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ISBN : 2130444679
Éditeur : Presses Universitaires de France (01/04/1992)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 98 notes)
Résumé :
Publié en 1929, ce texte s'appuie sur la théorie des pulsions pour critiquer l'optimisme qui associe progrès de la civilisation et satisfaction grandissante de l'être humain. ©Electre 2018

" La question cruciale pour le genre humain me semble être de savoir si et dans quelle mesure l'évolution de sa civilisation parviendra à venir à bout des perturbations de la vie collective par l'agressivité des hommes et leur pulsion d'autodestruction. Sous ce rapp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ericbo
  19 février 2019
Il y avait plusieurs années que j'avais lu « L'interprétation des rêves ». L'écriture de Freud est souvent très claire et compréhensible, même lorsqu'il aborde des concepts liés à la psychanalyse.
Dans « Malaise dans la civilisation », il explique en quoi, la civilisation, la société, empêche l'individu de donner libre court à ses pulsions primitives de vie et de mort, créant ainsi de la frustration, puis de la névrose, au profit de la communauté, et du bien-vivre ensemble.
C'est, en résumé, l'objet de cet essai. Et un siècle après, c'est toujours d'actualité. Il utilise les concepts que sont le moi, le ça, le surmoi et leurs implications dans le juste équilibre à trouver entre société et individu. Lorsqu'il dit que l'individu aura toujours du mal à trouver le bonheur dans la communauté, on pense parfois à Schopenhauer.
Encore un auteur qui nous rend plus intelligents !
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ErnestineRadioconducteur
  19 février 2017
En classe de terminale, il y a seulement 21 ans, j'avais lu l'avenir d'une illusion. Je me souviens de la forte impression que cet ouvrage m'avait laissée. Je n'avais jamais rien lu de tel ...dans les postulats de départ... une description des interdits majeurs que pose toute culture et dans quelle mesure, si structurée, synthétique, une formulation si claire et concise de ce que l'on a pu observer soi-même confusément ou que l'on n'avait même pas remarqué tant c'était une évidence. La théorie qui l'analyse quant aux mécanismes psychiques qui explique la croyance religieuse reste plus sujette à caution mais reste interessante.
Je viens de lire malaise dans la civilisation et l'émerveillement est le même. C'est très dense, pour éclairer un sujet aussi large, on ne se perd pas en développements superflus, en démonstrations alambiquées peu convaincantes et autres conjectures, cela va droit au but, sans fioriture, sans redondances.
C'est comme si à la fin, il nous restait à l'esprit un schéma du panel de stratégies qui nous aident à vivre avec leurs avantages et leurs faiblesses, ce que la civilisation nous apporte d'une main, à cette fin et ce qu'elle nous reprend de l'autre... C'est assez drôle d'être si impressionnée par ces observations du monde, pendant que Freud les considère comme allant de soi.
et de la même façon qu'il y a 21 ans, passée la description, je reste dubitative sur des concepts explicatifs tels que " des liens d'ordre libidinal inhibés"
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camilledupont
  12 avril 2012
Subversif, suicidogène, blasphématoire, visionnaire...Dévoré en un dimanche ! Pauvre Sigmund, la maladie lui a épargné le douloureux destin de Stefan Zweig ou Primo Levi...
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kalala
  11 mars 2014
une impressionnante analyse par anticipation de la fin d'un monde avant même son agonie
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JeanArgenty
  03 décembre 2018
Le Malaise dans la civilisation est un ouvrage important de Sigmund Freud, écrit entre les deux guerres, en 1920. Certains lui trouvent des accents prémonitoires des horreurs à venir, peut-être est-ce hasardeux, ce que je peux en dire c'est que cette période de la vie de l'inventeur de la psychanalyse est sans aucun doute celle de l'accès à une extrême lucidité sur la condition humaine.
Dans le cadre d'une formation j'ai écrit ce texte sur l'ouvrage. suivre le lien.
Lien : http://www.inlibroveritas.ne..
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
AlexeinAlexein   02 août 2016
Aussi les sages de tous les temps ont-ils avec la plus extrême insistance, déconseillé de suivre cette voie [l’amour sexué (génital)] dans la vie ; elle n’a cependant pas perdu l’attraction qu’elle exerce sur un grand nombre d’enfants des hommes.
À une faible minorité d’entre eux, il est accordé, de par leur constitution, de trouver malgré tout le bonheur sur la voie de l’amour, mais pour cela d’amples modifications animiques de la fonction d’amour sont indispensables. Ces personnes se rendent indépendantes de l’assentiment de l’objet en déplaçant la valeur principale du fait d’être aimé sur celui d’aimer soi-même. Elles se protègent contre la perte de cet objet en dirigeant leur amour non sur des objets individuels, mais dans une même mesure sur tous les êtres humains, et elles évitent les oscillations et désillusions de l’amour génital en le déviant de son but sexuel, en transformant la pulsion en une motion inhibée quant au but. Ce qu’elles provoquent en elles de cette façon, cet état de tendre sensibilité, en égal suspens, ne se laissant décontenancer par rien, n’a plus beaucoup de ressemblance extérieure avec cette vie amoureuse génitale à l’agitation tempétueuse, dont elle est pourtant dérivée. Saint François d’Assise pourrait bien être celui qui est allé le plus loin dans cette utilisation de l’amour en faveur du sentiment de bonheur intérieur ; ce que nous reconnaissons comme l’une des techniques d’accomplissement du principe de plaisir a d’ailleurs été plus d’une fois mis en relation avec la religion, avec laquelle ce principe de plaisir pourrait bien être en rapport dans ces régions éloignées où l’on néglige de différencier le moi d’avec les objets et ceux-ci les uns d’avec les autres. Une perspective éthique, dont la motivation plus profonde nous deviendra bientôt évidente, veut voir dans cette propension à l’amour universel pour les hommes et pour le monde la position la plus haute à laquelle l’homme peut s’élever. Ici déjà nous voudrions ne pas garder par-devers nous nos deux raisons principales. Un amour qui ne choisit pas nous semble perdre une partie de sa valeur propre du fait qu’il est injuste envers l’objet. Et qui plus est : les hommes ne sont pas tous dignes d’être aimés.
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AlexeinAlexein   11 août 2016
La religion porte préjudice à ce jeu du choix et de l’adaptation [au principe de réalité], du fait qu’elle impose à tous de la même façon sa propre voie pour l’acquisition du bonheur et la protection contre la souffrance. Sa technique consiste à rabaisser la valeur de la vie et à déformer de façon délirante l’image du monde réel, ce qui présuppose l’intimidation de l’intelligence. À ce prix, par fixation violente d’un infantilisme psychique et inclusion dans un délire de masse, la religion réussit à épargner à de nombreux hommes la névrose individuelle. Mais à peine plus ; il y a, comme nous l’avons dit, de nombreuses voies qui peuvent mener au bonheur, tel qu’il est accessible à l’homme, il n’y en a aucune qui y conduise à coup sûr. La religion, elle non plus, ne peut tenir sa promesse. Lorsque le croyant se trouve finalement obligé de parler « des décrets insondables » de Dieu, il avoue ainsi qu’il ne lui reste, dans la souffrance, comme ultime possibilité de réconfort et de source de plaisir, que la soumission sans condition. Et s’il est prêt à cette soumission, il aurait vraisemblablement pu s’épargner le détour.
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AlexeinAlexein   03 août 2016
Dans mon écrit « L’avenir d’une illusion », il s’agissait bien moins des sources les plus profondes du sentiment religieux que de ce que l’homme du commun entend par religion, ce système de doctrines et de promesses qui d’un côté éclaircit pour lui les énigmes de ce monde avec une complétude digne d’envie, de l’autre lui assure qu’une Providence attentionnée veillera sur sa vie et réparera dans une existence de l’au-delà d’éventuels refusements. Cette Providence, l’homme du commun ne peut se la représenter autrement que dans la personne d’un père exalté jusqu’au grandiose. Seul un tel père peut connaître les besoins de l’enfant des hommes, être attendri par ses demandes, apaisé par les signes de son repentir. Tout cela est si manifestement infantile, si étranger à la réalité effective, que si l’on est porté à aimer les hommes il est douloureux de penser que la grande majorité des mortels ne s’élèvera jamais au-dessus de cette conception de la vie. On éprouve encore plus de honte à apprendre combien sont nombreux parmi nos contemporains ceux qui, forcés de reconnaître que cette religion ne peut être maintenue, cherchent cependant à la défendre pied à pied dans de pitoyables combats d’arrière-garde.
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AlexeinAlexein   03 août 2016
On affirmera que chacun de nous se conduit, sur un point ou sur un autre, de façon analogue au paranoïaque, corrige par une formation de souhait un aspect du monde qu’il ne peut pas souffrir, et inscrit ce délire dans la réalité. Un cas peut revendiquer une significativité particulière, celui où un assez grand nombre d’hommes s’engagent en commun dans la tentative de se créer une assurance sur le bonheur et une protection contre la souffrance par un remodelage délirant de la réalité effective. C’est comme un délire de masse que nous devons ainsi caractériser les religions de l’humanité. Le délire, celui qui le partage encore lui-même ne le reconnaît naturellement jamais.
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CatchMeCatchMe   03 août 2018
Il est réservé à une faible minorité d'entre eux, grâce a leur
constitution, d'atteindre tout de même au bonheur par la voie de
l'amour, mais pour cela il est indispensable de faire subir a la fonction
amoureuse de vastes modifications d'ordre psychique. Ces sujets se
rendent indépendants de l'agrément de l'objet au moyen d'un
déplacement de valeur, c'est-à-dire en reportant sur leur propre amour
l'accent primitivement attache au fait d'être aimé ; ils se protègent
contre la perte de la personne aimée en prenant pour objets de leur
amour non plus des êtres déterminés mais tous les êtres humains en
égale mesure ; ils évitent enfin les péripéties et les déceptions
inhérentes a l'amour génital en se détournant de son but sexuel et en transformant les pulsions instinctives en un sentiment à ≪ but inhibé ≫.
La vie intérieure qu'ils se créent par ces moyens, cette manière tendre,
égale et détendue de sentir, inaccessible aussi à toute influence, n'a
plus beaucoup de ressemblance extérieure, bien qu'elle en procède
pourtant, avec la vie amoureuse génitale, ses agitations et ses orages.
Saint François d'Assise est peut-être celui qui est allé le plus loin dans
cette voie, voie qui conduit a l'utilisation complète de l'amour aux fins
du sentiment de bonheur intérieur. Si nous reconnaissons dans ce
procédé l'une des techniques destinées à réaliser le principe du plaisir,
d'autres l'ont très souvent rattaché à la religion ; car principe du plaisir
et religion pourraient bien se rejoindre en ces régions lointaines ou
l'on néglige de différencier le Moi des objets, et ceux-ci les uns des
autres. Une conception éthique, dont les motifs profonds nous
deviendront bientôt évidents, voudrait voir dans cette disposition a
l'amour universel pour l'humanité et le monde, l'attitude la plus élevée
que l'être humain puisse adopter.
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Videos de Sigmund Freud (70) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sigmund Freud
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