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ISBN : 2246815894
Éditeur : Grasset (14/03/2018)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 41 notes)
Résumé :
« J'ai neuf ans. Un dimanche de mai, je rentre seule de la fête de l'école, un monsieur me suit. Un jour blanc. Après, la confusion. Année après année, avancer dans la nuit. Quand on n'a pas les mots, on se tait, on s'enferme, on s'éteint, alors les mots, je les ai cherchés. Longtemps. Et de mots en mots, je me suis mise à écrire. Je suis partie du dimanche de mai et j'ai traversé mon passé, j'ai confronté les faits, et phrase après phrase, j'ai épuisé la violence ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
  08 mai 2018
J'écris ces lignes en pensant à un petit ange, elle en portait le nom. Angélique avait treize ans, sur les photos elle souriait à la vie jusqu'à ce que son chemin croise celui d'un pervers et meure sous les coups qu'il lui asséna après l'avoir violée.
Le drame vécu par Adélaïde Bon fait échos à celui d'Angélique et de toutes ces enfants, jeunes filles ou jeunes femmes qui se sentent salies et coupables à jamais pour avoir croisé la route d'un être immonde .
Adélaïde Bon avait 9 ans lorsqu'elle a été violée par un voisin. Elle a dû essayer de vivre avec « ses méduses », ses colères, ses rebellions d'adolescente.
Elle a mis 20 ans à se reconstruire, jusqu'à ce qu'on retrouve son agresseur qui va finalement être jugé. Une étape déterminante pour mettre un terme à ces années de souffrance.
Aujourd'hui mariée et mère de famille, la jeune femme se bat pour qu'aucune enfant ne se retrouve seule sur la banquise au milieu des méduses qui la dévorent peu à peu.
Je peine à imaginer le courage qu'il a fallu à l'auteure pour mettre des mots sur cette souffrance indicible.
« La petite fille sur la banquise » est un document magnifique et émouvant, d'une grande force d'évocation.
Ce livre permet d'ouvrir les yeux sur les souffrances subies comme une honte par des milliers d'enfants abusés.
Merci aux Editions Grasset et à NetGalley pour ce partenariat.

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Paola93130
  24 mai 2018
Avant tout, remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour l'envoi de ce témoignage.
Merci beaucoup.
Ensuite, préciser que je n'écris ce petit billet que pour respecter mon engagement auprès des deux associations citées plus haut…Parce que ce texte n'est pas critiquable…C'est comme pour le témoignage de Nadia Murad. On ne chronique pas la souffrance, on ne critique pas la douleur. D'autant moins qu'il s'agit du viol d'une petite fille de 9 ans…
Donc, je ne vais pas critiquer, apprécier ou tergiverser sur ce texte. Très bien écrit, soit dit en passant. Qui transmet « parfaitement » (comme si le viol d'un petit ange osait être parfait) le traumatisme, l'horreur, l'incompréhension, l'injustice d'Adélaïde. Au risque de vous choquer, au risque de perdre des amis Babeliens, je vais vous dire, rapidement, ce que je pense d'une situation pareille.
Pour moi, le viol est, de loin, le crime le plus affreux, le plus odieux qui puisse exister. Même tuer me semble « plus doux », « moins grave » que le viol. Quand un criminel tue, il efface une vie, il éteint une lumière définitivement. Irréversiblement. La vie achevée ne souffre plus. La victime s'éteint et disparait dans un néant inconnu pour les uns ou dans un éventuel paradis ignoré pour les autres. Bref, c'est fini. Switch-off. Par contre, je pense que, quand un monstre viole, il tue « à long terme ». La victime meurt tous les jours, la lumière ne brille plus même si la lampe est toujours là. le Vie n'est plus libre d'être vécue. Elle étouffe, elle s'étiole, la Vie. Dans son témoignage, le corps aussi martyrisé que l'âme, le coeur aussi tourmenté que l'esprit, Adélaïde se sent déshumanisée. Elle parle de salissure, de meurtrissure. Méduses gluantes. Médusée d'horreur. Elle souffre et se fait souffrir. Elle hurle et vomit. Elle se sent coupable (mon Dieu, mais pourquoi ?). Elle hait, se hait et n'arrive ni à aimer, ni à se laisser aimer…Restons-en là. le chemin de croix est tellement pénible qu'on en pleure. Son courage inouï lui permettra, cependant, de renaitre plus ou moins, après l'arrestation, le procès et la condamnation de son tortionnaire.
C'est de la condamnation dont je souhaite vous parler. Toute l'horreur du crime, DES crimes d'ailleurs (il a violé en série, ce salop) mène à une peine de 18 ans de prison. Mais Adélaïde trouve la condamnation bien légère. Moi aussi. Elle voudrait presque la peine de mort…Mais là….je ne suis pas d'accord. Désolée, Adélaïde. On ne peut exiger d'aucun juge, qu'il prenne la responsabilité de protéger la société d'un tel salopard en l'éliminant, tout simplement. Aucun avocat ne doit demander la peine capitale pour venger la mort lente d'une petite fille de 9 ans qui ne sait même pas ce qui lui est arrivé, au fond. Aucun juré ne peut décider qu'un tel individu est indigne de vivre. Aucun bourreau officiel ne peut rayer de la surface de la terre un monstre pareil.
Non. Non à la peine de mort dans les cas de viol ! Je serais moi-même incapable d'exiger un tel châtiment à quelque magistrat que ce soit, même si ça m'arrivait à moi ou à mon enfant….Je n'exigerais jamais une chose pareille…..
………..Ce serait moi, et moi seule, qui le descendrait. En lui faisant exploser la tête d'une balle gros calibre, comme il m'aurait explosé le coeur lors de son acte odieux.
Je souhaite bon courage et beaucoup de bonheur à toutes les Adélaïdes du monde. Qu'elles puissent renaitre et être heureuses.
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Dominique84
  21 mars 2018
C'est avec beaucoup de tendresse et d'effroi en même temps que j'ai lu le livre d'Adélaïde Bon, ce bouleversant témoignage qui retrace le long et éprouvant combat mené pour une reconstruction après un viol.
C'est à 9 ans que le destin d'Adélaïde a basculé, c'est à 9 ans qu'elle a échoué sur la banquise, seule avec son secret. Elle a mis 20 ans à se reconstruire en livrant un combat acharné contre ce mal pour lequel elle ne trouvait pas de mot et qui la dévorait de l'intérieur, elle le comparera à des méduses qui s'immiscent lentement en elle et qui la dévorent sans que personne ne s'en aperçoivent.
Aujourd'hui, Adélaïde Bon tend la main à toutes les victimes de viol et lance un appel pour que la loi et la prise en charge des victimes changent et évoluent, afin qu'elles ne vivent plus dans une solitude morbide et une honte injustifiée, afin qu'elles soient écoutées et surtout comprises.
Les victimes de violences sexuelles créent souvent une sorte de mémoire traumatique enfouie de l'événement. Elles développent des comportements intimes qui les isolent et souffrent de symptômes dont elles ignorent l'origine. “Plus on a été agressé jeune, plus a de mal à voir le rapport entre la crise de panique au présent et l'agression du passé”.
Désormais,  elle va se couper un peu plus des autres, “sourire, dissimuler, s'épuiser. Passer chaque journée en dehors de soi. Se vivre déportée, sans que nul ne sache”. “Elle rit toujours, peut-être un peu plus qu'avant, c'est qu'elle a le coeur si lourd que quand la joie lui vient, elle s'y jette”.
Elle va meurtrir ce corps qu'elle hait et qui ne lui appartient plus, ignorant  qu'elle est dans le déni total de la violence subie, construisant un bouclier de résistance aux autres et au mal.
“Elle n'a pas idée de ce que ce mot femme, sexualité féminine pourrait signifier, elle une femme dans une civilisation façonnée par les hommes, elle ne connaît sa sexualité qu'à l'aune de la leur”.
Au centre du récit - comme un avant et un après - elle écrit (enfin) le mot VIOL (un mot jusque-là écarté, nié du récit). Elle n'hésite pas à décrire sans ambages ni figures de style les situations insoutenables que subissent les femmes dans les espaces publics par exemple où “les hommes mesurent leur trique à l'effroi qu'ils causent”
C'est un combat qui s'engage, un combat pour la survie, une route longue et périlleuse dont elle ne connaît pas l'issue. Elle rêve seulement d'un mieux, elle cherche du secours parmi les différentes thérapies qui lui sont offertes. Sa plus grande épreuve sera libératrice, quand, assise sur le banc des victimes parmi d'autres victimes, elle croisera avec effroi les yeux de son agresseur. Cette ultime épreuve lui permettra alors d'analyser, de comprendre ce qui lui est arrivé, de se déculpabiliser aux yeux des autres, de partager avec d'autres, d'écrire. “Je suis ce qu'il reste d'une femme après qu'on l'a violée. Et de l'écrire me renoue, me relie, me répare”.
“C'est un livre, quand bien même les sujets dont il parle sont extrêmement douloureux, que j'ai écrit avec beaucoup de douceur et de tendresse, pour toutes les autres petites filles qui sont coincées sur la banquise.” dit-elle. Merci Adélaïde pour ce témoignage bouleversant, merci pour le courage d'avoir mis en mot la douleur lancinante qui a accompagné votre vie durant toutes ces années, merci au nom de toutes les femmes bafouées, agressées et violées qui vivent seules leur souffrance.
Lien : http://dominique84.overblog...
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Aufildeslivres
  18 mai 2018
Adélaïde Bon raconte Elle.
Elle, cette enfant de 9 ans brisée un beau jour de mai. Cette enfant qui remplit sa détresse de nourriture et de joies illusoires, de sensibleries. Elle dénote dans sa famille bourgeoise où les corps se cachent et tout se modère. Elle, elle explose, rit, pleure, se fait remarquer. Elle ne comprend pas. Elle se fait mal, se frappe, se blesse, envahie de méduses, à l'intérieur, c'est douloureux. Elle se tait. Elle n'est pas normale, elle est vilaine.
Elle grandit. L'alcool, la drogue, les hommes, le sexe, elle essaie. C'est dégoûtant, sombre, écoeurant. Elle ne comprend pas. Elle multiplie les thérapies, elle s'accroche à tout, se raccroche, rien n'y fait, elle reste vilaine, étourdie de violence. Ce corps, elle le rejette, elle le déteste, elle lui fait mal. Peut-être parviendra-t-elle à en extraire les méduses.
Les mots sont violents, crus, percutants. Ils sont ceux de la vérité et du vécu. Ils heurtent et bouleversent. le viol a détruit l'enfant, l'adolescente, la femme, la jeune mère. Il a bousillé l'amoureuse.  Il a entortillé l'esprit, l'a détourné, contourné, empli de hargne et de douleur. Il a tissé sa toile nauséabonde, vicieux, insidieux, ses méduses aux filaments infinis qui pénètrent et enserrent.
Adélaïde Bon raconte Elle.
Son combat, sa lutte dans le brouillard, seule. Ces yeux, ce visage qui la hantent, ces doigts qu'elle sent encore. Elle minimise. C'est elle qui n'est pas normale, pas les faits. Il faut le lui dire que ce n'est pas elle ! Non, le monstre c'est lui. Lui qui l'a violée. Syndrome post-traumatique. Elle l'entend. Elle a un mot, on le lui donne, elle le reçoit : VIOL.
Adélaïde raconte Elle qui devient Je. Elle témoignera au procès, c'est terrible, dur, mais libérateur. Elle va pouvoir guérir et redevenir Adélaïde, la femme qu'elle aurait dû être, cette petite fille de 9 ans aux taches de rousseur et au sourire franc, insouciante et heureuse. Avant.
Merci Adélaïde pour ce précieux témoignage. Merci pour vos mots posés sur un mal.
A Juliette.
Lien : http://aufildeslivresblogetc..
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ChtiBaboun
  26 mai 2018
Qu'il est difficile de faire une critique sur le livre d'Adélaïde Bon La petite fille sur la banquise.
Ce livre qui nous parle d'attouchements sexuels, de viols, de pédophilie.
Ce livre touche à l'horreur et à l'indicible qu'à vécu , seule, cette petite fille sur la banquise.
On ne sort pas indemne de la reconstruction de la vie d'Adèlaide Bon.
C'est la reconstruction d'Adélaïde Bon après ces 9 ans , après ces actes ignominieux qui l'ont souillés à jamais
Cette petite fille est devenue Elle , comme -ci nous avions à faire à deux personnages qui ne se retrouvent pas.
Cette dualité est très forte et le regard que porte l'auteur sur ces deux personnages est d'une grande force émotionnelle.
Que la vie a du être forte pour faire face à toutes les réactions suite à ces attouchements et viols.
Que la vie a dû être dure pour retrouver une identité , un corps , un désir.
L'ensemble du livre d'Adélaïde Bon est magnifique , bouleversant.
Son cri de rage nous l'entendons, quand elle décrit la non prise en compte par les experts médicaux de ce qu'elle est, c'est à dire une victime.
Son cri de rage nous l'entendons quand elle dit qu'il n'y a pas de mot pour décrire les attouchements sexuels et le viol chez l'enfant.
Nous entendons son récit poignant du procès , nous sommes estomaqués , tourneboulés, émus au dessus de tous , par la litanie des témoignages sombres, terribles mais d'une force inimaginable. Nous touchons l'indicible.
Nous entendons sa révolte vis à vis des hommes et de l'humanité.
Et c'est parce que j'ai entendu tout cela et que j'en ai été touché, ému, questionné que je me permets de ne pas être en accord avec Adélaïde Bon quand elle dit : l'humanité toute entière est un enfant du viol, un enfant transi, sur la banquise, qui nous attend.
Je peux comprendre que vu ce qu'elle a vécu , et qu'elle ait au fond d'elle cette violence.
Mais résumer l'histoire de l'humanité a un viol me dérange quelque peu.
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   23 avril 2018
On n’est pas fier d’être un "mâle" quand on lit le récit d’Adélaïde Bon, "La petite fille sur la banquise".
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Dominique84Dominique84   21 mars 2018
Sourire, dissimuler, s’épuiser. Passer chaque journée en dehors de soi. Se vivre déportée, sans que nul ne sache. Elle rit toujours, peut-être un peu plus qu’avant, c’est qu’elle a le cœur si lourd que quand la joie lui vient, elle s’y jette.
Commenter  J’apprécie          70
BenedicteNBenedicteN   31 mars 2018
Elle note les mots dissociation, conduites à risques, conduites d'évitement, attaques de panique, violences que l'on s'inflige à son corps défendant, cauchemars répétitifs, sensations de pénétration, elle note, À tous ces symptômes, les victimes ne comprennent rien. Plus on a été agressé jeune, plus on a de mal à voir le rapport entre la crise de panique au présent et l'agression du passé.
Elle note avec avidité mais elle non plus, elle ne voit pas le rapport.
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Dominique84Dominique84   21 mars 2018
Je suis ce qu’il reste d’une femme après qu’on l’a violée. Et de l’écrire me renoue, me relie, me répare.
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Dominique84Dominique84   21 mars 2018
Plus on a été agressé jeune, plus a de mal à voir le rapport entre la crise de panique au présent et l’agression du passé.
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ClaforianeClaforiane   19 avril 2018
Regardez, j'ai porté des années la haine, la terreur, la violence, la laideur.
Regardez, elles n'étaient pas à moi, mais à lui, assis là dans le box des accusés.
Voici des années que vous et moi, nous ne nous connaissons plus que par mes outrances, par nos silences, regardez, je suis devant vous aujourd'hui et me voici nue, voici mon corps meurtri, abimé, regardez moi, j'ai besoin de pouvoir enfin m'écrouler dans vos bras, j'ai besoin que vous fassiez corps autour de moi.
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