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ISBN : 2080648497
Éditeur : Flammarion (08/01/1992)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Vers l'âge de huit ans, je fis deux découvertes capitales : que les grandes personnes mentaient sans arrêt, mais que les livres rétablissaient la vérité. Les grandes personnes, par leurs leçons et leurs punitions, s'acharnaient à me faire voir le monde tel qu'il n'était pas. Les livres me le montraient tel qu'il était, c'est à dire comme je le voyais moi même.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
fanfan50
  08 août 2017
Lisez-vous encore Jean Dutourd ? Pas certaine.
Membre de l'Académie française, il fut journaliste, critique littéraire et aussi un bon romancier mais surtout un grand lecteur depuis son enfance.
Je cite ce qu'il dit en avant-propos : "parmi les choses impossibles, l'une des plus improbables, et que d'ailleurs je désirais à peine, eût été qu'une publication créât pour moi, pour mes beaux yeux, une rubrique des auteurs du passé. A propos de la réédition de tel de leurs ouvrages, j'aurais tenu là une sorte de journal de mes lectures, ce que je n'avais pas fait quand j'étais jeune, par paresse, haine de la cuistrerie, refus de gâter mes plaisirs par des pensums. Mais quel journal, quelle revue m'offrirait jamais cela ? ... "
Finalement cet ouvrage c'est un peu cela : il nous donne ses réflexions sur quelques oeuvres littéraires qui l'ont le plus marqué dans sa vie. Beaucoup sont tombées dans l'oubli - leurs auteurs aussi. Qui a lu "Léonard, maçon de la Creuse" de Martin Nadaud ? Et de même, qui serait capable aujourd'hui de lire les "Lettres à Madame Récamier de Benjamin Constant ?
Je cite encore la conclusion de son avant-propos : "Parler littérature est le plus charmant entretien que puisse procurer la civilisation. La critique littéraire n'est point faite pour les époques barbares. Non plus que la littérature, du reste. Les barbares ne veulent pas voir l'envers du monde, qui est gai. Rien que son apparence, qui est tragique."
Et il attaque sur un roman (peu connu et même oublié de nos contemporains) : "Le diable amoureux" de Cazotte en nous disant que "les petits auteurs ont des vies plus romanesques que les grands".
Puis il poursuit par quelques réflexions sur les oeuvres De Maupassant en débutant par cette réflexion : "Le journalisme est une bénédiction, parce qu'il faut remettre sa copie à l'heure et qu'il y ait le nombre de feuillets voulu. Si la muse est introuvable, tant pis, on doit marcher. Commencer son papier n'importe comment, continuer à l'aveuglette. Et, à la fin, on s'aperçoit avec ravissement que la muse était là quand même, que tout s'est ordonné chemin faisant, que le seul fait de s'y être mis a déclenché le petit miracle de l'écriture. Les trois cents contes De Maupassant ont été faits ainsi, parfois à la cadence de deux par semaine pour le Gil Blas et le Gaulois. Cela se voit".
Le troisième ouvrage cité est celui de Pierre Loti : "Le roman d'un spahi" publié en 1881, deux ans avant la conquête du Tonkin. L'auteur se demande : "Faut-il relire Loti ? Il vaudrait mieux relire Barrès ou Proust. Mais Loti mérite un détour." Je ne pense pas lire Loti un jour mais j'ai aimé la façon dont il en parle.
Et si je ne partage pas toujours ses enthousiasmes ne connaissant pas les auteurs dont il parle (Anka Muhlstein par exemple), c'est formidable de voir l'intérêt qu'il porte à tant d'oeuvres diverses !
J'aurais envie de lire "La Madone des spleepings" par Maurice Debroka tant il sait en parler joliment. Debroka, "un virtuose de la couleur locale. Il est allé dans les pays qu'il décrit et il les a vus avec un oeil de journaliste-poète."
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
fanfan50fanfan50   07 août 2017
Dès que j'ai su l'alphabet, je me suis jeté sur les livres. J'en ai lu des quantités. A huit ans, avec mon argent de poche, j'achetais des volumes de la bibliothèque Verte et de la collection Nelson. Tout me plaisait : il suffisait que ce fût imprimé. La persécution même ne me manquait pas. Mon père jugeait que je lisais trop, que cela prenait sur le temps des études ou sur le sommeil. La nuit, voyant de la lumière sous la porte de ma chambre, il entrait, éteignait, m'arrachait mon roman sans se soucier s'il m'interrompait au milieu d'une phrase. Pour éviter ces contrariétés, je me cachais dans mon lit comme sous une tente, avec une petite lampe électrique. Ainsi, étouffant de chaleur, à demi asphyxié, mais ne sentant rien car j'étais trop occupé à déjouer les combinaisons de Richelieu ou à causer avec Louis XI, ai-je avalé des bibliothèques. Ce n'était pas tout à fait sans plan : dès que je m'amourachais d'un auteur, je me procurais de lui tout ce qui était à ma portée, c'est-à-dire ce qui figurait dans le catalogue de la collection Nelson. J'avais écumé les bibliothèques Rose, Verte, Bleue, où fleurissaient quelques admirables écrivains, tels que la comtesse de Ségur, Gyp, Edmond About, Zénaïde Fleuriot, Magdeleine du Genestoux, Mayne-Reid, Gustace Guiches, Jean Webster, Alfred Assollant. Nul n'aurait pu m'en remontrer sur eux. Je connaissais tout de leur inspiration, de leur ton, de leurs tics, de leurs héros, de la façon si savante dont ils ménageaient l'intérêt du lecteur et jouaient de sa sensibilité. Quoique je fusse un peu choqué par leur canaillerie et leur cynisme, j'avais absorbé et réabsorbé Les Pieds nickelés, dont la dénomination a toujours été pour moi une énigme.
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fanfan50fanfan50   07 août 2017
L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé.
Montesquieu
Page 9
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fanfan50fanfan50   07 août 2017
On ne peut avoir l'âme grande ou l'esprit un peu pénétrant sans quelque passion pour les lettres.
Vauvenargues
Page 9
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fanfan50fanfan50   07 août 2017
C'est un métier que de faire un livre, comme de faire une pendule.
La Bruyère
page 25
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Vidéo de Jean Dutourd
AU BON BEURRE Extrait du téléfilm Au bon beurre.. Ce roman de Jean Dutourd se déroule pendant la période de l'occupation allemande de la France. Un crémier opportuniste et peu scrupuleux se livre à l'activité du marché noir en se convaincant du bien-fondé de ses actes. Deux intrigues principales suivent le destin du couple Poissonnard qui tient une crèmerie « Au Bon Beurre » en plein Paris dans les années 1940 et d'un jeune homme, Léon Lécuyer, fils d'une de leurs clientes et ancien prisonnier de guerre évadé. Cette période, où comme disait Pompidou, les français ne s'aimaient pas..
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