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Jacques Goimard (Éditeur scientifique)Demètre Ioakimidis (Éditeur scientifique)Gérard Klein (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253006084
Éditeur : Le Livre de Poche (31/08/1991)
3.88/5   38 notes
Résumé :
Pour la première fois en LIVRE DE POCHE tout l'univers de la Science-Fiction.
Une véritable Encyclopédie thématique du genre, depuis le début des années 30 jusqu'à nos jours ;
Un choix raisonné des nouvelles les plus célèbres ou les plus représentatives ;
Un éventail complet des auteurs et des styles ;
Tous les thèmes de la Science-Fiction « classique » : * Histoire de robots * d'extraterrestres * de cosmonautes * de mutants * de planètes... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
paulmaugendre
  10 mai 2020
Dans sa préface, Jacques Goimard recense toutes, ou presque, les formes de la fin du monde vu par les auteurs de science-fiction, et en premier l'ouvrage Les Posthumes de Restif de la Bretonne datant de 1802. Il s'agit d'un thème terriblement actuel puisqu'il s'agit de la fonte des glaces polaires. Un phénomène inquiétant souvent pris à la légère par les hommes politiques, quel que soit le pays qu'ils dirigent, mais également mis en doute par certains scientifiques.
Mais ce qui revient le plus souvent dans cet inventaire, c'est la fin du monde provoquée par l'humain se servant d'armes nucléaires. L'Apocalypse nucléaire ou bactériologique déclinée avant, pendant ou après. La plupart du temps c'est la troisième version qui est décrite mais si le résultat compte, il ne faut pas oublier qu'auparavant, il y eut les prémices.
Dans Foster, vous êtes mort ! de Philipp K. Dick, nous suivons le parcours d'un gamin dont le père est anti-P. C'est-à-dire, que contrairement à ses voisins, à ses concitoyens, il a refusé de faire installer un abri antiatomique dans son jardin. Il est le propriétaire d'un magasin de meubles en bois, mais la mode détourne les éventuels clients, et sa boutique végète. Foster, en rentrant de l'école où il s'est une fois de plus fait sermonner par son institutrice est en extase devant un abri nouvelle génération. le vendeur lui refuse la visite de l'installation car il n'a pas l'argent nécessaire. Pourtant Foster en rêve et il parvient enfin à convaincre son père d'acheter cet abri, quitte à s'endetter pour de très nombreuses années.
Ecrite en 1954, Philipp K. Dick décrit la paranoïa dont étaient victimes les Américains à cette époque, nombreux étant ceux qui installèrent des abris dans leur jardin. Mais l'auteur dénonce aussi le système commercial, les abris étant dépassés au bout de quelques mois, et il fallait investir à nouveau dans de nouvelles installations à la pointe du modernisme et des technologies. Achetez ou mourez, c'est le nouveau slogan.

Tandis que les têtes nucléaires tournoyaient haut dans le ciel… Ainsi débute la nouvelle de Robert Bloch : le jour se lève. La guerre n'est pas terminée mais un homme, un rescapé habillé d'un costume spécial réservé, volé peut-être, aux militaires de haut rang, sort de son abri blindé et part à la découverte des dégâts. de nombreux objets souvent futiles jonchent les routes, mais qui possédaient leur importance lors de leur utilisation, dont les bretelles de faux seins en caoutchouc dans lesquelles il manque de se prendre les pieds. Et puis les cadavres fauchés en pleine activité, bricolage ou simulacre de la reproduction.

Loth de Ward Moore nous renvoie à un épisode de la Bible, lors de la destruction de Sodome. le changement en statue de sel de la femme de Loth, alors qu'il fuyait la ville promise à la destruction en compagnie de son épouse et de ses filles.
Comme tous les habitants de Los Angeles, et plus particulièrement ceux de Rambla Catalina, David Jimmon s'apprête à fuir sous les instances du gouvernement. Il a chargé dans sa voiture tout le nécessaire indispensable pour une nouvelle vie dans la campagne ou les bois et la place est comptée pour que sa femme Molly, sa fille Erika, et ses deux fils Jir et Wendell s'installent à l'intérieur. Mais le chien n'est pas invité au voyage, malgré les récriminations de Wendell. Il saura bien se débrouiller seul, argue David Jimmon. Et les voilà partis, sans un mot pour les voisins ou les amis, Pearl et Dan, au grand désespoir de Molly. La route est encombrée et David s'évertue à emprunter de petites routes. Car David a tout préparé, soigneusement, et rien ne lui fera changer d'idée.

Se réveiller dans un lit, entourée de drôles de créatures habillées de combinaisons spatiales semblables à des tenues de ski avec au dessus de la tête comme un bocal à poissons rouges, voilà qui a de quoi étonner. Mais lorsqu'on est la seule ou presque à réchapper d'une catastrophe, on ne se pose guère de questions, sauf les essentielles. Ces créatures venues d'ailleurs ont la particularité de ressembler à des animaux, ours, chevreuil, lapin… Rien de sera pareil à avant, surtout lorsque l'on a toujours vécu en étant Carnivore. Une nouvelle étrange signée G. A. Morris.

Durant la guerre atomique, les soldats subissent un enfer quotidien, et le soir ils reçoivent des soins et des médicaments leur permettant de passer une bonne nuit. Et le lendemain matin, ils repartent au combat frais et dispos. C'est ainsi que Denton perd la notion du temps et lorsqu'il rend visite à Miriam, celle qu'il aime, cloîtrée dans un hôpital, il croit que sa dernière visite remonte à trois jours. Erreur, elle affirme que cela fait un mois qu'il n'est point venu. Et que la guerre dure depuis dix ans. Il n'en revient pas. Il part à la recherche de médicaments pour la soulager, mais il est difficile de trouver du monde dans cet hôpital où tous les médecins sont des robots. Une vision futuriste guère réjouissante par Idris Seabright dans La mort de chaque jour.

L'arrêt des nuages aux frontières, c'est ce que l'on veut nous faire croire, mais dans la réalité fictionnesque, c'est tout autre. Ainsi dans Seule une mère de Judith Merrill, les dégâts collatéraux existent, surtout pour les femmes enceintes. Mais l'amour maternel est aveugle, c'est bien connu. Heureusement.

L'Intelligence artificielle prend de plus en plus de place dans notre quotidien, quitte à nous rendre esclave. Dans le vaisseau fantôme de Ward Moore, une anticipation de 1951, un avion bombardier se pose sur un terrain d'atterrissage. Personne n'est présent pour le réceptionner et surtout pour l'alimenter en kérosène. La pompe se met toute seule en position, l'ouverture est automatique, et le flot de carburant se déverse, tandis qu'à l'autre bout de la chaine, à des milliers de kilomètres de là, une machinerie extrait et transforme le précieux liquide. Tout cela sans la main de l'homme. L'avenir est à la technologie automatique, mais pourquoi et dans quelles conditions cela est-il possible ?

Enfin, dans La lune était verte de Fritz Leiber, nous entrons dans l'intimité d'un couple, confiné comme leurs semblables, dans un appartement en rez-de-chaussée. Seul l'homme peut aller vaquer au dehors de temps à autre. Pendant ce temps, Effie, sa femme, rêve devant la fenêtre obturée de volets en plomb placés à l'intérieur de la pièce. Pourtant, un soir, elle ose défier son mari absent et ouvre les volets, admirant derrière les vitre la lune verte. Elle croit apercevoir une silhouette, mais son mari s'interpose. La jalousie est toujours aussi prégnante dans les moments critiques… surtout lorsque l'homme s'aperçoit que sa femme est enceinte, ce qu'il n'avait pu réaliser depuis des années.
Or, les naissances sont rares, et pourtant l'humanité en a besoin, pour des raisons qui dépassent l'entendement :
Lorsque la communauté remonterait à la surface, chaque enfant bien portant prendrait une valeur inestimable, non seulement pour la survie de l'espèce mais encore pour une éventuelle reprise de la guerre contre les communistes.
Une nouvelle édifiante écrite en 1952 !

Dix-huit nouvelles qui nous montrent, nous décrivent l'avant, le pendant et l'après d'une guerre nucléaire. Et comme certains le diront fort justement, on préfère l'avant car après c'est pendant…

Sommaire :
Introduction à l'anthologie, pages 7 à 14,
Préface : Jacques GOIMARD, le Thème de la fin du monde.
Philip K. DICK : Foster, vous êtes mort ! (Foster, You're Dead). Trad. Bruno Martin.
Theodore STURGEON : Mémorial (Memorial). Trad. Frank Straschitz.
Robert BLOCH : le Jour se lève (Daybroke). Trad. P. J. Izabelle.
Ward MOORE : Loth (Lot).
Idris SEABRIGHT : La Mort de chaque jour (The Death of Each Day). Trad. Arlette Rosenblum.
Judith MERRIL : Seule une mère… (That Only a Mother). Trad. Alyette Guillot-Coli.
Fritz LEIBER : le Prochain spectacle au programme (Coming Attraction. Trad. P. Soulas.
Ward MOORE : le Vaisseau fantôme (Flying Dutchman). Trad. Roger Durand.
Lester DEL REY : Les Gardiens de la maison (The Keepers of the House). Trad. Denise Hersant.
Robert SHECKLEY : Les Filles et Nugent Miller (The Girls and Nuggent Miller). Trad. René Lathière.
Alfred BESTER : La Vie n'est plus ce qu'elle était (They Don't Make Life Like They Used To). Trad. Michel Deutsch.
G. A. MORRIS : Les Carnivores (The Carnivore). Trad. Didier Coupaye.
Fritz LEIBER : La Lune était verte (The Moon is Green). Trad. Didier Coupaye.
William TENN : Un système non-P (Null-P). Trad. Marcel Battin.
Horace B. FYFE : Que la lumière soit (Let There Be Light). Trad. Bruno Martin.
Walter Michael MILLER : Frère Francis (A Canticle for Leibowitz).
William TENN : La Ruée vers l'Est (Eastward Ho!). Trad. Christine Renard.
Stephen Vincent BENET : Dans les eaux de Babylone (By the waters of Babylon). Trad. Marcel Battin.
Dictionnaire des auteurs.


Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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bdelhausse
  23 mai 2015
Mon volume préféré de la série d'anthologies.
Je l'ai lu il y a près de 30 ans et j'ai toujours en tête quelques unes des histoires de fins du monde... dont celle avec le dernier train où on assiste à la destruction du monde en suivant un type qui veut rentrer chez lui et qui rate le dernier train... pas le dernier train du jour, mais bien le dernier train.
C'est dans ce volume-ci que l'ironie, le cynisme atteignent leur paroxysme. Idem pour des thèses écologistes bien avant l'heure, certaines des nouvelles ayant bien 50 ans.
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siouxie
  22 juillet 2019
Une anthologie originale qui regroupe des nouvelles d'auteurs américains de la première moitié du XX ème siècle. On est encore à une époque où, pour les nouvelles écrites dans les années cinquante, l'ennemi est le monde soviétique. Ce qui revient assez souvent dans les récits. Ces fins du monde montrent donc une humanité post catastrophe, un embrassement s'est produit et le mode est dévasté. Tantôt des humains tentent d'y survivre, tantôt c'est par les yeux d'un chien solitaire qu'on découvre le monde vidé de l'humanité. Il y a aussi des nouvelles amusantes, un homme qui fuit en famille excédé par les siens, ou d'autres assez prémonitoires, des femmes masquées qu'il ne faut surtout pas voir. On peut s'étonner aussi de certaines histoires où ce sont les nations indiennes qui ont pris le dessus, bien sûr les auteurs sont américains c'est sans doute logique.
Ce qui m'a frappée, c'est que malgré la date de composition et les allusions fréquentes à l'URSS, ces nouvelles ne sont pas démodées et par leur variété de ton et de propos nous incitent à réfléchir ou à rêver.
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kickaha
  31 octobre 2016
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   03 avril 2016
Les filles et Nugent Miller de Robert Sheckley

Nugent Miller se releva. C'était un grand gaillard long et maigre comme un jour sans pain, au visage recuit par le soleil, vêtu d'une chemisette bleue, d'un pantalon kaki et chaussé d'espadrilles. Un havresac complétait sa silhouette, de même qu'un compteur Geiger qu'il tenait à la main et des lunettes à grosse monture d'écaille. La branche gauche de ces dernières était cassée ; il l'avait rafistolé avec une allumette et de la ficelle, poussant la précaution jusqu'à renforcer le pince-nez en y enroulant du fil de fer. Les verres semblaient tenir solidement, mais il se méfiait. il était très myope et se serait trouvé incapable de remplacer un verre brisé. Il lui arrivait de faire un cauchemar, toujours le même : ses lunettes tombaient, il lançait la main en avant pour les attraper au vol, les manquait de justesse et elles disparaissaient en tournoyant dans un précipice.
Il raffermit l'aplomb de la monture sur son nez, fit quelques pas et interrogea le sol encore une fois. Il parvint à relever deux ou trois séries de traces différentes, peut-être même quatre - et à en juger d'après la nature du terrain, des traces toutes fraîches.
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paulmaugendrepaulmaugendre   10 mai 2020
Lorsque la communauté remonterait à la surface, chaque enfant bien portant prendrait une valeur inestimable, non seulement pour la survie de l’espèce mais encore pour une éventuelle reprise de la guerre contre les communistes.
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