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Jean-Pierre Lefebvre (Traducteur)
EAN : 9782070403110
376 pages
Éditeur : Gallimard (25/11/1998)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 53 notes)
Résumé :
UN ESSAI : Étude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'?uvre : approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse.
UN DOSSIER : Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. Éclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
michfred
  04 février 2016
Un recueil , une anthologie plutôt mais dont le choix, la disposition, la présentation bilingue sont voulus par l'auteur lui-même qui en a décidé en 1968. Pas de poèmes, donc, des dernières années de la vie de Celan, marquées par la dépression, la folie, et closes par son suicide, dans la Seine, où il s'est jeté depuis le pont Mirabeau -hommage macabre et cruel à un autre poète, Apollinaire?
L'édition de la NRF Poésie est argumentée, intelligemment présentée, commentée et annotée par J.P. Lefebvre.
La chose était nécessaire: la poésie de Celan est difficile, hermétique, de celles où on entre sur la pointe des pieds - une sorte de noir sanctuaire du néant, habité d'effroi où se dessine une parole sobre, au souffle coupé. On y retrouve les vocables de la poésie - cristal, nuit, étoile, amande, oeil...- mais accouplés différemment, déliés de leur imagerie poétique usuelle et réconfortante.
Un autre poète, Theodor Adorno, disait qu'il ne pouvait y avoir de poésie après Auschwitz. Paul Celan, dont les parents moururent dans la grande catastrophe de la Shoah, semble vouloir braver cet interdit: il écrit, dit Lefebvre, non une" poésie de l'après-Auschwitz, mais une poésie d'après Auschwitz". D'où cet agencement nouveau des mots, qui crée un nouveau langage, fait pour un monde hanté par la disparition des êtres et la destruction des valeurs.
C'est devant un grand tableau d'Anselm Kiefer que j'ai rencontré Paul Celan pour la première fois: Oh Halme, ihr Halme, Oh Halme der Nacht ..- Oh épis, vous épis, ô épis de la nuit- Je suis restée pétrifiée devant un champ immense, granuleux et sombre, tout hérissé de chaumes calcinés et blessants, à l'horizon duquel le ciel noir était couvert, oui couvert, par le poème de Celan, écrit à l'encre blanche, de la main appliquée et un peu tremblante de Kiefer...
Je me suis jetée sur le Choix de poèmes de Celan et l'ai lu d'une traite. Je n'y ai pas trouvé mon poème...et comme je ne connais pas l'allemand, il reste pour moi comme une incantation en noir et blanc sur un paysage concentrationnaire, une formule mystérieuse et pleine de douleur, et c'est sans doute aussi bien comme cela.
Sur le tableau de Kiefer le poème de Celan est moins seul.


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dbacquet
  06 octobre 2011
Paul Celan est quelqu'un à qui on a tout pris, un déraciné que l'histoire emporte. Sa poésie est minérale, crépusculaire. Elle a la taille d'une blessure et les silences alternent avec les cris, le visible avec l'invisible.
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frandj
  10 juin 2018
Que sais-je de Paul Celan ? pas grand-chose: qu'il était juif, avait échappé à la Shoah, était polyglotte, a connu l'exil et s'est définitivement installé en France. Une existence compliquée, très différente de ma petite vie à moi. Quand je lis ce recueil, je m'attends à ce qu'il évoque son parcours particulier et peut-être aussi ses amours. En réalité, je n'ai trouvé dans ses poèmes qu'un écho lointain et assourdi de tout cela. Sauf dans de rares pièces, rien n'est explicite, tout est elliptique. Pour que j'identifie les sentiments qui ont inspiré Celan et pour entrer personnellement en résonance avec lui, il faudrait que je lise entre les lignes – et je ne sais pas le faire. De plus, son écriture et (sans doute aussi) la langue qu'il a choisie pour écrire sont lapidaires, sans développement et sans complaisance lyriques. Ses poésies sont comme des petits diamants bruts, de grande valeur certes, mais sans joliesse. Les lecteurs peuvent être surpris par l'étrangeté de ces textes et éprouver une impression de perplexité. Cependant, cette lecture est pour moi une découverte que je ne regrette pas.
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LudwigduBouillon
  18 janvier 2018
j'ai découvert Paul Celan à 'occasion de l'exposition Monumenta d'Anselm Kieffer au grand palais et acquis " le choix de poèmes" en édition bilingue dans l'excellente collection poésie / Gallimard . certains poèmes sont d'accès difficile et je les lis en traduction, mon allemand a bien rouillé.
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ilonaisreading
  07 février 2019
Un recueil de poèmes hermétiques. le seul poème qui m'a parlé est "fugue de mort", poème renié par son auteur à la fin de sa vie. Dommage, je m'attendais à une lecture plus engagée.
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   04 février 2016
Mandorle.

Dans l'amande- qu'est-ce qui est dans l'amande?
Le néant.
C'est le néant qui est et se tient dans l'amande.
Il est là et continue d'être.

Dans le néant-qui donc est là et se tient? Le roi.
C'est le roi qui est là, le roi.
Il est là et continue d'être.

Boucle de juif, tu ne seras pas grise.

Et ton œil - vers quoi se tient-il ton œil?
Ton œil se tient et fait face à l'amande.
Ton œil, c'est au néant qu'il fait face.
Il se tient et reste du côté du roi.
C'est comme ça qu'il est, tient, continue d'être.

Boucle d'homme, tu ne seras pas grise.
Amande vide, bleu roi.

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palamedepalamede   14 août 2018
À hauteur de Bouche

À hauteur de bouche, perceptible :
excroissance ténèbre.

(Pas besoin, lumière, que tu la cherches, tu demeures
le filet de neige, tu tiens
ta proie.

L'un et l'autre sont valables :
Touché et Non-touché.
L'un et l'autre, avec la faute, parlent de l'amour,
l'un et l'autre veulent et exister et mourir.)

Stigmates de corolle, bourgeons, blocs ciliaires.
Œil épieur, étranger au jour.
Cosse, vraie et ouverte.

Lèvre savait. Lèvre sait.
Lèvre finit de le taire.
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palamedepalamede   21 juillet 2018
Rapport d’été

Le tapis de thym sur lequel
on ne marche plus, qu'on contourne.
Une ligne vide placée en travers
sur la bruyère des marais.
Néant porté dans les bris de vent.

Rencontres, de nouveau, avec
des mots isolés, comme :
éboulement, herbes dures, temps.
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michfredmichfred   07 février 2016
Strette.

Dé-placé dans
le territoire
à la trace non-trompeuse:

herbe-écriture désarticulée. Les pierres, blanches,
avec les ombres des brins:
Ne lis plus- regarde!
Ne regarde plus- va!

Va, ton heure
n'a pas de sœurs, tu es-
tu es chez toi. Une roue, lente,
roule d'elle-même, les rayons
grimpent,
grimpent dans un champ presque noir, la nuit
n'a pas besoin d'étoiles, nulle part
il n'y a souci de toi.
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coco4649coco4649   18 septembre 2014
LA NUIT, quand le pendule de l'amour balance
entre Toujours et Jamais,
ta parole vient rejoindre les lunes du cœur
et ton œil bleu,
d'orage tend le ciel à la terre.

D'un bois lointain, d'un bosquet noirci de rêve
l'Expiré nous effleure
et le Manqué hante l'espace, grand comme les spectres du futur.

Ce qui maintenant s'enfonce et soulève
vaut pour l'Enseveli au plus intime :
embrasse, aveugle, comme le regard
que nous échangeons, le temps sur la bouche.

p.71
Extraits, PAVOT ET MEMOIRE (MOHN UND GEDÄCHTNIS), Gallimard 1998.
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Videos de Paul Celan (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Celan
Pourquoi tant d'écrivains mélancoliques se sont-ils suicidés, alors qu'ils étaient déjà célèbres et en train d'écrire leurs oeuvres les plus prometteuses ? Franz Kaltenbeck montre comment l'écriture est devenue mortelle en elle-même pour des auteurs comme Kleist, Stifter, Nerval, Celan, Foster Wallace.
Alors que l'écriture d'une oeuvre peut soutenir son auteur jusqu'à lui éviter la folie, comme on le voit chez Joyce et d'autres artistes, certains, au contraire, en meurent. C'est à résoudre cette contradiction, qui a dans chaque cas des coordonnées singulières, que s'attache Franz Kaltenbeck en lisant des écrivains mélancoliques célèbres du xixe au xxie siècle. Il les considère comme des puits de savoir sur leur mélancolie, longuement décrite à travers leurs fictions. Il s'appuie sur sa solide connaissance de Freud, dont il tire des arguments nouveaux grâce à Kafka. On comprend, à le suivre, que ce qui a d'abord résisté à la mélancolie chez ces auteurs a subi par la suite une défaite mortelle. L'écrivain américain David Foster Wallace met particulièrement ce phénomène en évidence : il dit qu'une catastrophe, qu'il identifie de loin sans pouvoir la maîtriser – la transformer – par l'écriture, l'attend au tournant comme un cyclone. À l'instar de Kleist, Stifter, Celan, Nerval avant lui, il s'est suicidé au sommet de son art.
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