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ISBN : 2072793106
Éditeur : Gallimard (23/08/2018)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 35 notes)
Résumé :

«Le photographe s'accroupit pour cadrer serré Jeanne Deligny. Les trois premiers clichés le laissent insatisfait. L'angle optimal se cherche encore. Pourtant les visages c'est ce qu'il préfère shooter.

Il n'a pas déjeuné, c'est sa faim qui le déconcentre. Il s'écarte pour que le capitaine Brun examine de près la plaie béante au cou et les joues lacérées. À première vue, trois fois une joue, deux fois l'autre. À confirmer.

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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
carre
  24 août 2018
François BEGAUDEAU aime les mots plus que tout ; livre après livre, il aborde des sujets variés qu'il mène avec la même exigence. Alors bien sûr, le lecteur doit faire l'effort d'accepter cet art de triturer la langue, de jouer avec le sens des mots. Ce « Molécules » est un vrai plaisir pour le lecteur qui acceptera cette manière de faire. D'autant plus que l'humour, le burlesque cohabitent sans cesse avec le drame et la folie des humains.
Polar atypique, portraits au vitriol mais avec une empathie évidente pour tous les personnages, du premier rôle au figurant, Bégaudeau s'amuse à leur tirer le portrait. Et c'est sacrément bien vu.
Les dialogues sont du même avenant, ça swingue, ça pique, c'est drôle,c'est corrosif, c'est imparable. le regard affuté sur ces frères humains est du pain béni pour le lecteur qui se régale devant l'habilité Bégaudienne.
Un plaisir de lecture évident, qui montre que François Bégaudeau est un touche à tout vraiment bourré de talent.
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MaminouG
  28 juin 2017
François Bégaudeau, je l'ai rencontré à travers son roman "Entre les murs" et j'avais aimé cette écriture particulière, capable de transcender son empathie pour ses personnages. Car, même s'il parle parfois d'eux dans des termes moqueurs, on le sent vibrer pour ces jeunes au point d'adopter leur vocabulaire dans ses propos. Enseignante au moment de cette lecture, j'avais été admirative…
Là, c'est une toute autre histoire qu'il nous raconte. Dans "Molécules", Jeanne, infirmière dans un centre psychiatrique est découverte morte sur son palier, le visage lacéré de coups de cutter. On pourrait dire que nous avons affaire à un roman policier. En effet oui, il y a une enquête, oui nous assistons à des interrogatoires, oui nous sommes confrontés à des suspects et, oui, les policiers finissent par trouver un coupable : un ancien amoureux éconduit. Mais ne croyez pas que je vous livre la clé, car là n'est pas l'essentiel.
L'histoire est, en fait, le prétexte à une étude approfondie des personnages. François Bégaudeau ne s'arrête pas simplement sur les principaux – le mari, la fille... – il s'intéresse aussi à la concierge de l'immeuble, aux patients du centre, des êtres fragiles et différents, et à bien d'autres que d'aucuns qualifieraient de secondaires. L'écriture est jubilatoire qui permet de passer allègrement de la tragédie à la comédie et n'a pas son pareil pour nous faire vivre des scènes hilarantes "Au fond du parc, deux piquets orphelins et une raquette prise dans les fils électriques suspendus composent un reliquat d'activité badminton. Un vingtenaire s'égosille à expliquer à une femme deux fois plus âgée que jeter sa raquette en l'air n'est pas la meilleure méthode pour jouer." L'auteur emploie aussi nombre d'expressions "retoquées" à sa manière – "Le capitaine Brun ne dit mot sans consentir." "Hamza répond que justement la foi vient en priant". de la même façon, d'élégantes périphrases enluminent des réflexions pour le moins scabreuses "La pharmacienne ayant, comme déjà dit, gobé force queues, il semble imprudent de confier la direction de l'enquête à un officier de police judiciaire qui se trouve elle-même posséder une bouche susceptible de prodiguer des faveurs licencieuses à une partie conséquente de la population masculine." Et je ne parle pas du regard malicieux porté sur les forces de l'ordre, les juges et les experts…
Ce roman est décidément un régal de lecture où le loufoque se combine au poignant, l'absurde au raisonnable, l'humour à la gravité, le rire aux pleurs. du rire aux pleurs, c'est bien ça car jamais n'est exclue, malgré la légèreté apparente, une tendresse discrète à l'égard des éprouvés. Et, si je n'ai pas tourné les pages aussi vite que désiré c'est uniquement pour savourer les mots triturés en tous sens. Je ne peux terminer sans évoquer le plaisir ajouté tout au long du récit, à l'évocation de lieux chers à mon coeur, amoureuse que je suis de la ville d'Annecy.
www.memo-emoi.fr
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ValerieAnneCoston
  21 août 2016
François Bégaudeau s'empare d'un fait divers glauque à souhait et lui insuffle l'énergie et le fantasque de la fiction dans un style cru et caustique. C'est noir et c'est drôle !
Annecy, 1995. Jeanne Deligny, la quarantaine, infirmière psychiatrique dans un centre de doux dingues farfelus et attachants, est retrouvée morte sur le palier de son appartement : balafrée et égorgée. Pas de motif apparent au meurtre, l'enquête s'enlise jusqu'à la découverte d'un sac plastique Bricorama...
L'assassin est retrouvé qui argue d'un homicide involontaire : ancien petit ami de Jeanne qui l'a laissé sexuellement insatisfait, il voulait se désenvouter...
De la garde à vue aux 4 jours de procès que le lecteur vit quasi en huit-clos, sous forme de dialogues savoureux, puis la prison, François Bégaudeau n'a pas à rougir de son aventure sur le terrain de l'intrigue criminelle, avec un roman tout en cynisme et ironie. Les systèmes policier, judiciaire, carcéral sont passés au vitriol mais la tendresse et l'émotion affleurent. Et au-delà d'une simple structure littéraire à suspens, la force du roman jaillit de tous ces personnages tantôt absurbes, fêlés, grotesques, durs, perdus, aux univers mentaux bien décalés, qui eux-mêmes dressent simplement un portrait du commun des mortels, de la folie humaine prise dans le chaos du monde voire dans des univers qui nous dépassent...

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ACLomelliniDereclenne
  08 juillet 2017
Encore un livre de F. Begaudeau qui m'a plu.
Sur le fond, d'abord, l' histoire est intrigante et prend des allures de polar, tout en abordant sujets difficiles : le deuil, les névroses et psychoses, les relations humaines dans le milieu psychiatrique.
Le récit est bien mené, surprenant dans son déroulement, puisque l'énigme policière que l'on pense être l'aboutissement de l'ouvrage trouve sa résolution à mi-parcours. On comprend alors que le sujet est ailleurs, que l'intrigue est peut-être plus psycho-sociale que policière mais ce n'est que le début des rebondissements!...
Bégaudeau s'amuse beaucoup avec le lecteur, s'invitant même dans le récit, tout en restant cohérent dans le déroulement de l'histoire.
Sur la forme, fidèle à son style, F.B. nous enchante en jouant sur le rythme des phrases et élevant le niveau de vocabulaire pour atteindre un degré de précision inversement proportionnel à la lourdeur syntaxique que l'on serait tenté de lui attribuer.
Un bon livre, original, loin des clichés, qui invite à lire encore d'autres ouvrages de cet auteur
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michaelfenris
  12 décembre 2018
Automne 1995, Annecy, le corps de Jeanne Deligny est retrouvé dans la cage d'escaliers de son immeuble, lacéré et la gorge tranchée à coups de cutter. Peu d'indices disponibles, l'enquête piétine, jusqu'à ce qu'un improbable pièce à conviction mette les enquêteurs sur la piste de l'assassin. Qui avoue sans problème, arguant de l'accident...
J'avais entendu beaucoup de bien de ce roman qui, selon les termes utilisés, « cassait les codes » du polar. L'occasion était donc trop belle de s'y plonger, afin de découvrir le regard neuf sur un thème plutôt classique. Comme précisé sur la fiche de l'éditeur, de ce fait divers, l'auteur n'en a gardé que la trame, préférant finalement se pencher sur les protagonistes de l'histoire et leur existence.
De ce côté, le pari est amplement réussi. Il y a dans Molécules une psychologie très « simenonienne », très ciselée, Bergaudeau s'attachant à nous décrire les caractères de chaque personnage comme se plaisait à le faire avec brio le père de Maigret. Avec cependant, une point de légèreté, d'humour actuel, de langage plus cru, un Simenon débridé et revisité en quelque sorte. C'est ce qui fait la force de ce roman. Finalement, le meurtre même passe au second plan, devient secondaire dès que l'auteur, ne s'attardant pas sur de sordides descriptions, finit rapidement par nous dévoiler le coupable. Nous sommes donc loin du polar classique.
Malheureusement, si la plus grande partie du roman m'a réellement emballé, je suis resté sur ma « fin » si j'ose ce jeu de mot. Parce que, au détour de l'histoire, l'auteur nous gratifie soudain d'une partie narrée à la première personne, qui casse complètement le rythme et dont on se demande bien ce qu'elle vient faire là. de même, la conclusion m'a paru obscure, un ton sans doute en-dessous de l'ensemble, me laissant un sentiment de frustration gâchant un peu ma satisfaction globale.
Molécules est donc pour moi une demi-satisfaction. Si vous êtes davantage attachés à la psychologie des personnages qu'à l'enquête à proprement parler, ce livre est fait pour vous. Il aurait été pour moi une parfaite réussite sans cette fin que je n'ai peut-être pas comprise, et que j'aurais souhaitée plus en continuité et en adéquation avec le reste du récit.
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critiques presse (3)
Telerama   26 octobre 2016
Le lecteur, dont la vigilance est sans cesse convoquée, se régale, car l'auteur a l'humour tranchant, un sens aigu du burlesque, et passe sans crier gare de la tragédie à la farce.
Lire la critique sur le site : Telerama
Bibliobs   26 septembre 2016
Les paroles, les pensées, le récit: tout se mêle dans un maelström sardonique et sophistiqué, qui fait travailler le lecteur comme un détective.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Culturebox   06 septembre 2016
François Bégaudeau égaye la rentrée littéraire avec un polar bien ficelé et drolatique. "Molécules" (Verticales) raconte une enquête sur le meurtre d'une infirmière. Ecriture au cordeau et dialogues savoureux servent ce bon petit roman de la rentrée 2016.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
enisabenisab   11 mars 2019
page 219 : Elle se lève pour dézipper sa jupe
page 221 : Elle renfile son jean
(NB : "elle" n'est pas chez elle)
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julienraynaudjulienraynaud   27 août 2016
De son sac Henriette tire un sachet d'Aspégic qu'elle remet à Jeanne sans se donner la peine de rassurer Geneviève toujours inquiète pour Momo au fond du lac.
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geris44geris44   28 janvier 2017
Seul l'espoir a des larmes, la résignation est sèche.
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AgathaChipolataAgathaChipolata   28 octobre 2016
Parfois deux vivants qui s'aiment se font du mal et quand l'un disparaît le survivant s'en griffe les joues.
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LounatLounat   11 février 2019
A rebours, le courage pourrait consister à cesser de vivre. En finir avec l'obscénité de continuer.
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