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ISBN : 2081277360
Éditeur : Flammarion (01/02/2012)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 7 notes)
Résumé :
"Avec les années cahin-caha, je m'étais habituée aux
embardées de cette femme, dépressive permanente et mère intermittente. Jusqu'au jour où elle voulut m'étrangler. Ses nerfs craquèrent. Pas mes cartilages. Se méfiant d'elle-même, elle m'avait fabriquée en dur. J'avais dix ans, je voyais mon enfance chavirer." Il faudra à la petite fille attendre l'âge adulte pour découvrir que cette tentative de meurtre maquillait
une tentative d'amour. Un amo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Melopee
  19 décembre 2012
Ce récit est autobiographique et c'est celui de la journaliste Martine de Rabaudy qui confie son expérience auprès d'une mère atteinte de PMD (psychose maniaco-dépressive) de sa jeunesse à la mort de cette dernière. Cela s'ouvre sur la naissance de l'auteur, mal vécue puisqu'il s'agit d'une fille mais qui n'est qu'un marqueur en plus sur le long tracé fait de hauts et de bas de la maladie de sa mère.
J'ai aimé cet incipit :
"Au départ, pourtant, entre ma mère et moi le courant passait...
Des séries d'électrochocs, tout au long de sa grossesse, nous y avaient beaucoup aidées." (p. 11)
D'entrée de jeu, le lecteur se doute que la relation mère/fille sera compliquée, marquée par des symptômes à répétition et qui ne connaîtront pas de fin : phase de mélancolie, phase de panique, phase d'abattement, l'humeur est constamment exacerbée et pour les proches il faut faire face à l'imprévisible. Autour de la description de la maladie de sa mère, Martine de Rabaudy évoque justement l'entourage immédiat qui subit de plein fouet les rechutes et désillusions. Il y a le jeune frère qui prend de la distance jusqu'à partir très loin pour éviter cette mère qu'on ne peut canaliser. Il y a aussi le père qui isole sa compagne pour qu'elle vive dans un cocon, à l'abri du monde, afin de ne pas susciter les émotions tant redoutées. Est-ce pour autant la bonne réaction à adopter ?
Enfin, il y a le grand-père maternel, solide appui, qui marque la vie de la narratrice en y ancrant les livres et le goût de l'écriture.
C'est chez lui qu'elle trouve le repos, le répit et la bienveillance. Elle décrit son séjour chez ce grand-père comme une parenthèse agréable parmi les nombreux tourments qui ne l'ont pas épargnée, malgré le fait que la malade, ce n'était pas elle directement.
Le récit est chronologique et plein de références littéraires très justes sur des personnalités (Louis Althusser, la mère de Duras, la femme de Fitzgerald...), elles aussi touchées par ce mal étrange qu'est la PMD. Cela permet une prise de recul permettant de relativiser ce mal étrange qui touche bien plus de personnes qu'on ne le croit. Mais, quelque part, il est indétectable car il ne se manifeste pas par des réactions physiques (les mouvements d'humeur, certes mais tout ce qui s'agite est en fait intérieur). Quelle situation déstabilisante cela doit être pour les proches qui sont les victimes collatérales de cette maladie sournoise. Ainsi sont évoquées des épisodes douloureux, des phrases assassines, un désintérêt de tout. L'auteur bien que lucide nous fait le portrait de sa famille avec une touchante sensibilité qui ne nous rend pas sa mère misérable ni pitoyable. Elle nous rend en lutte constante avec elle-même (un mot trouvé dans le porte-feuille du père aura tôt fait d'éclairer sur l'ambivalence constante) et forte. Sauf que, les années s'écoulant, la PMD n'est plus le seul mal contre qui se battre.
Sans être directement liée à cette maladie, le récit ne peut que toucher car il est extrêmement bien raconté. Je l'ai lu comme une fiction à multiples rebondissements avec portrait d'une famille dans la tourmente et le point de vue éclairé d'une narratrice très en phase avec les émotions, précautionneuse tout autant "désespérée" sur la marche à suivre pour obtenir une possible rémission. Plus les séances d'électrochocs s'enchainent, plus il devient difficile d'imaginer une quelconque voie de sortie.
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Commenter  J’apprécie          50
pilyen
  20 avril 2012
Martine de Rabaudy évoquait pour moi "Le masque et la plume" qu'elle préparait pour France Inter et dont le nom était cité à chaque fin d'émission. J'avais également dû lire quelques articles dans "Elle" ou dans "L'express", journaux pour lesquels elle a longtemps travaillé.
"Electrochocs" aurait pu être un livre de souvenirs, tant cette femme a rencontré, côtoyé toutes les figures majeures du milieu culturel français. C'est en partie cela mais c'est surtout le récit de sa vie auprès de ses parents, sa mère en particulier. Cette dernière, psycho-maniaco-dépressive (PMD), a, tout au long de sa longue vie, séjourné dans des cliniques psychiatriques, subissant de lourds traitements à base d'électrochocs accompagnés d'une quantité phénoménale de psychotropes, antidépresseurs et autres pharmacopées destinées à calmer ses nombreuses crises délirantes.
D'une écriture fluide et plaisante, teintée d'un humour salvateur, "Electrochocs" est un témoignage émouvant et précieux, sur la folie mais aussi sur les rapports parents/enfants. Martine de Rabaudy a soutenu sa mère contre vents et marées durant des dizaines d'années, devenant une pro des maisons de repos spécialisées mais également des traitements pour les PMD. C'est aussi un vibrant hommage à la littérature qui l'a accompagnée durant toutes ces années, puisant des forces dans les textes, les poèmes, les essais de tous ceux qui ont été ou qui ont eu à leurs côtés une personne atteinte mentalement : Louis Althusser, Fitzgerald, Sylvia Plath, Virginia Woolf, ... abondamment cités.
Cependant, on sent bien que Martine de Rabaudy, grâce à son travail dans la presse, a bien envie de raconter un peu de cet univers professionnel prestigieux, lui ayant permis des rencontres avec tout un tas de gens de haute volée. Les quelques digressions laissent penser que bientôt viendront quelques souvenirs moins sombres.
la fin sur le blog
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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Galirad
  30 janvier 2015
J'ai lu "Electrochocs" et quel choc !
"Electrochocs" ou comment aborder le syndrome de la PCM de l'intérieur avec ses dommages collatéros, sur soi et ceux qu'on aime, comment poursuivre son existence et y trouver du sens ?
Ce livre est très complet, admirablement écrit, renseigné et construit et en plus il foisonne de références littéraires, d'histoires journalistiques.
Ce sujet est très peu traité et touche néanmoins tellement de monde pourtant...
Lire ce roman est presque un début de thérapie, car c'est permettre à un public potentiellement malmené par le thème, de s'ouvrir, de comprendre encore autrement ces drames, en les abordant intimement, de l'intérieur et au travers de la littérature.
Cependant, ce que je retiens par-dessus tout, c'est la permanence de la présence discrète, à chaque page, de l'émotion qui sans jamais vous tirer les larmes et verser dans le pathos parvient à vous toucher dans vos entrailles.
Je prends le risque mesuré de me redire quand j'avance, bille en tête, que l''auteur a trouvé tout naturellement, la juste distance ou la juste proximité avec son lecteur pour lui parler cette maladie mentale !
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Marti94
  02 novembre 2013
Ce livre nous plonge droit dans cet enfer qu'est l'accompagnement d'une personne malade de la "mélancolie ». Martine de Rabaudy fait le récit de sa vie passée auprès de sa mère souffrant de psychose maniaco-dépressive ou trouble bipolaire et montre comment elle a cherché à comprendre cette maladie en étudiant des personnages comme Virginia Woolf, Winston Churchill ou Louis Althusser pour enfin accepter cet ennemi qui a dévasté son enfance. Elle essaiera de comprendre l'origine de cet état, contestant l'horrible façon de soigner sa mère par électrochocs.
C'est le genre de livre que l'on n'arrive pas à fermer parce que l'on a pas envie de quitter la narratrice qui nous parle malgré tout de la vie et du "bonheur heureux".
Lu en avril 2012
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
MelopeeMelopee   19 décembre 2012
Homme de l'écrit, il habitait chez ses livres. Sa maison en abritait plusieurs dizaines de milliers. Il l'avait achetée pour eux, en découvrant, lors de sa première visite, une pièce si vaste qu'elle pouvait tous les contenir. [...]
Enfant, je ressentais dans ce sanctuaire une appréhension parmi cette masse de volumes reliés dans de fines peaux rouge, bleu marine ou chamois et gravés au bas de chaque tranche à son nom de plume, Pierre Hamp. (p. 28-29)
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MelopeeMelopee   19 décembre 2012
A peine engagée, patatras, la PMD émergea sans crier gare de son état de Belle au bois dormant avec un appétit de cannibale. Ma pauvre mère n'était plus seulement une femme très malade, mais une femme très malade, doublée d'une d'une femme très âgée, ce qui revenait à cumuler la peste et le choléra, à ajouter la misère à la misère. (p. 115)
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Marti94Marti94   16 février 2015
Davantage qu’aux énigmes familiales, je m’intéressais à l’origine et à la nature du mal obscur qui endommageait ma mère.
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MelopeeMelopee   19 décembre 2012
Au départ, pourtant, entre ma mère et moi le courant passait...
Des séries d'électrochocs, tout au long de sa grossesse, nous y avaient beaucoup aidées. (p. 11)
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