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Bernard Simeone (Traducteur)Philippe Renard (Traducteur)Attilio Bertolucci (Préfacier, etc.)
EAN : 9782864322832
86 pages
Éditeur : Verdier (25/12/1997)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Dans un petit village de l'Apennin, le vieux curé veille sur ses ouailles. Une pauvre lavandière, taraudée par un problème tente timidement, à sa façon, de chercher aide auprès de lui. Tout aussi maladroitement, à tâtons, il veut répondre à son attente.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  18 avril 2019
Lu d'une traite cette nuit...fascinée, intriguée par ce récit mystérieux à souhait... avec un style étonnant, entre poésie et prose...Une atmosphère envoûtante, une sorte de suspens qui nous tient miraculeusement en haleine jusqu'à la fin de ce récit...
Un village de montagne, isolé , comptant des bergers, des hommes de la terre , taiseux..., immuables, toujours mêmes et le narrateur, un vieux prêtre qui veille discrètement sur ses "ouailles"...Ce prêtre nous décrit magnifiquement cette nature sauvage, désolée, les rares couleurs...la vie qui s'écoule sans que rien ne se passe jamais...
Une intensité poétique qui nous parle de la solitude infinie des Hommes...de son âpreté...
Ce vieux curé est intrigué par une vieille femme, lavandière, vivant hors du village, seule,passant chaque jour avec sa brouette de linge à laver et sa chèvre...Il tente de l'approcher... va l'observer de loin... Deux trop "bruyantes solitudes"qui se rapprochent, s'éloignent....tentent de communiquer !
La vieille lavandière viendra à l'église voir le prêtre, souhaitant lui confier une question qui semble la tourmenter , sollicitant son aide... sans trop y croire...lui déposera une lettre, mais retournera la chercher... le suspens est là, captant notre attention...
Une sorte de drame universel, minimaliste, au style aussi épuré, aussi sauvage que cette nature "rocailleuse"grandiose et ses bergers, ces montagneux endurants, mutiques...
Cela m'a fait étrangement songer à l'atmosphère aussi intense des romans de l'auteure sarde, Grazzia Deledda...
Que dire de ce récit à nul autre pareil, si ce n'est que c'est un véritable ovni littéraire, d'une qualité unique... Une pépite à savourer lentement ... la magie opérant doucement et très profondément...
comme souvent , je pose quelques extraits...pour laisser s'envoler un peu du parfum des mots de cet écrivain:
"Mais aussi, ma foi, une chose triste. Un peu triste. Vous regardez le costume de ce petit homme là-bas, employé à la mairie, peut-être veuf, et la première chose qui vous vient à l'esprit, c'est que le costume a été neuf lui aussi. Et le petit homme aussi, bien sûr" (p. 22)
"Vous êtes parfaitement libre de rire, mais à cette heure-là les cailloux eux-mêmes étaient tristes, et l'herbe, désormais d'une couleur presque violette, plus triste encore." (p. 28)
"(...) si ton métier est de t'intéresser à tous, commence donc par t'intéresser à l'un d'eux, rien qu'un seul. Mais jusqu'au bout, au bas mot : jusqu'à la racine. Il n'est pas meilleur moyen pour t'intéresser alors sérieusement à tous les autres. (p. 50)"

....***Merci à cette insomnie qui m'a fait extraire ce texte des éditions Verdier... se trouvant dans mes "réserves d'écureuil"...depuis un temps certain , [acquis chez l'éditeur au Salon du Livre de Paris ]...!!!...
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viou1108
  27 mars 2020
Dans ce petit village de montagne perdu au milieu des Apennins, la vie passe sans qu'il ne se passe rien. Un vieux curé, quelques bergers, des femmes qui font la cuisine, des enfants, des chèvres. "Ce qu'ils font, ici à Montelice ? dis-je. Eh bien, ils vivent, voilà. Ils vivent et c'est tout, il me semble". Et puis un jour, une vieille lavandière s'installe à la limite du village. Elle a manifestement une question à poser au prêtre. Une question simple, mais grave et douloureuse. Alors elle tergiverse, fait des détours, écrit une lettre au curé mais la récupère avant qu'il l'ait lue, puis finit par lui poser sa question au crépuscule d'un soir d'automne. le prêtre, totalement pris au dépourvu, ne lui répond que phrases bibliques et sermons, là où la vieille femme, qui avait pourtant pressenti cette réaction, attendait de l'authenticité et une aide réelle…
Maison des autres est un tout petit livre, un chef-d'oeuvre de concision et de minimalisme. Sa prose épurée oscille entre poésie et réalisme, entre mystère des choses humaines et évidence de la nature. Il donne à voir, au bout d'un certain suspense, comment une rencontre hors du commun transforme un quotidien banal et archaïque en drame intemporel. Un texte aussi court que marquant.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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michfred
  02 décembre 2017
Comment dire ?
Casa d'altri - son titre en italien- est juste un chef d'oeuvre !
Bassani, Montalte, et bien d'autres grands écrivains italiens l'ont dit avant moi ! Et aussi Bookycooky qui me l'a chaudement recommandé (et qui une fois de plus a eu bien raison ! ).
Cela devrait suffire pour vous précipiter sur la version française où je vais poster une critique plus argumentée. Cette édition-ci, en VO , existe aussi en français. Elle comporte d'autres récits, une préface et les premières moutures de Casa d'altri, mais c'est inutile : ce petit bijou de concision et d'âpreté se suffit à lui-même. Après lui, tout paraît fade, ébauché, incomplet.
Je l'ai donc, d'abord, lu en V.O. Emballée mais, pas très sûre de mes capacités à tout saisir , en italien, dans ce petit conte réaliste et néanmoins philosophique, tant la phrase est à l'os, la langue débarrassée de toute scorie, l'action minimaliste et l'essentiel toujours entre les lignes, je l'ai aussitôt acheté en français, dans une édition où ce pur diamant –noir- est quasiment seul dans son modeste écrin.
Et c'était parfait. Je l'aurais bien relu une troisième fois, en italien à nouveau, mais je me réserve ce plaisir pour plus tard.
Confirmation incontestable : C'EST JUSTE UN CHEF D'OeUVRE !
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Bookycooky
  01 octobre 2014
Ce classique de la Littérature italienne est un chef-d'oeuvre.L'action de ce court récit se situe peu après la guerre dans un petit village de l'Appenin émilien.Un trou perdu,où ne se passe jamais rien.Le narrateur,le prêtre du village,un être esseulé ,y règne sur ses paroissiens depuis trente ans,essayant de donner du sens à ce qui en a guère.Un jour sa route va croiser celle d'une inconnue,une vieille femme misérable,solitaire et sauvage,qui lave du linge pour les autres.Ces deux personnages entre lesquels il n'est nul question de séduction vont se rapprocher au rythme d'un thriller,l'apogée étant la douloureuse question de la vieille au prêtre.Le prêtre ne saura,ne pourra répondre à cette question,mais il sera à jamais changé par cette rencontre avec cette âme singulière.La prose est magnifique,originale et poétique.C'est un livre que j'ai lu la première fois en 2001, je viens de le relire,la magie est toujours là!
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majero
  29 avril 2020
Montagne profonde. Dans le première nouvelle c'est le curé du village qui se demande ce que lui veut la vieille, misérable, tacite, lointaine, qui se tue à laver des guenilles au torrent.
Dans la deuxième, nuit des fantômes, macabre découverte de l'instituteur si mal payé.
J'ai trouvé l'écriture compliquée, la lecture ardue et décevante.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   13 janvier 2019
Et maintenant, c’était fini. Quelque chose était arrivé, une fois, une seule, et maintenant tout était fini.

Pourtant, je n’éprouvais même pas de douleur, ni de remords, de mélancolie ou quoi que ce soit de ce genre. Je sentais seulement en moi un grand vide comme si désormais plus rien n’avait pu m’arriver. Rien jusqu’à la fin des siècles.

Je faisais les cent pas dans la pièce où pour la première fois elle m’avait si bêtement parlé, je déplaçais un livre, le déplaçais à nouveau, ou tapais comme ça sur une vitre : et maintenant même un enfant aurait pu me conduire par la main. Une absurde vieille, un absurde prêtre : toute une absurde histoire de quatre sous.

Un bruit monta de la ruelle. Les six vieilles de Bobbio arrivaient à l’instant. Toutes les haies avaient gelé. Les six vieilles se réchauffaient en battant des pieds. Un filet de fumée sortit d’une autre maison.

Le garçon monta et frappa à la porte.

« Monsieur le curé, m’annonça-t-il sans entrer. Je cours sonner la cloche. À présent, la Melide a fini.

— J’arrive », dis-je.

Il faisait froid. Décembre est froid chez nous.
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fanfanouche24fanfanouche24   18 avril 2019
(...) si ton métier est de t'intéresser à tous, commence donc par t'intéresser à l'un d'eux, rien qu'un seul. Mais jusqu'au bout, au bas mot : jusqu'à la racine. Il n'est pas meilleur moyen pour t'intéresser alors sérieusement à tous les autres. (p. 50)
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fanfanouche24fanfanouche24   18 avril 2019
L'important, c'est de ne pas perdre son numéro. Il peut toujours sortir, voilà tout.
- Mais je ne l'ai pas perdu, dit-elle au bout d'un moment avec un sourire, comme si utiliser les mêmes mots que moi, c'était boire au même verre. (p. 34)
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mosaique92mosaique92   31 décembre 2019
L'automne était déjà à l'agonie. La nuit, les haies se couvraient de givre et la lune était devenue plus froide que la pierre : dure, ronde et précise comme elle ne peut l'être qu'à Noël, et les deux nuages qui l'entouraient ressemblaient à de la buée.
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zazyzazy   19 janvier 2012
On entendait par instants les clarines des moutons et des chèvres ça et là un peu avant les pâturages. Juste à l'heure, vous comprenez, où la tristesse de vivre semble grandir en même temps que le soir et vous ne savez qui en attribuer la faute : la mauvaise heure.
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