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ISBN : 2246772516
Éditeur : Grasset (12/05/2010)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 52 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Plon - 09/1996)


Esprit libre et distingué, phare précoce de la Vienne des Habsbourg, ami de Rilke, de Freud et des grands pacifistes européens de l'entre-deux-guerres, humaniste passionné vaincu par le nazisme, la figure de Stefan Zweig aura hanté ce siècle comme une nostalgie.

Peinture pleine de compréhension des femmes et de l'amour, exploration des sentiments troubles et des secret... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
gerardmuller
  20 mars 2016
Stefan Zweig/ Biographie par Dominique Bona
C'est une excellente biographie de l'écrivain Stefan Zweig, un de mes écrivains préférés, que nous propose dans ce livre Dominique Bona.
Mais pas seulement une biographie et une analyse psychologique du personnage : c'est aussi une analyse de l'art d'écrire de Stefan Zweig.
L'enfance de Zweig n‘a pas été marqué par la douceur : enfant gâté il n'a manqué de rien si ce n'est de la première tendresse.
Déçu par l'éducation insipide reçue à l'école qui visait non à développer la personnalité, à l'épanouir et l'enrichir, mais à la dompter, le jeune Stefan sera toujours rebuté par le système scolaire. Il a une passion pour la musique, le théâtre et la littérature, des matières négligées dans le cursus scolaire. Ses idoles vont être Rainer Maria Rilke et Hugo von Hofmannstahl, deux grands poètes autrichiens.
Pour Zweig, on n'était pas un vrai Viennois sans l'amour de la culture.
Zweig parlait l'anglais, l'italien et le français en plus de sa langue maternelle l'allemand et du latin et du grec appris à l'école. Il a une passion pour Voltaire et Racine autant que pour Goethe et Schiller.
Dans son récit « le Monde d'hier », Zweig décrit en scènes vivantes la vie sexuelle et amoureuse avant le Première Guerre Mondiale. La morale de l'époque est peu propice aux élans amoureux. D'une plume discrète, il esquisse sans rien livrer de personnel, ce qu'était une visite dans une maison close. Il ne dit pas s'il y a été lui-même.
Zweig est un personnage qui doute de ses capacités et il affirme ne se voir aucun avenir dans la littérature.
On est étonné 70 ans plus tard de voir qu'il est l'écrivain de l'époque le plus lu dans le monde. Zweig est une valeur sûre, de nos jours, de la littérature : il plait par ses récits brefs, intenses et passionnels, exaltés et douloureux. Chez Zweig, « le feu court à travers les mots, les phrases. » le secret est la clé du récit. « Chacun des personnages se débat avec ce quelque chose, inavoué, informulé, enfoui au plus profond de lui où il croit l'avoir oublié, mais qui un jour remonte à la surface, menaçant un équilibre précaire, ou miraculeux. » Ses personnages sont animés d'une dualité profonde, et possédés par une passion. Zweig plait car il est un écrivain concis et efficace. Pas de longueurs, il écrit en homme pressé. « La femme est le coeur de ses livres et il la met en scène à tous les âges de la séduction. »
Au cours de se voyages, il se découvre un attrait particulier pour Paris.
Il aime Verlaine et fréquente Émile Verhaeren et Romain Rolland avec qui il voudrait une réconciliation franco-allemande après la victoire prussienne de 1870.
Mais, « rêve d'intellectuel, divagation ubuesque, la thèse fait hausser les épaules aux contemporains. Les peuples eux-mêmes, grandis dans l'ignorance et l'affrontement réciproques, ne sont pas mûrs pour la comprendre. »
Il se sent en harmonie avec de grands esprits comme Hermann Hesse qui défend la liberté de l'individu, la résistance à la contrainte et aux violences physiques ou morales.
Mais il ne se décourage pas et se rappelle chaque jour la phrase de Goethe : « Homme, quand comprendras-tu que ne pas aboutir fait ta grandeur ? »
Dominique Bona dissèque un peu plus la personnalité de Zweig et nous montre que l'érotisme est à côté du travail, des lectures et de l'amitié, le jardin secret de Zweig.
Ses relations sont éphémères et secrètes : il ne s'attache pas.
Cependant il rencontre Frederike et les sentiments qu'il éprouve à son égard le prennent au dépourvu. Il l'épouse et divorcera à la fin de sa vie, pour Charlotte.
Il va s'intéresser à trois écrivains : Balzac, Dostoievski et Dickens et écrire un triptyque qui reste une oeuvre majeur.
Il s'installe à Salzbourg avec Frederike pour écrire en toute tranquillité. Il reçoit Toscanini, Bartok, Alban Berg, Richard Strauss, Ravel. Il connaît Roger Martin du Gard, André Gide, Julien Green, André Maurois et entretient une relation cordiale avec chacun.
Un de ses maîtres à penser est Érasme de Rotterdam qui voyait dans l'intolérance le mal héréditaire de notre société. Comme lui, Zweig n'obéit à aucune couleur, à aucun hymne, à aucun drapeau. Autrichien, il se veut d'abord européen. Érasme est pour lui le modèle de l'homme libre capable de résister aux despotismes.
Après l'autodafé du 10 mai 1933 au cours duquel les nazis brûlent tous les livres qui ne sont pas en accord avec les thèses du nazisme, Zweig fuit à Londres, mais il ne se plait pas en Angleterre et préfère séjourner à Nice pour voir ses amis, Joseph Roth, Jules Romain, Igor Stravinski, H.G.Wells.
Puis c'est New York en 1935, Rio de Janeiro et Buenos Aires où il donne des conférences.
1937, c'est la première dépression nerveuse. Zweig doute de tout. L'Anschluss en 1938 puis les accords de Munich le 30 septembre achèvent de lui miner le moral et la santé.
« Les accords de Munich scellent l'annexion de l'Autriche et se concluent par la poignée de main tristement historique entre Daladier, Hitler et Chamberlain. »
Il se retire au Brésil à Pétropolis, non loin de Rio.
Zweig commence dès 1941 la rédaction de son livre testament « le monde d'hier » à l'usage des générations futures pour qu'elles mesurent ce qu'il y avait de beau et de bon dans cette civilisation européenne, anéantie par deux guerres. Ce sont des pages soutenues par l'émotion, mais qui gardent une élégance et une pudeur, marques indélébiles de l'auteur.
On connaît la fin : le 21 février il se donne la mort avec sa jeune épouse Lotte.
Il est enterré à Pétropolis.
Magnifique livre que cette biographie très complète de Stefan Zweig par Dominique Bona, qui se lit comme un roman.
Les oeuvres les plus célèbres de Zweig, vendues encore de nos jours à des millions d'exemplaires :
Amok, La pitié dangereuse, La confusion des sentiments, 24 heures de la vie d'une femme, Destruction d'un coeur, le monde d'hier, et son chef d'oeuvre à mon sens, le joueur d'échecs. Ainsi que de très belles biographies, Fouché, Marie-Antoinette, Erasme, Magellan etc…
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Herve-Lionel
  14 avril 2015
N°893– Avril 2015
STEFAN SWEIG Dominique Bona – Perrin.
D'emblée l'auteure définit Sweig comme un mystère. Comment se fait-il que cet écrivain talentueux des années trente, grand bourgeois cultivé, polyglotte, sensible et discret au point de ne pas s'engager, citoyen du monde, continue-t-il de tant fasciner les lecteurs ? Est-ce la noirceur de son oeuvre qui se marie si bien avec notre époque tourmentée ou l'espoir d'une amélioration reste possible ?
Quand il naît en 1881à Vienne, la ville comme le pays est multiethnique et cosmopolite. Fils d'un industriel juif mais élevé dans la laïcité il se prépare à une vie facile en rêvant de sa vocation d'écrivain. A l'époque Vienne est une ville paisible et musicale, carrefour de toutes les cultures mais une cité immobile mais le jeune Stefan est impatient de vivre. Étudiant il réside à Vienne puis à Berlin où il connaît la vie de bohème bien qu'il ait toute sa vie été rentier et à l'abri du besoin, renonce temporairement à son oeuvre pour devenir traducteur, voyage aussi en Europe où il rencontre les grands esprits de son temps avec qui il se lie d'amitié. Il renoue pourtant avec l'écriture et c'est d'emblée le succès. Ce début de siècle est marqué par le progrès et Sweig s'enthousiasme pour la vie et pour la paix. C'est un européen et un pacifiste convaincu mais déjà la guerre couve. Il écrit pour le théâtre, a de nombreuses secrètes et éphémères liaisons amoureuses. C'est un bel homme, distingué qui tombe amoureux d'une femme mariée, Friderike, mère de famille et romancière qui divorce pour lui et qu'il épouse dans des conditions pour le moins originales. Il en divorcera en 1938 pour épouser Lotte, sa cadette de 27 ans. Même s'il considère la femme comme un apaisement autant qu'un plaisir, il la craint, la considère comme une tentatrice qui profite de la naïveté des hommes, la compare au serpent de la Bible. Il n'en a pas moins, tout au long de sa vie, de nombreuses et éphémères liaisons amoureuses avec des amantes de passage. Pourtant les femmes dont il parle dans toute son oeuvre, ne lui porteront pas bonheur. Pour autant il refusera de donner la vie, d'être père.
La guerre qui éclate va d'abord remettre en cause son idéal européen de paix puis au fur et à mesure, l'affermir et aiguiser sa lucidité politique. Déclaré inapte au service, il s'engage quand même dans une unité de vétérans chargée de la propagande mais le conflit fait voler en éclats à la fois son idéal de paix et ses amitiés étrangères. Il condamnera finalement cette guerre fratricide et criminelle. A la fin du conflit, il devient biographe, rencontre Freud qui aura dans son oeuvre créatrice une importance déterminante. le nazisme qu'il perçoit rapidement menace la paix en Europe et l'Anschluss achève ce qui lui reste d'illusions, il perd sa nationalité, et même s'il a un passeport anglais, il reste un juif errant et se réfugie au Brésil où il met fin à ses jours en compagnie de sa femme. Même s'il doute de lui en permanence, il est un écrivain adulé qui aime la vie et son travail, mais qui n'oubliera pas d'aider les jeunes auteurs. Il voyage dans le monde entier mais la littérature commence un peu à le fatiguer au point qu'il songe à l'abandonner.
Cet ouvrage remarquable, richement documenté et fort bien écrit, comme toujours chez Dominique Bona, éclaire d'un jour nouveau cet auteur majeur qui a toujours été pour moi énigmatique. En ce qui me concerne je suis toujours interrogatif à la fois sur le destin de cet homme et sur sa mort. Lui qui choisit volontairement de ne pas s'engager, finit toujours par prendre position, ne serait-ce qu'intellectuellement[Peut-on vivre sans s'engager?]. Est-ce au nom du plaisir ou du refus de responsabilités qu'il refuse de donner la vie, de ne pas avoir de descendance ? Je suis toujours étonné voire bouleversé par le destin de ceux dont la vie s'arrêtera avec eux, qui n'auront, volontairement ou pas, personne après leur mort pour honorer leur mémoire [il est vrai que son oeuvre suscite largement ce mouvement]. Sa mort aussi m'interpelle dans la mesure où elle a été volontaire , lui qui avait tout. Était-il à ce point désespéré qu'il décidât d'en finir alors que la Thora dont il ne respectait pas cependant pas les préceptes et la simple morale interdissent le suicide ? Pourtant, bien qu'il soit foncièrement laïc, la judéité baigne son oeuvre. S'est-il senti trahi par son époque, par ses amis, par ses idéaux, la vie s'est-elle vengée de lui avoir trop donné, refusait-il simplement de vieillir(il a 60 ans en 1942) , l'être sensible qu'il était avait-il besoin d'un soutien  que sa deuxième épouse, malade chronique, ne sut ou en put pas lui donner ? Interrompre ainsi délibérément un parcours aussi exceptionnel est un geste, un engagement intime qui m'interpellent chez cet amoureux de la vie !
©Hervé GAUTIER – Mars 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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scaalaire68
  31 mai 2013
Cette biographie très détaillée tout en conservant sa part de mystères me donne l'envie de me replonger dans les livres de Stéfan Zweig et de découvrir ceux que je n'ai pas encore lus.
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kathy
  25 février 2012
Soixante dixième anniversaire du suicide de Stefan Zweig qui s'était retrouvé, avec sa jeune épouse Lotte, au Brésil, terre de refuge et d'avenir, après avoir quitté le Vieux Continent en 1940. Cette fois, plus encore que pendant la Première Guerre, Zweig désespérait complètement de l'Europe. Et, cette fois encore, il avait choisi le retranchement.
Avec le IIIème Reich, l'idéal de liberté et d'amitié choisie des individus au-delà des frontières de Stefan Zweig s'effondrait.
Aujourd'hui, Zweig connaît une extraordinaire résurrection littéraire. Est-ce à dire qu'est venu le temps de la fédération pacifique de l'Europe ? Ou bien revenu le refus des engagements trop entiers ?
Ecoutez « La marche de l'histoire » par Jean Lebrun : La Mitteleuropa de Stefan Zweig
http://www.franceinter.fr/emission-la-marche-de-l-histoire-la-mitteleuropa-de-stefan-zweig
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ProseS
  08 juillet 2018
Comme toujours, la finesse d'analyse et le doux courant de l'écriture de Dominique Bona nous entraîne dans le monde des êtres d'exception dont elle trace les portraits. Nous voici intime, sans même nous en rendre compte, sans recul de cet être si fort et fragile à la fois. Nous voici de la famille, de ses proches, mieux nous voici Stefan Zweig lui-même, avec sa douceur, sa finesse, ses démons, ses tourments, sa vision presque infantile d'un monde qu'il croit bon, parce qu'il l'est lui-même et dont il prendra congé (il n'y a pas de hasard) avant d'en prendre la mesure de l'horreur. Un livre remarquable à marquer et re-marquer de cinq, cents, mille étoiles de connaissance et re-connaissance.
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critiques presse (1)
LeFigaro   20 septembre 2011
Cette biographie de Stefan Zweig est une référence. […] Elle est fascinante et par sa plume Dominique Bona rend la biographie de Zweig aussi captivante qu'une nouvelle de l'écrivain.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
TampopoTampopo   28 septembre 2010
Avec sa vue merveilleuse sur la ville et les eaux de la Salzach, avec son silence et son charme ancien, la maison de Stefan Zweig à Salzbourg, comme la villa d’Axel Munthe à Capri, bâtie sur un promontoire, à l’écart de la foule, assez vaste pour constituer un monde, sans luxe et sans confort mais avec son imposante bibliothèque, n’est pas un nid d’amour ou une demeure bourgeoise, mais un refuge d’écrivain.
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Lysiane7Lysiane7   14 janvier 2013
chapitre "La Gloire douloureuse" .............................. Sa volonté lui ordonne de se débarrasser de ses chaines et de laisser libre cours à ses rêves, à ses désirs. Si lucide soit-il, il n'y parvient pas, dans le domaine de l'amour. Il souffre de tant d'inhibitions qu'il ne s'exprime que dans le secret. Il y a en lui une vraie dualité, dont il a conscience mais qu'il ne peut résoudre. Passionné, enthousiaste, et d'une sensibilité exacerbée, il jugule ses élans, passe ses désirs à l'eau froide et offre aux gens qui le croisent la vision impeccable, tirée à quatre épingles, d'un gentleman un peu pincé, très comme il faut, dont la vie et les moeurs, la pensée, les actes et la morale sont forcément irréprochables...............................
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CrumpetCrumpet   10 février 2013
Au-delà, sur le Kapuzinerberg la nature pleure aussi : les chênes quatre fois centenaires gémissent sous le foehn, et ploient l’hiver sous la neige, tandis que le promeneur continue de grimper jusqu’au sommet où un château fort à demi en ruine ajoute à la désolation. Des renards, des sangliers, des écureuils et des dizaines d’espèces d’oiseaux peuplent les bois où Zweig à élu domicile, se vouant comme un capucin à la solitude et à la méditation. Quand il ouvre la grille du parc, il lui faut encore parcourir quelques mètres d’un sentier escarpé et sinueux, avant d’atteindre la porte de la maison jaune. En se retournant sur le seuil, il a toute la ville à ses pieds.
La gloire douloureuse
La maison enchantée de Salzbourg
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scaalaire68scaalaire68   31 mai 2013
Derrière cet acharnement à souligner les mille défauts de caractère de la jeune Marie-Antoinette, Zweig entend expliquer son évolution vers la maturité sous la pression d'événements dont elle n'est aucunement responsable et qui vont l'emporter, telle une plume tardive, dans le tourbillon révolutionnaire. Zweig dans Marie-Antoinette, à travers un portrait en mouvement, procède à une démonstration. Il veut prouver qu'une femme moyenne ou un homme moyen, placés dans des circonstances exceptionnelles et acculés au malheur, sont capables de changer en profondeur, presque de changer d'âme. La confrontation avec les cruautés de l'Histoire peut conduire un individu de la médiocrité morale à l'héroïsme pur.
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PiertyMPiertyM   27 octobre 2014
Le jour où j’ai perdu mon passeport, écrira Zweig, j’ai découvert qu’en perdant son pays, on perd plus qu’un coin de terre entouré de frontières.
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