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EAN : 9782070340859
144 pages
Éditeur : Gallimard (04/01/2007)
2.81/5   13 notes
Résumé :

" J'écris à l'écran, je n'ai plus besoin de toucher pour sentir, j'effleure seulement. Mon écrit est de la graine de traces. Il est eau. L'écriture aujourd'hui, moderne poétique de la peau, n'écorche plus le papier. Fi des parois scarifiées. Elle se tient loin du manuscrit, du parchemin, de cette peau de veau mort-né, encore sanguinolente, dont le vélin tira sa palpitante origine. Elle n'est plus une é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bellisa55
  07 avril 2015
Franchement pas mécontente d'en avoir fini avec cet essai qui, malgré sa brièveté, m'a donné bien du fil à retordre.
Ce n'est pas qu'il soit dénué d'intérêt. Loin de là. Régine Detambel, kinésithérapeute de formation, examine la peau sous toutes ses coutures pour nous en dévoiler les mille et une facettes. Elle expose, pour ce faire, ses pensées personnelles mais étoffe également son propos par d'abondantes références culturelles considérablement variées ; références religieuses, philosophiques, historiques, scientifiques, artistiques. Elle évoque ainsi Balzac qui avait la sensation de perdre une pellicule de sa peau chaque fois que Nadar le photographiait ; nous rapporte une histoire du conteur Pu Songling dans laquelle il est question du plus terrible des supplices chinois, le lingchi, "écorchement glaçant et lent" ; nous explique les différentes expériences du toucher selon Maurice Merleau-Ponty ; nous invite à nous interroger sur la symbolique des tatouages à travers la célèbre nouvelle de Tanizaki ou les rencontres réalisées par Melville au cours de ses voyages La liste est longue et constitue une véritable mine.
Non, vraiment, ce n'est pas le fond qui a rendu ma lecture laborieuse mais bien la forme. La plume de Régine Detambel m'a quelque peu déconcertée. J'ai parfois trouvé son style puissamment poétique - il est clair que chaque mot est pesé - mais, ce dernier, m'a, malheureusement, aussi semblé très souvent pesant, pour ne pas dire oppressant. le sujet a minutieusement été fouillé mais développé de façon trop fragmentaire et décousue à mon sens.
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AmandineMM
  11 août 2011
C'est certainement celui sur lequel je suis la plus partagée pour le moment. D'un côté, je trouve certains passages très beaux, et d'un autre, il me manque une cohérence. J'ai l'impression d'un mélange de textes rassemblés très arbitrairement en chapitres sans que j'y trouve une unité. Dans d'autres éloges, ça ne m'a pas dérangée, mais dans celui-ci, si : c'est trop décousu, divers.
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gdesh
  03 décembre 2013
le titre du livre est prometteur
mais je suis insensible à sa volonté poétique et je me suis trop ennuyé pour continuer à le lire
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
PartempsPartemps   01 décembre 2020
Caresse : réflexion et coïncidence des peaux tangentes. L’épaisseur de la chair entre toi et moi n’est pas un obstacle entre nous. L’amour lance des ramifications entre le dehors de ton monde et le dedans du mien. Je n’ai même pas à sortir de moi pour t’aimer.

Tu me tapisses. Ma peau est au cœur de ce que je veux voir de toi. Où mettre la limite entre toi et moi puisqu’il y a insertion réciproque et entrelacs de l’un dans l’autre ? Puisque je suis désormais prise dans tout ce que je peux voir de toi. Je ne verrai jamais l’intérieur de ma peau — ses membranes secrètes — mais je sais qu’il se dessine dans la vision que mes mains ont de toi.



Les corps qui s’attirent ne vont jamais jusqu’à se fondre. Si je suis toujours dans le désir de toi, c’est que je ne te possède jamais tout entier dans mes mains. Car, pour t’accueillir pleinement dans ton être tangible, je suis toujours du même côté de ma paume. Et n’ai d’ailleurs de moi-même à t’offrir que cette perspective invariable.

*

La caresse est l’ensemble des cérémonies qui incarnent autrui.

*

Autrui me donne ce qu’il n’a pas, ma chair à moi. Et je lui donne ce que je n’ai pas : sa chair à lui.

*

Faire l’amour : sentir, faire sentir et sentir que l’on fait sentir.

*

Dans la caresse, rien ne s’oppose. La peau n’y résiste pas. Au contraire, le déroulement d’une éternelle percevante, en renouvellement continu, et qui n’en finit pas de se déployer sous les doigts d’autrui. Dans la caresse, l’éphémère n’en finit pas. Il faut inventer pour elle l’imaginaire du vent. La caresse serait vent-couleur, vent-saveur, vent-résonance. Un invisible sans opacité, à la limite du sensible et qui épouse l’appel de l’air emprisonné sous l’autre paume : un souffle-image.

*

Une vie ne remplit pas une peau, elle n’achève pas un épiderme. Non finito. Tes caresses n’en finiront jamais de dessiner ma peau. Car elle est toujours forcément esquisse, maintenue au plus près de son invention, dans la tension de ce surgissement. Elle déborde le monde de tous côtés. Inachèvement justifié car la perception elle-même de mon corps, sur la page du monde où tu vis, n’est jamais finie.
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   14 novembre 2020
Une vie …



Une vie ne remplit pas une peau, elle n’achève pas un épiderme. Non finito. Tes caresses n’en finiront jamais de dessiner ma peau. Car elle est toujours forcément esquisse, maintenue au plus près de son invention, dans la tension de ce surgissement. Elle déborde le monde de tous côtés. Inachèvement justifié car la perception elle-même de mon corps, sur la page du monde où tu vis, n’est jamais finie.
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fanfanouche24fanfanouche24   28 janvier 2015
L'être qui t'aime et l'être qui veut te tuer crient la même chose: j'aurai ta peau. (p.12)
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fanfanouche24fanfanouche24   23 janvier 2015
C'est que la caresse n'est pas simple effleurement: elle est façonnement. En caressant autrui, je fais naître sa chair par ma caresse, sous mes doigts. La caresse est l'ensemble des cérémonies qui incarnent autrui. (p.125)
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coco4649coco4649   14 novembre 2020
Dans la caresse…



Dans la caresse, rien ne s’oppose. La peau n’y résiste pas. Au contraire, le déroulement d’une éternelle percevante, en renouvellement continu, et qui n’en finit pas de se déployer sous les doigts d’autrui. Dans la caresse, l’éphémère n’en finit pas. Il faut inventer pour elle l’imaginaire du vent. La caresse serait vent-couleur, vent-saveur, vent-résonance. Un invisible sans opacité, à la limite du sensible et qui épouse l’appel de l’air emprisonné sous l’autre paume : un souffle-image.
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Vidéo de Régine Detambel
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