> Félix Bertaux (Traducteur)
> Charles Sigwalt (Traducteur)
> Axel Nesme (Traducteur)
> Armand Nivelle (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253006459
Éditeur : Le Livre de Poche (1965)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 141 notes) Ajouter à mes livres
Ecrivain au faîte de sa gloire, Aschenbach éprouve un besoin impérieux de dépaysement. Après avoir hésité, et le questionnement est au coeur de cette nouvelle, il se décide pour Venise. Le bouleversement qu'il y vit, à l'image du texte, est intériorisé et progressif, ex... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par JeanLouisBOIS, le 07 octobre 2010

    JeanLouisBOIS
    La Mort à Venise de Thomas Mann est un roman considéré par certains (dont M. Vargas Llosa) comme un chef-d'œuvre du début du 20ème siècle. J'avoue avoir du mal à partager cette opinion très répandue. La lecture de cette nouvelle assez courte n'est pas à la portée du premier lecteur venu et ne me laisse pas le souvenir d'un réel plaisir de lecture.Probablement que ce livre gagnerait à être relu. Malgré tout, on a très vite l'impression d'une grande densité et d'une sorte de démonstration qui demeure aride et empesée. le sujet semble pourtant hardi pour l'époque et aurait été en rapport avec une expérience personnelle de l'auteur (on pense même qu'on a retrouvé le véritable Tadzio): le coup de foudre d'un romancier reconnu Aschenbach âgé de plus de cinquante ans pour un très jeune homme qu'il rencontre à Venise. Toute l'histoire se passe en fait dans la tête et l'esprit de l'écrivain. Très rapidement, on s'aperçoit qu'on se situe dans un univers symbolique où les intrigues et les personnages sont l'expression d'idées abstraites: l'amour, la beauté, le temps, la mort, la civilisation, le bien et le mal... Toute péripétie semble signe et appelle à la recherche d'un sens caché. Ce jeu intellectuel pourrait être passionnant ou intéressant si cette nouvelle arrivait à prendre consistance ou matérialité, si l'illusion romanesque semblait fonctionner, ce qui me paraît insuffisamment le cas.
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    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 07 septembre 2009

    monito
    Courte, dense et fulgurante nouvelle que ce récit de Thomas Mann. Quelle force, quelle poésie, quelle langue que celles qui invitent à lire cette œuvre à haute voix, comme une voix-off qui accompagnerait des images portées et dessinées par des mots !
    Décrire le beau comme Thomas Mann est une belle et outrecuidante ambition.
    La certitude affichée d'un écrivain à succès, une référence, qui a tout donné à son art par un travail acharné et quelque peu besogneux, est mise en branle par le physique parfait d'un adolescent de 14 ans. C'est ce physique, cette harmonie du corps mêlés à une description envoûtante de Venise qui feront renoncer G. Aschenbach à reprendre le cours d'une vie marquée, somme toute, par l'inanité. La description de la beauté absolue s'accompagne avec force détails de celle de la pourriture qui rôde et qui gagne. La mort semble toujours au bout du chemin, du plus beau comme du plus laid, une fatalité en guise de certitude qui peut faire office de réconfort.
    On ne peut s'empêcher, sans même penser au film de Visconti ; de voir cet homme, cet adolescent, cette ville et se dire qu'en quelques pages, Thomas Mann donne vie à de l'émotion pure.
    Ce livre ne dure qu'un moment, mais quel moment !!!
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par medsine, le 30 janvier 2012

    medsine
    Gustav von Aschenbach est un écrivain célèbre, un vieil homme aisé, solitaire et ennuyé de la vie. Il se décide à partir pour de longues semaines de repos à Venise, une ville ambiguë qu'il connait et pour laquelle il éprouve à la fois une attirance et une vive répulsion.Alors qu'il erre sans but précis dans une ville qui se putréfie, rongée par la maladie, il croise un jeune pré-adolescent qui le tétanise par sa beauté.Roman ambiguë, onirique et métaphysique, la mort à Venise entraine le lecteur avec son narrateur dans un abime de réflexion mortifère. Le narrateur est déchiré par ses pulsions dont il sera l'unique victime. Elles prennent peu à peu le pas sur sa propre raison. Le dégout d'un vieil homme sur sa propre vieillesse.Dans le livre, les références à la mythologie grecques sont sans doute nombreuses. La Mort à Venise est un roman court mais qui n'est pas d'une lecture simple. Il plonge le lecteur dans une situation inconfortable, car à l'image du sentiment qu'éprouve le narrateur pour Venise, on éprouve en tournant les pages de la répulsion et de l'attirance.10 décembre 2010
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    • Livres 4.00/5
    Par Dasazi, le 15 janvier 2009

    Dasazi
    C'est ma 1ère lecture d'une œuvre de Thomas Mann et j'ai beaucoup apprécié son style sobre tout en étant précis. Les réflexions du personnage principal sur la vie d'artiste ou sur l'esthétisme apportent une deuxième piste de lecture après l'histoire en tant que telle. C'est une œuvre forte, dense et intelligente. le début m'a paru un peu austère puis la passion s'insinuant cela devient justement passionnant !
    Ce roman est suivi de 2 nouvelles. Tout d'abord « Tristan » qui est également excellent, avec une touche de noblesse et de romantisme due aux 2 personnages principaux. Enfin il y a le chemin du cimetière, curieuse nouvelle où l'on assiste à la dernière fureur d'un homme qui a tout perdu et a sombré dans l'alcool. Ce vieil homme déchu perdra ce qui lui reste de dignité et la vie.
    La mort est ainsi partout présente dans ces textes admirables en tout point.
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    • Livres 2.00/5
    Par Missbouquin, le 05 avril 2012

    Missbouquin
    Cette nouvelle célèbre du grand auteur allemand Thomas Mann (lauréat du Prix Nobel de littérature en 1929) a inspiré un film (de Visconti), un opéra (de Britten) et un ballet. Elle raconte le voyage d'un écrivain munichois à Venise (Thomas Mann a effectué ce voyage d'ailleurs dans l'année précédant la parution de la nouvelle). Ce dernier rencontre une famille polonaise dont la beauté époustouflante du plus jeune garçon le pousse à prolonger son séjour. Bientôt, il doit s'avouer qu'il est complètement tombé amoureux de Tadzio. Et toute la nouvelle reprend le coup de foudre, les émois du vieil écrivain, ses sentiments. J'ai trouvé le thème extrêmement gênant, ce qui m'a peut-être empêché de goûter pleinement au génie de ce grand écrivain. Je n'ai eu qu'une hâte, le terminer, le fermer et l'oublier. Un sentiment troublant face à un livre, que j'ai du mal à expliquer. En revanche c'est pour cela que je ne l'ai pas chroniqué sur le moment … Mais sur le même thème, je préfère encore La confusion des sentiments de Sweig.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2011/11/03/les-livres-dont-je-na..
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 18 mars 2012

    [ Incipit ]

    Par un après-midi de printemps de cette année 19.. qui des mois durant sembla menacer si gravement la paix de l'Europe, Gustav Aschenbach, ou d'Aschenbach - depuis son cinquantième anniversaire il avait le droit à la particule - était parti de son appartement de Prinzregentenstrasse à Munich, pour faire seul une assez longue promenade. Surexcité par les difficultés de son travail du matin, auquel il lui fallait apporter une attention toujours en garde, une circonspection et des soins infinis, une volonté pressante et rigoureuse, l'écrivain n'avait pu, même après déjeuner, arrêter en lui l'élan du mécanisme créateur, de ce motus animi continuus par lequel Cicéron définit l'éloquence, et il n'avait pas trouvé dans la sieste le sommeil réparateur qui, la fatigue le prenant désormais toujours un peu plus vite, lui était devenu une quotidienne nécessité. Aussi avait-il aussitôt aprés le thé cherché le plein air, espérant que la promenade le remettrait d'aplomb et lui vaudrait une bonne soirée de travail.
    On était au commencement de mai, et après des semaines d'un froid humide venait la surprise d'un faux été. L'« Englischer Garten », quoiqu'il ne fît encore que se parer de feuilles tendres, sentait l'orage comme au mois d'août, et Aschenbach l'avait trouvé aux abords de la ville pleine de voitures et de piétons. Au restaurant de l'Aumeister où le conduisaient des allées de moins en moins fréquentées, Aschenbach avait un moment considéré l'animation populaire de la terrasse, au long de laquelle s'étaient arrêtés quelques fiacres et des équipages ; au coucher du soleil il était sorti du parc et revenait à travers la campagne ; comme il se sentait fatigué et que l'orage menaçait au-dessus de Fohring, il attendit au cimetière du Nord le tramway qui le ramènerait directement en ville.
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  • Par zazimuth, le 25 septembre 2010

    D'être seul et de se taire, on voit les choses autrement qu'en socitété ; en même temps qu'elles gardent plus de flou elles frappent davantage l'esprit ; les pensées en deviennent plus graves, elles tendent à se déformer et toujours se teintent de mélancolie. Ce que vous voyez, ce que vous percevez, ce dont en société vous vous seriez débarrassé en échangeant un regard, un rire, un jugement, vous occupe plus qu'il ne convient, et par le silence s'approfondit, prend de la signification, devient événement, aventure, émotion. De la solitude naît l'originalité, la beauté en ce qu'elle a d'osé, et d'étrange, le poème.
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  • Par Meandnotme, le 20 décembre 2009

    Il n'est rien de plus singulier, de plus embarrassant que la situation réciproque de personnes qui se connaissent seulement de vue, qui à toute heure du jour se rencontrent,s'observent et qui sont contraint néanmoins par l'empire des usages ou leur propre humeur à affecter l'indifférence et à se croiser comme des étrangers, sans un salut, sans un mot
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  • Par mandarine43, le 22 mars 2012

    Qui ne serait pris d’un léger frisson et n’aurait à maîtriser une aversion, une appréhension secrète si c’est la première fois, ou au moins la première fois depuis longtemps, qu’il met le pied dans une gondole vénitienne ? Étrange embarcation, héritée telle quelle du Moyen Age, et d’un noir tout particulier comme on n’en voit qu’aux cercueils – cela rappelle les silencieuses et criminelles aventures de nuits où l’on n’entend que le clapotis des eaux ; cela suggère l’idée de la mort elle-même, de corps transportés sur des civières, d’événements funèbres, d’un suprême et muet voyage. Et le siège d’une telle barque, avec sa laque funéraire et le noir mat des coussins de velours, n’est-ce pas le fauteuil le plus voluptueux, le plus moelleux, le plus amollissant du monde ?
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  • Par mandarine43, le 04 avril 2012

    Il lui semblait pour ainsi dire qu’il était là pour protéger le repos de l’enfant, que tout en s’occupant de ses propres affaires il devait garder avec une infatigable vigilance l’idéal de belle humanité qui se trouvait sur sa droite, non loin de lui. Et son cœur était rempli et agité d’une tendresse paternelle, de l’inclination émue de celui dont le génie se dévoue à créer la beauté envers celui qui la possède.
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[appels aux allemands]
Depuis le Prenzlauer BERG (Berlin), Olivier BARROT présente le livre "Appels aux Allemands", recueil des textes écrits par Thomas MANN et diffusés par la BBC pendant la 2ème Guerre Mondiale.











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