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ISBN : 2070384527
Éditeur : Gallimard (31/03/1998)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 58 notes)
Résumé :
« Il mesurait un mètre quatre-vingt-huit, était blond, et on lui avait souvent dit qu'il ressemblait à un très jeune Gary Cooper. C'était le seul gars qui lui faisait quelque chose. Il avait même une photo de lui, qu'il regardait souvent. Les gars chez Bug Moran rigolaient, ils trouvaient ça marrant. "Qu'est-ce que ça peut te foutre, Gary Cooper ?" Lenny ne répondait pas et rangeait soigneusement la photo. "Tu veux que je te dise, Lenny ? C'est fini, Gary Cooper. Fi... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
meeva
  14 mai 2014
Dans ce roman, nous suivons Lenny, américain qui, pour échapper à la guerre du Vietnam, devient ski bum en Suisse, un vaurien traînant dans et autour des stations de ski.
En fait sa conscience semble avoir été effrayée par le slogan « ne vous demandez pas ce que l'Amérique fait pour vous, mais demandez-vous ce que vous faite pour elle ».
Ce roman est en partie intimiste car nous nous voyons souvent l'action à travers les yeux de Lenny.
C'est aussi un roman d'aventure, avec une partie de l'action qui concerne le trafic d'or et de devises entre la France et la Suisse.
Lenny est un personnage complexe. Il refuse de faire partie de la société, il est très désabusé, parfois cynique. Il revendique son aliénation, sans dire au profit de qui. Il passe même un peu pour un demeuré (« Il paraît même que c'est inscrit dans la Déclaration d'Indépendance, l'aliénation, mais jusqu'à présent, il y a que les Noirs qui en ont bénéficié. Je savais même pas que ça existait. le mot, je veux dire. », il veut aller en « euthanasie »). Il a des réflexions assez brut de décoffrage (« Toujours cette pute de psychologie, on n'a pas idée de ce que ça peut faire à un type, la psychologie. Ça pardonne pas. »).
Cependant, il a une personnalité un peu double : ce qui se passe en-dessous d'une certaine altitude ne compte pas, il s'adapte donc au monde et à la société qui l'entoure dans ce cas ; mais au-dessus de cette altitude, il est alors atteint par la pureté de la neige.
Il peut en effet faire preuve d'une grande candeur et d'une grande tendresse, avec les femmes notamment. Il y a une sorte d'animalité dans ce personnage, qui a besoin de contact physique, et qui aimerait réussir à ne pas trop réfléchir.
Il y échoue en partie car il a de superbes réflexions (« Sûr. Les plus beaux gâteaux, Bug, ce sont ceux qui n'existent pas. Dieu. le communisme. La fraternité. L'Homme, avec un H grand comme ça. »)
Jessie, elle, est bien plus intelligente et très complexe aussi. C'est une étudiante, la fille d'un diplomate, alcoolique, avec qui elle a une relation certes platonique mais tout de même un peu incestueuse. Elle est entourée d'autres étudiants, prétextes à des réflexions politiques sur le monde, sur les sociétés, avec par exemple une superbe déclamation de Chuck, étudiant noir, sur la condition des Noirs (que je verrais très bien dite par Samuel L. Jackson, comme il s'exprime dans Pulp Fiction) :
« […] Et ne venez pas parler aux Noirs américains de communisme, parce que nous ne voulons pas être intégrés. Ni dans le prolétariat, ni dans rien. Et autre chose. Nous n'avons aucune intention de renverser le capitalisme américain, bien au contraire. Nous voulons nous faire rembourser. […]
Il faut absolument lire ce passage en entier.
Ce livre est donc bien sûr rempli de réflexions sur de grands sujet : la connerie, « la barrière du langage » quand les gens ne se comprennent plus alors qu'ils parlent la même langue, la psychologie qui je crois est ici « la conscience d'être » et la mauvaise conscience entre autres, la démographie ( « la procréation indiscriminée »), la beauté des idées avec le gâteau qui n'existe pas dans la boîte, l'individualisme, l'aliénation, la condition des Noirs américains, l'importance des minorités…
Toutes ces réflexions ne sont pas du tout assommantes, car elles sont disséminées au gré des personnages ou des pensées de ceux-ci, à travers le narrateur.
Ce narrateur est très intéressant. Il est proche des personnages. Son ton varie suivant les passages où l'on s'intéresse à Lenny ou à Jess. Il permet donc très bien de se mettre dans la peau des personnages et de passer de l'un à l'autre.
A noter une apparition du Baron, toujours dans son état de stupeur alcoolique et dans toute sa « splendeur ».
J'ai adoré ce livre, j'aurais voulu qu'il dure plus longtemps.
J'ai essayé de ne pas me livrer à la citationnite aigue que m'inspire toujours Romain Gary (c'est formidable de savoir dire tant de choses, et de grandes choses, en si peu de mots ou de phrases), mais je vais quand même ajouter encore cet extrait dit par Lenny :
« - Je connais un type à Zermatt, qui dit : « C'est pas au point, tout ça. Il faut changer le monde. Il faut qu'on se mette tous ensemble et qu'on change le monde. » Mais si on pouvait se mettre tous ensemble, le monde, on aurait plus besoin de le changer. Il serait déjà complètement différent. Seul, tu peux faire quelque chose. Tu peux changer ton monde à toi, tu peux pas changer celui des autres. »
Toujours trop de lucidité chez Romain Gary.
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NatRenard
  30 mai 2016
Le livre qui m'a fait aimer Gary, pourtant le moins connu peut-être. Après Adieu Gary Cooper, la lecture des autres m'a en général hélas laissée déçue, et je n'ai - un peu - retrouvé cette écriture jubilatoire que dans ce qu'il a écrit sous le pseudo d'Ajar (Gary reste cependant un de mes écrivain·e·s français·e·s préféré·e·s, de loin).
Peu importe l'histoire, qui pour moi n'a ici que peu d'intérêt, sauf dans sa résolution , le fond est là. Drôle, et noir, et d'une intelligence réjouissante.
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amemad
  29 juin 2016
La comédie américaine 2 _ suite de "Mangeurs d'étoiles"
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Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
thursdaynextthursdaynext   21 novembre 2010
La barrière du langage s'était soudain dressée entre eux. La barrière du langage, c'est lorsque deux types parlent la même langue. Plus moyen de se comprendre.

C'est pas croyable qu'il pût y avoir dans un seul mec tant de connerie. Il y avait de quoi nourrir tout un peuple.

L'avocat lui parla de l'Amérique qu'il connaissait bien parce qu'il n'y était jamais allé, ce qui lui donnait de la perspective.

Il avait l'impression de nager dans une mer de colle : les sentiments. Mais il savait que son sourire tenait le coup. Cynique.

- Tu as été heureux ? A part le ski, je veux dire ?
- Non, j'ai pu éviter ça. C'est pourquoi ça ne me fait rien de partir. Pas de regrets.

Ils se souriaient à présent d'une manière tout à fait convaincante.

Il est vachement difficile de rester longtemps ensemble sans se parler, il faut vraiment avoir quelque chose à se dire. Les choses alors, se disent toutes seules, elles ont pas besoin de vous. Quand on s'envoie des mots à la figure, c'est comme pour les mouettes, tout ce que ça veut dire, c'est qu'il y a une bouche d'égout quelque part, merci du renseignement.

- Surtout ne me dis pas "je t'aime", Lenny.
- Il n'y a pas de danger. C'est un drôle de piège, le vocabulaire. C'est toujours quelqu'un d'autre qui parle, même quand c'est vous.

L'ordre, c'était pour lui quelque chose de terrible, parce que ça jurait avec ce qu'il avait en lui, plus c'était organisé autour de lui, et plus il sentait que c'était une pagaille noire chez lui, à l'intérieur, je veux dire.

Il essaya de sourire mais ça sortit tout tordu. Il avait une jambe cassée le sourire, il le rentra bien vite.

Il devint complètement mou, une fondue. Il avait l'estomac dans la gorge.

- Et alors, Lenny, qu'est-ce qui te paraît si précieux, dans la vie, tout à coup ?
- Rien. Toi.

Comment s'appelait déjà cet endroit qu'ils ont en Asie, comme la Mongolie extérieure, seulement encore plus loin ? Euthanasie, c'est ça.

Je l'ai pas tué. Je sais pas qui l'a tué. Je suis même pas capable de me tuer moi-même, alors, pourquoi j'irais rendre service à un type que je connais même pas ? Je suis un gentleman.

L'euthanasie, c'est là que je voudrais aller. Je sais pas du tout où c'est, mais c'est jamais assez loin pour moi.

Interrogation muette, un peu méfiante. Il avait des yeux de cafard chaud. Méridional.

Il fit un effort d'imagination absolument sans précédent, de quoi tuer un mec.
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markko31markko31   16 mars 2015
Les hommes étaient tous absolument surréalistes. Lenny n'avait pas très bien compris ce que c'était, le surréalisme, mais Bug lui avait confirmé que c'était justement cela, le surréalisme: il fallait pas essayer de comprendre. Les hommes, c'était tout à fait ça.
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meevameeva   14 janvier 2015
- Je connais un type à Zermatt, qui dit : « C’est pas au point, tout ça. Il faut changer le monde. Il faut qu’on se mette tous ensemble et qu’on change le monde. » Mais si on pouvait se mettre tous ensemble, le monde, on aurait plus besoin de le changer. Il serait déjà complètement différent. Seul, tu peux faire quelque chose. Tu peux changer ton monde à toi, tu peux pas changer celui des autres.
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markko31markko31   16 mars 2015
Elle se mit à rire. Il en eut le souffle coupé. Quand elle riait, c'était comme si on était soudain remonté là-haut, d'un seul coup, deux mille mètres au-dessus du niveau de la merde.
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rkhettaouirkhettaoui   11 septembre 2015
Je suis un homme libre. Je refuse d'être l'esclave du bonheur. Tous les bonheurs se valent : on est heureux, on jouit de la vie, c'est la fin de la révolte. Là où il y a du bonheur, il n'y a pas de révolte, et je vous défie de me prouver que ce n'est pas vrai. Le bonheur, c'est l'opium du peuple, la stagnation, c'est le malheur qui fait le progrès, c'est l'aiguillon qui vous pousse en avant
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Vidéo de Romain Gary
Interview de Marianne Stjepanovic Pauly, auteur de Romain Gary, la mélancolie de l'enchanteur aux Éditions du Jasmin. Interview réalisée en mai 2015.
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