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ISBN : 2253100455
Éditeur : Le Livre de Poche (05/09/2018)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 141 notes)
Résumé :
Mes Amis : « Mon imagination crée des amis parfaits pour l’avenir, mais, en attendant, je me contente de n’importe qui. »

Premier roman d’Emmanuel Bove (1898-1945) et premier succès, en 1924. Grâce à Colette, qui, la première, reconnaîtra son talent. La force de ce récit réside dans son style dépouillé – des phrases courtes, limpides, apparemment anodines et dénuées d’émotion, mais en fait très percutantes, et à l’humour noir débarrassé de toute illus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
genou
  13 avril 2017
https://ebooks-bnr.com/bove-emmanuel-amis/
L'écriture, presque musicale dans son rythme inaltérable, sait ménager son suspense, malgré une intrigue quasi inexistante : plus qu'un roman, comme indiqué au début du livre, ce sont plusieurs nouvelles, toutes empreintes d'une tristesse existentielle profonde, lancinante, mais détachée du réel, qui reflète les sentiments contradictoires du narrateur dans sa quête d'amitié.
La solitude dans les villes, l'inactivité, les laissés-pour-compte, l'irrespect, n'est-ce pas aussi notre réalité du 21e siècle ?
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democratz
  22 février 2017
L'histoire commence dans la chambre de Victor Bâton. Une chambre qui semble petite et en mauvais état. le narrateur habite à la périphérie de Paris (Montrouge) par choix. le récit se déroule après la première guerre mondiale. Notre protagoniste ancien soldat est un blessé de guerre. Il nous parle de ses voisins d'immeuble, ainsi que des commerçants du quartier. Personne ne semble l'apprécier et il imagine que sa vie serait différente s'il était riche.
Nous le suivons dans sa quête de l'amitié.
Ainsi nous faisons la connaissance de Lucie Dunois gérante d'un bistrot chez qui Victor a ses habitudes et qui devient sa maîtresse histoire d'une nuit.
Puis, au coin d'une rue il rencontre un certain Henri Billard. Même si Victor déteste fréquenter des inconnus, il se laisse séduire par cet homme plutôt riche et sympathique. Il y voit enfin l'occasion d'avoir un ami qui l'écouterais et le comprendrais. Mais il y a Nina. La jeune maîtresse de Billard qui est un obstacle à leur amitié. Ne se décourageant pas, Victor continu de chercher cet ami qui l'aimera et qu'il pourra aimer comme un frère. Il va croiser le chemin d'un marinier suicidaire, d'un généreux industriel, et même d'une chanteuse de cabaret. L'amitié tout comme l'amour ne sont décidément pas des affaires qui se prennent à la légère...
"Mes amis" est le premier roman officiel d'Emmanuel Bove et pourtant l'auteur fait preuve d'une grande maîtrise en décrivant la détresse de cet homme, mutilé de guerre, qui n'a pas eu la reconnaissance de la nation qu'il aurait voulu avoir. Apparemment sans famille, il ne rêve que d'une chose : ne plus vivre dans cette solitude qui l'entoure depuis son retour du front. Victor a fait le choix de se contenter de sa maigre pension plutôt que d'aller chercher un emploi, et cette décision aura d'importantes répercussions sur sa vie.
Le personnage est attachant et malgré les décisions discutables qu'il pourrait prendre, reste un brave homme . Celui qui aura l'amitié de Victor aura gagné un ami peu riche mais avec un coeur en or.
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colimasson
  31 juillet 2013
Mes amis, je vous écris pour vous dire que je ne vous aime plus, que vous ne m'aimez pas, ou que –si vous m'avez aimé-, je ne vous ai jamais aimés.

« Certains hommes forts ne sont pas seuls dans la solitude, mais moi, qui suis faible, je suis seul quand je n'ai point d'amis »

L'écriture d'Emmanuel Bove est dépouillée mais lancinante. Elle sent la fatigue et nous fait craindre l'abandon d'une lutte désespérée que l'écrivain a menée pour se lier à ses semblables –ne serait-ce qu'avec un seul d'entre eux. Tout est misérable dans ces pages, à commencer par le narrateur. Des descriptions déplorables de sa condition sociale –sans ami, sans famille, sans profession, sans argent- à son apparence physique –pouilleuse, négligée, morbide-, le plaisir sadique de l'autodestruction transperce entre des lignes plaintives. Par impossibilité pécuniaire et par négligence, le narrateur pense qu'il lui est impossible de remédier à cette identité misérable, et sans doute ne veut-il pas s'en débarrasser car il s'y est attaché et parce qu'elle constitue un passe-droit pour atteindre ceux qui lui semblent les plus intéressants –parce qu'ils lui ressemblent ?- les misérables, les malheureux, ceux qui n'ont plus d'espoir mais qui continuent tout de même à traîner leur tristesse sans oser l'abréger trop tôt.

« A peine sorti des draps, je m'assois sur le bord du lit. Mes jambes pendent à partir du genou. Les pores de mes cuisses sont noirs. Les ongles de mes doigts de pied, longs et coupants : un étranger les trouverait laids »

Le comportement du narrateur vis-à-vis des inconnus qu'il essaie d'attirer à lui est malsain. Derrière ses revendications d'amour et d'attention, on se rend compte très rapidement qu'une volonté de provoquer les conventions sociales domine. La quête amicale répond à un véritable besoin de compassion mais s'apparente également à une expérience sociologique dont les résultats ne surprennent jamais le narrateur : la pitié des uns pour les autres est nulle, personne ne se préoccupe d'autrui, sinon pour son intéressement personnel et, partant de cette conclusion, le but du jeu social est de faire miroiter en soi ce que les autres sont en possibilité d'attendre. Mais que peut-on attendre d'un pauvre gueux ? En pleurant au désespoir, en revendiquant l'amitié pure et gratuite, le narrateur brandit un orgueil démesuré ; son apparente faiblesse devient signe de supériorité morale et lui donne la permission de se montrer brutal dans sa revendication d'amitié.

« Pour un peu d'affection, je partagerais ce que je possède : l'argent de ma pension, mon lit. Je serais si délicat avec la personne qui me témoignerait de l'amitié. Jamais je ne la contrarierais. Tous ses désirs seraient les miens. Comme un chien, je la suivrais partout. Elle n'aurait qu'à dire ma plaisanterie, je rirais ; on l'attristerait, je pleurerais.
Ma bonté est infinie. Pourtant, les gens que j'ai connus n'ont pas su l'apprécier. »

Nous rencontrerons quelques-unes de ces personnes dans les différentes nouvelles qui constituent Mes amis. Chacune d'entre elles retrace le parcours du narrateur dans son choix d'une nouvelle proie amicale, dans les techniques de capture mises en oeuvre, dans les désillusions réciproques –quoiqu'elles soient presque nulles du côté de « l'ami » qui n'a rien demandé- puis dans la séparation finale, qui se conclut avec une indifférence opposée à la quantité d'espoir investie par le narrateur lors de la rencontre. On se demande sans cesse ce que cherche vraiment celui-ci. Veut-il fuir l'ennui (« Je déjeune à une heure : l'après-midi me semble moins longue ») ? la solitude ? Cherche-t-il réellement l'affection d'autrui ? ou se contenterait-il seulement d'un peu de reconnaissance ?

« Mon imagination me crée des amis parfaits pour l'avenir, mais, en attendant, je me contente de n'importe qui »

Cet étrange roman de la prostitution amicale mettra peut-être en position dérangeante. Emmanuel Bove décrit tous les mécanismes –parfois inconscients- déployés par l'individu pour s'intégrer en société. Peut-être parce que son personnage en est trop conscient et qu'il en use sans aucune parcimonie, ses tentatives répétées de se lier à autrui échouent. Mes amis ne devrait pas être le titre d'un roman consacré à la solitude et pourtant, ne sommes-nous pas aussi contradictoires lorsque nous utilisons abusivement de ce qualificatif pour des personnes qui ont cessé d'être nos amies mais vis-à-vis desquelles nous continuons de feindre l'attachement par habitude ou par sécurité ? le narrateur ne s'arrête pas à de pareilles craintes et se détache d'autrui sans douleur autre que celle qu'il éprouve pour lui-même et pour la solitude monadique que nous ressentons tous, dans une proportion inverse au nombre d'amis que nous croyons sincèrement pouvoir revendiquer.

« Je m'assois sur une chaise –une chaise de jardin qui se plie- et je pense à l'avenir.
Je veux croire qu'un jour je serai heureux, qu'un jour quelqu'un m'aimera.
Mais il y a déjà si longtemps que je compte sur l'avenir ! »

Sur ces réflexions vagues et incertaines, Emmanuel Bove signe la fin de nouvelles troublantes qui oscillent entre cruauté et abandon. Mieux vaut être seul que mal accompagné… même si tout le monde préfèrerait malgré tout être accompagné.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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sabine59
  11 avril 2018
C'était un coup de coeur du Furet de Lille. J'avais envie de découvrir cet auteur méconnu, mis en valeur par Colette, qui avait apprécié une de ses nouvelles. Il a eu une certaine notoriété ensuite, a publié de nombreux romans, puis , après sa mort, assez jeune, est tombé dans l'oubli... On le redécouvre maintenant, et tant mieux! Je suis toujours heureuse que l'on remette en valeur des textes comme celui-ci, car ils en valent la peine!
Ce premier roman a été écrit en 1929. Dès le début du livre, on se rend compte que l'auteur a du talent. Les descriptions précises, presque photographiques dans leur concision que fait le personnage principal de son environnement impressionnent. Son auto-dérision et son sens critique, au-delà de son désir naïf , inassouvi, de se faire des amis sont marquants. Le conditionnel , souvent utilisé, est là pour montrer qu'il ne croit pas lui-même en ses rêves d'amitié .
Mais surtout, on s'attache à cet homme tellement seul. Terrible solitude d'un blessé de guerre qui n'a que sa pension pour survivre. Mais pauvreté assumée : il préfère devoir compter au quotidien plutôt que travailler. C'est justement ce que les autres ne comprennent pas et qui le rend singulier.
J'ai aimé le ton particulier de l'auteur, son univers attachant et personnel. Certes, l'histoire est sombre, le personnage parfois agaçant, mais l'humour permet une mise à distance qui allège un peu l'aspect dramatique. Et quelle modernité aussi, ce thème de l'anonymat urbain, dans " les villes de grande solitude"...
Je laisse la parole ( un constat assez désespérant....) pour finir, à Victor Bâton:" Je cherche un ami, je crois que je ne le trouverai jamais"...
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blandine5674
  10 avril 2019
A mes amis, et particulièrement ceux ‘Fans de René Frégni'. Pourquoi ? Parce que c'est son livre de chevet, comme il l'écrit dans ses romans. Et c'est vrai, qu'il y a un petit quelque chose de ressemblant. En premier, le kif des seins, ceux que la vie ne gâtent pas, et bien d'autres choses encore. Emmanuel Bove est plus sombre. Un même narrateur qui raconte des anecdotes sous forme de nouvelles. C'est un homme seul, blessé de guerre, sans travail et qui ferait n'importe quoi pour avoir des amis. Ce qui donne des situations cocasses. C'est fort et juste !
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critiques presse (3)
Actualitte   12 mai 2017
On ne rit pas avec Mes amis, ou alors quelquefois d’un rire de farce, c’est-à-dire hautement fraternel face à la cruauté de l’existence. On y découvre surtout un ami, un auteur de chevet, qui oppose à ce e cruauté son sourire en coin, triste et fragile, dénué de mépris.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Liberation   16 novembre 2015
C’est comme si, à cause de ou malgré son humour, l’œuvre de Bove finissait par faire peur, à frapper si juste.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs   02 août 2013
Ses phrases courtes s’enchaînent avec une simplicité qui relève presque de la sécheresse. Mais elles révèlent un savoir-faire hors du commun, un tel sens de l’équilibre que pas une ne pourrait être retirée sans rendre bancal le paragraphe entier.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
democratzdemocratz   21 février 2017
Quand le luxe me fait envie, je vais me promener autour de la Madeleine. C’est un quartier riche. Les rues sentent le pavé de bois et le tuyau d’échappement. Le tourbillon qui suit les autobus et les taxis me soufflette la face et les mains. Devant les cafés, les cris que je perçois une seconde semblent sortir d’un porte-voix qui tourne. Je contemple les automobiles arrêtées. Les femmes parfument l’air derrière elles. Je ne traverse les boulevards que lorsqu’un agent interrompt la circulation.
+ Lire la suite
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democratzdemocratz   22 février 2017
Pour un peu d’affection, je partagerais ce que je possède : l’argent de ma pension, mon lit. Je serais si délicat avec la personne qui me témoignerait de l’amitié. Jamais je ne la contrarierais. Tous ses désirs seraient les miens. Comme un chien, je la suivrais partout. Elle n’aurait qu’à dire une plaisanterie, je rirais ; on l’attristerait, je pleurerais.
Commenter  J’apprécie          510
colimassoncolimasson   16 janvier 2014
J’avais un mal de tête violent. Je songeai à ma vie triste, sans amis, sans argent. Je ne demandais qu’à aimer, qu’à être comme tout le monde. Ce n’était pourtant pas grand-chose.
Puis, subitement, j’éclatais en sanglots.
Bientôt, je m’aperçus que je me forçais à pleurer.
Je me levai. Les larmes séchèrent sur mes joues.
J’eus la sensation désagréable qu’on éprouve quand on s’est lavé la figure et qu’on ne se l’est pas essuyée.
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colimassoncolimasson   20 janvier 2014
Un homme comme moi, qui ne travaille pas, qui ne veut pas travailler, sera toujours détesté.
J’étais dans cette maison d’ouvrier, le fou, qu’au fond, tous auraient voulu être. J’étais celui qui se privait de viande, de cinéma, de laine, pour être libre. J’étais celui qui, sans le vouloir, rappelait chaque jour aux gens leur condition misérable.
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colimassoncolimasson   23 décembre 2013
Sans doute pour ne pas avoir l’air de remarquer le silence qui devenait plus gênant à mesure que le temps s’écoulait, Billard cherchait un écrou dans une boîte à outils et sa maîtresse essuyait l’intérieur de quelques tasses, avec le pouce. Quant à moi, je voulais parler, mais tout ce que je trouvais dénotait trop l’intention de mettre fin à une situation ridicule.
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