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EAN : 9782367950839
206 pages
Éditeur : Chèvre-feuille étoilée (06/11/2014)

Note moyenne : 2.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Nuit blanche ou Xeroderma Pigmentosum XP. Une maladie rare, invalidante et troublante. La maladie des enfants de la lune. Manière adoucie de nommer ce qui échoie à Lalia, cinq ans, interdite d’aller au grand jour. Née au bord de la Méditerranée, dans le Bas Pays, elle est tenue à l’ombre de la maison et ne sort que la nuit. L’enfant a un rêve : voir la neige. Son arrière-grand-mère Angèle, qui l’initie à mille jeux, au rêve, à la parole, aux contes…, décide d’accomp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Aelyse
  12 mars 2015
"Nuèch blanca" nous propose de passer une nuit entrecoupée de flashes-back en compagnie d'Angèle. C'est l'occasion rêvée pour faire le point sur son passé. La maladie de Lalia semble n'être qu'un prétexte à sa longue introspection. Au fil des pages, un parallèle se dessine entre l'aïeule et l'enfant, toutes deux isolées pour des raisons bien différentes.
Angèle nous raconte son arrivée à l'école, et la perte déstabilisante de sa langue maternelle, la lenga nòstra, lentement étouffée par le français obligatoire. Subitement, la langue que l'on parle chez soi devient objet de mépris. Un mot vous échappe, et il est puni. Brimades et humiliations s'enchaînent pour corriger le naturel. Les instituteurs pensent agir pour le bien des enfants, sans réaliser la cruauté de ce déracinement imposé. Voilà bien un sujet qui me parle ! Mes grands-parents ont connu les mêmes déboires avec le wallon. Sous des couverts d'unification, la langue dominante broie implacablement le dialecte qu'elle considère comme vulgaire. Mais derrière les mots, il y a tout un peuple, la chaleur du foyer, l'estime de soi et de son environnement. Cette perte d'identité est formidablement décrite, et on en ressent toute l'ampleur.
"On y met du sien, on convoque quelques bribes de souvenirs, on s'égare entre les mots qui ne disent rien de ce qui se dit au-dedans ou pas tout à fait, on tombe dans l'approximation, on bredouille. Que peut-on raconter de ce que l'on est, de ce que furent les êtres aimés, de la trace qui demeure, de la langue qui était et qu'avala le flot boucher ?" (p. 87)
Bouleversée, la petite Angèle doit se plier bien malgré elle à ces exigences... avant de trouver un moyen de les dépasser. Mais le mal est fait.
Est-ce pour cette raison que ses paroles manquent tellement de naturel ? Au début je me suis demandé si l'auteur avait des soucis pour rendre ses dialogues réalistes, mais les autres personnages, aux expressions parfaitement crédibles, m'ont convaincue du contraire. Seules Angèle et Marthe parlent comme des livres, au point que certaines réflexions semblent à côté de la plaque et m'ont fait hausser les sourcils.
"- Tu avais l'air de ne rien y voir, Angèle, hier, depuis la voiture.
- Lorsque le véhicule a ouvert un sillon près des troupeaux, je n'aurais su dire comment c'était venu.
- Il y avait le brouillard.
- On s'est avancé dans un dédale de bêtes drues qui épaississaient la nuit." (p. 111)
Evidemment, je choisis pour illustrer mon propos un passage presque caricatural : rassurez-vous, elle ne parle pas toujours comme ça ! Cet aspect parfois trop "littéraire" traduit le malaise d'utiliser ce qui reste une langue étrangère. La lenga nòstra ne ressurgira qu'avec Lalia, qui la réclamera à sa grand-mère, établissant un pont de plus entre elles.
Angèle sera une fois de plus foudroyée lorsque la bienséance lui imposera de taire sa douleur lors d'un événement tragique. Après avoir dénaturé la parole, la voilà muette de sentiments. Il faut aller de l'avant... le coeur muselé. Deux fois réduite au silence, il lui faudra de longues années, et cet exil dans le Haut Pays, afin de se retrouver pleinement.
Adeline Yzac sait écrire, c'est un fait. Je me suis même retrouvée à faire un truc qui n'était plus arrivé depuis longtemps : noter des mots de vocabulaire ("immarcescible", je ne connaissais pas, par exemple). Heureusement, cela n'entrave en rien la lecture. le style est fluide et agréable, même si l'auteur abuse un peu des virgules en multipliant les énumérations. Mais c'est affaire de goût !
"Broutilles, miettes, restes, on ramènera quelques reliefs. On devrait écrire, ouvrir un calepin. On aimait l'écriture jadis au pensionnat, de longues pages noircies au crayon à papier dans l'usure des nuits, au creux du dortoir sans fin, les lits alignés dans le froid glacial ou la chaleur étouffante captivaient le regard, on marquerait de brèves nouvelles à la mode de jadis." (p. 161)
La plume est poétique, et plusieurs métaphores valent le détour. Si vous aimez vous arrêter pour noter des citations, prenez un gros cahier et un bic qui tiendra le choc : ce livre regorge de trésors. On s'arrête souvent au détour d'une page pour admirer une formulation ou méditer une réflexion brillante. Je ne peux que vous conseiller de préparer également un gilet bien chaud, tant le pouvoir d'évocation de l'auteur est efficace. Vous trouverez facilement votre place au coin de l'âtre, bercé par les évocations de cette réunion familiale, tandis que résonnent au-dehors les cris de joie des enfants.

On plonge avec plaisir dans cette étrange atmosphère de nuit enneigée, cette Nuèch blanca (un joli titre inspiré, aux multiples significations) où le temps semble suspendu. Nostalgie et regrets sourds s'entremêlent avec talent. Si les parenthèses un brin contemplatives ne vous effraient pas, vous trouverez sans aucun doute votre bonheur. Une chose est sûre : le voyage vaut le détour.

Merci à Babelio et aux éditions Chèvre-feuille étoilée pour ce moment suspendu.
Lien : http://cequejenlis.canalblog..
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Just-Lou
  28 février 2015
Immergé dans un paysage de neige, à l'abri d'un salon douillet, on se retrouve à partager un délicieux moment du quotidien de deux femmes d'âge mûr. A la fenêtre Lilia dans son habit de cosmonaute se manifeste occasionnellement et expose son bonheur en interrompant la conversation de sa Mamète Gélou qui interroge sa vie tout autant que sa venue.
C'est à travers ses brides d'échanges qu'on prend acte de cette nécessité d'évasion familiale, qu'on mesure le besoin de répondre à l'injonction de vie de l'enfant destinée à se jouer d'une pathologie bien singulière.
Une pudeur tout à l'avantage de l'auteur s'inscrit dans un style plein de douceur et de subtilité, bien qu'on manque un peu de repères directionnels.
A mi mot, tel un tricot qui entrecroise ses mailles endroit-envers, l'histoire familiale, les traditions, l'environnement et la particularité du vécu de Lilia se devinent, se dessinent dans un rythme de lecture calqué sur la maturité des personnages principaux. Ce choix d'agencement narratif aère la pesanteur du sujet principal et permet d'aborder le thème de la maladie infantile sous un angle bienveillant.
Voilà un bien beau roman offrant une découverte culturelle qui nous fait voyager du Sud de la France hostile à Lilia de part son ensoleillement, aux aires de jeux nordiques si épanouissantes dont elle profitent généreusement pendant tout une semaine.
Un mot suffit a qualifier ce roman: "Aquo's polit" (Touchant)
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ioionette
  04 mars 2015
C'est grâce à la Mass Critique de Babelio que j'ai reçu Nuèch Blanca dans ma boite aux lettre.
Malheureusement et pour la première fois, je suis plutôt mal tombée et je n'ai pas du tout accroché au livre. Sincèrement si je n'avais pas du en écrire une critique pour le site, j'aurai probablement laissé tombé ma lecture à la page 23.
L'histoire est celle d'Angèle, une vieille femme, et de son arrière petite-fille Lalia. La petite est atteinte de la maladie des enfants de la lune et son aïeule à eu l'idée de l'emmener passer une semaine à la montagne, dans la famille d'une cousine qu'elle-même n'a pas vu depuis plus de 40 ans. Nous les suivont donc lors de la première soirée de ce retour dans la famille, dans un lieu de neige et de longue nuit.
Comme je l'ai dit je n'ai pas réussi à rentrer dans le livre, j'ai compris son propos mais la façon dont il est écrit m'a empêché de m'y intéresser. Trop de décryptage pour moi. Je pense que la façon d'écrire d'Adeline Yzac, est volontairement compliquée dans le but de créer des images dans la tête de son lecteur. Sauf que je fais partie des gens sur qui ça n'a pas marché, et que l'accumulation de mot a juste perdue et ennuyée. Pas de chance.
Lien : http://ioionette.blogspot.fr..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
manoloulamanoloula   05 décembre 2014
Angèle a une petite moue de dépit. Elle en est encore à évoquer Guilhem. Il avait une voix de gorge et des mains fermes, on aimait follement l’homme et sa façon de dire, sa façon d’aller braconner dans la langue, il attrapait les mots
en félin, ramenait les plus vivaces, les plus fervents, les plus inédits. Pas de filets pas de flèches, un art secret de la capture. Il gardait les mots un temps bref à part lui puis les lançait s’accompagnant des deux mains, les donnaient à l’air, au vent, à l’étendue, à l’autre. Il les rendait. C’était un homme de prononciation, il avait dit quelque chose, on l’avait écouté, on attendait la prochaine prise qui serait prodige. Et quand il quittait un temps sa langue et qu’il s’emparait de l’autre, la Française, la bien fagotée de ces dames et de ces
messieurs, il la travaillait dans la glaise de la sienne, il l’interrompait
dans ses apprêts, il lui enlevait ses corsets d’une voix leste, il chamboulait ses flexions et ses articulations syntaxiques, il la laissait dans une nudité d’Ève dont on sentait bien qu’il l’avait sortie du rang pour la mettre à sa guise en mouvement et en devenir.
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manoloulamanoloula   05 décembre 2014
La neige soyeuse et secrète. Lalia la caressait à l’arrivée en lui passant la main sur son gros dos de mère poule. Puis elle la prenait à plein bras.
– Elle se baptise, je me disais.
– Demain, on fabriquera une cabane de neige, Mamète Gélou !
Le pays buissonne de neige, je songeai. Lalia a trouvé un joli mot : c’est tout neigé.
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PradasBillaudPradasBillaud   05 décembre 2014
Nuech blanca est un roman de la blancheur. Une histoire d'hiver, une veillée dans la montagne, dans le "Haut pays". Livre de lumière : celle du dehors, la neige éblouissante dans laquelle jouent des enfants; celle du dedans, paroles et silences que partagent les grandes personnes, les cousins qui se retrouvent, les souvenirs tricotés comme des laines chaudes.

Nuech Blanca a l'éclat d'une toute petite fille, Lalia, de sa très vieille arrière grand mère, Angèle, et du lien entre elles deux. Lien de protection, de rêve réalisé, voyage entre le "Bas pays" méditerranéen et le "Haut pays" enneigé. Lien des transmissions de génération en génération, transmission d'une langue occitane, d'une histoire familiale et d'un terroir.

Je suis rentrée dans ce livre d'unité de temps et de lieu comme on entre dans une pièce chaude, près d'un feu de cheminée, en écoutant une histoire vacillant comme une flamme. Pages racontant l'âge sage, l'enfance fraîche, légèreté et gravité mélangées. Va et vient dans les temps : le passé des personnages, le présent de cette veillée au chaud, l'avenir que portent les enfants, à travers leurs jeux, leur vivacité, leur tendresse d'être.

Merci Adeline. Votre livre a l'éclat d'un givre qui tient chaud."
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Just-LouJust-Lou   25 février 2015
Il fallut tenir tête à la douleur de garder la petite grandissante au nid d'ombre, de la contenir et de la priver, ailes coupées à la palombe, geste contre-nature, à l'encontre de l'ordre des choses, un geste criminel.
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Just-LouJust-Lou   26 février 2015
...la mort de soi n'est rien quand on a vu s'en aller ce qui fut le plus cher.
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