AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Robert Destanque (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253021539
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1979)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 224 notes)
Résumé :
" Roman misérabiliste, récit larmoyant ? C'était l'écueil.
Mais la vieille dame n'est pas de la race qui se lamente ou qui s'apitoie. Elle promène une force tranquille, une santé à toute épreuve, une joie même étonnante. Dans ce monde des campagnes qui ne croit qu'à Dieu et à l'autorité, elle professe féminisme, anarchisme et pacifisme. Comme ses petits-enfants, aujourd'hui. Elle n'accepte aucune fatalité, aucune soumission. Et se bat au nom d'un idéal que ri... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  10 avril 2014
Déjà de fort nombreuses critiques de cet excellent témoignage, qui garde beaucoup d'actualité... quant à l'engagement de toute personne habitée par le désir d'enseigner...
Je retrouve avec stupéfaction le modeste livre de poche, soigneusement protégé de la couverture de papier cristal( papier-fleuriste) dont je l'avais affublé il y a quelques années….j'étais convaincue de l'avoir prêté et de ne plus l'avoir près de moi…
Je retrouve cette belle lecture avec grande émotion, ainsi que les passages soulignés à l'époque, qui correspondent encore à mes convictions et appréciations présentes…. Comme celle-ci, qui fait figure de profession de foi de cette institutrice… aussi exigeante , déterminée, et bienveillante…. Que nous retrouverons de longues années après, dans le documentaire « Etre ou avoir »….
« Et puis, il n'y avait pas que les enfants, il y avait aussi les parents et les grands-parents. C'étaient eux qui retenaient le progrès et empêchaient les idées nouvelles de s'imposer. (…)
Il restait tant de choses à faire, tant de vieilles idées et des habitudes à mettre en l'air. le patriarcat, le droit d'aînesse, la soumission des femmes, l'abrutissement par le travail, l'alcoolisme, les croyances, les superstitions et bien d'autres encore. C'était à moi de leur apprendre tout ça, j'étais décidée à me battre si nécessaire. Déjà, je savais que je ne leur ferais jamais chanter –Flotte petit drapeau- ni même- La Marseillaise-, ce chant de guerre, je savais que je ne leur raconterais jamais des histoires à dormir debout sur les belles batailles, l'héroïsme et la sainteté. Je n'avais qu'une chose à faire, leur ouvrir l'esprit, faire en sorte qu'ils transforment leur vie pour avoir plus de bien-être et qu'ils sortent de l'isolement et de leur aliénation. C'est ça que je voulais leur apprendre… (p.133-134).
Ce à quoi, Emilie Carles se dévouera pendant quarante ans dans les villages de montagne , où elle exercera avec passion son métier d'institutrice…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          490
lecassin
  05 janvier 2013
Emilie Carles, 1900-1979, une institutrice comme on en fait plus…
D'abord, parce que maintenant, on « forme » des Professeurs des Écoles » et ensuite parce qu'on ferme les écoles de campagne, particulièrement en montagne. Or l'école et la montagne sont les deux centres d'intérêt principaux de d'Emilie Carles… Ajoutons à cela un engagement politique autour des mouvements anarchistes et libertaires, ainsi qu'un combat local contre la traversée de sa chère montagne par une autoroute, pour fignoler le portrait.
« Une soupe aux herbes sauvages », très largement autobiographique, raconte la vie en montagne et la difficulté de cette vie même au plus près des montagnards : trente deux chapitres comme autant de chroniques…qui traitent du quotidien.
Un texte de fin de vie - édité en 1977, deux ans avant la disparition de l'auteur - pour cette institutrice qui aura fait de la montagne et le l'école, les deux pôles d'une vie bien remplie ; non pas comme un bilan… comme le témoignage d'un passé révolu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          400
brigittelascombe
  11 juin 2011
Ce récit autobiographique d'une petite paysanne devenue institutrice engagée, c'est un peu le chant de la terre et du travail des hommes.
Cette soupe, ce bouillon de culture, ce chemin de vie parsemé des cailloux de la perte (la mère jeune, le frère à la guerre,la soeur puis plus tard la petite Nini) n'est nullement triste, car Emilie Carles l'a arpenté avec force et courage, cueillant par ci par là les herbes du bonheur jusqu'à sa rencontre avec Jean, son engagement politique à ses côtés,son féminisme et son admiration pour son homme, celui qui n'hésite pas à élever des pupilles en plus des siens quitte à manger des pissenlits.
On ne peut qu'admirer nous aussi cette femme têtue et dynamique qui a eu du mérite pour sortir de sa condition, n'hésitant pas à parcourir sept kilomètres aller,sept kilomètres retour jusqu'à Briançon, un cartable pupitre au cou pour réviser son brevet avant de s'en revenir, après sa journée d'études, labourer les champs auprès de son père.
A lire et à méditer. Autres moeurs autre époque!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
titiseb77
  17 janvier 2018
Ce livre ne m'inspirait pas mais alors pas du tout, il faut dire que ni le titre, ni la couverture ne sont tentants et pourtant, j'ai passé un bon moment en compagnie d'Emilie Carles. Emilie Carles est née avec le siècle en 1900 dans un tout petit village des Hautes-Alpes, où les habitants, coupés du reste du monde, vivent en grand partie en autarcie, récoltant leurs terres, élevant leurs bétails, fabriquant ce dont ils ont besoin...
C'est cette vie que l'auteure va nous raconter dans ce livre, écrit à la fin des années 70, il n'y a donc pas si longtemps que ça. Cette vie rude et cruelle, où la première chose qu'un enfant apprend c'est qu'il faut travailler dur du matin au soir, sans être malade, sans se plaindre, sans avoir aucune autre ambition que de rester dans le village et de reprendre les rênes de l'exploitation familiale.
J'ai aimé toutes les anecdotes que l'auteure raconte dans ce livre, son désir de voir évoluer les choses, elle qui a eu la chance d'aller à l'école et d'apprendre suffisamment pour pouvoir devenir institutrice, son parcours personnel, qui est très enrichissant quand l'envie de baisser les bras peut nous surprendre, en revanche, j'ai moins aimé l'aspect politique que prend le livre au fur et à mesure des pages, même si cela reste minime, ces passages m'ont un peu lassés.
J'ai été vraiment très surprise que les gens puissent vivre comme cela au début du siècle dernier dans les petits villages montagnards, je savais que la vie était dure, que tout le confort était loin d'exister, mais je ne m'attendais pas à ce que les gens vivent avec leurs bêtes dans la maison pour seul chauffage, que la vie d'un tout petit soit aussi insignifiante, que les plaisirs même les plus simples soient quasi inexistants... Bref, ce livre est une vraie découverte du monde rural à la montagne, mais aussi une vraie leçon de vie, je l'ai lu en 2018 soit 40 ans après sa sortie, mais je pense que ce livre a dû remuer plus d'une personne à sa sortie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          131
Epictete
  05 février 2014
Il s'agit de l'autobiographie d'une enseignante, installée dans un environnement rural et surtout qui a vécu une époque d'évolution extraordinaire en occident.
Une femme doublement engagée, politiquement, dans des milieux libertaires, et paradoxalement, dans l'école et l'enseignement plutôt traditionnel et qui a des valeurs.
On est loin des débats actuels, on est dans l'action, dans le résultat, et sans concession sur le niveau. Et ce retour sur une vie passionnée, que l'on soit d'accord ou non avec les choix de l'auteur, fait plutôt du bien.
Il ne s'agit pas de nostalgie, mais de faire le constat des changements intervenus en quelques décennies dans notre monde.
Commenter  J’apprécie          180
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
isachon42isachon42   21 mars 2012
A qui profite le progrès ?
Pourquoi des journées de 8 heures ?
On pourrait supprimer le chômage en ne faisant que des journées de 4 à 5 heures et employer tout le monde. Apprendre à vivre très simplement : une table, quatre chaises, un lit, cela suffit à apprendre à profiter de nos loisirs, s'approcher le plus possible de la nature. Apprendre à lire, car lire c'est se fortifier l'esprit avec l'esprit des autres, s'imbiber le coeur de sentiments qui vous agrèent, c'est lutter avec un auteur suivant que nos idées ou nos sentiments s'accordent avec les siens ou s'en séparent.
Apprendre à vivre en sachant vivre et laisser vivre. Ne prendre dans la vie que les fleurs, des fleurs le parfum, laisser tomber cette religion qui a le plus d'adeptes, je parle de la religion de l'argent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          420
JcequejelisJcequejelis   25 septembre 2011
Depuis que j'étais petite fille, j'avais tellement désiré devenir maîtresse d'école que j'avais eu le temps de prendre conscience de l'importance de cette mission. A mes yeux les instituteurs sont responsables de toute la société. Ce sont eux qui ouvrent l'esprit aux gosses, qui leur montrent ce qui est bien et ce qui est mal. Cette responsabilité était maintenant la mienne et je devais en assumer les conséquences. Je me sentais suffisamment courageuse et patiente pour y parvenir, parce que, quand on a des gosses avec soi, il ne suffit pas de leur apprendre à lire, à écrire et à compter, il faut aussi leur apprendre à lire entre les lignes c'est-à-dire à réfléchir et à penser par eux-mêmes, et ça, ce n'est pas toujours facile. Ce qui est essentiel, c'est qu'un enfant dans une classe, n'importe lequel, se sente aimé et considéré, qu'il sente que le maître ou la maîtresse ne le prend pas pour un numéro ni pour un polichinelle, et que tout ce qu'on lui demande, c'est pour son bien. A partir de là bien des choses peuvent se passer, mais il faut de l'amour pour y parvenir. Sans amour il vaut mieux ne pas enseigner, il vaut mieux faire un autre métier. Pour moi c'était une vocation.

33 – [Le Livre de poche n° 5226, p. 133]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
JcequejelisJcequejelis   18 septembre 2011
Apprendre aux gosses à lire et à écrire est une grande chose, c'est important, mais ce n'est pas suffisant. J'avais toujours eu de l'école, de son rôle, et de celui du maître une idée plus élevée. A mes yeux c'est à l'école communale que les enfants prennent la mesure du monde et de la société, après, quels que soient leur métier, leur orientation, c'est trop tard, le pli est pris. S'il est bon tant mieux, mais s'il est mauvais il n'y a rien à faire.

Dans un pays arriéré comme ici, avec la vie que j'avais eue, ce qui me paraissait essentiel, c'était de leur ouvrir l'esprit à la vie, c'est-à-dire de faire éclater les barrières dans lesquelles, ils étaient enfermés, de leur faire comprendre que la terre était ronde, infinie et diverse et que chaque individu, qu'il soit blanc, noir ou jaune, a le droit – et le devoir – de penser, et de décider par lui-même. J'avais autant appris par la vie que par les études, c'est la raison pour laquelle je n'ai jamais pu juger mes élèves uniquement sur le résultat de leurs devoirs, mais aussi sur la manière dont ils se comportaient dans la vie de tous les jours. Par exemple, je ne leur ai jamais caché que tous autant qu'ils étaient ils n'échapperaient pas à la réalité sociale et que, au bout du compte, ils devraient travailler pour gagner leur vie.

19 - [Le Livre de poche n° 5226, p. 275]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
JcequejelisJcequejelis   18 septembre 2011
… ici, les gens ne lisent rien, c'est ça le désastre. Mon père que j'adorais était de cette race-là, il n'avait jamais lu un livre de sa vie, ni un journal. Je me souviens, au moment de mon mariage c'est une des choses qu'il avait reproché à Jean, il avait dit comme l'ultime preuve de sa bonne foi : « Il lit trop », montrant ainsi où se trouvait sa méfiance et sa peur. Comment pourraient-ils penser par eux-mêmes après ça, ils ne sont pas avec un auteur ou contre, ni pour une idée, ni contre. En définitive ce manque, ça ne leur apprend qu'une chose, à se taire et à vivre dans un monde qui se tait, tout comme l'eau qui dort. Le moindre souffle, la moindre parole qui sort de l'ordinaire les fait fuir. C'était ça les paysans ici, et à peu de chose près c'est encore ça , car s'il y a eu ces changements c'est uniquement d'un point de vue matériel, pour le reste ils sont toujours les mêmes : la conversation, la participation, tout simplement être contre et le dire si on le pense, ça ils ne le connaissent pas. On peut dire que c'est l’Eglise qui est responsable de cet état d'esprit, elle a eu une emprise formidable sur les gens et elle les a marqués. Par la suite ce fut le patriarcat qui prit le relais, le père était le chef incontesté de la famille, on lui obéissait au doigt et à l'œil et le chef lui-même se pliait aux lois de l’Église et l'Etat. C'est vrai que les instituteurs sont tous fautifs de ce qui se passe dans les écoles, c'est eux qui ont la possibilité de changer la mentalité des gosses, de leur ouvrir l'horizon et de faire en sorte que le monde change.

20 - [Le Livre de poche n° 5226, p. 222]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
JcequejelisJcequejelis   18 septembre 2011
… mon père s'occupait de Marie (sa petite-fille). Je venais aussi souvent que cela m'était possible, mais pendant les mois d'hiver, avec la neige, c'était difficile. Je restais absente une semaine, parfois deux, et mon père seul avec cette fillette se débrouillait comme il pouvait. Par les temps froids la gosse portait une robe de laine, une grosse laine sèche et rêche comme une râpe, et lui ne voulait la déshabiller ni l'habiller, il la laissait comme ça, sans la changer pendant des semaines, avec la même robe, la même chemise, la même culotte et, quand je revenais, mon père me disait : « Je ne peux pas, je lui enlève ses chaussures, c'est tout ce que je peux faire. » Il y avait de la pudeur là-dessous, c'était un homme de l'ancien temps, et pour lui, une fille, fût-elle sa propre petite-fille âgée de trois ans, restait un domaine interdit. La nudité devait lui faire peur. Il appartenait à cette génération qui avait connu les longues chemises de chanvre que l'on ne quittait jamais, même entre époux, même au moment de faire l'amour… Un trou, « le pertuis », pratiqué à hauteur du bas-ventre permettait de procéder aux opérations nécessaires sans jamais dévoiler le corps. Je crois bien que mon père n'a jamais vu un corps de femme, et évidemment, celui de Marie lui faisait peur tout autant que n'importe quel autre.

22 – [Le Livre de poche, n° 5226, p. 150]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Video de Emilie Carles (3) Voir plusAjouter une vidéo

Femmes femmes femmes
132ème numéro d'Apostrophes consacré aux femmes, avec comme invités : - Emilie CARLES, délicieuse vieille dame, institutrice retraitée, briançonnaise, anarchiste et pacifiste, qui a écrit ses mémoires dans "une soupe aux herbes sauvages". Sa vie est jalonnée par la mort : sa mère meurt foudroyée en plein champ alors qu'Emilie n'a que 4 ans, sa soeur meurt en couche, son frère...
Dans la catégorie : Femmes célèbresVoir plus
>Biographie générale et généalogie>Biographie générale et généalogique>Femmes célèbres (71)
autres livres classés : autobiographieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
695 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre
.. ..