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Svetlana Alexievitch (Éditeur scientifique)Wladimir Berelowitch (Traducteur)Bernadette Du Crest (Traducteur)
EAN : 9782267016307
269 pages
Christian Bourgois Editeur (12/06/2002)
4.3/5   136 notes
Résumé :
Svetlana Alexievitch est l'écrivaine qui a osé violer en 1990 un des derniers tabous de l'ex-URSS : elle a démoli le mythe de la guerre d'Afghanistan, des guerriers libérateurs et, avant tout, celui du soldat soviétique que la télévision montrait en train de planter des pommiers dans les villages alors qu'en réalité, il lançait des grenades dans les maisons d'argile où les femmes et les enfants étaient venus chercher refuge. Comme Svetlana le soulignait elle-même, l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
4,3

sur 136 notes
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Dixie39
  05 février 2016
«On dit que la prière des mères fait des miracles. Dans mon livre elle tire ces garçons du néant. Il sont des victimes sur l'autel de notre douloureuse prise de conscience. Ce ne sont pas des héros mais des martyrs. Personne n'osera leur jeter la pierre. Nous sommes tous fautifs, nous avons tous eu part au mensonge : voilà le sujet de mon livre. En quoi le totalitarisme est-il dangereux ? Il nous rend tous complices de ses crimes. Les bons comme les méchants, les naïfs et les réalistes... »
Ils y sont allés, pensant faire leur "devoir international" en libérant le peuple afghan et en leur apportant le progrès. de jeunes femmes, de jeunes hommes, tout juste majeurs, à peine sortis de l'adolescence, partis pour construire des écoles, des routes, planter des arbres, porter assistance aux "frères afghans"..., ont pris la réalité de ce conflit en pleine face. Ils découvrent :
- l'hostilité des populations civiles
- les mensonges des dirigeants
- les mines qui laissent les corps en charpie
- les balles des snipers tirées des montagnes
- les hommes-troncs laissés sur le sable agonisants, soignés, exfiltrés, et toujours en vie quelque part au pays
- les températures extrêmes (glacés la nuit, brûlés le jour)
- la faim et la déshydratation
- la solde dérisoire pour affronter l'enfer
- les viols
- les humiliations, tortures, coups et harcèlements infligés par les leurs
- la drogue achetée en vendant le peu qu'ils ont : armes, équipement, munitions... ceux-là même qui les tueront !
- les larmes des mères (russes et afghanes)
- les corps des femmes et des enfants laissés derrière eux en représailles, sans aucun état d'âme.
- les agonies qu'on abrège ou qu'on ignore
- le matériel médical volé, vendu pour de l'alcool, de la drogue, des manteaux dernier cri et des parfums de Paris et toutes ces vies qu'il n'a pu sauver
- les articles des journaux vantant leurs actions humanitaires et sociales, les spots d'actualité relayant la bonne parole : nulle part les armes, la terreur et le sang
- la mode « afghane » qui fait fureur au pays
- la Nation qui les abandonne, celle-là même qui les a exaltés avec les récits héroïques de la grande guerre patriotique
- l'art de tuer, qui rend fort
- le plaisir de tuer, qui rend fou
- la mascarade du discours du héros dans les écoles, médailles accrochées à l'uniforme neuf
- le mépris de ceux qui sont restés pour ceux qui sont partis
- les cercueils de zinc qui reviennent scellés au pays, là où la tradition veut qu'ils restent ouverts jusqu'à la mise en terre
-...
Et encore et encore, jusqu'à l'écoeurement...
Nous le lisons. Ils l'ont vécu. Et nous n'en pouvons déjà plus de toutes ces horreurs, toutes ces vérités qui nous ramènent à d'autres, toujours d'actualités, et encore bien vivantes aujourd'hui, relayées par des discours politiques, si peu différents que cela en est presque effrayants...
Ce qu'il faut aimer la vérité ; ce qu'il faut aimer la part d'humanité en chaque Homme, pour aller au devant de tout cela : souffrances, récits, haine, procès, mépris, violences et menaces !
Ce qu'il faut d'humilité et de courage, pour continuer, s'accrocher, et continuer encore... les louanges aux oreilles et le prix Nobel en poche.
«J'écris, je note l'histoire contemporaine au quotidien. Des paroles vivantes, des vies. Avant de devenir de l'histoire, elles sont encore la douleur, le cri de quelqu'un, un sacrifice ou un crime. Mille fois je me suis posée la question : comment traverser le mal sans ajouter au mal dans le monde, surtout aujourd'hui quand il prend des dimensions cosmiques ?  A chaque nouveau livre je m'interroge. C'est mon fardeau. C'est mon destin. » Svetlana Alexievitch.
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bidule62
  01 mai 2021
Que ce livre est dur.... Et pourtant j'avais lu la Supplication de la même auteure....
Clairement impossible à lire d'une traite. Constitué de témoignages, ce livre nous parle de la guerre d'Afghanistan menée par les Soviétiques entre 1979 et 1989.
*
Tout d'abord le titre "les cercueils de zinc". Bon j'ai un côté fleur bleue et je n'ai pas compris donc j'ai demandé à mon scientifique de mari.
"Parce que le plomb c'est trop lourd", certes mais pourquoi pas en bois ? Regard ahuri de mon mari "bin parce que ça va couler !" Evidemment voilà, je suis dans l'ambiance.
C'est exactement l'ambiance du livre. Chaque témoignage est dur, très dur.
Une mère qui pleure son fils d'à peine 20 ans. Un conscrit amputé qui préfère dire qu'il a eu un accident de la route plutôt que de dire qu'il revient de là-bas. Un soldat qui s'interroge sur son humanité....
Et au milieu de tout ça, ces soldats "internationalistes" qui pensaient aider une nation soeur découvrent qu'ils étaient les envahisseurs, les assassins. Quelle violence ! Evidemment on pense aux jeunes Français envoyés en Algérie ou aux Américains envoyés au Viet-Nam.
*
J'avoue cette lecture a été étalée sur plusieurs jours, intercalant d'autres livres entre deux.
L'édition que j'avais était complétée par les minutes du procès opposé à l'auteure. Cette partie ne manque pas d'intérêt puisqu'elle remet le livre dans sa perspective historique.
Utile mais désespérant.
*
Une pensée pour le peuple Afghan en guerre non stop depuis cette invasion, en 1979.......
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Zazaboum
  30 mai 2022
Après la lecture de” La Supplication : Tchernobyl” puis celle de “La fin de l'homme rouge” j'ai entrepris de lire “Les cercueils de zinc” dont la rédaction est à l'identique des précédentes : des retranscriptions de témoignages.
La guerre en Afghanistan pour laquelle des jeunes ont été enrôlés a duré 10 ans, de 1979 à 1989. Les premiers militaires sont partis avec l'idée de défendre l'Afghanistan communiste, pour reconstruire le pays et aider la population. Dans une URSS encore stable, ils étaient les héros qui allaient défendre la liberté, bien souvent poussés à s'engager par leur famille.
Les derniers revenus ont été considérés comme des envahisseurs et des criminels alors que leurs actes n'avaient pas changé sur place : tuer ou mourir, mais l'état politique du pays s'était délité ; la pérestroïka ne légitimait plus cette guerre, le communisme était près de tomber et reniait ses jeunes gens qui étaient partis sur ordre pourtant !
Svetlana Alexievitch a permis à ses jeunes hommes et femmes ainsi qu'à leur famille de retrouver une dignité, perdue pour des raisons politiques, pour des décisions et des justifications iniques. Des rescapés lui ont exprimé leur mal être, leur honte d'être des “afghanis”, leur incompréhension de cette trahison. Elle a écouté aussi leur famille et la douleur ressenti par le deuil ou par la chape d'oubli que l'ex-URSS voudrait sceller sur ceux qui n'avaient même pas droit au statut d'anciens combattants !
Elle a démonté le mythe que l'histoire soviétique voulait retenir, celle des guerriers libérateurs d'un pays, tout en refusant à ces mêmes guerriers le statut de héros !
Les témoignages sont toujours très difficiles à lire, la douleur, la violence, la haine et l'amour se partagent les sensations ressenties à travers les paroles et il m'a fallu pas mal de jours pour lire ce livre, d'autant plus en me rappelant les rares reportages qui nous parvenaient ! L'Afghanistan n'était qu'un terrain de jeu politique et qu'importe le prix humain qu'il a couté !!
Toujours décriée et condamnée, Svetlana Alexievitch est celle qui lève le voile du silence sur des faits dramatiques de son pays en allant auprès des premiers touchés !
Challenge Jeux en Folittérature XI
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HORUSFONCK
  09 décembre 2017
C'est dans son édition de poche 10/18 du début des années 90, que j'ai lu le livre bouleversant de Svetlana Alexievitch.
Il y était raconté l'indicible horreur de la guerre, pour la énième désespérante foi. Un de ces conflit où, en définitive, il n' y aura ni vainqueurs ni vaincus.
Pire: Une guerre atroce qui porte en germe les infamies futures des Talibans d' Afghanistan.
Des soldats qui reviennent perdus à jamais.
... Et ces Cercueils de zinc qui rapatriaient les corps de soldats envoyés dans l'intenable royaume de la peur et de la souffrance. Symboles d'une farce aussi vaine que tragique.
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mylena
  06 avril 2022
Témoignages durs, crus, désespérants. La structure du livre est assez pénible, le style est proche de celui de la supplication et de la fin de l'homme rouge, mais les témoignages sont tous extrêmement similaires, ce sont tous soit ceux de militaires de carrières, soit de jeunes appelés, soit de jeunes femmes (celles qui témoignent sont le plus souvent infirmières), je trouve dommage que dans la plupart des cas aucun élément ne nous indique à quelle période ils se sont retrouvés en Afghanistan : au tout début (79/80), avant la perestroïka, après celle-ci, ou encore la dernière année. le lecteur entre immédiatement dans le vif du sujet. Ce qu'elle dénonce c'est surtout la tromperie sur cette guerre, dont les informations soviétiques parlaient peu, qui était censée être un soutien au régime afghan instauré depuis avril 1978. Une fois sur place ils ont découvert une guerre qui n'avait aucun sens, l'hostilité des populations civiles qu'ils étaient censés aider et que finalement ils combattent, la contradiction avec les articles qui paraissaient dans les journaux qui ne parlaient jamais des combats, les multiples trafics auxquels se livraient des soldats à la solde plutôt faible (trafic de nourriture, de matériel médical, de munitions, voire d'arme ou d'essence), tenues militaires antédiluviennes et inadaptées au climat, rations alimentaires périmées de plus de vingt ans, … et au retour, s'ils revenaient vivants, dès le début, incompréhension de la société russe (mal informée) puis, au fil du temps, mépris, rejet (au point que certains amputés préfèrent dire qu'ils ont eu un accident de la route). Et, de toute évidence, des individus broyés sur le plan physique et sur le plan psychique, souffrants en plus de stress post-traumatiques non diagnostiqué et non traité. Les comptes rendus des ennuis judiciaires de Svetlana Alexievitch, dès la parution des premiers passages dans la presse sont édifiants et donnent une image de la société russe et biélorusse du début des années 90. Malheureusement je ne suis pas sûre que les Cercueils de zinc aient été beaucoup lu en Russie et Biélorussie. Il y a bien eu dans les deux pays une pièce de théâtre (objet encore d'ennuis judiciaires!) et deux films documentaires en Biélorussie en 91 et 92 (mais sont-ils passés à la télévision?). Aucune leçon n'en a été tirée en Russie visiblement puisque la société russe est devenue plus militariste sous Poutine que pendant la période soviétique (jusqu'aux derniers slogans de l'époque soviétique qui trônaient encore au sommet d'immeubles, tels « Paix dans le monde ! » qui sont en cours d'enlèvement car ils sont considérés comme de la propagande pacifique qui nuit à l'image de l'armée russe et de la Russie !). Un livre nécessaire, à lire par petites doses car c'est bien assez éprouvant.
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Citations et extraits (121) Voir plus Ajouter une citation
Dixie39Dixie39   27 janvier 2016
Une fois de plus, je passe d’un homme à un autre, d’un document à une image. Chaque confession est comme un portrait peint : c’est plus qu’un document, une « image ». On évoque le côté fantastique de la réalité. Nous devons créer le monde non pas selon les lois de la vraisemblance quotidienne, mais « à notre image et à notre ressemblance ». L’objet de ma recherche reste toujours l’histoire des sentiments et non de la guerre proprement dite. Que pensaient ces gens ? Que voulaient-ils ? Qu’est-ce qui leur causait de la joie ? Que craignaient-ils ? Qu’ont-ils retenu ?
Hélas, de cette guerre deux fois plus longue que la Grande Guerre patriotique, nous ne savons que ce qui ne risque pas de nous troubler, car si nous pouvions nous voir tels que nous sommes vraiment, nous nous ferions certainement peur à nous-mêmes.
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Dixie39Dixie39   01 février 2016
Je suis sûr que vous ne voudrez pas que ça figure dans votre livre, vous allez rayer tout ça. Personne ne dira plus la vérité sur ceux qui reposent en terre. Les vivants ont droit aux décorations, les morts aux légendes, et tout le monde est content.
Cette guerre, c'est comme notre vie en URSS : elle n'a rien à voir avec ce qui est écrit dans les livres. Heureusement que j'ai mon univers à moi, celui des livres et de a musique, qui m'a sauvé parce qu'il a caché l'autre.
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Blandine54Blandine54   14 avril 2018
La mort n'a pas de mystère pour les gens qui sont à la guerre. Tuer, c'est simplement appuyé sur la détente. On nous apprenait que pour rester en vie il fallait être le premier à tirer avec précision. C'est la loi de la guerre. Le commandant disait : "ici vous devez savoir faire deux choses : vous déplacer rapidement et tirer avec précision. Mais penser, c'est mon affaire." Nous tirions où on nous disait de tirer. J'avais appris à obéir aux ordres. Je n'épargnais personne. Je pouvais facilement tuer un enfant. Car tout le monde nous faisait la guerre, les hommes, les femmes, les vieux, les enfants. [...] Car chacun essayait de survivre. Pas le temps de réfléchir. Il ne faut pas oublier que nous avions de dix-huit à vingt ans. Je m'étais habitué à la mort des autres, mais j'avais peur de mourir. J'ai vu qu'en une seconde, il pouvait ne plus rien rester d'un homme, comme s'il n'avait jamais existé.
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PrisPris   12 mars 2021
Je suis rentré chez moi, je voulais être gentil. Mais parfois l’envie me prend d’égorger quelqu’un. Je suis rentré aveugle. Une balle m’a décollé la rétine. Elle est entrée par ma tempe gauche et est ressortie par ma tempe droite. Je ne distingue que la lumière et les ombres. Mais je les connais, ceux que je voudrais égorger… Ceux qui trouvent trop cher de poser une pierre sur la tombe de nos copains… Ceux qui ne veulent pas nous donner d’appartements : « Ce n’est pas moi qui vous ai envoyés en Afghanistan… Ceux qui se fichent de nous comme de leur dernière chemise… Tout ce que j’ai vécu continue à bouillir en moi. Si on voulait me prendre mon passé ? Mais non, je ne me laisserais pas faire. Je ne vis que de ça.
J’ai appris à marcher sans voir. Je vais en ville tout seul, dans le métro, sur les passages piétonniers. Je prépare à manger, même que ma femme s’étonne, parce que je le fais mieux qu’elle. Je n’ai jamais vu ma femme, je ne sais pas comment elle est. Je ne connais pas la couleur de ses cheveux, comment est fait son nez ou sa bouche… Je perçois avec mes mains, avec mon corps… C’est mon corps qui voit. Je sais comment est fait mon fils… Quand il était bébé, je le langeais, je le lavais… Maintenant je le porte sur mes épaules… J’ai parfois l’impression qu’on peut se passer des yeux. Après tout, vous fermez bien les yeux, vous autres, quand il se passe quelque chose d’essentiel. Quand vous êtes très, très bien. Les yeux sont utiles au peintre, parce que c’est son métier. Moi, j’ai appris à vivre sans. Je perçois le monde… Je l’entends… Un mot est plus important pour moi que pour vous qui avez des yeux.
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Blandine54Blandine54   16 mai 2018
Quatre ans sont passés. Il n'y a qu'une chose qui n'a pas changé, la mort, que les gars ont été tués. Tout le reste a changé.
Il n'y a pas longtemps, j'étais chez le dentiste. Nous sommes tous revenus avec le scorbut, de la parodontose. On a bouffé tellement de chlore ! On m'a arraché une dent, puis une autre. De douleur (l'anesthésie n'avait pas pris), je me suis mis à parler... Je ne pouvais plus m'arrêter. Et la dentiste me regardait presque avec dégoût, je pouvais voir tout ce qu'elle ressentait : il a du sang plein la bouche et il trouve le moyen de parler. J'ai compris que tout le monde pensait ça de nous : ils ont la bouche pleine de sang, et ils trouvent encore le moyen de parler.
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Videos de Svetlana Alexievitch (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Svetlana Alexievitch
Une transposition inspirée et poignante du livre écrit par Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature 2015, à partir des récits de victimes de la catastrophe de Tchernobyl. Grâce au concours d'acteurs, professionnels ou non, que l'on n'entend qu'en voix off, le cinéaste Pol Cruchten fait résonner la beauté et l'universalité de leurs mots.
Dans la catégorie : Afghanistan : histoireVoir plus
>Histoire de l 'Asie>Histoire de l'Asie centrale>Afghanistan : histoire (13)
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