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ISBN : 2253259373
Éditeur : Le Livre de Poche (31/10/2018)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 113 notes)
Résumé :
Koenigsmark
Peu de temps après son arrivée en Allemagne, au château du grand-duché de Lautenbourg-Detmold où il a été appelé comme précepteur du fils unique du grand-duc Frédéric-Auguste, Raoul Vignerte, un jeune Français, tombe amoureux fou de la grande-duchesse Aurore. En faisant des recherches à la bibliothèque du château, Vignerte découvre un terrible secret. Entraîné par sa passion, négligeant toute prudence, il va dès lors se trouver plongé au cœur d'u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  02 mai 2015
Une nuit, quelques heures avant un assaut contre les Allemands, le jeune lieutenant Vignerte raconte ses amours malheureuses à un camarade de tranchée. Tout commence en 1912 quand, pauvre étudiant en Sorbonne, il refuse un poste de professeur dans une école parisienne pour devenir le précepteur d'un jeune duc en Allemagne. En effet, sa vocation universitaire est bien faible face à son goût pour le luxe et la richesse. Raoul Vignerte part donc pour le grand-duché de Lautenbourg-Detmold où il s'éprend follement de la grande-duchesse Aurore, remariée à son beau-frère après la mort étrange de son époux en Afrique. « Tu souffres. de quoi ? de ta maudite imagination. Ne sens-tu pas désormais que le sort pourrait t'offrir vainement les femmes de Paris, les trésors d'Iranie, sans satisfaire le rêve composé de nuées que tu portes en toi ? Elle, cette femme, la grande-duchesse ? » (p. 100) Dans cette cour allemande, Vignerte trouve une bibliothèque fascinante, des intrigues, des mystères, des adultères et des histoires qui sonnent comme des légendes.
Sans aucun doute, ce roman a vieilli, mais le texte a cet aspect jauni qui m'émeut. L'intrigue amoureuse, mise au premier plan, sert à merveille l'intrigue policière, voire politique, qui entoure le remariage de la grande-duchesse Aurore. J'ai souri devant le motif si classique – presque cliché – de l'amour entre le très jeune homme et la femme mariée, tendre rapprochement irrémédiablement voué à l'échec. La figure du jeune pauvre qui « monte » à Paris, puis ici dans une cour royale, est toujours porteuse d'une grande puissante dramatique : on aime voir le jeune homme en découdre, s'enivrer de plaisirs inédits, se croire maître du monde après quelques premiers succès, mais on n'oublie jamais d'où il vient. « Je m'assis humblement dans un coin avec la maladresse de ceux qui craignent qu'on voie qu'ils n'ont pas l'habitude. » (p. 29)
Je ne pense pas me souvenir très longtemps de ce texte tant il raconte une histoire que j'ai déjà lue ailleurs et souvent, mais il m'a offert un charmant moment de lecture et c'est parfois tout ce qu'il faut attendre d'un roman.
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Bigmammy
  05 juin 2012
Pour le cinquantième anniversaire de la disparition de Pierre Benoit (sans accent circonflexe sur le i, 1886 – 1962, Membre de l'Académie Française), on réédite cet auteur de bestsellers de l'entre-deux guerres, pourtant bien oublié aujourd'hui. Une biographie aussi célèbre cet auteur. J'avais vaguement entendu parler des positions politiques de cet écrivain prolifique (40 romans) chargé de prix littéraires, qui ne cachait pas ses opinions droitières mais n'avait jamais eu de compromissions avec le régime de Vichy. Il avait d'ailleurs reçu, après la seconde guerre mondiale, le soutien d'un garant alors intouchable : Louis Aragon.
J'ai choisi de commencer par le commencement, ce premier roman publié en 1918, qui fut un immense succès. Tiré à plus d'un million d'exemplaires, il bénéficia du formidable coup de pouce que représenta en 1957 son édition en Livre de Poche par la maison Gallimard : Koenigsmark est en effet le numéro 1 de cette prestigieuse collection …et fut quatre fois porté à l'écran entre 1923 et 1968.
Koenigsmark est le récit à la première personne du Lieutenant Raoul Vignerte, fait à dans la nuit du 31 octobre 1914, au fond de la tranchée du Blanc-Sablon de triste réputation, en pleine attaque allemande, des derniers mois qu'il passa comme précepteur de l'héritier de la principauté de Lautenbourg-Detmold, juste avant le déclenchement du conflit.
L'héroïne principale s'appelle Aurore, et c'est la Grande Duchesse, dont Raoul, naturellement, est tombé éperdument amoureux. Elle est belle, fantasque, fille d'un lointain prince Tumène (c'est dans le Caucase), a été mariée par convenances, vit dans une chambre encombrée de peaux de bêtes et de coupes de cristal contenant des amas de pierres précieuses et dans le parfum étouffant de roses et de tubéreuses. Elle est en permanence suitée de sa dame de compagnie, la mince Mélusine de Graffenfried, et souvent d'un lieutenant ombrageux, de Hagen, qui ne voit pas d'un bon oeil l'arrivée du jeune agrégé d'Allemand chargé de l'instruction du jeune héritier, par ailleurs passablement insipide...
Il y a dans ce roman un lourd secret, des hussards chamarrés avec colbak et aigrette, des chasses au gibier d'eau dans les brumes de la lande, un palais aux couloirs sombres, des crimes et des châtiments dramatiques, mais absolument pas de sexe, à peine un baiser sur le front …. Après avoir vu tant de films « de genre » tournés entre les deux guerres et après, on conçoit tout à fait l'engouement suscité par ce type de littérature dans une période où rêver était capital pour surmonter les douleurs et les deuils.
L'écriture est agréable, très claire. Sans doute, pour ce premier roman, un peu trop émaillée de références historiques (invérifiables) qui font plus penser à Tintin au Congo qu'aux aventures d'Indiana Jones, ou encore aux histoires de Juliette Benzoni. Je ne sais pas si je vais lire un autre opus de l'auteur, sauf pour vérifier que les prénoms de ses héroïnes commencent tous par un A.
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Rodin_Marcel
  10 avril 2015
Benoit Pierre (1886-1962) - "Koenigsmark", dans sa réelle édition historique en tant que premier volume publié dans la collection "Livre de Poche" par la LGF, donc premier livre de poche publié en France en 1953, année de ma naissance (pour nous, la génération venue à la lecture par le biais du livre de poche, il est toujours étonnant d'apprendre que cela n'existe que depuis les années 1950) !!!

Une rencontre étonnante, dans une brocante, avec surgissement immédiat d'une foule de souvenirs. Ce livre faisait partie des romans qui peuplaient la maisonnée, ma mère l'ayant probablement acheté à sa sortie : enfant, sa couverture m'intriguait, mais je me doutais qu'il "n'était pas encore pour moi". de la manière dont il nous fut présenté dans certains cours d'histoire du livre, j'étais convaincu que ce roman avait été justement écrit pour inaugurer ce nouveau type de publication de la prose littéraire. Pas du tout ! Il avait été publié dès 1918, et avait déjà connu, paraît-il, un immense succès populaire entre les deux guerres.

En ce qui concerne le roman, je fus étonné de découvrir que le récit rapporté est enchâssé dans des scènes de la guerre de tranchées de la fin 1914 : deux jeunes intellectuels s'y retrouvent, et, sous la mitraille, Raoul Vignerte raconte au narrateur les évènements étranges qu'il vient de vivre à la cour de Lautenbourg. Deuxième surprise, il s'agit de l'un des rarissimes romans français du 20ème siècle prenant essentiellement pour cadre un contexte allemand (certes, en le dévalorisant, mais tout de même). Autre surprise enfin, ce roman dit d'aventure est finalement bien écrit, bien mené, et le suspens dure jusqu'à la fin.

Ce qui m'amène à me documenter un peu sur ce Pierre Benoit, dont je lus dans mon jeune temps la célèbre "Atlantide". Né en 1886, mort en 1962, ayant connu son premier grand succès en librairie dès 1918 justement avec ce roman "Koenigsmark", ayant par la suite publié d'autres succès littéraires dont certains furent portés au cinéma, je ne puis que m'étonner de constater une fois de plus que ce nom ne fut jamais, ô grand jamais prononcé dans les cours de littérature dispensés par mes vénérables professeurs, et encore moins par ceux qui dispensèrent leur bouillie post-soixante-huitarde à mes enfants.
Il suffit de creuser un peu la biographie de ce Pierre Benoit pour comprendre les deux raisons fondamentales de ce traitement par le mépris. Premier péché (véniel), il écrit des romans catalogués "romans d'aventure", qui connaissent de surcroît un grand succès populaire tout simplement parce qu'ils sont bien menés, bien construits, bien écrits : c'est impardonnable aux yeux de nos enseignants de lettres qui se prennent tou(-te)s pour des profs de philo et ne traitent donc que de la littérature "d'idées", en la rendant de surcroît bien chiante même lorsqu'elle ne l'est pas. Il est à leurs yeux impensable de former des jeunes esprits à la lecture de textes récréatifs, Pierre Benoit ne sera donc pas plus abordé en cours que ne le sont Alexandre Dumas, Jules Verne ou Arsène Lupin, sauf dans les banlieues, où l'on descend carrément dans la sous-culture "pour s'adapter au niveau des élèves". Mais l'énorme, l'impardonnable, le capital péché de Pierre Benoit est encore à venir : il est étiqueté dans les écrivains dits "de droite". Là, ce n'est plus acceptable pour nos enseignants gavés de récits dits "de gauche" même lorsqu'ils ne le sont pas : à la trappe le vilain.

C'est ainsi qu'en lisant Marcel Proust, en se documentant sur sa vie (ou en découvrant Colette), le lycéen (puis l'étudiant) français tout frais émoulu du lycée (ou de l'université) de la décennie post-soixante-huitarde découvre des noms qui lui sont totalement inconnus : Léon Daudet, Montesquiou, Mauras, Barrès. Il règne en France, dans ces années-là, un embargo total sur ces noms-là : il est de bon ton d'arborer une mine gênée voire dégoutée pour évoquer Drieu La Rochelle, Brasillach et peut-être même Céline, de causer avec des pincettes de l'immense Paul Claudel (un affreux catholique) ou de Péguy et Valéry (catalogués «réacs»), mais nous fûmes gavés jusqu'à plus soif d'un Sartre ou d'un Genêt, sans oublier Saint Eluard (Camus passait pour un écrivain mineur !!!). Quant aux écrivains des XVII et XVIIIe siècles, seuls sont présentés ceux que nos enseignants peuvent – au mépris ubuesque de toute concordance historique, et sans craindre l'anachronisme – nous présenter comme des précurseurs de la sacro-sainte Révolution Française. Les petits esprits français sont ainsi ancrés dans des ignorances abyssales.

Nos "grands" intellectuels de plateau de télévision s'exposent ainsi à de graves ridicules : dernièrement, l'un d'eux vient de découvrir pour la énième fois que leur idole Sigmund Freud n'était pas, mais alors vraiment pas un homme de gôôôche. Horreur ! Autre algarade : voilà-t-il pas que le ministère envisageait d'inscrire au programme des lycées un volume des "mémoires de guerre" du Général de Gaulle. Immédiatement, un ramassis de crétins doctrinaires s'éleva pour dénoncer une tentative d'embrigadement des jeunes esprits par ce qu'ils appellent "la droite" ! Que voilà une indignation bien vertueuse de la part de ces gens qui gavent ces mêmes jeunes esprits de textes tous plus "révolutionnaires" l'un que l'autre, qui se servent de leur chaire pour endoctriner des générations entières, qui ne connaissent quasiment rien en dehors de leurs standards estampillés par leurs gourous ! Ces pôvres d'esprit qui ont besoin de cataloguer un texte (et tout le reste) en "droite" et "gauche", tant elles et ils ont peur d'avoir à arbitrer entre un texte mauvais ou bon... C'est ainsi que des pans entiers de la production littéraire sont dissimulés aux jeunes esprits.

Pour en revenir à «Koenigsmark» de Pierre Benoît, ça se lit rudement bien, encore aujourd'hui, même si c'est bien loin de constituer une oeuvre majeure : la littérature peut aussi servir de distraction. Il me reste à parcourir les brocantes pour retrouver «L'Atlandide» dans son édition du Livre de Poche des années cinquante…
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xst
  14 octobre 2013
J'ai lu ce livre adolescente. Et plus de quarante ans après, je m'en souviens. Il m'a tant fait rêver. Je viens de le retrouver dans ma bibliothèque, la couverture tâchée, les pages un peu déchirées mais précieux de tant de souvenirs.
C'est une histoire d'amour sur fond d'intrigue politique et policière.
En 1912, Aurore, originaire des steppes russes, épouse le grand-duc Rodolphe de Lautenbourg, héritier d'une petite principauté allemande. Mais celui-ci meurt mystérieusement à l'occasion d'une mission en Afrique. L'année suivante, Raoul Vignerte arrive au palais en tant que précepteur du fils du grand-duc Frédéric de Lautenbourg, beau-frère et deuxième mari d'Aurore, qui a hérité du grand-duché. Vignerte va s'éprendre de la fascinante Aurore, qui semble apprécier sa compagnie autant que celle de sa dame de compagnie, Mélusine.
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Glass
  28 février 2016
Avec Koenigsmark, la recette du succès de Pierre Benoit est là : un jeune homme dépaysé, une héroïne mystérieuse et la découverte au final d'un sordide complot.
Ces ingrédients figurent dans plusieurs volumes de l'impressionnante oeuvre de Pierre Benoit qui atteint à mon sens sa perfection dans le Roi lépreux qui nous fait découvrir le mythique temple d'Angkor ou L'Atlantide qui nous propose une autre lecture du mythe antique de la citée enfouie de l' Atlantide en la localisant dans le magnifique Sahara algérien.
L'intrigue de Koenigsmark se déroule en Allemagne à la veille de la première guerre mondiale.
Pierre Benoit dresse un tableau assez réaliste de l'ambiance des cabinets ministériels du début du siècle et de la tuyauterie des administrations française et de l'université, qui nous semblent encore criants de vérité.
Mais dès l'arrivée dans la petite principauté de Lautenbourg on se retrouve projeté dans un monde féodal qui nous paraît hors du temps.
Ce sont bien deux mondes qui s'affrontent : la technocratie à la française et la féodalité autocratique allemande, teintée de l'autoritarisme de Bismarck.
Pierre Benoit sort ce livre au lendemain de la grande guerre . Et même si certains caractères sont caricaturaux, il ne peut s'empêcher de montrer aussi les liens entre deux terres de grandes civilisations.
L'héroine, elle, exhale la sauvagerie et l'indépendance des terres orientales.
Au final on est pris dans l'intrigue qui nous tient en haleine, avec un final que l'on suit minute par minute.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   02 mai 2015
« Tu souffres. De quoi ? De ta maudite imagination. Ne sens-tu pas désormais que le sort pourrait t’offrir vainement les femmes de Paris, les trésors d’Iranie, sans satisfaire le rêve composé de nuées que tu portes en toi ? Elle, cette femme, la grande-duchesse ? » (p. 100)
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Clio1989Clio1989   26 juillet 2019
Je consens à vous dire que je n'aime personne, si ce n'est - puisque ce mot aimer est un Maître Jacques - mon pays natal, la chasse, papa, les fleurs, qu'on me fiche la paix, et deux ou trois autres choses qui ne peuvent réellement porter ombrage à une jalousie regrettable à constater chez un homme intelligent. Êtes-vous satisfait ?
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Clio1989Clio1989   25 juillet 2019
Shakespeare est mort depuis trois siècles, et les landes où il vit Macbeth sont aujourd'hui rasées, pleines d'usines. Des commis voyageurs de par ici ont remplacé en Espagne Don Quichotte. En Italie, Carducci est une espèce d'Hugo imbécile. Vos paysages d'émotion sont devenus, comme la Suisse, un pays de touristes. Il y a des tourniquets au bas de vos cimes.
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genougenou   10 mai 2013
L'argent ne fait pas le bonheur ? Qui le fait donc, je vous le demande ? Qui me donnerait cette démarche assurée, cette confiance, cette joie ?
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Clio1989Clio1989   24 juillet 2019
Entre autres précieux conseils, il venait de me donner la démonstration que, dans la vie, il peut arriver qu'un indifférent fasse pour vous davantage qu'un ami.
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Videos de Pierre Benoit (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Benoit
Pierre Benoit, un auteur majeur à redecouvrir .Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/pierre-benoit-un-auteur-majeur-a-redecouvrir-375.htmlDe 1918 à 1962, il fut un auteur incontournable et a vendu des millions de livres dans le monde entier. Mais qui se souvient de Pierre Benoît ?50 ans après sa mort, dans sa maison des Landes, redécouvrez l?auteur de «L?Atlantide » et « Koenigsmark ».
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