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Svetlana Alexievitch (Éditeur scientifique)Wladimir Berelowitch (Traducteur)Bernadette Du Crest (Traducteur)
ISBN : 2267016303
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (12/06/2002)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 51 notes)
Résumé :

Svetlana Alexievitch est l'écrivain qui a osé violer en 1990 un des derniers tabous de l'ex-URSS : elle a démoli le mythe de la guerre d'Afghanistan, des guerriers libérateurs et, avant tout, celui du soldat soviétique que la télévision montrait en train de planter des pommiers dans les villages alors qu'en réalité, il lançait des grenades dans les maisons d'argile où les femmes et les enfants ét... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Dixie39
  05 février 2016
«On dit que la prière des mères fait des miracles. Dans mon livre elle tire ces garçons du néant. Il sont des victimes sur l'autel de notre douloureuse prise de conscience. Ce ne sont pas des héros mais des martyrs. Personne n'osera leur jeter la pierre. Nous sommes tous fautifs, nous avons tous eu part au mensonge : voilà le sujet de mon livre. En quoi le totalitarisme est-il dangereux ? Il nous rend tous complices de ses crimes. Les bons comme les méchants, les naïfs et les réalistes... »
Ils y sont allés, pensant faire leur "devoir international" en libérant le peuple afghan et en leur apportant le progrès. de jeunes femmes, de jeunes hommes, tout juste majeurs, à peine sortis de l'adolescence, partis pour construire des écoles, des routes, planter des arbres, porter assistance aux "frères afghans"..., ont pris la réalité de ce conflit en pleine face. Ils découvrent :
- l'hostilité des populations civiles
- les mensonges des dirigeants
- les mines qui laissent les corps en charpie
- les balles des snipers tirées des montagnes
- les hommes-troncs laissés sur le sable agonisants, soignés, exfiltrés, et toujours en vie quelque part au pays
- les températures extrêmes (glacés la nuit, brûlés le jour)
- la faim et la déshydratation
- la solde dérisoire pour affronter l'enfer
- les viols
- les humiliations, tortures, coups et harcèlements infligés par les leurs
- la drogue achetée en vendant le peu qu'ils ont : armes, équipement, munitions... ceux-là même qui les tueront !
- les larmes des mères (russes et afghanes)
- les corps des femmes et des enfants laissés derrière eux en représailles, sans aucun état d'âme.
- les agonies qu'on abrège ou qu'on ignore
- le matériel médical volé, vendu pour de l'alcool, de la drogue, des manteaux dernier cri et des parfums de Paris et toutes ces vies qu'il n'a pu sauver
- les articles des journaux vantant leurs actions humanitaires et sociales, les spots d'actualité relayant la bonne parole : nulle part les armes, la terreur et le sang
- la mode « afghane » qui fait fureur au pays
- la Nation qui les abandonne, celle-là même qui les a exaltés avec les récits héroïques de la grande guerre patriotique
- l'art de tuer, qui rend fort
- le plaisir de tuer, qui rend fou
- la mascarade du discours du héros dans les écoles, médailles accrochées à l'uniforme neuf
- le mépris de ceux qui sont restés pour ceux qui sont partis
- les cercueils de zinc qui reviennent scellés au pays, là où la tradition veut qu'ils restent ouverts jusqu'à la mise en terre
-...
Et encore et encore, jusqu'à l'écoeurement...
Nous le lisons. Ils l'ont vécu. Et nous n'en pouvons déjà plus de toutes ces horreurs, toutes ces vérités qui nous ramènent à d'autres, toujours d'actualités, et encore bien vivantes aujourd'hui, relayées par des discours politiques, si peu différents que cela en est presque effrayants...
Ce qu'il faut aimer la vérité ; ce qu'il faut aimer la part d'humanité en chaque Homme, pour aller au devant de tout cela : souffrances, récits, haine, procès, mépris, violences et menaces !
Ce qu'il faut d'humilité et de courage, pour continuer, s'accrocher, et continuer encore... les louanges aux oreilles et le prix Nobel en poche.
«J'écris, je note l'histoire contemporaine au quotidien. Des paroles vivantes, des vies. Avant de devenir de l'histoire, elles sont encore la douleur, le cri de quelqu'un, un sacrifice ou un crime. Mille fois je me suis posée la question : comment traverser le mal sans ajouter au mal dans le monde, surtout aujourd'hui quand il prend des dimensions cosmiques ?  A chaque nouveau livre je m'interroge. C'est mon fardeau. C'est mon destin. » Svetlana Alexievitch.
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HORUSFONCK
  09 décembre 2017
C'est dans son édition de poche 10/18 du début des années 90, que j'ai lu le livre bouleversant de Svetlana Alexievitch.
Il y était raconté l'indicible horreur de la guerre, pour la énième désespérante foi. Un de ces conflit où, en définitive, il n' y aura ni vainqueurs ni vaincus.
Pire: Une guerre atroce qui porte en germe les infamies futures des Talibnas
d' Afghanistan.
Des soldats qui reviennent perdus à jamais.
... Et ces Cercueils de zinc qui rapatriaient les corps de soldats envoyés dans l'intenable royaume de la peur et de la souffrance. Symboles d'une farce aussi vaine que tragique.
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ATOS
  15 janvier 2016
Récit documentaire. Voilà la vérité. La vérité est au dessus de la Russie écrivait Dostoïevski.
Alors surplombons la avec les cercueils de zinc de Svelatna Alexievitch.
L'Afghanistan. 10 ans de guerre. Pas la première ,et malheureusement pas la dernière. de 1979 à 1989, celle ci aura ravagé deux pays. Pour l'Afghanistan on connaît les suites. Terribles suites. Horribles suites. Toujours sans fin.
La guerre là-bas n'est pas finie.Ailleurs, elle se poursuit.
Pour l'URSS cette guerre sonnait le glas de son hégémonie totalitariste.
Guerre froide qui ne disait pas son nom. En dix ans un million de jeunes soviétiques furent transportés sur ces fronts. Une jeunesse qui découvrait les mensonges de ses gouvernants, l' absurde cruauté des combats, la stupidité de leur sacrifice, et qui allait apprécier à son retour la lâcheté, le désaveu d'un pouvoir politique qui allait les abandonner à leur sort.
Récit documentaire, en rien politique. Les faits, les témoignages sont tels qu'ils furent confiés à l'auteure.
Bruts, directs. Comment ne pas voir la gémellité de ce conflit avec la guerre du Vietnam ? Une génération sacrifiée, un peuple dévasté. Au nom d'un « devoir international » . Une guerre qui fit basculer un pays dans la barbarie et qui traumatisa des millions d'êtres humains, qui en tua ou blessa officiellement cinquante mille. Officieusement nous savons bien qu'il naît tous les jours de nouvelles victimes. Et pas seulement en Afghanistan.
Une guerre qui aura permis à certaine et certains, une fois rentrés des combats, de s'interroger sur l'obéissance aveugle qui les avait menés dans l'enfer de cette sale guerre.
Le livre de Svetlana Alexievitch témoigne et nous met tous en garde. En garde contre l'obéissance, contre les fausses annonces de bon droit. C'est un rappel à notre vigilance. A tous.
Quel que soit notre continent.
Lorsqu'un contre pouvoir s'absente c'est une conscience qui s'éteint.
Le doute n'existe plus, chaque mot perd sa valeur : amour, honneur, humanité, fraternité jusqu'au mot même de patrie, tout perd ses couleurs. Tout s'éteint.
On sait que cette guerre ne sait pas terminée en 1989. Elle se poursuit. D'autres pouvoirs, d'autres forces entretiennent toujours le même mauvais génie.
Les cercueils de zinc pèsent lourds , extrêmement lourds sur la balance des consciences internationales. Car internationalement il y avait un intérêt économique à ce que cette guerre commence. Et c'est ce même intérêt économique qui survit. Quelque soit le drapeau que l'on plante sur son chapeau.
A présent force est de reconnaître qu'il y a mondialement une urgence humanitaire à ce ,qu'enfin, elle prenne définitivement fin.
Il y a courage lorsqu'on rend à la peur son visage, il y a courage lorsqu'on donne le nom de sa douleur, il y a courage d' écrire les faits. La littérature est toujours un miroir. Un des plus grands boucliers que possède notre humanité. de ceux avec lesquels on a toujours combattu la férocité des dieux et la médiocrité des hommes. La vérité est une arme qui nous défend.
Astrid Shriqui Garain
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oblo
  15 janvier 2016
Elle s'était promis de ne plus écrire sur la guerre. Et pourtant, à l'orée des années 1990, Svetlana Alexievitch reprend ce thème dans Les cercueils de zinc qui vise à porter la lumière sur une phase sombre de l'URSS : la guerre en Afghanistan (1979-1988). Ni roman ni enquête journalistique, le livre est un récit documentaire, s'appuyant sur des témoignages, lesquels sont sélectionnés, assemblées et mis en mot par Alexievitch. A ce titre, Les cercueils de zinc est une oeuvre littéraire et non pas journalistique.
La structure du livre rend pleinement compte de sa dimension sociologique. Une courte genèse du livre est exposée puis suivent les témoignages divers, avant que l'auteure ne mette l'accent sur les réactions qui ont accompagné la sortie de son livre : remise en cause des nostalgiques de l'URSS, procès intentés par les propres témoins qui ont documenté le livre, soutien de ceux qui n'avaient jamais pris conscience de l'horreur de cette guerre et qui remercient Alexievitch. Les cercueils de zinc serait à la fois un livre d'histoire et l'histoire d'un livre qui pose un regard critique sur l'URSS et la Biélorussie post-soviétique.
Les témoignages, qui constituent la plus grande partie du livre, sont bouleversants. de manière intelligente, Svetlana Alexievitch a voulu interroger tous ceux qui ont pris part, de près ou de loin, à cette guerre méconnue : soldats (artilleurs, pilotes, fantassins, éclaireurs, sapeurs …) bien-sûr, mais aussi officiers, médecins, infirmières et encore les mères de soldats morts ou revenus traumatisés par cet épisode. C'est un cortège d'horreurs que raconte l'auteure à travers les voix de ses témoins : les membres arrachés par les mines anti-personnelles, les villages rasés, les enfants tués, les oreilles coupées qu'on collectionne, une fois séchées. Dans l'armée, point de solidarité : les bleus sont dépouillés de leurs effets personnels à leur arrivée par les anciens et les libérables, certains sont battus, d'autres volés. Puisque l'équipement est inadapté et parfois insuffisant, les soldats soviétiques ont recours au marché noir. Sous-nourris, ils vendent les armes qui les tueront plus tard contre toute sorte d'objets sans importance.
Ces hommes qui tuent prennent l'habitude de le faire. Un camarade mort devient un poids mort qu'il faudra tirer de la montagne pour le ramener à la base. Un vieillard et son âne deviennent des ennemis et des cibles potentiels. A leur retour, ayant porté les tripes de leurs amis, ayant vu les visages en bouillie, ils retrouvent une société dans laquelle il faut réapprendre les codes sociaux. La société les prend pour des privilégiés, eux qui ont pu rapporter de leur séjour en Asie centrale des montres japonaises ou du parfum français. le décalage est immense, et rappelle quelque peu le traumatisme qu'ont vécu les soldats américains en rentrant du Viêt-Nam.
Dans la guerre, les femmes existent aussi. En URSS, on les considère comme des prostituées, et certaines, il est vrai, ont vendu leurs charmes. Mais beaucoup d'infirmières ont fait un travail terrible, raccommodant les membres, consolant les hommes qui pleuraient et appelaient leur mère à l'article de la mort. Elles ont laissé des enfants derrière elles, en URSS, et elles ont laissé leur âme en Afghanistan.
Ces hommes et ces femmes se trouvent isolés dans une société qui n'a vécu que pour le collectif. Les mythes soviétiques – le soldat héroïque, l'enfant qui console sa mère et lui rappelle ses devoirs pour la Patrie – sont détruits par la vérité de la guerre. En Afghanistan, c'est le communisme soviétique qui s'effondre dans l'indifférence d'une société pressée par la pauvreté latente, aveuglée par la propagande qui fait croire à une guerre internationaliste – se rappelant au bon souvenir de la Guerre d'Espagne –, à une mission de civilisation et d'aide envers les frères afghans. Les Afghantsy, ces soldats soviétiques ayant fait cette guerre, ont définitivement perdu leurs illusions.
Les témoignages des mères sont les plus poignants. Elles ont élevé leur progéniture dans le respect de la Patrie et de l'idéologie, certaines ont même poussé leurs enfants à devenir des militaires : voilà qu'ils reviennent dans des cercueils de zinc. Parfois, ces cercueils ne sont pas ouverts, ne contenant que de la terre d'Asie car le corps, explosé par une mine, a été ramassé à la main et au seau et jeté dans une fosse commune. Leurs fils avaient 18, 19, 20 ans. A peine hommes, les voilà morts.
Les réactions contre le livre sont exemplaires et témoignent de l'absolue difficulté que peut avoir une société à regarder ce qu'elle a laissé faire. Car loin de laisser la responsabilité à la seule Patrie, Svetlana Alexievitch interroge la responsabilité de chacun dans une société où ce n'était guère l'habitude. Les enfants chéris, elle les décrit comme des tueurs avides de mort. On la remet en cause, on l'accuse, révélant par là-même le fonctionnement d'une justice qui n'en a que le nom.
Avec humilité, puisqu'elle se met entièrement au service de son projet, Svetlana Alexievitch offre un livre à la puissance évoquant ces alertes, lancées par des écrivains, des cinéastes, des musiciens, criant au monde la vérité de ce que l'homme peut faire à ses semblables.
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domeva
  03 novembre 2015
Le prix Nobel de littérature attribué à Svetlana Alexievitch m'a donné envie de découvrir cet auteur.J'ai choisi pour cela son troisième roman Les cercueils de zinc,qui a fait scandale à sa parution dans l'ex URSS.Il est du genre de la littérature documentaire car l'auteur utilise des témoignages d'hommes et de femmes ayant participé,subi,souffert de la guerre en Afghanistan.
Les jeunes soldats soviétiques morts loin de chez eux,ceux qui sont rentrés estropiés,détruits mentalement,ne sont pas des héros mais simplement des hommes qui ont vu et souvent fait le pire.Pour avoir choisi de démolir le mythe du héros,l'auteur a dû répondre de ses écrits devant un tribunal et a été contrainte à l'exil.
Un roman fort,très bien écrit,qui pause un tas de questions sur l'humain.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Dixie39Dixie39   27 janvier 2016
Une fois de plus, je passe d’un homme à un autre, d’un document à une image. Chaque confession est comme un portrait peint : c’est plus qu’un document, une « image ». On évoque le côté fantastique de la réalité. Nous devons créer le monde non pas selon les lois de la vraisemblance quotidienne, mais « à notre image et à notre ressemblance ». L’objet de ma recherche reste toujours l’histoire des sentiments et non de la guerre proprement dite. Que pensaient ces gens ? Que voulaient-ils ? Qu’est-ce qui leur causait de la joie ? Que craignaient-ils ? Qu’ont-ils retenu ?
Hélas, de cette guerre deux fois plus longue que la Grande Guerre patriotique, nous ne savons que ce qui ne risque pas de nous troubler, car si nous pouvions nous voir tels que nous sommes vraiment, nous nous ferions certainement peur à nous-mêmes.
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Dixie39Dixie39   01 février 2016
Je suis sûr que vous ne voudrez pas que ça figure dans votre livre, vous allez rayer tout ça. Personne ne dira plus la vérité sur ceux qui reposent en terre. Les vivants ont droit aux décorations, les morts aux légendes, et tout le monde est content.
Cette guerre, c'est comme notre vie en URSS : elle n'a rien à voir avec ce qui est écrit dans les livres. Heureusement que j'ai mon univers à moi, celui des livres et de a musique, qui m'a sauvé parce qu'il a caché l'autre.
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Dixie39Dixie39   16 janvier 2016
La perestroïka a permis à beaucoup de voix courageuses de se faire entendre dans le pays. La voix de Svetlana Alexievitch est l’une d’elles. « Nous n’avons pas d’autre choix, dit-elle. Soit nous ferons preuve de courage et apprendrons toute la vérité sur nous-mêmes, soit nous resterons à croupir dans les oubliettes de l’Histoire. »
Dimitri SAVITSKI
Septembre 1990
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Charybde2Charybde2   29 mars 2016
Dans sa préface pour le premier livre de Svetlana Alexievitch La guerre n’a pas un visage de femme, publié en Union soviétique en 1985, Ales Adamovitch, un écrivain biélorusse fort estimé d’elle, dit une chose bizarre : « Le livre de Svetlana Alexievitch illustre un genre qui n’a pas été défini et qui n’a même pas de nom. En réalité, ce genre a un nom bien concret, c’est le témoignage. Mais c’était une époque où la loi du silence, quasi totale, et l’autocensure, bien musclée, ne laissaient apparaître que les premières fissures dans leur bloc monolithique. Svetlana Alexievitch est précisément l’écrivain qui, à l’époque où l’on passait des premiers balbutiements timides à l’hallali général, a osé violer un des derniers tabous : elle a démoli le mythe de la guerre d’Afghanistan, des guerriers libérateurs et, avant tout, celui du soldat soviétique que la télévision montrait en train de planter des pommiers dans les villages alors qu’en réalité, il lançait des grenades dans les maisons d’argile où les femmes et les enfants étaient venus chercher refuge. Comme Svetlana le souligne elle-même, l’Union soviétique est un État militariste qui se camoufle en pays ordinaire et il est dangereux de faire glisser la bâche kaki qui recouvre les fondations de granit de cet État. Le premier extrait des Cercueils de zinc venait à peine de paraître (…) que Svetlana recevait déjà une pluie de menaces. (…) Qu’avait-elle fait ? Elle avait privé les jeunes gars revenus de la guerre de leur auréole d’héroïsme, elle leur avait ravi leur dernier refuge, la sympathie de leurs concitoyens. C’était même bien pire : ces garçons qui avaient été happés par le hachoir de la guerre, qui avaient perdu leurs amis, leurs illusions, leur sommeil, leur santé, qui étaient devenus incapables de se refaire une vie, ces gamins souvent estropiés physiquement, étaient devenus aux yeux de leur entourage, et cela dès le premier extrait paru dans la presse, des violeurs, des assassins et des brutes. Cette femme de quarante-deux ans aux allures de paysanne les envoyait de nouveau en première ligne en les exposant au feu croisé des horreurs du passé et de l’indifférence du présent… Ces héros forgés par le mythe de l’empire, qui s’étaient battus au nom d’une amitié mythique, pourraient peut-être continuer à vivre tant bien que mal s’ils étaient toujours protégés par l’Étendard, même malmené. Mais c’était dorénavant impossible. (Dimitri Savitski, Préface à l’édition de 1990)
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RenodRenod   18 octobre 2014
Je parlais à son cercueil comme une folle : "Qui est là? Est-ce toi, mon petit?... Qui est là? Est-ce bien toi, mon petit?... "
Ils me l'ont ramené dans un cercueil fermé : voilà, mère, nous te l'avons rapporté... Je ne pouvais m^me pas l'embrasser une dernière fois... le caresser... Je ne savais même pas comment il était vêtu...
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Bande annonce du film La supplication, adaptation du roman de Svetlana Alexievitch
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