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ISBN : 2070356442
Éditeur : Gallimard (11/09/2008)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 22 notes)
Résumé :
« Je choisis ce qu'il y a en moi d'essentiel, d'infini et de non monnayable. Je choisis de cultiver l'esprit de finesse, les émotions délicates, les sensations patiemment tamisées, sachant que si la faim du corps, tout impérieuse soit-elle, a ses impasses, celle de l'esprit, elle, s'accorde à l'illimité, tout comme les nourritures dont il se rassasie : l'offrande ultime d'une rose de novembre, l'âcreté sensuelle d'un feu de cheminée, le nuancier d'un ciel normand, l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  28 juin 2012
«Le sensible nous promet l'infini ; il arrive même qu'il nous l'offre.» 
C'est ce que s'emploie à nous démontrer Elizabeth Barillé dans ce Petit éloge du sensible et elle y parvient parfaitement. Elle nous montre que tout est dans la façon d'appréhender le monde qui nous entoure. La sensibilité c'est sortir toutes ses antennes pour palper, jouir, goûter. Faire une soupe ou une compote demande la même exigence qu'écrire un livre.
«Le sens des mots et celui des mets mettent en oeuvre la même alchimie. Mordiller un verbe, en tirer tous les sucs, arpenter les allées du marché à la recherche de l'ingrédient juste : un seul et même combat !»
Elle défend le sensible tout de dignité face à la sensiblerie qui a envahie la société médiatisée qui est la nôtre.
Un sens diminué peut devenir un cadeau. Elizabeth Barillé a perdu l'usage de l'oreille gauche qu'elle dit être «une bénédiction cachée : «A droite, j'ai une ouïe de chien . J'entends le souffle des mers lointaines, le sifflement de la couleuvre dans les hautes herbes... Il va sans dire que mon infirmité m'interdit les raffinements de la hifi, pourtant, quand Glenn Gould joue Bach, j'entend qu'il jouit.»
Ce petit livre est un guide vers la joie, une réconciliation de l'esprit et du corps, à conserver précieusement.
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Krout
  12 mai 2015
Habituellement, les petits livres me touchent. L'économie des moyens, la sélection du mot juste, l'intensité des phrases me parlent: tout y est important. Les non-dits, les ellipses, les points de suspension sont autant d'espaces de liberté où s'engouffre mon imagination. Les petits livres peuvent se révéler les plus grands.
La fragilité d'un opuscule m'attire; irrésistiblement. Je retiens mon souffle, pour laisser la place à celui du récit. Je tourne les pages avec une délicatesse extrême de peur de les froisser. Bref, je les respectent, les interceptent, les inspectent : ma pensée s'immisce dans leurs moindres interstices. Avec les petits livres, je m'attends immanquablement confiant à un coeur à coeur plus que je ne l'espère.
Trop plein d'espérance ? Utopie poétique ? Sensibilité exacerbée ? En ouvrant Petit éloge du sensible, je n'attendais pas une plaidoirie truffée de citations comme autant de témoins irréfutables, ni une dissertation clinique taillée au scalpel de l'érudition, encore moins une anthologie ou un patchwork. A force de se cacher, une rencontre manquée. A moins que cette petite note en fin de page ...
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AmandineMM
  11 août 2011
Magnifique ! Cet éloge-ci regorge de perles, il est une perle lui-même ! Chaque ligne lue était un ravissement ! Parlant de l'expérience de l'écriture à travers ce thème du sensible et de toutes ses facettes en découlant, l'auteur propose une vision de l'écrivain qui me parle et me plaît. Un délice !
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AmandineMM
  24 décembre 2011
Avis après relecture
De manière générale, j'aime beaucoup l'ensemble de la série des Petit éloge, bien que certains se distinguent davantage et fassent partie de mes préférés (ou de mes coups de gueule, mais c'est plus rare) pour diverses raisons ; celui a un statut encore plus particulier pour moi : il est véritablement LE meilleur à mes yeux, celui que j'aime le plus dans toute la série et qui n'a jamais été détrôné jusqu'ici.
Derrière cet éloge du sensible, c'est tout un art de vivre et d'écrire que développe Elisabeth Barillé, de façon très fine et délicate, tout en saveurs et sensations. Cela commence dès les premières lignes, par un prologue en cuisine, dans laquelle se déroule une conversation entre la narratrice et une amie : d'abord dubitative, cette dernière se laisse convaincre au fil de la discussion, entrecoupée d'odeurs culinaires et de souvenirs. Selon l'auteure, qui fait appel à un très grand nombre d'auteurs qu'elle cite au cours de son éloge, la cuisine et l'écriture ne sont pas si différentes qu'on pourrait le penser, en matière de sensible. S'égrènent ensuite d'autres chapitres, assez courts souvent, où l'idée principale est un refus de la sensiblerie ambiante de notre époque, qui n'est qu'une dénaturation commerciale de la vraie sensibilité. Cela se manifeste tout au long de cet essai-témoignage par une série de comportements, de gestes et d'attention portée à ce qui l'entoure.
Un petit éloge magnifique, servi par une écriture fluide comme une caresse et délicate.
Lien : http://minoualu.blogspot.com..
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ynomra
  30 novembre 2015
livre surtout pour les femmes qui sont très sensible, ce livre nous fait découvrir que la sensiblerie n'est pas une chose dont on doit se cacher ou avoir honte, que c'est un art que l'on doit cultiver et montrer. petits texte d'auteur qui sont très agréables a lire, surtout en moment de renfermement de soi.
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   26 août 2013
-Prologue à la cuisine-

La littérature est devenue un tremplin social, et les livres, de vulgaires outils dans les mallettes des arrivistes.
-Les livres devraient être bâtis comme des maisons...
-Certains font encore preuve d'une humilité de rempailleur de chaise, généralement, ce sont les meilleurs. (...) Se lâcher, c'est à la portée de tous, alors qu'écrire, c'est faire preuve de contrôle, juger ses pensées, peser ses mots. Inventer un langage, son langage. Poser sa voix. Ce n'est pas si simple...

(...)-Crois-tu qu'on cesse d'écrire dès lors qu'on lâche son stylo ? Les livres ne jaillissent pas tout cuits des cervelles ! Ils procèdent de l'inespéré, de l'inattendu...(p.20-21)
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nadejdanadejda   22 juin 2012
Etre libre, c'est s'affranchir des biens tarifés, des plaisirs négociables, c'est réduire sa consommation, réduire ses besoins, aiguiser ses émotions.
(...)
S'affranchir, c'est courir la chance d'atteindre la joie.
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nadejdanadejda   22 juin 2012
Ecrire : persévérer dans une obstination déraisonnable, s'enraciner dans d'immobiles errances. L'évidence même pour Ezra Pound ...
"Immobile étais-je, arbre parmi les arbres
Sachant la vérité des choses jusqu'alors ignorées"
Le matin, j'entends les oiseaux ; le soir le silence.
J'entends aussi des fantômes. J'écris sous leur dictée.
Ecrire, pour moi, c'est vivre en paix parmi les ombres.
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fanfanouche24fanfanouche24   26 août 2013
-Exister contre-
Tout art est solitude (...) Ma demi-surdité m'avait ouvert la voie. Solitaire, je l'étais par décret de nature.
Le difficile ne fut donc pas d'entrer en solitude, ce fut de m'opposer à ceux qui voulaient m'en chasser, pour mon bien qui plus est. Ma mère demandant au Bon Dieu ce qu'elle avait fait pour mettre au monde une fille qui n'aimait guère s'y mêler. (...)
Le plus ardu, et je le confesse ici, ce fut de livrer bataille contre mon cœur, de faire comprendre aux quelques êtres qui le faisaient battre plus vite, que la solitude m'était source vive, qu'elle passait avant tout. (...)
Ecrire, c'est résister sans cesse. Ecrire, c'est exister contre. (p.52-53)
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fanfanouche24fanfanouche24   26 août 2013
-Féconde surdité-
Oui, c'est ainsi qu'aujourd'hui m'apparaît ma surdité. Je lui dois la solitude, cette royauté secrète. Je lui dois de m'avoir éloignée des tentations communautaires, des pantomimes mondaines, des amitiés volatiles, pour me permettre en demeure d'embrasser l'isolement fécond. Serais-je devenue écrivain sans cette infirmité ? (p.46)
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Videos de Elisabeth Barillé (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elisabeth Barillé
Elisabeth Barillé - "Un amour à l'aube" et "Une légende russe" A l'occasion de la première édition du salon Russkaya Literatura qui s'est tenue les 7-8-9 novembre à l'Espace des Blancs Manteaux à Paris, rencontre avec Elisabeth Barillé autour de ses ouvrages "Un amour à l'aube" aux éditions Grasset.
Dans la catégorie : EssaisVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Essais (404)
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