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ISBN : 2253047414
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1988)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 265 notes)
Résumé :
Pour les hommes du 231e régiment d'infanterie, les différences d'âge et de condition sociale n'importent plus. Tous sont venus s'enterrer dans les tranchées boueuses de Crouy, sous la pluie et le feu de la mitraille allemande. Leur seule certitude face aux armées ennemies: "I'faut t'nir". Barbusse fut l'un des leurs. Tiré de ses carnets de guerre, ce roman, prix Goncourt 1916, révéla à ceux de l'arrière le quotidien des poilus: leur courage, leur camaraderie, leur a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
MAXINE
  04 octobre 2017
PREMIERE MASSE CRITIQUE
Trois jours ont suffi pour lire le livre d'Henri Barbusse et voilà bientôt deux semaines que je m'évertue à écrire des critiques qui me laissent totalement insatisfaite.
Comment aborder cette oeuvre magistrale ?
Devrai-je être factuelle ? Les chiffres ne manquent pas, pour justifier le nom de « Boucherie » attribué à ce premier conflit mondial et surtout fratricide.
Pourquoi ne pas opter pour les descriptions ? À travers les lignes du soldat Barbusse, engagé volontaire en août 1914, à l'âge de 41 ans malgré une santé fragile et versé sur le front Nord de la France en janvier 1915, c'est toute une escouade qui partage son quotidien avec la France (cote 119 du Crouy – Bataille de l'Artois). Et quel quotidien ! Trois générations d'hommes venus de tous les coins du territoire, exerçant dans le civil des métiers différents, mais unis par une même envie viscérale de tenir face à l'ennemi … pour survivre et rentrer à la maison. L'ennemi, pourtant n'est pas toujours celui que l'on imagine et dans les tranchées, français et allemands ont des ennemis communs : la pluie, la boue, le froid, la peur, la faim, l'ennui.
Sous la plume du soldat Barbusse, les échanges des gars de l'escouade se gravent dans l'éternité, quand bien même ils disparaissent lors d'un assaut, ou d'une patrouille ; l'anéantissement total du village de Souchez fait prendre conscience du sens réel de ce qu'est la guerre, les soldats étendus sont aussi bien français qu'allemands et personne ne s'en félicite.
Tenir, tenir exécuter les ordres et tenir encore. Telle est la réalité de la guerre sur le terrain, celle des soldats, celle des tranchées, pas celle des généraux, pas celle des « embusqués » dans leurs bureaux, ni des civils qui rentrent eux aussi tous les soirs dormir dans leurs lits bien propres et bien chauds. Tenir pour nos enfants, pour que leur avenir soit radieux, pour leur offrir la paix. Ils y croient tous, sauf le soldat Barbusse, qui lui hurle à l'intérieur, car c'est un pacifiste et il pleure de voir tous ces humains et leurs errements, leurs espoirs erronés qui les font vivre et quelques fois confinent à l'aveuglement.
Que dire d'autres sinon que cette lecture revient sans cesse me hanter.
Que j'ai été plus sensible à ce livre qu'à celui de Erich Maria Remarque « À l'Ouest, rien de nouveau » non pas pour des raisons de qualités littéraires, mais plus probablement parce que j'ai lu le premier comme la mère que je suis et le second comme une femme, qui plus est préoccupée par le climat politique mondial.
Si des hommes ont témoigné pour les générations futures, c'est-à-dire, nous, il serait tout simplement honteux voire criminel de ne pas écouter ce qu'ils ont à nous dire et de ne pas nous en inspirer.
Je remercie sincèrement Babelio et les Éditions Archipoche de m'avoir permis de découvrir ce trésor incontournable dans une édition aussi raffinée.
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zwyns
  19 février 2015
magnifique roman de guerre s'il en est,Barbusse a bien mérité le Goncourt,roman formidable,témoignage de cette époque effroyable que peu de correspondants de guerre d'aujourd'hui sont incapables de comparer.Il y a du Hugo,du Balzac, du Zola,et d'autres encore dans ce récit.Même l'horreur en devient belle sous sa plume...Tout ce qu'il décrit nous semblons le vivre à l'instant présent et avec les mêmes émotions,voire les mêmes terreurs,les mêmes dégouts.
Mais bon sang pourquoi avoir envoyer deux masses de citoyens paisibles et industrieux à la boucherie pour des empires déliquescents.Alors que bientôt
d'autres monstres bardés d'idéologies encore plus funestes et horribles arrivaient pour leur succéder...Et ce n'est pas fini...
Je termine en citant Brel: Mais pourquoi ont-ils tué Jaurès ?






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ibon
  11 octobre 2017
Merci aux éditions Archipoche et à Babelio pour cet envoi tombé pile dans ma boîte aux lettres. Ce sont de fins artilleurs. Heureusement que ce n'est qu'un livre.
Pourtant ce livre est bien plus puissant qu'un obus. Paru en 1916, en France, en plein effort de guerre, sous la forme d'un journal, il révèle le quotidien, les drames et les horreurs d'une escouade en première ligne dans les tranchées et suggère l'absurdité du conflit quand, dans un champ de boue , Allemands et Français se confondent et s'allongent les uns à côté des autres sans discernement , à bout de force.
Céline a hurlé son dégoût de la guerre -et de la vie en général- dans son « voyage au bout de la nuit ». Mais Barbusse se met en retrait de la narration, à aucun moment il ne parle de lui et il n'expose pas une rage comme Céline. Il s'en tient aux faits d'armes de ses compagnons.
Cependant, un message subliminal est sussuré, dans le fracas de fer et de feu, qui passe à travers la censure et les lignes du front : qu'on arrête le bourrage de crâne et toute cette boucherie !
Ce prix Goncourt, de 1916, est un centenaire toujours vif dans l'action et dans le style avec des dialogues que ne renieraient pas Dard ou Audiard.
C'est un témoignage qu'il faut avoir absolument lu pour comprendre ce qui se passe sur un même endroit occupé pendant 6 mois par deux énormes armées qui s'affrontent au corps à corps après avoir labouré la terre grâce à une artillerie incessante qui mélange le sang et le fer tout en exhumant ceux que les brancardiers n'ont pu ramasser lors de la précédente attaque...
Aujourd'hui il pleut et mes habits sont mouillés. Je les ai changés. Je ne vais pas dormir dans le froid, l'humidité, les rats et la vermine en attendant l'ordre d'avancer de nuit dans un boyau le fusil à la main. Je vais revoir ma famille et je pense à Cocon, Biquet, Poterloo, Fouillade et à la multitude, dont le nom orne les cimetières militaires , et qui n'ont jamais revu la leur.
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Levant
  18 décembre 2015
En peine de décrire l'inconcevable, la plupart se sont tus.
Henri Barbusse a su trouver les mots. Il a su leur donner un sens pour exprimer ce qu'aucune imagination n'aurait pu concevoir.
Il a su écrire l'horreur des tranchées : la boue, le froid, la vermine, les odeurs nauséabondes, la peur qui glaçait le sang quand le cri du gradé commandait de monter à l'assaut.
Il a su nous parler de ces hommes fauchés par la mitraille, agonisant sans secours, des survivants qui entendaient leurs plaintes s'éteindre dans la nuit, des corps déchiquetés qui n'étaient déjà plus rien, plus que chair pourrissante, à rendre l'atmosphère irrespirable.
Il a su dire l'incompréhension de ces humbles, extirpés de leur atelier, de leur ferme, pour aller en affronter d'autres, aussi mal lotis. Il a su dire l'attente angoissée des épouses, la terreur de voir le maire du village s'arrêter devant la porte, revêtu de son costume sombre et de son écharpe tricolore.
Henri Barbusse a su écrire tout cela. Avant même que cela ne cesse. Avant même que l'abattoir officiel n'arrête sa funeste entreprise, sous couvert de patriotisme. Avant même que la folie collective ne s'éteigne. Et que renaisse l'espoir. Enfin.
La première guerre mondiale est un événement qui me fascine d'horreur. Mon imagination est dépassée par la dimension inconcevable de pareil mépris de la personne humaine.
Henri Barbusse n'a pas eu besoin d'artifice pour décrire l'horreur. Les mots de tous les jours ont suffi. Car l'horreur était le quotidien des tranchées.
Le feu. Un ouvrage qui vous prend aux tripes.

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gill
  07 juin 2012
Henri Barbusse, engagé dans les tranchées en 1914, décrit objectivement dans ce livre la vie de son escouade.
Il raconte la vision des bombardements, la fatigue surhumaine qu'engendrent les corvées, l'attente dans les tranchées, la lutte contre la pluie et la boue et la grande fresque tragique des assauts.
Cet ouvrage qui met la guerre à nue, devient le plus formidable réquisitoire contre la guerre.
Prix Goncourt 1914, ce cri de vérité, d'un grand courage, n'a pas vieilli, il est l'oeuvre d'un grand auteur pacifiste et moderne.
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Citations et extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   03 novembre 2017
Un feldwebel est assis, appuyé aux planches déchirées qui formaient, là où nous mettons le pied, une guérite de guetteur. Un petit trou sous l'œil : un coup de baïonnette l'a cloué aux planches par la figure. Devant lui, assis aussi, les coudes sur les genoux, les poings au cou, un homme a tout le dessus du crâne enlevé comme un œuf à la coque… À côté d'eux, veilleur épouvantable, la moitié d'un homme, coupé, tranché en deux depuis le crâne jusqu'au bassin, est appuyé, droit, sur la paroi de terre. On ne sait pas où est l'autre moitié de cette sorte de piquet humain dont l'œil pend en haut, dont les entrailles bleuâtres tournent en spirale autour de la jambe.

Chapitre 20 : Le feu.
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zwynszwyns   19 février 2015
Au bord du camp,une grande voiture peinte en blanc tranche sur les autres par sa propreté et sa netteté.On dirait au milieu d'une foire,la roulotte de luxe où l'on paye plus cher que dans les autres.
C'est la fameuse voiture stomatologique que cherchait Blaire.
Justement Blaire est là,devant,qui la contemple.
Il y a longtemps,sans doute,qu'il tourne autour ,les yeux attachés sur elle.L'infirmier Sambremeuse,de la Division,revient de courses ,et gravit l'escalier volant de bois peint,qui mène à la porte de la voiture.Il tient dans ses bras une boîte de biscuits,de grande dimension,un pain de fantaisie et une bouteille de champagne.
Blaire l'interpelle:
-Dis donc Du Fessier,c'te bagnole-là,c'est les dentistes?
C'est écrit dessus,répond Sambremeuse,un petit replet,propre,rasé au menton blanc et empesé.Si tu ne le vois pas ,c'est pas l'dentiste qu'il faut demander pour soigner les piloches,c'est le vétérinaire pour te torcher la vue.
Blaire,s'étant approché,examine l'installation.
-C'est barloque dit-il.
Il s'approche,hésite à engager sa mâchoire dans cette voiture.Il se décide enfin,met un pied sur l'escalier,et disparaît dans la roulotte.
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kawasukawasu   05 avril 2014
« Plus bas, dans l'océan nocturne qui remplit le ravin, le silence et l'immobilité s'accumulent. »
« La lividité de la nue blêmit et plombe les sacs de terre aux plans vaguement luisants et bombés, tel un long entassement de viscères et d'entrailles géantes mises à nu sur le monde. »
« Eudore, lui, paraît au contraire tout petit, et sa petite figure est complètement blanche, si blanche qu'on dirait une face enfarinée de Pierrot, et c'est poignant de la voir faire tache comme un rond de papier blanc parmi l'enchevêtrement gris et bleuâtre des cadavres. Un nuage de pestilence commence à se balancer sur les restes de ces créatures avec lesquelles on a si étroitement vécu, si longtemps souffert.»
« Ce ne sont pas des soldats : ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine – bouchers ou bétail. Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu'on reconnaît dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés. Ils sont prêts. Ils attendent le signal de la mort et du meurtre ; mais on voit, en contemplant leurs figures entre les rayons verticaux des baïonnettes, que ce sont simplement des hommes. Chacun sait qu'il va apporter sa tête, sa poitrine, son ventre, son corps tout entier, tout nu, aux fusils braqués d'avance, aux obus, aux grenades accumulées et prêtes, et surtout à la méthodique et presque infaillible mitrailleuse – à tout ce qui attend et se tait effroyablement là-bas – avant de trouver les autres soldats qu'il faudra tuer. »
« On voit ce qu'il y a de songe et de peur, et d'adieu dans leur silence, leur immobilité, dans le masque de calme qui leur étreint surhumainement le visage..»
« En ligne, de gauche à droite, des fusants sortent du ciel, des explosifs sortent de la terre. C'est un effroyable rideau qui nous sépare du monde, nous sépare du passé et de l'avenir. »
« … j'ai vu, çà et là, des formes tournoyer, s'enlever et se coucher, éclairées d'un brusque reflet d'au-delà. J'ai entrevu des faces étranges qui poussaient des espèces de cris, qu'on apercevait sans les entendre dans l'anéantissement du vacarme. »
« Aucun flot humain ne précède le nôtre ; en avant de nous, personne de vivant, mais le sol est peuplé de morts : des cadavres récents qui imitent encore la souffrance ou le sommeil, des débris anciens déjà décolorés et dispersés au vent, presque digérés par la terre. »
« … les cris, les exclamations sourdes, rageuses, désespérées ou bien les « han ! » terribles et creux où la vie entière s'exhale d'un coup. »
« … parmi ces campagnes cachées d'ombre, pacifiées par la mort, où les batailles font, depuis deux ans, errer et stagner des villes de soldats sur des nécropoles démesurées et profondes. »
« Il tourne à nouveau son regard sur moi. Dans sa face toute plantée de poils, dans sa face de barbet, on voit luire deux beaux yeux de chien qui s'étonne, songe, très confusément encore, à des choses, et qui, dans la pureté de son obscurité, se met à comprendre. »
« Il s'est fait tuer, il s'est fait enfin tuer, à force de faire toujours son devoir. Il a enfin trouvé la mort là où elle était ! »
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benjetpascalbenjetpascal   18 novembre 2011
Ce ne sont pas des soldats, ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine - bouchers ou bétail. Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu'on reconnaît dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés. Ils sont prêts. Ils attendent le signal de la mort et du meurtre ; mais on voit, en contemplant leurs figures entre les rayons verticaux des baïonnettes, que ce sont simplement des hommes.

Chacun sait qu'il va apporter sa tête, sa poitrine, son ventre, son corps tout entier, tout nu, aux fusils braqués d'avance, aux obus, aux grenades accumulées et prêtes, et surtout à la méthodique et presque infaillible mitrailleuse - à tout ce qui attend et se tait effroyablement là-bas - avant de trouver les autres soldats qu'il faudra tuer. Ils ne sont pas insouciants de leur vie comme des bandits, aveuglés de colère comme des sauvages. Malgré la propagande dont on les travaille, ils ne sont pas excités. Ils sont au-dessus de tout emportement instinctif. Ils ne sont pas ivres, ni matériellement ni moralement. C'est en pleine conscience, comme en plein forme et en pleine santé, qu'ils ne massent là, pour se jeter une fois de plus dans cet espèce de rôle de fou imposé à tout homme par la folie du genre humain.
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PatsalesPatsales   20 février 2016
...Voici fuser et se balancer sur la zone bombardée un lourd paquet d’ouate verte qui se délaie en tous sens. Cette touche de couleur nettement disparate dans le tableau attire l’attention, et toutes nos faces de prisonniers encagés se tournent vers le hideux éclatement.
—C’est des gaz asphyxiants, probable. Préparons nos sacs à figure.
—Les cochons!
—Ça, c’est vraiment des moyens déloyaux, dit Farfadet.
—Des quoi? dit Barque, goguenard.
—Ben oui, des moyens pas propres, quoi, des gaz...
—Tu m’fais marrer, riposte Barque, avec tes moyens déloyaux et tes moyens loyaux... Quand on a vu des hommes défoncés, sciés en deux, ou séparés du haut en bas, fendus en gerbes, par l’obus ordinaire, des ventres sortis jusqu’au fond et éparpillés comme à la fourche, des crânes rentrés tout entiers dans l’poumon comme à coup de massue, ou, à la place de la tête, un p’tit cou d’où une confiture de groseille de cervelle tombe, tout autour, sur la poitrine et le dos. Quand on l’a vu et qu’on vient dire: «Ça, c’est des moyens propres, parlez-moi d’ça! »


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Video de Henri Barbusse (2) Voir plusAjouter une vidéo

Henri Barbusse : Lettres à sa femme 1914 1917
A la Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT reçoit Xavier HOUSSIN sur le livre d'Henri BARBUSSE "Lettres à sa femme 1914-1917". Il s'agit de la correspondance de guerre de 1914 à 1917 d'H. BARBUSSE pour sa femme, où l'auteur relate son quotidien au front.
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