AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782070197620
480 pages
Gallimard (12/01/2017)
3.37/5   158 notes
Résumé :
Enfant de l'Ouest parisien, Alexandre Belgrand a grandi à l'ombre des tours de la Défense, au bord de la voie royale qui conduit du Louvre à la Grande Arche et qui sert de frise chronologique à l'histoire de France. Héritier autoproclamé de ce majestueux récit, il rejoint une école de commerce, certain d'intégrer à sa sortie l'élite de la nation. L'un de ses professeurs l'initiera alors à l'histoire secrète de la capitale, avant de le faire entrer au service de l'ho... >Voir plus
Que lire après Le Grand ParisVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
3,37

sur 158 notes
5
4 avis
4
7 avis
3
6 avis
2
5 avis
1
1 avis
Parce que ses oeuvres m'intriguent, je suis Aurélien Bellanger de livre en livre depuis « La théorie de l'information » (un docu-roman partant de Xavier Niel pour arriver sur le thème de la singularité), « l'aménagement du territoire » (…inpitchable !) et maintenant ce singulier et passionnant « Grand Paris » qui tient parfaitement la corde par rapport aux précédents, et passe même une tête au-dessus.
Ces livres sont des OLNI, des objets littéraires non identifiés érudits et singuliers mêlant de manière déroutante roman, reportage et essai, fiction et réalité, établissant des convergences entre différentes disciplines, de la géographie à la philosophie, de l'urbanisme à la religion, le tout avec une tonalité post moderne assez houllebecquienne (auteur dont il a d'ailleurs écrit une biographie) bien que moins désenchantée. Il y a en effet des thèses et des propositions dans ces livres, plutôt novatrices voire iconoclastes – et sur ce chapitre « le grand Paris » n'est pas en reste !

C'est ici la genèse et le développement du grand projet de l'ère sarkoziste, le Grand Paris, qui sont abordés à travers l'évolution et la carrière fictives de son concepteur, Alexandre Belgrand, qui rejoint le cabinet du « Prince » pour convaincre les élus que Paris et le découpage départemental de ses couronnes sont des concepts dépassés, et lancer le projet révolutionnaire d'une Ile de France recomposée, réinstallée dans les rangs des villes-monde du 21ème siècle, ouvrant les portes d'un Paris vieillissant et dont le 93 serait le poumon vivifiant. Pour ce faire, des idées et contributeurs neufs seront nécessaires pour que le grand projet avance au-delà de la chute du prince…

On ne lâche pas ce riche récit qui tisse une trame faite d'urbanisme, d'économie, de politique et de religion pour composer une thèse qui bouleverse les représentations mentales de la ville, de la République et de l'Occident, questionnements à la mode mais traités ici de manière originale, instructive et qui donne à penser.

Commenter  J’apprécie          420
« À nous deux, Paris ! » : Alexandre Belgrand, pas plus que le héros De Balzac, ne pousse ce cri du provincial bien décidé à conquérir la capitale, mais l'ambition est bien la même. Sinon que Belgrand ne vient pas d'Angoulême, lui, mais des Hauts-de-Seine. le rapport névrotique à la capitale n'est plus le fait des provinciaux, il est devenu celui des banlieusards.
Les déménagements successifs du narrateur signalent ses succès puis son retour à l'anonymat : il passera de l'ouest à l'est, après avoir connu l'ivresse du pouvoir dans le Triangle d'Or parisien. Mais ce déplacement géographique n'est pas simplement le symbole des déboires du héros ; Bellanger ambitionne lui aussi d'écrire un roman total et les transformations de Paris constituent le sujet principal de ce livre. Belgrand découvre les ors ministériels parce qu'il a pu souffler à Nicolas Sarkozy le projet du grand Paris qui doit conjurer la muséification de la capitale en la rattachant à une banlieue qu'elle méprise mais qui est seule susceptible de la dynamiser.
Décidé d'en haut et réduit à une réorganisation des transports urbains, ce projet sera incapable de construire un commun à partir des territoires hétéroclites qu'il est censé fédérer.
Sans doute l'hétérogénéité du roman de Bellanger qui convoque histoire, politique, philosophie, religion et urbanisme est-il à mettre au crédit de son auteur dont les diverses thématiques ne prennent pas davantage, selon moi, que les différentes zones qui composent l'Île-de-France, mais restent à l'état de grumeaux dans la pâte romanesque.
À moins que mon peu de goût pour ce met plus roboratif que digeste vienne moins de sa technicité que de l'omniprésence de Sarko dont le portrait impitoyable ne m'a tiré aucun sourire. Notre ancien président me paraît si dénué d'épaisseur romanesque que l'insignifiance que je lui prête (à tort, sans doute, hein) a contaminé tout le roman que j'ai lu avec application et sans y trouver d'intérêt – ce dont j'ai honte, mais avouez que j'ai des excuses (enfin, au moins une).
Commenter  J’apprécie          296
Voici une lecture qui n'a pas été facile, tant le propos est dense et frôle parfois l'indigestion. Mais je voulais lire Aurélien Bellanger, alors je l'ai lu jusqu'au bout. Je n'ai pas détesté, j'ai même ressenti un certain intérêt à l'ensemble mais j'aurais préféré 200 pages de moins, une narration plus resserrée et un objectif plus clair. Car on finit par perdre un peu le fil entre cours d'urbanisme, analyse politique et données historiques, tout ceci assaisonné de principes sur les religions. Je ne suis pas contre une littérature foisonnante et ardue mais à condition que l'objectif vaille le coup (voir : Illska). J'avoue que je n'ai pas eu l'impression d'être récompensée de mes efforts en arrivant au bout.

"Il existe, malgré les fulgurances transdisciplinaires du Corbusier, designer, architecte et urbaniste, une hierarchie évidente qui place l'architecte d'intérieur au-dessous de l'architecte et qui subordonne celui-ci à l'urbaniste. le niveau supérieur serait alors occupé par ce que les philosophes nomment de façon grandiloquente le politique : la ville envisagée en tant que cité, en tant que lieu d'exercice d'une citoyenneté exemplaire et glaciale."

L'auteur nous délivre une vaste leçon d'urbanisme dans le sens éminemment politique du terme et c'est certainement le volet le plus intéressant du livre. Il s'appuie pour cela sur un jeune héros issu d'une lignée d'architectes dont les parcours se confondent avec L Histoire. le grand-père d'Alexandre Belgrand a oeuvré en Algérie avant de disparaitre mystérieusement, ses parents ont pris part à l'élaboration des grands parcs de loisirs de le région parisienne. Alexandre reprend le flambeau familial et se trouve propulsé, grâce à son mentor de prof de fac aux nombreuses relations politiques dans l'entourage du" Prince", en pleine campagne électorale de 2007 (vous voyez de qui il s'agit). le candidat devenu Président de la République décide de faire du Grand Paris le dossier du quinquennat et charge Alexandre d'en définir le concept et les modalités.

"Le Président voulait à ses côtés un philosophe, pas un technicien, quelqu'un d'audacieux et de libre, pas un juriste ou un technocrate. Il voulait que je l'aide à dessiner quelque chose qui porterait son empreinte et qui marquerait l'histoire de France."

Et là, on a droit à des passages assez savoureux et érudits qui décortiquent la façon dont le politique utilise le territoire comme une arme de destruction ou de construction massive, avec au coeur, l'opposition entre les Hauts de Seine et la Seine Saint-Denis, respectivement les départements le plus riche et le plus pauvre de France. Moi qui habite une ville qui bénéficiera dans quelques années d'une gare du Grand Paris Express, j'avoue que je n'avais pas vu les choses tout à fait comme cela. Car au-dessus de nous, simples habitants de quartiers ou de villes, il y a ceux qui pensent à grande échelle, envisagent de redonner à Paris sa grandeur perdue face à Londres ou à Berlin. Pour cela il faut désenclaver, casser les oppositions entre centre et périphéries de plus en plus éloignées... L'auteur nous offre une plongée historique et philosophique passionnante mais qui part un peu trop dans tous les sens pour captiver jusqu'au bout.

On suit avec un intérêt mitigé les aventures du jeune Alexandre dans l'entourage du "Prince", tout simplement parce que cet aspect a déjà été souvent traité et qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil (notamment bien plus convaincant dans L'insouciance de Karine Tuil). Désillusions, prise de pouvoir des conseillers, grâces et disgrâces... La routine. Et j'avoue que le retournement final qui vient mêler la religion à tout ça m'a passablement agacée.

Aurélien Bellanger est sans conteste un écrivain érudit qui tient à insuffler à ses livres une bonne dose de réflexion. D'ailleurs, j'ai appris un certain nombre de choses et je n'ai pas l'impression d'avoir perdu mon temps. Mais je suis loin d'être convaincue par un livre peut-être un peu trop conceptuel à mon goût, et pas certaine de retenter le coup.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
Commenter  J’apprécie          222
Comme le projet urbanistique dont il porte le nom, le Grand Paris d'Aurélien Bellanger est un projet ambitieux. Ici, le projet littéraire est probablement encore plus grand que le projet urbanistique, car le roman est tout à la fois une somme de considérations urbanistiques, politiques et métaphysiques. Ce sont même ces dernières considérations qui constituent probablement le coeur du récit, puisque le Grand Paris serait, avant tout, une réflexion existentialiste sur la perte de sens dans nos sociétés contemporaines, perte de sens liée à la perte de Dieu, célébrée déjà par Nietzsche à la fin du dix-neuvième siècle.

Le narrateur, Alexandre Belgrand, a pourtant tout du futur golden boy. Appartenant, par sa famille, aux entrepreneurs et aux bâtisseurs du pays (ses ancêtres ont bâti la tour Eiffel puis des villes nouvelles et, enfin, des parcs d'attraction), il suit le cursus normal de tout garçon de bonne famille des Hauts-de-Seine avant de croiser la course d'une comète politique. le Prince, sous les traits duquel on devine Nicolas Sarkozy, président de la République entre 2007 et 2012, est un véritable animal politique qui fait ses armes au ministère de l'Intérieur avant de gagner l'Elysée. Autour de lui gravite une jeunesse dorée, décomplexée, assumant une droite plus libérale que conservatrice dont Belgrand n'est qu'un exemple. L'ascension du Prince représente un moment particulier dans l'histoire politique de la droite française. Exploitant les thèmes de l'insécurité civile et des carcans économiques qui pénaliseraient le pays, le Prince parvient à se faire élire en communiquant intelligemment, notamment après les émeutes qui ont embrasé les quartiers populaires de France en 2005. Quant à Belgrand, il n'est qu'un outil dans la prise de pouvoir du Prince. Recruté officieusement par Machelin, un ancien socialiste qui flirte sans complexe avec la droite libérale, Belgrand étudie d'abord Paris et ses frontières sociales, économiques et naturelles, avant de partir en Algérie étudier l'urbanisme dans la petite ville d'Adrar. Là, Belgrand fait ses première expériences du métier d'urbaniste : maniant un objet insaisissable et inconcevable, dans sa globalité, par l'homme, l'urbaniste, parce qu'il pense la ville comme un corps vivant dont les cellules (les hommes) et les structures (les rues, les bâtiments, les réseaux énergétiques ...) interagissent entre elles, parle directement à Dieu. A la fois artiste et ingénieur, il est le modèle humaniste le plus abouti.

Quand il se met au service du Prince, Alexandre Belgrand se fait le porteur d'un grand projet : le Grand Paris. En d'autres termes, il s'agit de faire coïncider les limites administratives de la ville avec son réel bassin de vie, en favorisant, entre autres, le polycentrisme et les réseaux interurbains de transport. le Grand Paris Express, dont la construction est actuellement en cours, doit relier entre elles les villes de la Petite Couronne et faire de Paris, véritablement, une ville-monde. Si la présidence du Prince se révèle finalement décevante, et cruelle pour Belgrand, il n'en reste pas moins que le Grand Paris est l'empreinte véritable du Prince sur son temps. Réaliser le Grand Paris, ce n'est pas seulement concurrencer enfin - et efficacement - le grand Londres ou le grand Berlin. Réaliser le Grand Paris, c'est aussi intégrer à la ville historique ce qui fait aujourd'hui son dynamisme : dynamisme économique autour du quartier de la Défense ou du marché international de Rungis, dynamisme des mobilités avec les aéroports de Roissy et d'Orly, dynamisme populaire et humain dans un territoire devenu le tabou de la République : la Seine-Saint-Denis.

Initiateur et concepteur d'un projet pharaonique censé donner son identité au quinquennat du Prince, membre d'une équipe de jeunes premiers dont la vie a pour pôles les séances interminables de travail à l'Elysée et la consommation outrancière de vodka et de Red Bull, Alexandre Belgrand voit avec lucidité et fatalisme la déchéance arriver. Lenoir, qui devient le visage officiel du Grand Paris, est l'ange annonciateur du désaveu. Belgrand, viré, flirte encore quelques temps avec les pontes du Grand Paris, amis obscurs ou nouveaux ennemis du Prince, donnant des conférences en tant qu'initiateur du projet urbanistique le plus audacieux que la France ait connu depuis la période haussmannienne, s'imaginant briguer la présidence du Grand Paris à l'horizon des années 2020-2030. C'est principalement avec Pornier, seul maire de droite dans le très communiste 9-3, que Belgrand envisage de faire son retour en politique.

C'est dans ce territoire que le roman, ainsi que la destinée de Belgrand, prennent une tournure inattendue, quoique soupçonnée. La Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France métropolitaine aux deux chiffres distinctement prononcés comme un emblème, département-monde où sont parlées une centaine de langues, département emblématique de la Ceinture Rouge, département aussi symbole d'une religion synonyme, elle, de danger pour le pacte républicain depuis le 11 septembre 2001 : l'islam, devient le département refuge de Belgrand et le point de départ de nouvelles et possibles aventures politiques. Il y a, dans le dynamisme de l'islam, que Belgrand apprend à connaître, quelque chose de fondamentalement antinomique avec les modes de vie contemporain qui se passent de Dieu mais plus de réseau internet. de façon tout à fait similaire, à travers la construction du Grand Paris ou à travers la plénitude qu'offre la religion musulmane (abolition de la temporalité, de la théodicée, du doute quant à Son existence, du sens existentialiste de nos vies), c'est réellement la recherche de sens (et non de signes, qui ont envahi la ville et nos vies contemporaines) qui guide Belgrand dans cette France des années 2000, engluée dans son passé, bouleversée par les possibilités présentes et terrifiée par les éventualités futures.

Cette ambition littéraire qu'a Aurélien Bellanger (celle de saisir une époque) doit être saluée. Attaquer un sujet comme le Grand Paris, c'était envisager des problématiques nombreuses et complexes relevant de la politique au sens premier du mot : c'est-à-dire de la vie de la société humaine comprise comme un corps organique. le style plutôt verbeux ne pourra pas être reproché (tout au plus regretté, tant certains passages demandent une attention telle que la fluidité de lecture en pâtit) car le roman que livre Aurélien Bellanger est autant philosophique que géographique, historique, politique, sociologique et, même, doit-on le dire : poétique.
Commenter  J’apprécie          62

Il ne faut pas manquer de souffle pour lire le troisième roman de ce talentueux écrivain, et ici, le mot n'est pas galvaudé.
Après s'être emparé du minitel, puis des autoroutes, cette fois, très incisif, il s'empare d'un sujet hors normes, Paris. Après la carte et le territoire...Houellebecq n'est pas loin.
Le lecteur est emmené de collines , en vallées dans tout le bassin parisien.
Alexandre Belgrand, héritier d'une grande famille d'urbanistes ayant à leur actif les égouts de Paris jusqu'à la création du Parc Astérix, pense ,lui, après de brillantes études dans une des meilleures écoles du pays se diriger vers la Finance.
C'est la rencontre avec un professeur un peu border line, et sa fascination pour la ville qui vont l'emmener en faculté afin d'écrire une thèse sur Paris et son avenir.
De rencontres en rencontres, il va s'agréger à l'entourage du « Prince » candidat heureux à l'élection présidentielle de 2007  et qui a pour ambition de créer un Grand Paris qui s'étendra aux départements limitrophes et au fil de ses propres découvertes, Alexandre fera presque une fixation sur le 93 qui à ses yeux est le plus bel avenir de Paris ; il en comprendra si bien le fonctionnement qu'il finira par se convertir à l'Islam pour des raisons avant tout philosophiques. Ce résumé est un peu court en regard des mille facettes évoquées par l'auteur.
Ce livre se mérite et ne peut être lu en dillettante.
Voilà la trame de ce livre épais, foisonnant, roman oui, mais touchant à L Histoire, à la Politique, à l'Urbanisme  et surtout à la philosophie ; ce qui ne le rend pas forcément toujours facile à lire.
Très peu de dialogues, mais des analyses percutantes, quand même parfois mâtinées de drôleries heureusement ; la découverte du monde de la politique est réjouissante, si elle n'était parfois aussi veule , même tragique.
Ce roman me semble le plus abouti et c'est avec gourmandise que j'attendrai le quatrième qui sera j'en suis certaine d'une qualité aussi rare que celui ci  .
Commenter  J’apprécie          103

Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Le travail allait me permettre, pendant le reste de l’année, de surmonter mon deuil. Je suis devenu le meilleur dans toutes les disciplines et, ayant entendu un jour un professeur, plus pragmatique ou plus ironique que les autres, nous dire que la maîtrise du tableur Excel constituait l’essentiel de ce que nous aurions à apprendre en école de commerce, je me suis attaché à maîtriser Visual Basic, son langage de programmation, me procurant à la FNAC de la Défense la quasi-totalité de la littérature sur le sujet, lisant ces gros manuels du début à la fin et faisant tous leurs exercices. Cela m’a amené jusqu’au mois de juin, de case en case, opérant entre elles des mouvements de plus en plus complexes et coordonnés qui les entraînaient dans une cascade de réactions causales et d’effets récursifs qui mettaient toute la grille en mouvement et qui donnaient parfois au déplacement presque autonome d’une valeur dans toutes les directions possibles l’aspect d’un animal en fuite.
Commenter  J’apprécie          20
Il y avait Paris, tout au fond, puis la Défense, qui figurait, avec ses vitres brillantes comme des neiges éternelles, une chaîne de montagnes inaccessible, puis plus près de moi un lac aménagé en base nautique, et enfin, au premier plan, mais formant comme le précurseur chimique de ce paysage idéal, les petits monuments rationalistes que l’Axe majeur égrenait vers l’est. Tout était harmonieux mais l’harmonie ne se produisait pas dans ces effets de perspective, l’harmonie véritable agissait à un niveau tout autre, celui des ions chlores bleus et des acides rouges de mes schémas de la synapse — le seul espace, en réalité, l’unique lieu, le reste du monde n’étant qu’une fonction de celui-ci.
Commenter  J’apprécie          30
J’ai lentement approché ma main de son sein, que j’ai tenu comme un objet d’architecture divine, comme un objet parfait, isolé dans la nuit par des milliards d’années de sélection naturelle, un objet dessiné par quelques nanomètres d’ADN et destiné à provoquer, à travers ma main asymétrique, une érection venue elle aussi de la nuit des temps et des galaxies lointaines de mon code génétique.
Commenter  J’apprécie          10
Déjà malade, ma mère allait mettre rapidement fin à sa carrière professionnelle ; elle devait décéder d’un cancer du sein quelques mois plus tard.
Commenter  J’apprécie          20
La mort de Dieu elle-même, l'élément fondateur, la catastrophe initiale, le drame indépassable de la modernité, avait maintenant quelque chose de factice : les civilisations qui développaient des parkings souterrains n'avaient plus besoin de Dieu, mais seulement d'issues de secours praticables et d'extracteurs d'air puissants.
Commenter  J’apprécie          180

Videos de Aurélien Bellanger (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aurélien Bellanger
Rendez-vous incontournable de nos étés, la 110e édition du Tour de France a pris fin ce dimanche 23 juillet. Au-delà d'être l'un des événements sportifs les plus suivis dans monde, Quentin Lafay s'interroge sur les récits qui entourent cette compétition mythique.
Pour en parler, il reçoit trois invités : Guillaume Martin, cycliste professionnel, 12ème du Tour de France 2019. Jean-Louis Perez, producteur et réalisateur français. Aurélien Bellanger, écrivain.
#cyclisme #tourdefrance2023 #geographie ____________ Découvrez tous les invités des Matins de France Culture ici https://www.youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDroMCMte_GTmH-UaRvUg6aXj ou sur le site https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins-d-ete
Suivez France Culture sur : Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture TikTok : https://www.tiktok.com/@franceculture Twitch : https://www.twitch.tv/franceculture
+ Lire la suite
autres livres classés : urbanismeVoir plus
Les plus populaires : Littérature française Voir plus


Lecteurs (383) Voir plus



Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
826 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre

{* *} .._..