qui n'étaient pas évidentes car essentiellement inconscientes ? Etc. En faisant référence autant à des psychologues qu'à des philosophes il nous entraîne dans une passionnante aventure littéraire et intellectuelle, mais surtout utile ! En outre j'ai bien senti l'humanité et l'immense érudition de cet homme qui s'investit totalement dans cet exposé, avec une profonde honnêteté, sans fioriture ni faux semblants, il nous invite à panser ce qu'il y a à panser, en nous instruisant. J'ai beaucoup aimé le ton de ce livre, qui synthétise des idées clefs en psychothérapie et en philosophie pour enfin accéder à une certaine sérénité, en tous c'est ainsi que je l'ai ressenti. En outre il y a cette dimension inédite, créative, que l'auteur a su mettre en avant, je crois.
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Butylphenyl
  13 avril 2020
Passée son introduction théorique sur ce qu'induit la thérapie existentielle et qui m'a fait craindre le pire, un essai qui questionne avec une extrême intelligence et pertinence les 4 plus grandes sources d'angoisses dans une vie selon l'auteur (la mort, la liberté, l'isolement et l'absence de sens). Je dois dire que je souscris totalement à cette liste.
Pas de conseils à la mords-moi-le-noeud (ce n'est pas du développement personnel), pas de réponses non plus mais des réflexions extrêmement riches qui convoquent aussi bien la littérature (Kafka, Dostoïevski...) que la philosophie (Kierkegaard, Schopenhauer...) – et bien sûr la psychologie, métier d'Irvin Yalom.
Ce dernier s'adresse avant tout aux praticiens mais pas que. Toujours pédagogue, son propos n'a de cesse de vulgariser les nombreux concepts évoqués ainsi que de les référencer. Un pavé de 1000 pages donc qui aide à mieux se connaître et donne des pistes pour aller mieux.
Un ouvrage qui m'a fait beaucoup de bien et qui me semble d'utilité publique pour les personnes angoissées et/ou dépressives.
•°•°•°• A lire tout particulièrement si :
- vous cherchez des pistes naturelles pour calmer vos états anxieux (les livres >>> Ignatia Amara 30 CH) ;
- vous voulez en savoir plus ou découvrir en quoi consiste la thérapie existentielle ;
- vous doutez que la philosophie puisse sauver des vies (vous allez changer d'avis) ;
Lien : https://www.instagram.com/bu..
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Citations et extraits (77) Voir plus Ajouter une citation
valsingvalsing   12 février 2018
Le passé révolu nous rappelle, telle une morsure, l'implacable fuite du temps. Bien qu'elle n'en eût pas conscience, Joyce, à mes yeux, était terrifiée à l'idée d'épuiser tout son quota d'avenir. Ainsi, elle avait pour habitude de ne jamais terminer complètement une tâche : si, par exemple, elle faisait le ménage, elle laissait toujours un coin non nettoyé. Elle redoutait d'en « avoir terminé ». Jamais elle ne commençait un livre sans qu'un autre attende son tour sur la table de chevet. On songera ici à Proust et à son œuvre majeure, «À la recherche du temps perdu», conçue pour échapper aux « mâchoires dévorantes du temps».
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colimassoncolimasson   13 mars 2012
Comme le soulignait Freud dans son analyse d’Œdipe Roi, la grande littérature survit, car le lecteur, d’une façon ou d’une autre, s’empare de la vérité qu’elle recèle. La vérité des personnages de fiction nous touche car elle nous renvoie à la nôtre. Les œuvres majeures de la littérature sont éducatives, de par leur honnêteté criante, tout comme le sont les données cliniques : le grand romancier, même s’il distille sa personnalité entre plusieurs personnages, en définitive nous révèle à nous-mêmes, comme l’écrivit un jour Thornton Wilder : « Si la Reine Elizabeth, Frédéric II de Prusse ou Ernest Hemingway lisaient leur biographie, ils s’exclameraient : « Mon secret reste bien gardé ! » Mais si Natacha Rostov lisait La Guerre et la Paix, elle s’écrierait, se cachant le visage de ses mains : « Comment a-t-il su ? Comment a-t-il su ? »
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colimassoncolimasson   13 mars 2012
Généralement, nous envisageons la liberté comme un concept en tout point positif. Dans l’histoire de l’humanité, l’homme ne s’est-il pas toujours battu pour sa liberté ? Pourtant, la liberté, appréhendée dans cette perspective d’enjeu ultime, est inséparable de la terreur. Dans son acception existentielle, la liberté renvoie à l’absence de structure externe. Contrairement à notre expérience quotidienne, l’être humain ne pénètre (ni ne quitte) un univers bien structuré au dessein prédéfini. A l’opposé, l’individu est totalement responsable –en d’autres termes, est l’auteur- de son monde, de son projet de vie, de ses choix et de ses actions. Dans cette acception, la liberté prend une implication terrifiante, dans la mesure où elle signifie que le sol n’existe pas sous nos pieds, qu’il n’y a rien d’autre que du néant, un abysse.
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colimassoncolimasson   13 mars 2012
Dans nos vies, l’atrophie des institutions sociales (et psychologiques) pourvoyeuses de structures nous a servi à nous confronter à l’enjeu de liberté. S’il n’existe pas de règles, pas de grands desseins, rien que nous devions faire, nous sommes alors libres de nos choix. Notre nature fondamentale n’a pas changé ; aujourd’hui, avec la disparition de ce qui nous cachait précédemment cet enjeu de liberté, avec le démantèlement des structures imposées de l’extérieur, nous sommes plus proches que par le passé d’une expérience des faits existentiels de la vie. Toutefois, nous n’y sommes pas préparés ; le poids se fait trop lourd, l’angoisse cherche à être soulagée et, sur le plan individuel comme sur le plan social, nous nous engageons dans une quête frénétique visant à nous protéger de la liberté.
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colimassoncolimasson   13 mars 2012
[…] la maladie infectieuse ne résulte pas uniquement de l’infection d’un corps sans défense par un agent bactérien ou viral, mais au contraire d’un déséquilibre entre l’agent nocif et la résistance de l’organisme hôte. En d’autres termes, les agents nocifs sont présents à tout moment à l’intérieur du corps, tout comme les sources de stress, indissociables de la vie, auxquelles font face les individus. Le développement de la maladie chez l’individu dépend donc de la résistance du corps (c’est-à-dire de facteurs tels que le système immunologique, l’alimentation, l’état de fatigue) à l’agent : lorsque le seuil de résistance s’abaisse, la maladie se déclare, même si la toxicité et la virulence de l’agent nocif n’ont pas varié. Dès lors, tous les êtres humains sont confrontés à un dilemme, que certains ne parviennent pas à résoudre : la psychopathologie ne relève donc pas uniquement de la présence ou de l’absence de stress, mais de l’interaction entre le stress omniprésent et les mécanismes de défense d’une personne.
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Videos de Irvin D. Yalom (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Irvin D. Yalom
Extrait de "Et Nietzsche a pleuré" d'Irvin Yalom lu par Bernard Gabay. Parution le 10 juin.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/et-nietzsche-pleure
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