AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2012791204
Éditeur : Hachette (19/11/2003)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Jamais l'accord n'a été aussi large sur les objectifs et les valeurs : nous nous retrouvons tous dans l'idéal d'une éducation démocratique. Jamais l'incertitude n'a été aussi grande sur les voies et les moyens de cette ambition : les divisions font rage chez les professionnels, les pote oscillent entre des réformes confis et l'impuissance gestionnaire.
C'est-à-dire que l'auteure fait un historique intéressant sur le parallèle entre les partisans traditionnel... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
denis76
  26 février 2018
Auteur MC BLAIS.
Ce livre m'a mis en colère. Après un bla-bla abscons de chercheur de sciences de l'éducation, Marie-Claude Blais, avec un plan sans queue ni tête, fait un historique intéressant sur le parallèle entre les partisans traditionnels de l'école républicaine et les "pédagogues progressifs" qui "mettent l'enfant au centre du système éducatif". Mais ceux-ci n'ont pas fait avancer le schmilblick, l'auteure a l'honnêteté de le reconnaître.
Pourquoi suis-je en colère à l'issue de ce livre ? D'abord le style est un "discours de fac", avec des "postures", des "ruses", des "systèmes", du conformisme", bref, des concepts aux limites trop floues. Pourquoi un style aussi abscons et technocrate ? Eh bien, je pense que les les chercheurs en sciences de l'éducation (que je connais , puisque j'ai fait un DEA de didactique) voient un « progressisme » des enfants dans la liberté et leurs droits, sans contraintes. Je pense à Maria Montessori, à Alexander S.Neill ("Libres enfants de Summerhill") ou à Ivan Illich ("Une société sans école"), et à mai 68 ("il est interdit d'interdire"). Je fais remarquer que, dans les trois écoles sus-citées, la population scolaire était particulière, et ne concernait pas la nation entière.
Pourquoi un style tellement flou ? Je pense que l'auteure est partagée entre les deux "écoles" ; elle ne prend pas parti. Les tenants de la démocratie sont des écorchés, très "à cheval", et toute attaque contre eux est susceptible d'être créditée d'autoritarisme, et de contrainte injustifiée. Donc, ce langage de chercheur a le mérite d'être accrédité dans les hautes sphères technocrates, et il permet de contourner les reproches éventuels de certains, mais il a l'inconvénient de n'être ni clair, ni direct : diable, appelons un chat "un chat" ! Mais dans notre milieu, on n'a pas le droit de dire les tabous. L'enfant est devenu roi. J'ai été "mis en retraite anticipée" pour avoir fait attrapé trois élèves par le bras, car avec les 20 autres élèves, on en avait marre d'attendre qu'ils finissent de faire les cé-o-enne-esse dans les tapis, afin de passer à la suite des consignes : "Vous ne savez pas gérer les élèves". D'accord.
Dans le contenu du livre, l'auteure oppose l'école républicaine qui privilégie des savoirs, les contenus, à l'école des pédagogues, " laboratoire de la démocratie", dit-elle, qui se préoccupe des « besoins » des élèves.
Pestalozzi (1780), et Marion sont partisans des savoirs, ainsi que maintenant, après la révolte de 1968 pour tuer le père, Jacqueline de Romilly , Alain Finkielkraut, Elisabeth Badinter, Bernard Lahire.
68 a fait beaucoup de mal.
De l'autre côté, les partisans du puérocentrisme sont Edouard Claparède, qui s'appuie sur la psychopédagogie (1900), et dans les années 1970, des chercheurs qui font beaucoup de mal à l'école républicaine : Pierre Bourdieu, JC Passeron ("La reproduction" ...des élites par l'école), Christian Baudelot et R.Establet ("L'école capitaliste en France"). La sélection est mise sur la sellette, et on baisse le niveau.
Mais ce qui fait le plus de mal, c'est cette notion d'égalité. On sait qu'elle est impossible, mais les « pédagogues » s'y accrochent, et gagnent l'écoute du ministère, toujours fervent de récupérer les voix des parents, sans s'occuper des conséquences pour notre jeunesse. Au début, cela partait d'un bon sentiment : Condorcet (1792) institue l'école primaire nationale. Guizot (1933) améliore de système, et Jules Ferry (1882) la rend gratuite, laïque et obligatoire, mais tous ceux là, républicains, privilégiaient les savoirs, LES DEVOIRS et L'EFFORT.
L'égalité : après la massification dans les années 1950-60, la réussite scolaire n'est pas au rendez-vous pour tous ! Cependant, sur le tabou "égalité des chances" qu'on n'a pas le droit de critiquer, les pédagogues ne veulent pas en démordre : on saute à pieds joints sur les propositions de John Rowles (1971): la discrimination positive ! Les bourses pour élèves défavorisés, c'est bien, mais créer des ZEP en 1981, accepter l'enfant roi, et privilégier la parole des enfants et des parents sur celle de l'enseignant, est ce la solution ?
Les savoirs reproduisent les élites ? La réussite scolaire des élèves de base ne donnent pas les métiers gratifiants des élites ? Les élèves s'ennuient ? Vive les parcours diversifiés ! " La reproduction" a dévalorisé la république des savoirs : comme on n'arrive pas à l'égalité, on fait le procès du savoir, et aussi, parfois, celui de l'enseignant.
Evolution du métier d'enseignant :
1) La massification pose le problème d'enseigner avec hétérogénéité, étant tabou de faire des classes de niveau.
2) Les médias : ils ont fasciné les enfants et pris le pouvoir par rapport aux familles et à l'école (Postman, Popper). Les jeux vidéo,peuvent engendrer la violence.
3) Lutter contre l'ennui des élèves. Mais enfin, les enseignants ne sont pas là pour ça, enfin ! Nous ne sommes pas des animateurs, ni des assistants sociaux !
4) La peur : les élites ont peur d'une bombe à retardement : ils ont peur de "la fracture sociale".
Mais la CULTURE, bon sang ! Il faut prendre compte des racines ! On dirait qu'on a honte de notre histoire, d'être Français !

En fin de livre, l'auteure consacre un chapitre à l'éducation civique. Depuis la fin du XXè siècle, les pédagogues se sont enfin aperçu que certains élèves faisaient des incivilités, et même des violences. Donc ils essayent de rattraper le coup avec cette « nouvelle-ancienne matière ». On ne va quand même pas déterrer la morale, c'est un fossile ! Mais le gouvernement lutte sans y croire.
Erasme et Montaigne, vers 1500, savaient prendre les choses à l'endroit. de même, Arnaud Berquin, vers 1780, prévu pour éduquer Louis XVII, écrivait :
"Rosalie prit le billet et lut :
"Pour une petite fille grognon, qui reconnait ses défauts, et qui, en commençant cette nouvelle année, va travailler à s'en corriger."
-- Oh ! c'est moi ! c'est moi ! " s'écria t-elle en se jetant dans les bras de sa mère, et en pleurant amèrement.
Madame de Fougères versa aussi des larmes, moitié de chagrin sur les défauts de sa fille, et moitié de joie sur le repentir qu'elle en témoignait."
Ils savaient, par maints exemples, remettre les enfants dans le droit chemin. le contrôle de soi : on ne sait plus l'éduquer.
De nombreux parents, pour de multiples raisons, n'éduquent plus leurs enfants dans le RESPECT. Ce mot a mauvaise presse en France.
Donc, nos pédagogues du « vivre ensemble », qui ont "gagné" sur les républicains, sont pris à leur propre piège : ils n'arrivent pas à s'en sortir, avalés par leur flou et leurs contradictions : leur maître mot est "pas de contraintes pour les élèves !"
Mais comment éduquer les enfants avec leurs seuls droits et sans aucun devoir ? C'est l'hôpital qui se moque de la charité ! On fabrique des révoltés qui n'ont pas lieu d'être.
L'apprentissage de la démocratie dès le primaire, est-ce la solution ?
Là, en 2017, le système scolaire, avec l'insécurité, a les deux pieds dedans !
Puisque l'auteure et les pédagogues n'ont aucune solution, je propose un cours d'éthique obligatoire et important :
Au primaire, apprendre et appliquer les règles de politesse.
Au collège, apprendre la prise de conscience de son propre état (colère, agitation), maîtrise de soi, autonomie.
Au lycée, apprentissage de la démocratie.
En fait l'auteure, et je pense qu'elle n'est pas seule, confond éducation et instruction. Notre boulot, c'est d'instruire, et là, sans moyens supplémentaires, nous sommes aussi obligés d'éduquer : nous faisons le grand écart !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
itzamna
  25 février 2015
Un ouvrage particulièrement riche, qui éclaire les enjeux de politique publique en ce début de 21ème siècle. Un livre qui met les Politiques face à leur responsabilités : qu'attendent-ils de l'École ? Qu'attend-on de cette institution républicaine qui ne saurait être le remède exclusif à tous les maux de la Démocratie ? Un essai également comme un vrai plaidoyer en faveur de l'École et de ses enseignants. Mais il n'est pas que ça, loin de là : c'est une très juste réflexion de société, tellement d'actualité. C'est une vraie satisfaction de renouer avec les essais par ce titre.
Un billet complet sur mon blog...
Lien : http://itzamna-librairie.blo..
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
itzamnaitzamna   25 février 2015
Mais ceux qui, dans la hiérarchie de l’Éducation ou parmi les parents d'élèves, profèrent des attaques répétées et globales contre "les enseignants" doivent savoir qu'ils détruisent ainsi la condition de l'effort qui est demandé à tout élève qui veut grandir : cette confiance qui lui permet, s'il ne voit pas le sens de ce qu'on lui propose, de s'en remettre à quelqu'un qui, lui, le connaît et s'en porte garant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Gribouille_idfGribouille_idf   11 mai 2015
L'éducation a cessé de fournir un exemple probant à partir du moment où les sociétés ont commencé à développer systématiquement l'institution scolaire.
Commenter  J’apprécie          10
autres livres classés : éducationVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Autres livres de Marie-Claude Blais (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
297 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre