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Arimasa Mori (Traducteur)Jacques Dars (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070304051
Éditeur : Gallimard (09/10/2003)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 152 notes)
Résumé :
Un miséreux qui hésite entre le vol et la mort s'abrite de la pluie sous la Porte Rashô, une ruine transformée en charnier. Dans la pénombre du crépuscule, il découvre une vieille hirsute et fantomatique en train d'arracher les cheveux des cadavres...
Violents, étincelants, souvent terrifiants, ces brefs récits plongent le lecteur dans les ténèbres d'un Japon de légende, peuplé de sorcières, de brigands et de personnages aussi surprenants qu'inquiétants.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  07 mai 2016
Dans « Rashomon et autres contes », on plonge dans une Japon assez inhabituel. Son auteur Ryûnosuke Akutagawa est né à la fin du XIXe siècle dans une famille aux valeurs très conservatrices. Or, à cette époque, le Japon s'occidentalise. Akutagawa, au collège, s'initie aux grands auteurs français tel Maupassant et Mérimée. Toute son oeuvre sera imprégnée de ces deux influences, un pied dans les traditions, l'autre dans la modernité.
Ce recueil comprend cinq nouvelles. D'abord, « Rashomon », dans laquelle un pauvre homme réduit à la mendicité est troublé par des questions éthiques. Qu'est-ce que le Bien et le Mal ? Malgré sa bonne conscience, il se voit contraint de voler une pauvre hère qui elle-même arrachait, volait les cheveux sur un cadavre de femme, afin d'en faire une perruque qu'elle pourrait vendre. C'est à ça qu'en sont rendus les laissés-pour-compte, toujours plus nombreux, à qui les promesses de la modernisation ne se sont pas concrétisées. Cette nouvelle porte à réfléchir et peut s'appliquer encore aujourd'hui, et à différents endroits.
Ensuite, « Figures infernales », dans laquelle un artiste officiel – et perfectionniste – de l'époque féodale du XIIIe siècle doit réaliser son chef d'oeuvre. Ce désir de perfection le pousse à la recherche de modèles précis et exacts. Quand son mécène lui demande de reproduire une peinture audacieuse, dans un décor infernal, quasi-mythologique : un char enflammé sur laquelle se trouve une dame perdue… Qui sera le modèle ? Violente et vicieuse, cette nouvelle pousse à l'extrême les épanchements artisitques de certains et les désirs manipulateurs des personnes en situation d'autorité. Mais on y retrouvait des longueurs, je ne l'ai pas particulièrement aimée. Tout comme la quatrième et dernière nouvelle, « Gruau d'igname », qui également ne m'a pas plu. Une autre nouvelle d'époque, mais l'intrigue était lente à se déployer. Mais on assiste encore une fois à des scène de cruauté et de violence (plus psychologiques, cette fois-ci).
« Dans le fourré », un lieutenant de la police criminelle interroge plusieurs individus témoins d'un crime, incluant le meurtrier. Bûcheron, moine, brigand, sorcière, tous y passent. Mais tous ont des impressions différentes, des versions différentes. Mais avec sa voix si unique. En fait, nous avons droit seulement aux comptes-rendus. Et le style ! Cette nouvelle me fait beaucoup penser aux intrigues policières de Rampo Edogawa. Pas de longues parenthèses, de descriptions inutiles, de pistes qui ne mènent nulle part. Non ! On va à l'essentiel. C'est direct et et original. Beaucoup d'auteurs occidentaux devraient s'en inspirer.
Au-delà du propos lui-même, c'est toute la violence qui se dégage de ces nouvelles. Et la sexualité. Et la violence sexuelle. C'était nouveau pour l'époque. Ça en a choqué plusieurs et, encore aujourd'hui, nos yeux un peu plus habitués à tout ça ne peuvent s'empêcher de cligner. C'est très différent de ces personnages aux sourires polis, dont on perçoit à peine les dépalcements dans un froissement d'étoffe, auxquels la littérature japonaise traditionnelle (et moins traditionnelle aussi) nous avait habitués. Akutagawa nous entraine dans ses ténèbres, à notre plus grand plaisir…
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sandrine57
  29 août 2018
-Après une succession de guerres, cyclones, incendies et séismes, Kyoto connaît une période de grande misère. Réfugié sous la porte Rashô, un homme regarde la pluie. Derrière la porte, un charnier. Doit-il abandonner tout honneur et piller les cadavres ? Comme le fait justement la vieille femme qu'il rencontre à l'étage, une pauvresse qui arrache les cheveux d'une défunte pour en faire une perruque.
-Le riche seigneur de Horikawa commande un paravent à l'un de ses peintres préférés. le Paravent des figures infernales va hanter le peintre Yoshihidé. Cet homme vil, avare, mesquin, détesté de tous, ne peut reproduire que des scènes qu'il a vues de ses yeux, alors quand il s'agit de représenter l'enfer...Sa passion créatrice va le conduire au pire, sous le regard impitoyable de son seigneur.
-Dans le fourré, un mort a été découvert. le policier chargé de l'enquête reçoit les témoignages, parfois contradictoires, de tous les protagonistes de l'affaire, et même celui de l'esprit de la victime.
-Parmi les gens qui servent le Régent Fujiwara Mototsune, un officier de cinquième rang est moqué de tous, de ses collègues jusqu'aux enfants des rues. Son gros nez rouge, ses vêtements décolorés par le temps et la misère, son caractère timide en font un objet de sarcasmes permanents. le pauvre hère vivote, solitaire, en caressant un unique rêve, celui de se rassasier un jour d'un bon gruau d'ignames, ce mets délicat, réservé aux fêtes, qu'il a déjà goûté sans pouvoir s'en repaître. Ayant eu vent de l'affaire, un seigneur l'entraîne dans un périlleux voyage hivernal jusqu'au coeur de l'abondance. Mais que cache cette générosité inespérée ?
Quatre contes très différents mais baignés par la même ambiance étrange et sombre. le mal, la violence, la cruauté y sont très présents, sous la forme d'esprits vengeurs, de tentations, de représentations de l'enfer ou de comportements manipulateurs. Nulle rédemption, nulle pitié, nulle douceur dans l'univers d'Akutagawa. L'écriture est précise, ciselée, foisonnante mais malheureusement, le format court des contes laisse un peu sur sa faim...C'est pourtant une bonne introduction à l'oeuvre de cet auteur majeur au Japon, qui s'inspirait aussi bien des grands classiques japonais et chinois que de la culture occidentale.
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kuroineko
  22 octobre 2019
Même sans avoir lu le recueil de nouvelles, Rashomôn est un titre qui parle, grâce au film de Kurosawa Akira. Je compte bien le visionner après cette lecture.
Akutagawa Ryūnosuke nous fait remonter le temps avec les quatre récits de l'édition Folio 2€. Bienvenue à Heian, l'ancien nom de Kyoto et capitale de l'Empire nippon depuis 794 jusqu'en 1868. La période dite Heian dure, elle, jusqu'en 1185. C'est pendant cette ère, contemporaine de la rédaction du Dit du Genji, que nous entraîne Akutagawa.
Le ton et l'atmosphère du recueil sont sombres, à divers degrés. L'auteur aborde le désespoir d'un homme amené à choisir entre le vol et mourir de faim dans "Rashomôn".
"Figures infernales", la plus longue et violente des histoires, raconte comment un vieux peintre, aussi prodigieux que détestable, est amené sur demande d'un grand seigneur à peindre un paravent figurant lesdites représentations de l'enfer (une sorte de Bosch du Moyen Âge japonais). La réalisation de cette oeuvre magistrale l'amène au bord de la folie et à des moyens terrifiants pour concrétiser son art.
"Dans les fourrés" est travaillée comme une nouvelle chorale, où un lieutenant criminel interroge témoins et protagonistes suite à la découverte du corps poignardé d'un jeune homme dans des fourrés en dehors de la capitale.
Enfin, "Gruau d'ignames" met en scène un fonctionnaire insignifiant, timide et moqué par ses supérieurs comme par ses collègues. Son rêve est de pouvoir se rassasier un jour de gruau d'ignames, plat appartenant au menu impérial des jours de fête et donc trop coûteux pour sa bourse. Pourtant une suite de péripéties va l'amener à réaliser son rêve... et à s'interroger sur le bien-fondé de le concrétiser.
J'avais lu il y a peu les dernières nouvelles, autobiographiques, d'Akutagawa. Celles-ci, publiées dans les années 1910, ont une tonalité toute différente. L'auteur se fait conteur pour retrouver les traces d'un Japon révolu, avec toute sa violence, ses détrousseurs de cadavres, ses sorcières, ses êtres désespérés ou écrasés par les castes supérieures. Ses contes sont certes noirs mais offrent une fenêtre ouverte sur petites gens et vie seigneuriale de l'époque Heian célèbre pour sa noblesse raffinée et cultivée. Akutagawa en montre également l'envers (et pour la seconde nouvelle, l'enfer) du décor.
Un recueil à découvrir pour le style hautement imagé de l'auteur. Rien que les descriptions de la Porte Rashô par ce jour sombre et pluvieux ou le paravent achevé des Figures infernales valent l'achat et la lecture de ce livre.
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le_Bison
  14 décembre 2012
Un bidon de saké et quatre petits contes pour une soirée japonaise. Je me souvenais d'une vague inquiétude, mon précédent Akutagawa
J'attendais une ou deux geishas. Elles ne vinrent jamais. Je voulais grimper au 7ème ciel, du moins au sommet du Mont Fuji. Je suis resté sur ma faim porte Rashô. Je voulais le menu D8 composé de 4 yakitoris, 6 makis, 3 sushis et 8 sashimis. On m'a servi un gruau d'ignames.
Cela a donc commencé par une histoire trop courte (c'est parfois le défaut des nouvelles), celle d'un paumé, un miséreux qui crève la dalle. Malgré la faim qui le tenaille, il possède encore une conscience qui l'interroge. Accroupi au milieu des dépouilles nauséabondes et putréfiantes, il s'interroge encore sur le bien et le mal, sur son droit à voler les cadavres ou à mourir de faim, avec honneur. Une nouvelle extrêmement intense même si je l'ai déjà dit m'a paru trop courte.
Un meurtre a été commis. Je lis successivement les différentes dépositions. Comptes-rendus froids et sans âme des actes des uns et des autres. Certains ignorent tout, d'autres sont présumés, certains s'accusent et d'autres dénoncent. Par le cheminement de ces témoignages, un bucheron, un brigand, un moine itinérant, une vieille, l'épouse et même l'esprit du corps, j'espère découvrir le meurtrier. Qui est donc le coupable de cet acte odieux ?
Je croise le chemin d'un peintre qui de mon point de vue me parait halluciné. Pas net en tout cas, mais cela doit être le cas de toutes âmes visant à peinturlurer leurs états d'âmes de couleurs et de gouaches sur une feuille blanche. J'en connais des « folles » qui travaillent du pinceau et du couteau. L'art ne permet pas le rationnel, et il faut être déraisonné pour suivre cette voie. La scène se déroule au milieu des palais dans un Japon féodal du XIIIe siècle. Une vision de la dérive et de la folie. Et dire que je n'ai pas pris de champignons hallucinogènes, même en version yakitoris.
Il est laid, il est commun, un gros nez rouge au milieu du visage, persécuté depuis des années. Il est à la fois ridicule et souffre-douleur des autres. Mais il a un unique but dans la vie, plus qu'un but c'est un rêve : s'empiffrer d'un gruau d'ignames à la cannelle. Je me demande ce qu'une telle bouillie dans un bol peut provoquer comme effet secondaire. Je ne comprends pas, mais c'est aussi parce que je n'ai jamais gouté ce mets de Noël. Peut-être que du coup, je vais en rêver la prochaine nuit. Je ferme les yeux. L'odeur du gruau parfume ma chambre. Par la fenêtre, j'entraperçois la lune illuminer le versant ouest du Fuji-san. Une geisha frappe, son kimono à demi-ouvert. Toute gênée, elle m'annonce que le dernier bidon de saké a été offert aux Dieux, mais à la place, ouvrant un peu plus son kimono, elle me propose une Iki, une nouvelle bière japonaise avec, comme dans la plus pures des traditions belges ou presque, de la levure dans la bouteille. Mon Dieu, elle est fantastique !
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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democratz
  29 janvier 2017
Grand amateur de contes, j'ai depuis longtemps dans ma bibliothèque le petit recueil de chez Folio « Rashomon et autres contes » de AKUTAGAWA Ryūnosuke, un auteur que je n'ai jamais eu l'occasion de lire.
Entre deux lectures communes, je me suis dit que c'était le moment de le lire…et quelle déception !
Aucun des contes n'a su retenir mon attention. Je n'ai pas vraiment adhérer au style d'écriture de l'auteur.
Je me suis véritablement ennuyé à la lecture et je n'avais qu'une envie c'était de passer à autre chose. Dommage !
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
MahaDeeMahaDee   01 mars 2017
Cela s’est passé un jour au crépuscule : un homme de basse condition était là, sous la Porte Rashô ; à attendre une accalmie de la pluie.
Il n’y avait personne d’autre que lui sous la vaste Porte. Seul, sur une colonne énorme, dont l’enduit rouge était tombé par endroits, un criquet s’était posé. La Porte Rashô se trouvant dans l’avenue Suzaku, on se fût attendu à y rencontrer, outre cet homme, deux ou trois personnes, des femmes en chapeau conique ou des hommes coiffés d’eboshi, cherchant abri contre la pluie. Et pourtant, il n’y avait personne d’autre que lui.
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le_Bisonle_Bison   12 décembre 2012
d’un ton brusquement amer, il dit :
- Dans le char, on a enchaîné une dame de cour qui a fauté. Ainsi, quand le feu sera mis, cette femme, chair brûlée, os calcinés, expirera dans de terribles supplices. Ce sera un modèle sans précédent pour parfaire ton paravent. Ne manque pas d’observer comme une peau blanche ainsi que la neige brûle et se crevasse. Regarde bien aussi les cheveux noirs se dresser en étincelles de feu !
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MyrtleMyrtle   30 mars 2012
Aux dires du disciple déjà mentionné, une fois plongé dans le travail, cet homme fut comme possédé par l'esprit d'un "renard". Selon des rumeurs du temps, sa réussite en peinture était due à un serment qu'il avait fait devant le Grand Dieu du Bonheur. Certains affirmaient que si on l'épiait lorsqu'il peignait, on voyait de sinistres ombres de renards rôder autour de lui. Ainsi, le pinceau à la main, il oubliait tout, sauf l'achèvement de la toile à laquelle il se consacrait. Nuit et jour enfermé dans une chambre, c'est à peine s'il voyait la lumière du soleil. En particulier, lors de la composition du "Paravent des Figures infernales", son acharnement parut exceptionnel.
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le_Bisonle_Bison   13 décembre 2012
Quand aux officiers, ses pairs, ils le bafouaient sans se gêner. Si les anciens prenaient son allure pitoyable comme sujet de plaisanteries éprouvées, ceux qui étaient plus jeunes en profitaient pour s’exercer à des improvisations sarcastiques. Ils n’arrêtaient en sa présence, de s’amuser, discutant de son nez, de sa moustache, de son chapeau et de sa cotte. Ce n’est pas tout. Sa femme aux lèvres lippues, qui l’avaient quitté cinq ou six ans auparavant, et un moine ivrogne qui passait pour avoir eu avec elle d’étroites relations alimentaient leurs conversations. Il arrivait même parfois que leurs plaisanteries devinssent extrêmement méchantes. Impossible de les énumérer toutes. Disons, entre autres, qu’ils burent le saké de son bidon de bambou et le remplirent d’urine. Ce seul fait permet d’imaginer le reste.
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ElGatoMaloElGatoMalo   07 décembre 2011
Mais c'était un homme qui, tel que nous le connaissions déjà , aimait à provoquer des esclandres ; aussi tirait-il plutôt orgueil de toutes ces critiques. Un jour, le Seigneur le plaisanta :
- On dirait que tu aimes trop ce qui est laid.
Il répondit insolemment , avec un sourire sinistre de ses lèvres si rouges malgré son âge :
- Votre seigneurie a raison. Décidément la beauté de la laideur échappe aux peintres qui ne savent que barbouiller.
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Video de Ryûnosuke Akutagawa (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ryûnosuke Akutagawa
Rashōmon, film (1950), réalisé par Akira Kurosawa, d'après la nouvelle de Ryunosuke Akutagawa "Dans le fourré" (1922). Bande-annonce
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