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ISBN : 2283027969
Éditeur : Buchet-Chastel (08/10/2015)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture:


« En savourant le livre Un été avec Montaigne d’Antoine Compagnon, je me suis dit sur le mode de la plaisanterie : à condition de passer l’hiver avec Schubert. Et je me suis piqué au jeu. Schubert m’est toujours apparu comme une sorte de chaînon entre Mozart et... Proust.

Une quarantaine de textes ont vu le jour, au moment où les nuits sont longues. Le portrait d’un homme terriblement émouvant m’est appa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  14 novembre 2015
Ma deuxième critique "killer" de la semaine...décidément....
Quarante petits chapitres pour parler de Franz Schubert.
Étant mélomane et grande admiratrice de Schubert ,ce livre ne pouvait que m'attirer.
Un génie qui meurt à trente-un ans et compose en dix-huit ans une oeuvre colossale, dont 650 Lieds.Dans sa courte vie, un des plus grands compositeurs,qui ait vécu au faite, a toujours été humble , toujours à la recherche du meilleur, du nouveau, du différent. Bellamy nous en parle d'ailleurs "très bien"dans son livre, qui débute avec un magnifique avant-propos. Auquel suivent six chapitres sur le Temps et La Douleur dans son oeuvre,sur son caractère,son tempérament,ses amis,jusque là pur bonheur de lecture....
Malheureusement la suite est un enchaînement de chapitres à cheval entre érudition et vulgarisation qui m'a profondément déçue , voir ennuyée.
D'un côté,il s'adresse dans de nombreux passages, qu'à des lecteurs qui connaissent techniquement la musique et qui ont une connaissance assez approfondie de l'oeuvre de Schubert, de l'autre, il vulgarise ,ou "intellectualise" avec des métaphores,des comparaisons absurdes ( pour ne pas dire autre chose ).Pour citer deux exemples:"A la fin de sa vie Schubert est Beethoven,comme Cathy dit avec exaltation qu'elle est Heathcliff dans les Hauts du Hurlevent,possédé et libre " ????? / "Seconde partie du Voyage d'Hiver est une expérience qui fait du bien à celui qui l'endure.A l'image d'une pièce de Beckett."????.
J'ai aussi peu apprécié le chapitre "Ganyméde", sur l'homosexualité supposée de Schubert ,un chapitre digne de la revue Gala.Schubert ayant contacté la syphilis ,son commentaire: .."Amours tarifés? Probable. Mais prostitution féminine ou masculine? on aimerait bien le savoir"( en italique dans le texte).Lui probablement oui,moi personnellement ,non. Il se reprend à la fin du chapitre,mais trop tard!
A ces reflexions insipides , malheureusement nombreuses, s'y ajoutent aussi des passages nombrilistes où il se permet même de faire des ricochets à Schubert (Quatrième impromptus op.90,...à la place de Schubert j'aurais répété le motif) et à Mozart(composer l'ouverture de Don Giovanni en une nuit,rien d'extraordinaire).
Dommage! Car il y a pourtant de beaux passages et de belles reflexions dans ce livre.
Pas difficile de comprendre que Bellamy connaît bien l'oeuvre de Schubert,mais ce n'est pas suffisant.C'est un livre sans grand intérêt,bien sûr ce n'est que mon avis personnel.
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zaphod
  12 octobre 2015
Olivier Bellamy fait partie de ces gens qui me fascinent et que j'envie : ceux qui sont capables de parler pendant une heure d'un morceau de musique classique dans un langage plein d'images et de poésie, de le disséquer dans les moindres détails, de comparer les différences subtiles entre versions.
J'aime écouter ces experts enthousiastes à la radio, et parfois, j'ai même l'impression de comprendre une partie de ce qu'ils racontent. Au moins, leur plaisir contagieux me donne souvent envie de découvrir ou de ré-écouter un morceau.
Je dois avouer que j'ai eu un peu peur au début du livre quand l'auteur se met à parler de la temporalité.
"A la temporalité proche de la condition humaine que Vladimir Jankékévitch associe à la musique, Schubert ajoute un facteur intemporel, une métaphysique qui relie l'être à l'inconnu."
Je me suis dit que je n'allais pas comprendre grand chose, mais que je profiterais au moins de la sonorité des mots.
Car oui, quand j'entends ces experts débattre, j'ai souvent l'impression d'entendre un aveugle tenter d'expliquer les couleurs à un autre aveugle.
C'est que le français (ou toute autre langue d'ailleurs) me semble assez impropre à parler de musique. du moins, l'exercice est périlleux, surtout dans un monologue.
"Les commentaires des critiques, lorsqu'ils sont compétents et avisés, permettent de mettre des mots sur des impressions. Plus leurs avis sont opposés et plus c'est formateur pour s'initier à l'art de la rhétorique auditive."
Est-ce donc à cela qu'on nous convie? A de la rhétorique auditive?
Bien sûr, il y a le langage technique de l'écriture musicale. Et c'est un premier piège : se cantonner à parler de tonalités, de triples croches ou d'accords de septième. Je crains que la musique de Schubert ne se ferme à une analyse trop cérébrale. D'ailleurs, Bellamy l'avoue lui-même.
"C'est cependant si difficile de décrire la pureté profonde des sonates de Schubert. Détailler la succession des évènements musicaux ne dira rien d'essentiel si la phrase du critique ne s'élève pas vers le ciel et si sa prose ne rappelle pas la succession des notes."
Alors, on est tenté d'emprunter un chemin mieux balisé, et d'écrire la biographie du compositeur. Et dans le cas de Schubert, cette tentation est particulièrement forte. On sait finalement peu de choses de lui, mais on ne peut s'empêcher de vouloir percer son mystère.
Il faudrait alors en partie recréer le personnage par la fiction, comme le fait Peter Härtling dans son "Schubert".
Bellamy, lui, navigue habilement entre Charybde et Scylla en nous livrant une série de petits tableaux pris sur le vif, souvent intelligents, informatifs, voire érudits, que j'imagine bien peints lors de longues soirées d'hiver, suite à l'écoute du musicien. C'est une bonne manière de parler de Schubert.
C'est aussi un exercice de style que j'admire tout en restant un peu en dehors. Il y avait toutefois une promesse en tout début du livre. Bellamy nous avouait:
"Schubert m'a sauvé de l'hiver."
J'aurais aimé être invité dans l'intimité de l'auteur. Oui, je croirais bien que la musique de Schubert peut nous sauver la vie, et j'ai l'intuition que Bellamy aurait pu nous en dire davantage.
"Alors, c'est peut-être dans mes yeux qu'il est, Schubert. Ce n'est pas le moindre de ses prodiges de réussir à nous faire voir le monde autrement."
Mais c'eût été descendre du piédestal musicologique pour plonger dans la littérature, ce qu'il n'a peut-être pas osé.
Il nous reste donc à lire entre les lignes, particulièrement dans le chapitre 38 "L'esprit de Schubert", où Olivier évoque brièvement ses amis.
Et si ce n'était pas innocent? Car le secret de la musique de Schubert se cache peut-être lui aussi entre les notes.
Ce livre est une bonne introduction à la vie et à l'oeuvre de Schubert.
J'aimerais maintenant qu'Olivier se lance dans un second volume où il développerait ce chapitre 38, et prendrait le risque de partager sa vraie intimité avec Schubert.
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fabienne2909
  17 octobre 2015
Dans « Un hiver avec Schubert », Olivier Bellamy nous offre une quarantaine de portraits de Schubert : son rapport avec la musique, le temps, l'admiration sans borne pour Goethe qui ne daignera jamais le remarquer, ses amis, son rapport avec Dieu, l'absence de concertos dans son oeuvre…
Une quarantaine de petites touches, de petits tableaux souvent très érudits qui permettent de reconstituer un Schubert attachant dans son obsession pour la musique, et dont la valeur restera curieusement inconnue de son vivant. le tout sans tomber dans une biographie linéaire.
« Un hiver avec Schubert » peut donc se lire de loin en loin, ou bien se dévorer tout entier. Je suis restée tout au long de ma lecture très impressionnée par l'écriture d'Olivier Bellamy, toute en richesse, onctuosité, profondeur… même dans les passages les plus opaques. Car ce livre me semble être avant tout, je pense (même si l'auteur pourrait s'en défendre, puisque son objectif était d'abord de parler de sa passion pour le compositeur qu'est Schubert), un ouvrage de spécialiste parlant à des spécialistes capables de comprendre la nuance du passage d'un fa dièse à un si bémol, par exemple. Mais au final, ce n'est pas un reproche, car il est si facile de se laisser bercer par la musicalité de l'écriture d'Olivier Bellamy !
Zaphod, dans sa très belle critique de l'ouvrage, et à laquelle je vous renvoie (je voulais répondre directement à sa critique mais finalement je profite de la mienne), regrette de ne pas avoir été invité dans l'intimité de l'auteur, qui n'est pas assez disert sur la façon dont Schubert lui a sauvé la vie, grâce à la découverte de la Symphonie inachevée, « pur diamant tombé d'un ciel charbon ».
J'étais d'accord au début, et trouvais cela bien dommage que l'auteur ne se soit pas dévoilé plus que quelques phrases sur lui, qu'il n'ait pas plus détaillé en quoi la mélancolie et la douleur palpables dans la musique de Schubert faisaient tant écho aux siennes. Et au final, je pense que l'explication se trouve à la page 226 de l'ouvrage, avec cette belle citation des propos de Pascal Quignard : « L'enfance, matrice de toutes les émotions, se comprend après coup. S'y replonger, la méditer, permet d'ennoblir et d'approfondir ce qui a été éprouvé. Cela s'accompagne d'une nostalgie. C'est perdu et c'est bien plus présent que cela n'était. La musique m'apparaît l'art idéal pour ce retour d'un passé qu'elle médite sans fin. »
Qu'expliquer de plus après cette phrase magistrale ?
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JeanLouisBOIS
  02 novembre 2015
La musique d’une vie.
Si on demandait aux gens de la rue de citer spontanément des génies de la musique classique, il y a fort à parier que Schubert serait un des grands absents de la liste. Olivier Bellamy, l’animateur d’une émission musicale sur Radio Classique, a voulu essayer de réparer cette injustice. Il s’attaque à cette tâche en nous livrant une biographie thématique du compositeur autrichien du début du 19èmé siècle et sa postérité. En une quarantaine de chapitres, il s’attache à mettre en lumière les différentes facettes du compositeur d’environ mille œuvres, à travers sa musique, ses écrits et les témoignages laissés par ses amis et ses connaissances. Schubert a brillé par ses œuvres pour piano solo, ses symphonies, sa musique de chambre (quatuors, quintettes, octuor, trios avec piano, sonate pour arpeggione et piano) et surtout ses lieder. Olivier Bellamy nous montre que ce qui fait la force et l’originalité de cette musique repose sur la capacité de Schubert à traduire avec un minimum de moyens une palette pratiquement infinie de sentiments et à les évoquer avec une apparente facilité chez l’auditeur. C’est peut-être ce qui explique les résonnances qu’il continue d’entretenir avec nos sensibilités contemporaines.Toute son œuvre laisse filtrer, à travers une certaine légèreté superficielle, la constante expression d’une douleur diffuse et fondamentale. A tel point qu’on peut légitimement définir Schubert comme « le compositeur de la douleur » (p.27). L’auteur utilise toute une analyse musicale relativement précise et technique mais de façon simple et accessible pour mettre en évidence les rapports de la vie de Schubert et de sa musique, les deux apparaissant souvent indissociables, à tel point que chacune vient souvent relayer l’autre sans qu’il soit possible d’établir une préséance. L’art de Schubert consiste à faire porter par sa musique un message universel : celui du déchirement de l’homme devant la beauté du monde et la mort qui le guette. Cette philosophie humaniste transparait particulièrement dans ses lieder, qui constituent « le laboratoire » de sa musique (p.71). C’est dans cette forme musicale associant un chanteur et un piano (sur des poèmes de Goethe, Schiller, Mayrhofer…) qu’il donne toute la mesure de son originalité et de son génie (c’est d’ailleurs lui qui invente le genre). Faisant totalement corps avec son art, Schubert meurt à 31 ans, pratiquement inconnu du grand public et ne sera redécouvert qu'une vingtaine d'années plus tard par le musicien Robert Schumann.
Olivier Bellamy place toute cette histoire belle et pathétique du compositeur viennois à la portée de son lecteur avec beaucoup de talent. La bonne qualité littéraire d’un Hiver avec Schubert permet une lecture agréable et palpitante sur un sujet qui peut apparaître a priori âpre et ardu. Pour autant, le livre ne cède jamais à la facilité.On peut considérer que l’on a affaire ici à un ouvrage de vulgarisation, exigeant et bien construit, qui, sans prétendre à l’exhaustivité, donne une idée assez fouillée de la vie et de l’œuvre de Schubert. Un seul bémol qui pointe ici et là, c’est une discrète tendance à l’hagiographie. Péché véniel qui pourra être facilement pardonné car le sujet s’y prête sincèrement : comment ne pas éprouver de la sympathie pour Schubert et la musique qu’il a composée en si peu de temps ? Inutile donc de vous conseiller chaudement de passer Un Hiver avec Schubert … et certainement un peu plus en réécoutant avec délectation ses œuvres magistrales.
(Livre lu dans le cadre de Masse Critique).
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KRISS45
  27 novembre 2015
Première rencontre avec Schubert et premier coup de coeur en écoutant "la jeune fille et la mort", oeuvre sublime recommandée par un ami de classe devenu organiste. Beaucoup plus récemment," le requiem de Franz" m'a familiarisée avec la personnalité de Schubert, compositeur génial et attendrissant. J'étais donc curieuse de découvrir le texte d'Olivier Bellamy que je connais surtout pour sa chronique quotidienne sur Radio Classique et qui sait si bien mettre en valeur les invités de son émission.
Cet essai est à la hauteur de mes attentes. Olivier Bellamy se révèle un chroniqueur passionné, un musicologue érudit mais accessible et un excellent conteur qui nous fait partager avec bonheur son enthousiasme.
Lecture recommandée à tous les amoureux de la musique, à ceux qui recherchent plus que jamais "de la douceur dans un monde brut".
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   14 novembre 2015
L’héroïsme de Schubert se trouve tout entier dans sa recherche de la vérité en dehors de toute ambition de carrière. Sans trembler devant la censure et sans chercher à s’attirer les bonnes grâces du régime. Quoi de plus noble que d’offrir tout son génie à l’élaboration d’un monde plus beau en retirant tout juste de quoi subsister ? C’est sa réponse aux dangers qui menacent, aux valeurs qui s’effondrent, à la lumière qui faiblit.C’est une réponse d’artiste et de musicien. C’est aussi une réponse humaine. Il est un résistant parmi les autres, pas au-dessus des autres, un soldat de l’intime intégrité qui se défend jour après jour.
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BookycookyBookycooky   11 novembre 2015
La douceur de l’amitié est un réconfort, mais l’apprentissage de la souffrance dessine un chemin solitaire. C’est le drame de l’homme pensant et ressentant. « Personne qui comprenne la douleur d’autrui et personne la joie d’autrui, écrit-il encore. On croit toujours aller l’un vers l’autre et on ne va jamais que l’un à côté de l’autre.
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BookycookyBookycooky   13 novembre 2015
L’amitié n’est pas seulement pour Schubert, comme hélas pour de nombreux êtres humains, une alliance d’intérêts circonstanciels, un succédané provisoire au manque d’amour, une camaraderie prétexte à des beuveries, une échappatoire au poids de l’existence. C’est plus profond que cela.
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fabienne2909fabienne2909   17 octobre 2015
C'est alors que j'entendis pour la première fois la Symphonie inachevée de Schubert, pur diamant tombé d'un ciel de charbon.
Qu'une douleur que l'on sent si vive ait pu chez ce génie musical faire éclore une œuvre si belle a changé et allégé ma vie.
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ivredelivresivredelivres   03 novembre 2015
En savourant le livre Un été avec Montaigne d’Antoine Compagnon, je me suis dit sur le mode de la plaisanterie : à condition de passer l’hiver avec Schubert. Et je me suis piqué au jeu. Schubert m’est toujours apparu comme une sorte de chaînon entre Mozart et... Proust
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