AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782070404612
835 pages
Éditeur : Gallimard (23/04/1998)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Cette Semaine Sainte est celle du 19 au 26 mars 1815.
Le débarquement de l'île d'Elbe a eu lieu et "Bonaparte" a déjà dépassé Lyon. Louis XVIII est en fuite. Une indescriptible cohue l'accompagne, une foule de gens qui courent aussi vite qu'ils le peuvent de Paris à Béthune. C'est la Maison du Roi, la cour, les dignitaires, des maréchaux, les troupes qui sont restées loyales. La France, encore une fois, se trouve partagée en deux. Il y a la France du passé qu... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
nathalie_MarketMarcel
  09 juin 2020
Un roman gros, incompréhensible et beau.
Tout débute un dimanche des Rameaux dans un grand fouillis de militaires à Paris. Nous sommes en 1815 et c'est le baz… Napoléon vient de débarquer et remonte la France à toute vitesse, avec les garnisons qui le rejoignent les unes après les autres. Côté Roi de France, c'est la panique.
Un premier point saute au visage du lecteur : on n'y comprend pas grand-chose. Tous ces soldats et officiers portent plusieurs noms (ah la noblesse), sont désignés par leurs grands faits d'armes (entre la Révolution et l'Empire il y en a eu quelques-uns) et tous ces corps d'armée… cuirassiers, grenadiers, mousquetaires, avec leurs uniformes rutilants… Non seulement, ce n'est pas très grave de se contenter de retenir une poignée de noms propres, mais gageons qu'Aragon se paie le roman historique en costume en empilant les noms ronflants, comme un parfum d'époque.
Au bout d'une quinzaine de pages, le lecteur découvre avec enthousiasme que Théodore le mousquetaire n'est autre que Théodore Géricault ! Là, j'étais ferrée.
Et sinon ? C'est le récit d'une semaine, d'un dimanche à l'autre, la longue débandade, la fuite sans combat, la panique d'une partie de la France. Louis XVIII est en fuite, avec les Princes, son armée ou une partie d'entre elle. Un long chemin de croix qui s'égrène de Paris à la frontière belge, dans les chemins détrempés, la boue et la pluie, les voitures qui s'enlisent, les chevaux qui s'écroulent, les hommes désemparés. le lecteur est finalement moins perdu que les soldats, puisqu'il connaît, lui, la suite de l'histoire et démêle vaguement un sens à tout cela.
Les amateurs de romans historiques n'y trouveront peut-être pas leur compte (même s'il y a plein de références tout à fait exactes). Quelques grands hommes apparaissent là de façon détournée, presque par hasard, comme Lamartine. C'est qu'Aragon raconte plusieurs autres histoires. Bien sûr, difficile de ne pas penser à la débâcle de 1940, quand la fuite s'est opérée dans la même région, mais dans l'autre sens. Plus généralement, le roman raconte la déroute collective d'un pays et celle des individus, à l'heure des choix, quand tout s'effondre. Dans ceux qui choisissent Napoléon, combien soutiennent réellement l'Empereur ? Un régime autoritaire, des guerres à outrance, la police partout. Mais les souvenirs d'une geste exaltante, quand une poignée de jeunes gens ont mis l'Europe à genoux, se promenant dans tous les palais, vivant l'aventure et la fraternité. Les souvenirs de la Révolution doivent bien se frayer un chemin et pour cela il faut renverser la monarchie, la bigoterie, la noblesse. Et parmi les soutiens du Roi ? Ceux qui veulent éviter l'intervention des armées étrangères sur le sol national, la fidélité à une parole donnée, un lien avec un territoire ? Avec tout cela, les hésitations et les contradictions n'empêchent pas la sincérité.
Géricault traverse tout cela comme un jeune homme, curieux de l'être humain, cherchant sa voie, adorant surtout le cheval, comme un entre-deux dans sa courte vie.
Et comme Géricault rêve d'Italie, on sent qu'Aragon rêve De Stendhal (un auteur qui décidément transparaît dans tous ses romans). Théodore à Béthune ou Fabrice à Waterloo. Mais voici qu'Aragon s'en prend aussi à cette légende romantique : et pourquoi les jeunes gens de cette époque seraient nés trop tard pour connaître de grandes épopées ? Il est toujours l'heure de faire des choix décisifs. Avec des fulgurances qui s'ouvrent sur les années d'après 1815, Aragon donne leur place aux êtres humains libres et dignes de toutes les époques – difficile de ne pas se dire que l'auteur parle quelquefois de lui-même.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Pringles
  06 août 2014
Un chef-d'oeuvre.
Aragon met en scène la semaine du 19 au 26 mars 1815, où Napoléon revint de l'île d'Elbe, poussant Louis XVIII et les princes à un nouvel exil. Au cours de cette débâcle nous allons suivre de nombreux personnages, des monarchistes et d'anciennes figures de l'Empire rallié à Louis XVIII, mais aussi le peintre Théodore Géricault qui restera notre personnage principal. La question de l'avenir immédiat se pose pour tout ses gens et pour certains celle de savoir à qui rester fidèle. le talent d'Aragon est de ne pas juger ni de donner des leçons d'histoire mais au contraire de privilégier la pluralité et la multiplicité des points de vue. Par ce jeu d'empathie avec tous ces personnages, Aragon montre la complexité de la situation historique mais aussi que la fiction reste le procédé le mieux à même de nous la faire comprendre.
Commenter  J’apprécie          160
dechosal
  06 avril 2017
Au mois de mars 1815, le Moniteur Universel donnait successivement les nouvelles suivantes sur le retour de Napoléon en France, après son exil forcé sur l'île d'Elbe:
"— L'anthropophage est sorti de son repaire.
— L'ogre de Corse vient de débarquer à Golfe-Juan.
— le tigre est arrivé à Gap.
— le monstre a couché à Grenoble.
— le tyran a traversé Lyon.
— L'usurpateur a été vu à soixante lieues de la capitale.
Bonaparte s'avance à grands pas, mais il n'entrera jamais dans Paris.
— Napoléon sera demain sous nos remparts.
— L'empereur est arrivé à Fontainebleau.
— Sa Majesté Impériale et Royale a fait, hier au soir, son entrée dans son château des Tuileries, au milieu de ses fidèles sujets."
Ou quand la presse officielle s'adapte aux circonstances...
C'est sur cette trame que s'articule l'ultime (excellent) roman d'Aragon, au plus près de l'Histoire en marche et de ceux qui la font (ou la défont), et dans lequel, divine surprise, s'invite en personne le peintre Géricault. Caracolant en diable !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
bfauriaux
  23 décembre 2019
Un livre superbe pour moi un chef d'oeuvre tout est bon ici le rythme, le suspense l'histoire bref on se regale !Je vous le recommande chaudement !
Commenter  J’apprécie          90
FredericPreneyDeclercq
  05 mars 2020
Un gros travail d'Aragon sur cette période du retour de Napoléon et la fuite de Louis XVIII. J'ai adoré, mais je comprends que ce livre puisse rebuter certains lecteurs. Si vous adorez la période de la Restauration, je conseille.
Commenter  J’apprécie          40

Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   01 mars 2021
Il y a dans l'homme qui dort, parfois une expression de souffrance que peut-être la conscience éveillée ne fait que masquer, que la torpeur laisse remonter comme une méduse sur les eaux de la mer. Que voient ces yeux fermés, que murmure cette bouche qui s'abandonne ? Ces mouvements s'inscrivent sans nul doute dans un paysage que nous ne pouvons voir, l'épaule évite le voyageur croisé dans une forêt ou sur une route, ou c'est une prison, une église... Cet être dans le tombeau des choses, ce frissonnant cadavre, quand il ressortira de l'écume des draps, que la chambre tournera sur elle-même pour reprendre son sens et sa place, il saura que c'est lui que ce bruit désigne, mais pour l'instant ni son nom ni aucune parole humaine ne pourrait le tirer de ce profond dialogue des ténèbres où quelque chose d'inconnu vient de le faire frémir. Il appuie contre l'autre une de ses jambes violentes, sa main cherche un refuge sous l'oreiller, il a la bouche ouverte et ce n'est peut-être que pour aspirer l'air à travers les amygdales gonflées, les narines battantes, mais peut-être aussi que quelque Ondine l'entraîne au fond d'un fleuve surmonté de burgs, ou qu'il veut crier avant que les Maures n'entrent dans le défilé, ou qu'il appelle aux Enfers quelque Eurydice dont on ne voit plus voler que le voile sur les marais...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
aleatoirealeatoire   02 mars 2021
Au dehors, il y avait des rafales de vent. Ça tombait. La pluie était mêlée de neige. Il faisait froid et sale, et dans la nuit finissante, la ville au-dehors encore silencieuse, le boucan de la cour, les chevaux qui piaffaient dans les écuries, on voyait, à la lueur vacillante des torches, les enfilades de croupes grises, les canassons des mousquetaires.
Les cavaliers, casques et bonnets à poil, se séparaient pour gagner chacun son peloton, ils emplissaient la cour du quartier d'un grouillement sombre. Le jour semblait ne pas descendre encore des toits dans ce puits. Ils avaient l'air, dans leurs manteaux dont les collets remuaient un peu comme des ailes à leurs épaules, de grands oiseaux carnassiers saisissant les chevaux aux mors. Par-ci par-là, dans le petit matin obscur, des sabots jaillissait une étincelle, on sentait le pavé sous la botte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
aleatoirealeatoire   04 avril 2021
Il était minuit, les cloches rentraient de Rome, et dans les églises, juste après le 𝘎𝘭𝘰𝘳𝘪𝘢 de la veillée pascale, on découvrait les statues et les tableaux, dans la gloire des cloches qui se répondaient d'église à église, avec cette hâte de la Résurrection qui n'attend pas l'aube où Marie-Madeleine et l'autre Marie allèrent visiter le Sépulcre. Toute la chrétienté à minuit déjà renonce à cet insupportable et long silence qui a commencé le jeudi soir. Les cloches sonnent, la vie recommence. Je donnerai un autre sens aux mythes anciens. Ce ne sera pas l'Ange du Seigneur qui est descendu du ciel, avec un grand tremblement de terre, qui a roulé la pierre, et s'est assis dessus. Celui qui brille ici comme l'éclair, celui dont le vêtement n'est point blanc comme neige, c'est l'Homme, et que ceux qui portent l'épée le regardent, et en soient bouleversés ! L'Homme est ressuscité, les gardes se sont enfuis, la vie recommence, la vie de tous les jours, où il n'y a besoin de personne pour faire les miracles, où un verre et un couteau chantent comme un cantique sur une table, une main de femme suffit pour faire le jour au rideau qu'elle écarte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
aleatoirealeatoire   06 février 2021
Le mousquetaire gris, dans un mouvement d'humeur, se retourna vers Alfred, son interlocuteur. Un jeune gendarme du Roi venu s'asseoir sur le bord du lit, où lui était étendu, tout habillé, ou presque, botté, son dolman rouge dégrafé, n'ayant ôté que la soubreveste bleu roi, marquée de la grande croix blanche à fleurs de lys, et sa cuirasse dont plastron et dos se voyaient à terre dans la ruelle, appuyés l'un à l'autre comme deux mains jointes. Pour quelle prière ? [...]
Ah, il fallait se lever ! [...]
Il traînait sur les polochons des rêves attardés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
Jean-DanielJean-Daniel   13 juillet 2020
Pauvre, pauvre Berthier... amant naïf, après tant d'années toujours semblable au jeune homme qui vient de découvrir le pouvoir de faire crier une femme, toujours semblable à ces garçons qui sortent d'une alcôve émerveillés d'eux-mêmes et de la vie, et qu'on voit dans les rues désertes d'une ville lunaire dansant et chantant tout seuls !
Commenter  J’apprécie          100

Videos de Louis Aragon (110) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louis Aragon
Il vaut souvent mieux en rire qu'en pleurer, alors rigolons un peu avec Chaplin, Bourvil, Desnos, Dee Dee Bidgewater... qui nous apprennent à voir la vie avec le sourire en cette nouvelle année !
Sélectionnés parmi les trésors de l'Ina, voici les rires de Charlie Chaplin, Jean Renoir, Michel Simon, Louis Aragon, Raymond Devos... un bêtisier à la sauce France Culture pour regarder l'année qui vient avec gourmandise, et garder le sourire, en toutes circonstances.
Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/¤££¤17Louis Aragon9¤££¤6khzewww2g/?sub_confirmation=1
Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
+ Lire la suite
autres livres classés : roman historiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Aragon (difficulté moyenne)

Aragon a été journaliste dans un de ces journaux. Lequel ?

Minute
Le Figaro
Libération
L'Humanité

10 questions
116 lecteurs ont répondu
Thème : Louis AragonCréer un quiz sur ce livre