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ISBN : 2266217488
Éditeur : Pocket (19/02/2011)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 256 notes)
Résumé :

Une terre de légendes : l'Irlande.
Un descendant de roi, chef rebelle en fuite Hugh O'Farran. Une jeune sauvageonne au prénom étrange : Griselda... Griselda qui rêve, en cette fin du XIXe siècle, d'un destin extraordinaire loin de cette île de Saint-Albans où elle vit avec ses quatre sœurs et ses parents...
Voici les personnages principaux d'un magnifique roman d'amour inspiré d'une histoire vraie. Une histoire qui pourrait commencer par "Il ét... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
domisylzen
  11 novembre 2016
Un roman de Barjavel qui n'est pas de la science-fiction ? Rare, très rare. Quoique il y a tout de même un p'tit côté conte.
Après une brève description, il y a mille ans, des amours de Foulque avec une femme aux traits de licorne qui donnera la lignée des Plantagenet, les auteurs nous propulsent en Irlande au dix-neuvième siècle. Sir Johnatan construit sa maison sur une petite île, Saint Albans. Dans ces temps difficile que connaît le pays, il réussira à réunir catholiques et protestants pour que tous surmontent cette crise. Lorsque Sir Johnatan sera à l'agonie, ils mettront leurs forces en commun pour construire cette digue afin qu'il puisse mourir chez lui. Laissé à l'abandon quelques temps, cette maison reprendra vie avec son fils, Sir John, sa femme, leurs cinq filles et quelques serviteurs.
Un roman ou transpire l'amour à tous les niveaux, avec des mots simples les auteurs nous décrivent les relations entre les personnages ou avec les éléments, Dieu ou les animaux entre autre. Les deux propriétaires successifs sont plein d'humanité, de respect, d'amour pour leurs proches, pour les gens avec lesquels ils travaillent, rare sont les livres qui décrivent si bien ces sentiments. Un petit bémol sur deux ou trois phrases au sujet des femmes qui ont redescendu ma note à quatre.
Pour finir sur une note positive, c'est surtout un roman avec pour trame de fond, un amour incommensurable pour cette magnifique île qu'est l'Irlande.
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Elamia
  28 février 2015
Une envolée lyrique vers l'Irlande, terre de légendes et de mystères, que l'on prend plaisir à savourer, jusqu'à la dernière page.
Suite à ma déception concernant l'Enchanteur, je n'avais qu'une hâte, donner une seconde chance à Barjavel. C'est tout naturellement que je me suis tournée vers cet ouvrage, remarquablement apprécié et traitant d'un sujet que j'adore : l'Irlande. Chose qu'il est difficile de croire lorsque l'on regarde les couvertures choisies au fil des éditions, qui ne rendent définitivement pas honneur au roman. Sans parler de la dernière en date, très racoleuse, à laquelle il ne faut absolument pas se fier, sous peine de passer à côté d'un univers incomparable. C'est une lecture évidente, pour celles et ceux qui s'intéressent de près ou de loin au XIXème et à l'Irlande, ou pour les adeptes de jolies romances, mais je pense sincèrement qu'il peut plaire à tout le monde tant il est exceptionnel de par sa forme et son fond.
Encore une fois, je n'ai rien à dire concernant le style, simplement irréprochable et vraiment unique. Co-écrit avec Olenka de Veer on ressent tout de même l'expression et la patte si particulière de Barjavel. Si comme dans l'Enchanteur, le thème principal du roman est l'amour sous ses diverses manifestations, Les dames à la licorne a su davantage m'atteindre et m'émouvoir. Barjavel y amorce ses premières réflexions concernant le légendaire Merlin et sa relation avec la dame du lac, Viviane. Mais si ce livre m'a tant plu, c'est parce qu'il s'inscrit avant tout dans un univers tangible, et qu'il met en scène des personnages plus vrais que nature, vraisemblablement les ancêtres d'Olenka de Veer en personne. A travers ce roman, j'ai eu l'impression de traverser les siècles, d'être véritablement propulsée en Irlande, tant les lieux, le climat, l'atmosphère, sont palpables. Les paysages, les caprices de la mer et du vent, la vie sauvage, les vallons et les collines, les contes folkloriques, font partie intégrante de l'histoire. C'est un pays qui a beaucoup à offrir, contrée mystique et verdoyante, qui inspire la fascination et l'émerveillement. Mais c'est aussi comme le rappelle si bien les auteurs, une terre meurtrie, qui a connu les affres de la famine, qui pendant des siècles, fut mise à mal par les conflits et le joug de l'Angleterre.
Outre cette ode émouvante à l'Irlande, Barjavel a aussi ce talent incomparable pour conter les sentiments et la passion qui anime les êtres. A travers le quotidien d'une famille des plus ordinaires, exilée sur l'île de St Albans, il brode les destins si radicalement opposés de cinq soeurs. Chacune, sous forme d'une révélation, trouvera l'amour à sa manière.
Je dois avouer, que le début m'a paru un peu long. Si j'ai beaucoup aimé l'évocation du Moyen-Âge et de la fameuse licorne, la suite concernant l'aïeul de la famille, Johnatan Green, m'a légèrement ennuyée. En effet, les auteurs prennent le temps de mettre en place le contexte, je ne les en blâme pas, cela nous permet d'apprendre l'existence particulière de la demeure familiale sur l'île d'Albans. Ils reviennent également sur des évènements historiques importants qui ont marqué l'Irlande à jamais, comme la grande famine qui sévit de 1845 à 1850 environ et qui décima le tiers de la population irlandaise. Il est vrai que le développement historique et ce retour en arrière est essentiel pour mieux appréhender le récit et véritablement s'imprégner de l'essence même du livre. Heureusement, une fois les 90 premières pages passées, le récit décolle vraiment. J'étais très heureuse de rentrer dans le vif du sujet, et de faire connaissance avec la nouvelle génération, celle de Griselda et de ses soeurs. On ne s'attarde pas beaucoup sur leur enfance, à peine évoquée par bribes de souvenirs distillés par ci, par là. Bien que Griselda soit à l'évidence l'héroïne véritable de cette histoire, dans un premier temps, je me suis prise d'affection pour l'une de ses aînées, Helen. Elle me paraissait être la plus ouverte d'esprit et la plus curieuse de découvrir la nature et les charmes environnants. Elle s'adapte et se contente assez bien de cette vie en autarcie sur l'île. Malgré son âme scientifique -puisque elle est la seule à assister son père dans ses travaux de recherche-, elle accepte les explications mystiques et les théories de la servante Amy concernant le Petit Peuple. Si Helen a eu d'emblée ma préférence, ce sentiment s'est bien vite dissipé, puisque par la suite, Griselda et sa fabuleuse histoire d'amour accapare toute l'attention. Quant à Amy, c'est également une figure à part entière, irlandaise d'origine elle a grandi et vécu avec les mythes du folklore celte, et n'hésite pas à faire des offrandes de nourriture pour rassurer les créatures invisibles habitant sur l'île. A l'inverse des domestiques que j'ai tendance à trouver trop effacés, ou sans grande importance, Amy a vraiment une personnalité singulière, et a de nombreuses choses à nous apprendre. Mais ce n'est pas la seule à changer la donne, car Molly a elle aussi un coeur en or, et sa complicité avec Griselda est réellement touchante.
Au sujet de cette dernière, si tout le monde s'accorde à dire qu'elle est la clé de voûte du récit, j'avais l'impression d'être la seule à ne pas avoir d'atomes crochus avec elle. Elle a un tempérament vif, qui dénote assez avec celui de sa famille, a soif d'aventures, et je n'ai pas ressenti un véritable attachement de sa part à son île natale. Assez indépendante dans sa vision de l'amour, je gardais donc de la distance avec ce personnage. Mais j'ai bien vite changé d'avis, tant sa relation avec Shawn est attendrissante -et divertissante-. Telle Griselda, j'attendais avec impatience les moments où l'automobile arriverait en caracolant pour m'emporter vers des chemins et des endroits mystérieux.
Nous retrouvons également en la personne d'Augusta, l'une des figures familières des romances du XIXème, à savoir, la tante autoritaire, qui ne jure que par le mariage, et qui souhaite chapeauter tout son monde. Un caractère qui ne manque pas d'originalité et de verve, contrairement à son mari qui est assez indolent. Concernant le père de la famille, John, j'aurais tendance à le comparer à Monsieur Bennet, d'Orgueil et Préjugés. J'ai retrouvé en lui cette bienveillance caractéristique à l'égard de ses filles, il ne souhaite pas les voir partir, et encore moins pour une simple raison de dot. D'une manière générale, les personnages sont tous très intéressants à suivre, que ce soit dans leurs sentiments exacerbés ou discrets, dans leur façon d'agir ou même, dans leur nonchalance.
Quoiqu'il en soit, comme le titre le laisser présager, ce roman fait honneur aux dames, car les hommes que ce soit, John, Ambrose, Shawn ou Ed Laine sont finalement assez effacés et en retrait. le récit est donc en grande partie porté par des femmes aux personnalités et aux souhaits différents, mises en scène ici de manière authentique dans leur quête du bonheur.
C'est un sublime roman que nous ont offert Barjavel et Olenka de Veer. Un récit poétique, qui prend le temps de se savourer, qui nous fait découvrir toute la beauté et le charme de l'Irlande à travers son folklore, ses traditions, son histoire et ses mythes. mais aussi et surtout à travers la magnifique histoire entre une lointaine descendante de la licorne et son chauffeur qui va l'aider à guérir et lui apprendre ce qu'est l'amour véritable...
Un récit qui m'a bercée, qui m'a fait rire, qui m'a émue, qui m'a fait voyager vers cette contrée pleine de promesses et de paysages merveilleux. Mais qui m'a également fait prendre conscience, plus que jamais, de la douleur et des tragédies dont l'Irlande fut la victime. Des personnages attachants, plus réalistes que nature, une atmosphère palpable, emplie de mysticisme, une prise de conscience brutale et sensible sur le passé de l'Irlande, rendent cette lecture inoubliable. En somme, un livre que je relirai avec plaisir au fil du temps et à qui j'accorde désormais une place de choix dans ma bibliothèque.
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kuroineko
  21 avril 2013
Par de simples mots mis bout à bout, René Barjavel tisse un puissant charme envoûtant avec ces Dames à la Licorne.
L'intrigue débute au Moyen Age, dans le duché d'Aquitaine, alors sous domination anglaise. On découvre le beau Foulque, de qui va s"éprendre la mythique licorne, sous les traits d'une splendide jeune femme. de leurs amours va découler une lignée d'importance pour toute L Histoire européenne: les Plantagenêt.
Mille ans plus tard, on retrouve les héritiers du sang de la licorne et du lion avec les cinq filles de sir John. La famille réside dans l'île de st albans, sur le littoral ouest de l'Irlande. Même si Barjavel concentre son attention plus sur Griselda, la plus exaltée et la plus "irlandaise" des soeurs, les quatre autres sont parfaitement individualisées et on suit avec intérêt les penchants et aspirations de chacune.
Quant au contexte historique, nous sommes au XIXème siècle. L'Irlande vit sous la férule de Londres et des "colons" protestants installés depuis la politique colonisatrice des XVII et XVIIIème siècles. Cette période marque les débuts de l'opposition au pouvoir en place. Les Fenians, combattant pour la liberté et l'indépendance irlandaise, prennent les armes et démarrent une campagne de guérilla.
Barjavel donne également à voir la tragédie de la famine issue de la maladie de la pomme de terre.
Enfin, il décrit avec beaucoup de poésie et de subtilités les beautés et les magies de l'Irlande. La nature devient un personnage à part entière, entre un rayon de soleil et deux brusques averses. Les nuages dansant dans un ciel mouvant et capricieux forment autant d'auspices pour Griselda. le fantastique et les légendes ne sont jamais très loin, soutenus par la vieille cuisinière au savoir ancestral et Waggoo le renard à queue blanche réfugié sur l'île.
Avec ce roman, je me suis sentie transportée au sein d'un mirage merveilleux. le style enchanteur de Barjavel rend la lecture fluide et les pages finissent par fondre toutes seules. Il rend un beau et vibrant hommage à l'irlande et à ses combattants de la liberté.
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Melisende
  30 janvier 2014
Cinquième relecture – au moins –, je me sens particulièrement attachée et proche de ces Dames à la licorne ; tant et si bien que je place régulièrement ce titre de René Barjavel au rang de livre préféré. Lorsque Cali et Tsuki m'ont annoncé qu'elles aimeraient le découvrir, j'étais impatiente et fébrile. Je redoutais qu'elles n'apprécient pas mais, bonne nouvelle, elles ont lu – dévoré – cette histoire plus rapidement que moi ! Les échanges d'impression – en live ou presque – m'ont enchantée et m'ont permis de vivre une nouvelle expérience avec ce livre.
Les lectures passent mais m'apportent encore et toujours beaucoup de bonheur. Je découvre à chaque fois de nouvelles émotions et me sens proche de différents personnages selon les périodes de ma vie. Je ne me lasse pas des Dames à la licorne et c'est ce qui en fait un de mes livres cultes.
Ne vous fiez pas à toutes ces illustrations de couverture plus immondes les unes que les autres, pas vendeuses pour un sou et qui ne s'arrangent malheureusement pas au fil des années (la publication d'origine chez Les Presses de la Cité date de 1974 et c'est sans doute la "moins pire" de toutes). Les Dames à la licorne c'est l'histoire d'une minuscule île irlandaise et de tous ses habitants successifs. C'est l'histoire d'une terre balayée par la pluie et le vent qui, malgré toutes les difficultés et les obstacles – notamment anglais, n'oublions pas que le conflit anglo-irlandais dure depuis des siècles et des siècles ! – va toujours réussir à s'en sortir, presque toujours avec le sourire.
En cette deuxième moitié de XIXe siècle, la campagne irlandaise est habillée de quelques minuscules chaumières pauvres abritant des familles entières, et de champs de pommes de terre qui bravent tant bien que mal la maladie. Les paysans irlandais n'ont rien, tout ce qu'ils possèdent appartient aux occupants anglais et malgré la famine qui décime le pays, les denrées cultivées partent par bateaux entiers vers l'Angleterre.
Derrière la(les) romance(s), René Barjavel et sa co-auteure Olenka de Veer, n'oublient pas de planter le décor. Historiques ou géographiques, les éléments sont là et nous transportent dans l'Irlande du XIXe siècle. On souffre pour ces paysans dépossédés de tout et surtout – et c'est une habitude chez Barjavel – on se croit sur place, auprès des personnages.
La météo irlandaise n'a plus de secrets pour le lecteur après la découverte des Dames à la licorne et nul doute que nombre d'entre eux auront ensuite envie de se balader au milieu des vertes contrées, près des cotes Atlantiques escarpées et de visiter les vieilles forteresses et les dolmens millénaires. Si j'avais déjà l'Irlande bien ancrée dans la tête avant ma toute première découverte de ce livre, je l'ai depuis, complètement dans la peau. Les relectures successives des Dames à la licorne sont toujours un intense voyage vers ce pays que j'aime d'amour.
Si la campagne irlandaise de la deuxième moitié du XIXe siècle ne vous parle pas, peut-être trouverez-vous un intérêt aux aventures des nombreux personnages ?
Les deux auteurs débutent la généalogie familiale très tôt, au milieu du Moyen Age, lors de la première rencontre de Foulques avec la licorne. S'en suit une énumération assez intense et condensée de leurs descendants jusqu'à ceux qui nous intéressent dans le "présent de narration".
Cali et Tsuki ont été effrayées par ces premiers chapitres a priori indigestes, soulignant qu'elles n'avaient rien retenu. Je pense qu'il ne s'agit pas ici de retenir le moindre détail mais plutôt de percevoir l'accumulation et la présence de la licorne (et donc de sa magie) au fil des siècles, dans de nombreuses familles, jusqu'à son arrivée en Irlande.
De ses descendants, Barjavel et Olenka de Veer s'attachent surtout à Sir Jonathan qui, le premier, vient s'installer sur la petite île avec son épouse. de son amour pour sa terre et ses habitants naissent une grande maison blanche battue par les vents et un grand respect envers les paysans irlandais qui le lui rendent bien. Sage un peu loufoque, Jonathan apporte la paix sur l'île et les environs. John, son fils, trouve le temps entre deux études de vieilles pierres, d'épouser la jeune Harriet, anglaise effrayée par l'aridité de l'Irlande. Elle suit malgré tout son mari sur cette île perdue au milieu de nulle part, créant un nid douillet pour sa famille, oubliant les superstitions et évènements surnaturels qu'elle ne peut accepter, en bonne anglaise qu'elle est.
De ce couple étrangement assorti naissent cinq filles (Alice, Kitty, Griselda, Helen et Jane) aux tempéraments et destins diamétralement opposés. C'est ce que nous proposent de découvrir les deux auteurs dans la majeure partie du texte, mettant surtout l'accent sur l'une d'entre elle, la plus indisciplinée et sauvage de toutes : Griselda. Indomptable, la jeune fille rêve d'aventures et surtout de liberté.
Pour résumer en un seul mot toutes les intrigues de ce roman : l'Amour, avec un grand -A. L'Amour d'un homme, l'Amour de sa famille, l'Amour de son prochain, l'Amour de Dieu, l'Amour de son pays, l'Amour du Savoir... Tous les personnages se battent pour l'Amour de quelqu'un ou de quelque chose ; tous sont passionnés, animés par la force de ce sentiment.
Et ce qui fait la force de ces Dames à la licorne, c'est la plume si particulière de René Barjavel qui retranscrit parfaitement l'intensité des émotions des personnages, notamment celles de Griselda.
C'est palpable, c'est fort. A chaque fois je ne me contente pas de lire les aventures des personnages, je les vis avec eux. Combien de fois ai-je imaginé les scènes vécues par Griselda ? Alala... Shawn, la voiture, les balades au milieu de la campagne irlandaise, l'angoisse de l'engagement et de l'emprisonnement puis la peur d'avoir perdu (ou de perdre l'autre) définitivement... Toutes les émotions sont là, parfaitement décrites, sensuellement décrites. Quand je dis "sensuellement", c'est parce que Barjavel fait appel à nos sens pendant la lecture. Derrière un style très poétique, il transforme ses lecteurs en acteurs et c'est ce qui rend cette lecture si intense.
Par contre, il n'y a pas de demi-mesure ici : soit on adhère à la plume soit on y est allergique. Je comprends parfaitement qu'on puisse ne pas être sensible à ce style particulier ; pour ma part, je n'ai encore jamais trouvé une plume qui me touche autant (même Jane Austen !).
Tout me plait dans ce titre, je me sens particulièrement en adéquation avec le personnage de Griselda et j'adore voyager en Irlande grâce à lui. Peut-être pas le meilleur de Barjavel pour la plupart des lecteurs mais c'est, pour moi, celui qui me ressemble – et donc me touche – le plus.
L'aventure continue dans deux autres romans (deux autres « tomes ») : Les Jours du monde écrit conjointement par Barjavel et Olenka de Veer et La Troisième licorne, rédigé uniquement par cette dernière. le premier est dans ma PAL (il faut que je le lise absolument), le second est difficilement trouvable… mais je ne désespère pas !
Un téléfilm français a été tourné au début des années 80... mais impossible de mettre la main dessus ! Si j'avais vous avez un bon plan à ce sujet, contactez-moi !
Petite anecdote en plus : un peu avant mes 15 ans, je me faisais tatouer une licorne dans le dos (le motif était alors une évidence). Environ un an plus tard je découvrais pour la toute première fois Les Dames à la licorne. Amusant non ?
Lien : http://bazardelalitterature...
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Ode
  01 août 2012
Il est des livres dans lesquels j'aime me replonger, pour retrouver une ambiance, une sensation ou un personnage particulièrement attachant. Les dames à La Licorne, merveilleuse histoire d'amour en terre irlandaise, fait résolument partie de ceux-là.
« Foulques, premier comte d'Anjou, dit d'abord le Roux, puis le Plante-Genest rencontra la licorne le deuxième vendredi de juin de l'année 929 ». Et celle-ci, prenant l'apparence d'une femme, l'épousa et lui donna un fils.
« Près de mille ans » et bien des tragédies plus tard, à la fin du XIXe siècle, l'ombre attentive de la licorne veille toujours sur la descendance de Foulques. Et en Irlande, l'île de St-Albans qui abrite la maison construite par Sir Johnatan Greene, attend de servir le destin de ses héritiers. le retour de Sir John Greene dans la maison paternelle, avec son épouse Harriet et ses cinq filles (Alice, Kitty, Griselda, Helen et Jane), réveille la magie de l'île. Sous ses enchantements, l'amour va s'épanouir : sage comme l'inclination d'Helen pour le savant Ambrose, ou flamboyant comme la passion de Griselda pour le mystérieux Shawn…
Ecrit en 1974, ce roman s'inspire d'une famille ayant vraiment existé car Olenka de Veer, co-auteur avec René Barjavel, se présente comme l'arrière-petite-fille d'Helen et d'Ambrose. Il offre aussi de bonnes références historiques, en particulier sur la grande famine de 1850 en Irlande. Mais il a surtout la saveur d'un conte car ici les mystères d'antan coexistent avec le monde réel. Sur l'île, la végétation et les animaux – tel Waggoo le renard malicieux - participent du destin des personnages, donnant une profondeur fabuleuse à leurs aventures. La nature et les légendes d'Irlande, ainsi que l'imaginaire arthurien sont mis à l'honneur par la plume imagée et délicate de René Barjavel, aussi habile à peindre les paysages que les sentiments. D'ailleurs, l'intensité de l'amour qui unit Griselda et Shawn n'est pas sans rappeler le couple mythique de la Nuit des Temps. Quant à la thématique de Merlin et des chevaliers de la Table Ronde, Barjavel la reprendra 10 ans plus tard, comme sujet central de son roman l'Enchanteur, presque aussi délicieux que Les dames à la Licorne.
Une très belle lecture, donc, comme un rêve qui nous emporterait loin dans le temps, l'espace et la féérie, auprès de Griselda en son jardin merveilleux. Avec une différence notable cependant : ce rêve-là ne s'évanouit pas au matin. Il reste à portée de main et on peut le recommencer autant de fois qu'on veut.
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots   08 janvier 2013
FOULQUES, premier comte d'Anjou, dit d'abord le Roux, puis le Plante-Genest, rencontra la licorne le deuxième vendredi de juin de l'année 929 et toute l'histoire de la France, de l'Angleterre, de l'Irlande et de Jérusalem en fut changée. Et aussi, à cause de l'Irlande, celle des États-Unis, qui reçurent tant d'Irlandais bannis, jusqu'à la grande revanche de John Kennedy. Et, par ce dernier et la lointaine licorne, l'histoire de la Lune fut changée aussi.
Foulques avait trente et un ans. Il était grand, large, fort et souple. A cette époque, la race des hommes du bout de l'Europe était petite. Dans une assemblée, Foulques dépassait chacun de la tête et du cou. Il avait la tête ronde et les longues boucles du lion, les yeux et les cheveux couleur d'ambre. Il ressemblait au héros Vercingétorix dont le portrait circulait encore au fond des forêts sur des pièces d'or usées par les siècles. Les bûcherons disaient qu'il était le fils de ses fils. Vercingétorix était beau, mais Foulques plus encore. Quand il passait dans le soleil, ses cheveux devenaient rouges comme le feu.
Ce fut ainsi que la licorne l'aperçut pour la première fois, alors qu'il traversait une clairière du bois d'Anjy, sur un grand cheval de même couleur que lui, à l'automne de Tannée 928. Il venait de perdre sa femme Ermenge qui lui avait donné deux fils. Il en éprouvait une grande peine qu'il cherchait à cacher, car lui-même en avait honte. Il lui arrivait de quitter brusquement la compagnie, de sauter à cheval, et de se mettre à courir les labours ou de s'enfoncer dans les futaies comme un cerf poursuivi par les chiens.
Ce jour-là un vent d'orage le suivait, arrachait les feuilles jaunies et rouillées, et les jetait derrière lui en traîne déchirée. Quand il traversa la clairière, brusquement, le soleil perça les nuages, et le cheval et le vent s'arrêtèrent. Foulques leva son visage vers le ciel comme pour y trouver un espoir ou une réponse. Le soleil fit flamber ses cheveux, et les feuilles devenues oiseaux d'or et de flamme tournèrent doucement autour de lui. Les arbres tendaient vers le soleil leurs branches dépouillées où s'accrochaient encore des lambeaux de splendeur. Toute la clairière était comme un grand feu de joie et de regret, dont le soleil avait allumé la beauté, et qui la lui offrait.
Au centre de toutes les flammes, le Roux sur son cheval roux, immobile dans sa blouse de cuir, gardait son visage tourné vers le ciel. Et dans ses yeux brillaient des larmes.
La licorne le vit ainsi, dans sa douleur et sa fidélité, et dans la gloire du soleil. Elle était tournée vers lui, debout au pied du seul arbre qui n'eût pas été touché par l'automne, un cèdre qui poussait depuis deux cents ans. Sa tête dominait la forêt et les saisons. A l'abri de ses branches basses, dans son amitié, la licorne rayonnait de blancheur pure. Sa robe blanche sans mélange ne recevait ni l'ombre ni les reflets.
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OdeOde   31 juillet 2012
La licorne s'arrêta et se retourna. Le Roux sur son cheval, immobile, la regardait. Le soleil flambait à travers ses cheveux. Il vit les yeux bleus de la licorne pâlir et tout son corps devenir clair comme le croissant de lune qu'on devine au milieu des jours d'été dans le ciel. Puis elle s'effaça entièrement, et Foulques ne vit plus devant lui que la montagne d'or des genêts.
À côté de lui, à le toucher, se tenait, sur un cheval couleur de miel, une fille de même couleur. Ses cheveux lisses tombaient jusqu'à sa taille sur sa robe de lin. Ses yeux étaient bleus pailletés de roux. Elle lui souriait.
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domisylzendomisylzen   28 novembre 2016
L'île était un vaisseau chargé de bonheur. La forêt, exaltée par le soleil et les pluies, gonflée par la formidable poussée des sèves du printemps, s'offrait à la main du vent comme un sein de jeune fille amoureuse à qui la joie donne de l'appétit.
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domisylzendomisylzen   07 décembre 2016
Méfie-toi toujours des imbéciles, ils sont plus dangereux que les loups.
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luciolerlucioler   23 juin 2011
Première terre à l'ouest en face du monde des eaux, l'Irlande subit depuis la création des continents l'assaut obstiné de l'océan. Il l'attaque nuit et jour en tempêtes et en caresses avec ses vagues, ses brouillages et ses pluies.
La côte atlantique de l'Irlande est usée, amincie, découpée en dix mille îles, échancrée profondément par les langues de l'océan qui pénètre au plus profond de son intimité.
L'eau verticale de la pluie, accumulée entre les collines, retenue par chaque racine de l'herbe, glissant d'un lac à un autre lac, rejoint l'eau horizontale de la mer, comme un livre se joint à un autre livre. L'Irlande, peu à peu, fond dans la bouche de l'océan. Dans mille fois mille millénaires il l'aura avalé comme une sucette.
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Videos de René Barjavel (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Barjavel
René Barjavel : l'avenir de la science-fiction .
En 1970, l'auteur de science-fiction René Barjavel a déja publié ses romans les plus connus : "Ravage" (1943) ou encore "La nuit des temps" (1968), où il déploie ses thèmes habituels sur les dangers d'une dépendance à la technoscience ou le rejet d'un monde artificialisé à l'excès. Dans cette émission enregistrée devant des étudiants, il donne un éclairage sur la façon dont un auteur de SF peut envisager l'avenir, et la difficulté qu'il y a à s'extraire de ce que l'on connait. Et il en profite pour pronostiquer la fin prochaine de l'ère atomique -dont abusent ses collègues écrivains de science-fiction- avec un enthousiasme qui laisse songeur 45 ans plus tard. "C'est un moyen particulièrement barbare de se procurer de l'énergie et nous allons très rapidement enjamber cette ère là", dit-il.
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