AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2213711496
Éditeur : Fayard (21/11/2018)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 16 notes)
Résumé :
« Sa voix virevoltait au téléphone, disait des “bonjour Sophie” affectueux et rieurs, livrait les nouvelles – bonnes, toujours – appétit retrouvé, furieuse envie de ski ou de mer, joie de déjeuner avec untel, et pourquoi pas, d’ailleurs, trouver un moment pour se voir. On prenait date. Il raccrochait vite, tellement pressé de composer d’autres numéros. Au saut du lit, après un grand bol d’Ovomaltine et les tartines beurrées de son fidèle cuisinier, Jean d’O rempliss... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
nadiouchka
  25 novembre 2018
« Ne vous laissez pas abuser. Souvenez-vous de vous méfier. Et même de l'évidence : elle passe son temps à changer.
Ne mettez trop haut ni les gens ni les choses. Ne les mettez pas trop bas. Non, ne les mettez pas trop bas. Montez.
Renoncez à la haine : elle fait plus de mal à ceux qui l'éprouvent qu'à ceux qui en sont l'objet. Ne cherchez pas à être sage à tout prix. La folie aussi est une sagesse. Et la sagesse, une folie. Fuyez les préceptes et les donneurs de leçons. Jetez ce livre. Faites ce que vous voulez. Et ce que vous pouvez. Pleurez quand il le faut. Riez. J'ai beaucoup ri. J'ai ri du monde et des autres et de moi.
Rien n'est très important. Tout est tragique. Tout ce que nous aimons mourra. Et je mourrai moi aussi. La vie est belle. » Voici la préface écrite par Jean d'Ormesson pour le livre de Sophie des Déserts : « Le dernier roi soleilJean d'Ormesson, portrait intime. » Apparemment il s'agit d'une biographie richement documentée.
En effet, l'auteure actuellement journaliste à « Vanity Fair » a également travaillé au « Nouvel Observateur » et elle est connue pour ses enquêtes ainsi que ses portraits.
Pendant trois ans, elle a rencontré le célébrissime Jean d'Ormesson ou plutôt Jean d'O comme il aimait qu'on l'appelle. Elle a engrangé une multitude d'informations, de révélations parfois inédites, mais aussi parfois bien connues.
Il commençait la journée par un petit-déjeuner composé d'un bol d'Ovomaltine et de tartines beurrées, le tout préparé par Olivier, son majordome qui le chouchoutait. Il pouvait ensuite vaquer à ses occupations diverses et variées, importantes ou frivoles.
Ce qui ressort surtout de cet ouvrage, c'est tout ce qu'a révélé Jean d'O sur sa vie intime : il adorait les femmes plus grandes que lui – il cumulait les conquêtes (c'était plus fort que lui) – ses premiers écrits étaient rejetés (on ne lui trouvait aucun talent)….
Les entretiens se passent surtout dans la demeure qu'il occupe avec sa femme Françoise (au premier abord une femme froide mais seulement au premier abord) – une épouse qui a su gérer les finances du couple ainsi que les frasques de son mari. D'ailleurs : « Françoise ne pose pas de questions : « Fidèle à sa devise : « Moins on en sait, mieux on se porte » ». (p.163)
Jean d'O évoque son enfance faite de voyages par la fonction de son père. Son enseignement est fait par sa mère et comme il dit : « J'étais forcément le premier de la classe. » (p.33) « Les livres l'enchantent et il est un « petit roi adulé. » (p.34)
La famille revient en France, en 1938 mais en 1939 le clan D Ormesson se réfugie dans l'Hérault. C'est l'époque de Mussolini et Hitler mais « culpabilise-t-il de n'avoir pas plus souffert devant ces années noires, d'avoir survolé en première classe les horreurs» comme il l'écrit en 2016 dans « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle » ? Sur le plateau de Laurent Ruquier, Yann Moix le bousculera ainsi : « Au fond, votre drame, c'est de n'avoir pas fait la guerre... ». « C'était injuste et brutal, Jean d'Ormesson n'a que dix-neuf ans en 1944. » (p.39)
D'autres confidences s'ajoutent, portant aussi bien sur les femmes rencontrées, admirées, aimées que sur sa carrière journalistique qui « peine à décoller. le patron de France-Soir, Pierre Lazareff (…) veut l'envoyer à Rome interviewer le Pape. Jean d'Ormesson tergiverse puis décline. » (p.93)
Puis voilà que « Puisque son éditeur historique, René Julliard est mort, il porte « La Gloire de l'Empire » au patron de Grasset, Bernard Privat qui cale sur les huit cents pages du manuscrit. Déçu, il ose alors les déposer sur le bureau de son patron à l'Unesco. Roger Caillois les avale d'un trait : « Il y a vingt-cinq ans que je n'avais pas lu un aussi bon livre. » (p.100). Pluie d'éloges et même Georges Pompidou lui souffle à l'oreille : « Jean, c'est formidable. Je ne savais pas que vous écriviez ».
Mais il y aurait beaucoup trop à dire et surtout à ne pas raconter sur cet homme « aux yeux à l'oxyde ce cobalt », toujours rieurs - un homme qui aimait se moquer aussi bien des autres que de lui-même.
On peut toutefois signaler qu'il a enfin connu la consécration en entrant à l'Académie, le jeudi 19 octobre 1973. le voilà enfin sous la Coupole, au « fauteuil numéro 12, autrefois occupé par Jules Romains » et que c'est grâce à lui qu'une femme, Marguerite Yourcenar est arrivée dans ce lieu masculin.
Je ne peux pas non plus évoquer les nombreux personnages politiques rencontrés.
Mais je n'ai pas encore mentionné sa fille Héloïse et c'était volontaire. Toute petite elle admirait son Papa dans son beau costume, puis en grandissant elle s'est un peu démarquée (un peu de révolte) et a même fondé sa propre Maison d'Éditions pour laquelle son père refusait que son nom y figure.
Il y aurait aussi beaucoup trop à dire sur sa carrière journalistique, entre autres au Figaro, sur celle d'écrivain et comme dit auparavant, celle de séducteur (petit mais charmeur).
Bien entendu je ne parlerai pas de toutes ces femmes qui ont croisé son chemin et j'admire son épouse Françoise qui a été d'une patience et d'une indulgence d'ange. de toute façon elle a dit qu'elle n'a pas vraiment eu de mari mais un compagnon sublime, un enchanteur, qui l'a séduite pendant cinquante-cinq ans. C'est ce qu'elle a raconté dans « Un hosanna sans fin », terminé deux jours avant la disparition de Jean, à l'âge de 92 ans et qu'elle avait jugé comme « pas fait pour le mariage. »
Il n'empêche qu'elle a su tout assumer, l'aider quand il le fallait, le soutenir pendant sa maladie.
A présent, il faut passer sur TOUT LE RESTE. le livre est là avec ses innombrables révélations (c'est étonnant ce que Sophie des Déserts a pu réunir tant de Jean d'O que de proches qui figurent d'ailleurs dans les Remerciements). Il est vrai aussi qu'elle l'a rencontré pendant trois ans, alors…
Pour en savoir plus et beaucoup plus, il faudra lire cet ouvrage « Le dernier roi soleil » de 287 pages où l'écrivaine termine par ces phrases :
« Puisse tout cela faire un astre dans les cieux, m'avait dit Jean un dimanche, citant ce vers d'Hugo, après avoir évoqué sa vie tourmentée. Il est exaucé l'alchimiste. J'espère qu'il l'observe devant la Douane de mer, dans ces eaux vénitiennes où son âme désormais repose. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          264
pilyen
  28 avril 2019
Honnêtement, les quelques livres parcourus de Jean d'Ormesson me laissaient, au mieux indifférent, au pire complètement rasé par un verbiage souvent égocentrique avec, parfois, au milieu d'un flot de banalités ou de propos assez vaniteux, une phrase plutôt bien tournée. Malgré l'Académie Française ( une bande de copains qui se cooptent ) et la Pléiade ( le business ma pauvre dame...), je n'ai jamais perçu l'âme d'un grand écrivain. Pourtant, je me suis laissé tenter par la lecture de ce portrait patiemment tissé par Sophie des Déserts qui a passé de longs mois auprès du cher grand homme, dans son hôtel particulier de Neuilly, en tête à tête dans de grands restaurants, voire dans sa forteresse Corse.
On referme l'ouvrage en se disant, que comme beaucoup, les yeux bleus et l'entregent de l'ex directeur du Figaro ont séduit Sophie des Déserts. Quel séducteur, quel homme charmant, même à son grand âge, rongé par la maladie ! On le serait à moins. Mais en aurait-il été autrement si les déjeuners au Grand Véfour avaient eu lieu chez Flunch ? Si l'une de ses propriétés de vacances avait été à Vielle-Saint-Girons ( Landes) ? Vous me rétorquerez que la jalousie ou la mauvaise foi m'étreint, que le talent ça se cultive, ça se travaille, ça s'acquiert et avec un peu de chance ça rapporte. Jean d'Ormesson a eu quand même beaucoup de chance et le talent de savoir l'utiliser ( comme d'ailleurs la plupart de ceux qui vivent dans ce triangle Neuilly/Auteuil/Passy... ils ont les codes !). Reconnaissons à Jean d'O qu'il a eu la veine de naître dans une famille très bourgeoise, que même assez fruit sec sans grande envergure il a réussi à épouser Françoise Beghin ( des sucres mais aussi du papier) une plus grande bourgeoise que lui, que cet attelage ( mal assorti à priori) lui a permis de côtoyer d'encore plus grosses fortunes et que dans ce milieu on sait se soutenir, se servir de son excellent réseau. le récit de la montée de cet homme vers le firmament médiatique fut longue mais pas trop difficile.
Le livre de Sophie des Déserts, pas réellement une biographie au sens strict du terme, mais plutôt le résultat de ses rencontres avec le grand homme d'1m 65, raconte à la fois, la vie de l'écrivain, cet entre soi d'une poignée de gens auquel l'argent tient lieu sans faillir de barrière de sécurité, qui, même sans trop de talent vont se débrouiller pour accéder là où il faut et aussi la lente séduction qui s'opère sur elle, la laissant quasi veuve éplorée lorsque la mort viendra éteindre le regard bleu azur de l'écrivain. On retrouve la même sensation de chasse-gardée que dans le récent roman de Dominique Bona "Mes vies secrètes" avec, ici, au début, un poil de cruauté qui va s'estompant au fur et à mesure que l'homme vieillit. On ressent bien le passage de l'homme épouvantablement hâbleur qui, avec le temps, saura devenir une figure paternelle presque sympathique et vendu comme populaire. Si l'on prend un peu de recul, on peut même savourer l'image de certains de son lectorat, grenouilles de bénitiers et adorateurs du Figaro, manquer de s'étouffer en lisant les nombreuses aventures féminines de Jeannot, les deux épouses ( l'officielle, un peu par intérêt, et l'autre, plus dans le coaching littéraire) qui finiront par accompagner ensemble et partout le cher homme mais croiser aussi les encore plus nombreuses maîtresses séduites et abandonnées après passage dans sa garçonnière parisienne. On aura confirmation ( mais en avait-on besoin? ) que cette grande bourgeoisie, entre deux messes et dix réceptions, s'échange allègrement maris ou femmes, au gré de continuelles aventures adultérines... On les comprend tout à fait,... ce qui leur permet de prôner à longueur de colonnes du Figaro la vertu et la fidélité et autres concepts bien pensants.
"Le dernier roi soleil", gracieux et joli portrait de Jean d'Ormesson, confit dans ses privilèges, étonnera peut être un peu certains de ses lecteurs qui ignoraient sa vie un peu dissolue au yeux des normes sociales vantées, sera ignoré par ses détracteurs et montrera aux autres que cet homme très ancien ( grand) monde a su parfaitement se glisser dans celui d'aujourd'hui par son omniprésence médiatique, comme beaucoup de fausses valeurs actuelles portées artificiellement aux nues.
Un peu plus sur le blog
Lien : https://sansconnivence.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Fleurdesbois
  11 décembre 2018
Le portrait de @Jean d'Ormesson livré par la journaliste Sophie des Déserts est intime et sans concession.
Celui que l'on surnomme Jean d'O a fréquenté le Who's Who de la société française du dernier demi-siècle. Cultivant l'art de la conversation avec brio, il se livrait pourtant très peu. Cette biographie aurait donc pu se révéler passionnante.
Malheureusement, je n'ai pas réussi à entrer dans le récit, la faute probablement à l'absence de fil conducteur. J'ai l'impression que l'auteur a manqué son but. Percevoir le juste portrait de ce grand homme de la littérature française a été pour moi mission impossible.
J'ai également été dérangée par le ton quelquefois indiscret de l'ouvrage. Je trouve qu'il ternit quelque peu l'image de ce personnage facétieux et si populaire.
Commenter  J’apprécie          20
dcombier
  15 février 2019
Quelle déception !
Rien dans cette biographie qui ne fut pas dit et redit dans les ouvrages de Jean d'Ormesson.
J'attendais des informationsnouvelles sur son travail hors littérature, à l'UNESCO, au Figaro et l'auteur n'a traité que les amours, les infidélités, le côté dilettante, la vie de la haute bourgeoisie richissime en en privilégiant le côté sombre, voire scandaleux.
Un livre à oublier.
Commenter  J’apprécie          10
Lescurier
  20 décembre 2018
Excellent livre savoureux et super bien iNforme. Ideal au pied du sapin


Commenter  J’apprécie          10

critiques presse (2)
LaPresse   25 février 2019
Au bout du compte, nous avons ici un portrait très touchant de l'homme, écrit dans un style très vivant, comme si on y était nous aussi, dans les dernières années de sa vie.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro   23 novembre 2018
Malgré l'accumulation d'anecdotes, Sophie des Déserts ne parvient pas à dessiner le juste portrait d'un homme qu'elle a souvent rencontré.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   25 novembre 2018
L'air de rien, à quatre-vingt-dix ans passés, il songeait à la postérité. Bien sûr, il n'en disait rien, c'eut été vil et triste. Il faisait l'éternel jeune homme.
P.15
Commenter  J’apprécie          160
nadiouchkanadiouchka   28 novembre 2018
Pas un mot sur le combattant du Figaro, la lutte contre les socialo-communistes, les entrechats mitterrandiens, les emballements sarkozystes. Rien, seule la grâce lumineuse, contagieuse, la légèreté profonde, et l’œuvre, ces demi-teintes , ce sfumato subtil qui vont à présent colorer la surface claire, monument de la littérature française.
Dans les premiers rangs, non loin de Brigitte Macron, un homme sourit intérieurement. C’est lui qui a écrit le discours, avec la plume de l’Élysée, Sylvain Fort, et le Président qu’il connaît bien pour avoir posé les statuts d’En marche.
P.284
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
LescurierLescurier   20 décembre 2018
A lire pour tous ceux qui veulent enfin comprendre Jean d’Ormesson. Un joli livre, malicieux, singulier, bien troussé, mélange de travail d’enquete et de confidences intimes échangées avec le célèbre écrivain. On est avec lui en Corse, sur les bancs de l’Academie, avec les femmes de sa vie... jusqu’au dernier soupir. Tendre et bouleversant.
Commenter  J’apprécie          10
ChristineJayChristineJay   25 décembre 2018
Pour essayer d'approcher la personnalité de Jean d'O. quoi de mieux que cet ouvrage parfaitement écrit qui éclaire sans toutefois complètement le dissiper (mais un seul ouvrage y suffirait-il ?) le mystère de l'homme qu'il a été - dans son rôle, ses fulgurances et son bel esprit. Le mystère reste entier et finalement, ce n'est pas si mal.
Commenter  J’apprécie          00
AbelKaderAbelKader   29 décembre 2018
On n'épouse pas ses fournisseurs
Commenter  J’apprécie          00
Video de Sophie des Déserts (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sophie des Déserts
Sophie des Déserts au micro de Frédéric Métézeau
autres livres classés : vie privéeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
821 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre