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ISBN : 2070361179
Éditeur : Gallimard (09/06/1972)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 535 notes)
Résumé :
André Gide, exalté, sensuel, lyrique. Les Nourritures Terrestres, oeuvre de jeunesse, est un hymne panthéiste. Il célèbre la vie, la nature, le désir. Sa composition est kaléidoscopique. Les genres y sont mêlés : notes de voyages, fragments de journal intime, rondes et ballades, dictionnaire poétique, dialogues fictionnels. Toutes les formes d'écriture sont convoquées pour dire l'ardeur avec laquelle Gide tente d'exister. Il invite le lecteur à éduquer sa sensibilit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
candlemas
  28 février 2018
J'ai découvert Gide d'abord par la lecture de Si le Grain ne meurt et de la Symphonie Pastorale, dont les titres aux accents mystiques m'avaient attiré... mais il me semble plus juste de commencer un commentaire par Les Nourritures terrestres, publié en 1897 par un jeune homme de 28 ans fréquentant les milieux symbolistes et inspiré par Oscar Wilde. C'est d'ailleurs la lecture dont je garde le meilleur souvenir... peut-être parce que j'avais peu ou pour l'âge de l'auteur quand je l'ai lu...
L'ensemble de l'oeuvre de Gide, et son évolution, me semble inspirée par sa vie. Pour autant, une connaissance factuelle de son parcours -que j'ignorais lors de ma lecture- n'y aurait sans doute rien apporté : les Nourritures Terrestres, dont la poésie évoque Rimbaud et Verlaine, dont le lyrisme à la Chateaubriand a pu agacer et semble désuet aux contemporains de cette fin fin de XIXème siècle, dont les accents prophétique -"Natahanael, je t'enseignerai la ferveur...- m'on- fait penser à Citadelle ou au Zarathoustra de Nietsche, est avant tout un cri.
Si sa biographie et ses écrits ne semblent pas toujours congruents -ce qui a pu lui être reproché- , c'est que le jeune Gide est un être torturé, contradictoire, en proie à des pulsions contrariées -notamment homosexuelles, mais pas que-. Aussi ses écrits parlent-ils bien mieux de son parcours intérieur, de ses fantasmes d'élévation morale et des ses luttes, que ses actes en eux-mêmes.
Dans ce cri, le jeune homme exalte -mais c'est avant tout une recherche désespérée, qui préfigure de ce point de vue l'humanisme désenchanté de Camus- la beauté de la nature et l'exercice libre des sens. Cette aspiration hédoniste n'a rien à voir avec une dépravation qu'ont pu y lire les bigots contemporains -mis à l'index par le vatican en 1952-. elle puise certaines de ses racines dans la morale platonicienne et dans une mystique chrétienne, dont la Symphonie Pastorale et Si le Grain ne Meurt sonnent comme un aveu plus tardif. D'un point de vue philosophique, Gide me semble convoquer à son chevet d'inquiet maladif -encore une fois, neveu d'âme d'Oscar Wilde- Platon, Pascal et St Thomas d'Aquin, tout en prenant des accents mystiques empruntés aussi à sa connaissance de l'orient.
Et en même temps, successivement communiste, influencé par Nietzche, puis proche de Sartre, sa remise en question permanente ne se posera jamais sur un dogme : raison de plus pour lire ses livres comme le seul véritable témoignage de sa quête personnel, sans accorder trop d'importance au contexte. Lui-même se dira toujours incompris. Les Nourritures terrestres sot aussi un chant "à l'antique'", aux accents bucoliques virgiliens, prônant le fait de goûter le monde terrestre libéré de toutes chaînes, sociales ou égotistes, qui exhorte autant le lecteur que l'auteur lui-même.
Cet hymne à la joie propose comme chemin de vie, comme parcours initiatique -sous forme de carnet de voyage... intérieur- le rejet de l(attachement, la disponibilité au monde sensible et au présent. -La mode actuelle de la plein conscience -si utile notre XXIème siècle si on s'en imprègne vraiement- était déjà connu non seulement en Asie depuis des millénaires mais par des auteurs français "classiques" il y a aussi bien longtemps...
Paradoxe, toujours, chez Gide... l'appel à l'instantané passe par une convocation du souvenir ; et son chant entêtant invite à banqueter comme au satyricon, tout en prévnenat qu'il faut jeter le livre après l'avoir lu, pour garantir sa propre liberté de lecteur, en quelque sorte le déféquer...
Personnellement, je l'ai gardé. Je peux comprendre que les contradictions de Gide, tant dans le style, à la fois ancien et moderne, le ton, parfois précieux, mais tellement sincère, que sur le fond, qui semble proposer une voie de progrès personnel sans toutefois ni l'assumer ni l'affirmer, puissent agacer. Mais j'ai beaucoup aimé, et le recommande, sur tous ces aspects, comme ouvrage majeur, et malheureusement trop peu lu -ou trop peu commenté- de nos jours.
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oran
  31 janvier 2018

Encore un livre qui m'est cher et qui reste à portée de ma main, que j'ouvre pour retrouver, relire souvent quelques pages cornées à dessein, quelques lignes soulignées . Aujourd'hui une relecture complète dans le cadre de notre prochaine réunion du club littéraire consacrée « aux écrivains et à la gourmandise », un thème emprunté à une liste Babelio.
Un livre pour étancher notre soif, apaiser notre faim, nos appétits élémentaires, pour satisfaire à l'envi, d'autres besoins tout aussi vitaux , ceux qui nourrissent l'esprit . Une lecture gourmande effectivement qui nous fait goûter avec douceur, avec ferveur, volupté et poésie aux nourritures terrestres généreusement offertes , aux fruits de la terre, métaphores des douceurs de la vie, aux beautés du monde, aux ciels africains sublimés, ceux italiens éblouissants , à la sensualité du sable qui crisse sous le pied nu, à la douceur des rencontres imprévues, à la caresse de l'air, au temps qui passe dans la plénitude du bonheur, le désir d'un peu de pluie au coeur de l'été , l'attente de l'aube quand les étoiles se fanent, … Une quête nourricière toujours renouvelée
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stcyr04
  30 juin 2012
Quel beau livre! Quel bonheur! Voici une offrande qu'on voudrait déposer au pied du lit, pour qu'au réveil nous puissions boire à la source cette eau lustrale et nous y retremper, pour que nous offrions un OUI au jour qui s'éveille, pour avoir le courage, quand-même et malgré tout, d'être soi-même! “Un mot encore : Certains ne savent voir dans ce livre, ou ne consentent à y voir, qu'une glorification du désir et des instincts. Il me semble que c'est une vue un peu courte. Pour moi, lorsque je le rouvre, c'est plus encore une apologie du dénuement, que j'y vois. C'est là ce que j'en ai retenu, quittant le reste, et c'est à quoi précisément je demeure encore fidèle. Et c'est à cela que j'ai dû, comme je le raconterai par la suite, de rallier plus tard la doctrine de l'Évangile, pour trouver dans l'oubli de soi la réalisation de soi la plus parfaite, la plus, haute exigence, et la plus illimitée permission de bonheur. « Que mon livre t'enseigne à t'intéresser plus à toi qu'à lui-même, – puis à tout le reste plus qu'à toi.» André Gide.
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zohar
  06 mai 2011
«Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur » ! Et quelle ferveur incroyable qui se dégage de ce livre dans lequel Gide y exprime l'ardeur de vivre, cet élan qui permet d'éveiller les sens et le désir (car sans désir il n' y a pas de plaisir !).
Cette oeuvre hybride (où se mêlent notes de voyages et récits poétiques sous formes de ballades) nous invite à apprécier l'instant présent qui est l'essence de l'existence ; elle nous montre aussi une forme de vie hédoniste qui, par définition, cherche à s'affranchir de toutes conventions sociales (l' oeuvre est l'expression même de l'érotisme, un des thèmes en filigrane du roman) et/ou contraintes morales (notamment et par rapport à la culture chrétienne qui est évoquée).
Si « les Nourritures terrestres » reste fortement marqué par l'individualisme, c'est une véritable hymne à « Éros et Thanatos », voire une ode mystique des plaisirs (sans attaches) de la vie !
Gide explore ici son moi et s'efforce, par l'esprit critique, de rechercher ses limites : « les Nourritures terrestres » sont à déguster sans modération !
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colimasson
  18 juillet 2011
Difficile d'accrocher aux premiers passages des Nourritures (et des suivants aussi, mais l'habitude aidant, l'exaltation forcée du ton choque moins lorsqu'on avance dans la lecture). On ouvre le livre en lisant qu'il faut se débarrasser des livres, et même si on comprend que par « livres », Gide entend plus vraisemblablement parler de la culture et du savoir en général, cette affirmation d'une indépendance et d'une liberté totales vis-à-vis de la culture laisse à sourire… Gide apparaît aux premiers abords comme un homme rempli de paradoxes. On sent qu'il tente de prendre ses distances avec l'enseignement qu'il a reçu, sans pouvoir toutefois s'empêcher d'y revenir. Au milieu de tout ça, le lecteur est un peu perdu… Lorsque les dix premières pages d'un livre ne cessent de se contredire, faut-il jeter le livre au feu ou essayer d'aller voir plus loin, au moins pour rire un peu ?
Bon, j'ai eu envie de rire…
Tout n'est pas mauvais dans ces Nourritures, et de nombreux passages sauront rappeler au lecteur contemporain (forcément moderne, stressé, et blasé) qu'il faut savoir profiter des choses simples que la Nature peut nous offrir (c'est-à-dire des fruits purs, des fleurs, de la rosée, des jardins, des parcs et même des villes, si elles sont grandes, belles et ensoleillées). Quid des autres productions de la Nature, des inventions pas toujours reluisantes de son rejeton l'être humain ? Car la Nature, si on l'entend dans sa définition la plus étendue, regroupe également des éléments qui déplairaient certainement à Gide, qui n'entend dans ce terme-là que les productions simples et bêtes qui sortent de la terre.
Certains passages sont très mignons :
« Et notre vie aura été devant nous comme ce verre plein d'eau glacée, ce verre humide que tiennent les mains d'un fiévreux, qui veut boire, et qui boit tout d'un trait sachant bien qu'il devrait attendre, mais ne pouvant pas repousser ce verre délicieux à ses lèvres, tant est fraîche cette eau, tant l'altère la cuisson de la fièvre. »
Ils donnent envie de voir la vie de la même manière que Gide. Mais il y a quand même quelque chose qui cloche… Un doute pointe dans l'esprit du lecteur : faut-il faire un immense effort de concentration pour que chaque instant de l'existence ait l'air aussi exaltant que pour Gide, ou faut-il consommer les mêmes substances hallucinogènes que lui ? Rien d'inné là-dedans en tout cas.
La vie est-elle vraiment si belle qu'il faille faire tant d'efforts pour arriver à la percevoir de cette façon ? Il y a forcément quelque chose qui cloche s'il faut mobiliser toute son attention et sa concentration pour trouver que ce qui nous entoure est une porte d'accès direct au bonheur. Comme si personne n'avait déjà essayé. Si c'était aussi simple, ça se saurait non ?
Si Gide, comme il le clame lui-même, méprise autant la culture, l'éducation, les travaux intellectuels, si la vie –presque sauvage, dans le dénuement le plus complet- telle qu'il la décrit, peut très bien se passer de toutes ces inventions humaines, pourquoi y revient-il donc, à travers l'écriture par exemple ? Il y a de la mauvaise foi là-dedans…
Je ne critique pas la recherche assidue des plaisirs de Gide. Après tout, chacun fait comme il peut pour être heureux et trouver un semblant de sens à sa vie. Mais stigmatiser, comme il le fait, ceux qui ne se donnent pas la peine de trouver en chaque instant de leur vie une joie à consommer, c'est faire preuve d'une prétention difficilement égalable. Quid du commun des mortels, de tous ceux qui, contrairement à lui, n'ont pas eu la chance de pouvoir s'évader dans des pays lointains ? Car lorsque Gide nous parle de bonheur et d'émerveillement, jamais il ne se situe ailleurs que dans les lieux les plus idylliques de notre planète, faisant la liste de tous les sites qu'il a visités à l'instar d'un gamin tout fier de sa collection de cartes Pokémon.
Mais enfin, Gide n'est pas non plus un gentil bisounours sur toute la longueur des Nourritures. Il faut avouer que parfois il s'énerve, car le bonhomme n'aime pas tout ce qui « empêche l'homme d'être lui-même » (paradoxe encore jamais résolu).
« Au soir, je regardais dans d'inconnus villages les foyers, las de travail ; les enfants revenaient de l'école. La porte de la maison s'entrouvrait un instant sur un accueil de lumière, de chaleur et de rire, et puis se refermait pour la nuit. Rien de toutes les choses vagabondes n'y pouvait plus rentrer, du vent grollant du dehors –Familles, je vous hais ! foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur.-«
Le bonheur se trouve n'importe où, nous dit Gide, mais voilà une chose qui fait exception, et pas des moindres : l'attachement en fait partie. Enfin, peu importe ce que dit Gide, puisqu'il nous conseille lui-même de ne pas l'écouter et de jeter ce livre après lecture. C'est peut-être la meilleure idée qu'il n'ait jamais eue…

(et comme je suis pas tout à fait méchante non plus, de beaux passages qui m'ont tout de même plus. Ils n'impliquent personne d'autre que Gide, mais chacun peut y retrouver du sien…)
« J'enrageais de la fuite des heures. La nécessité de l'option me fut toujours intolérable ; choisir m'apparaissait non tant élire, que repousser ce que je n'élisais pas. Je comprenais épouvantablement l'étroitesse des heures, et que le temps n'a qu'une dimension ; c'était une ligne que j'eusse souhaitée spacieuse, et mes désirs en y courant empiétaient nécessairement l'un sur l'autre. Je ne faisais jamais que ceci ou que cela. Si je faisais ceci, cela m'en devenait aussitôt regrettable, et je restais souvent sans plus oser rien faire, éperdument et comme les bras toujours ouverts, de peur, si je les refermais pour la prise, de n'avoir saisi qu'une chose. L'erreur de ma vie fut dès lors de ne continuer longtemps aucune étude, pour n'avoir su prendre mon parti de renoncer à beaucoup d'autres. »
« Nos actes s'attachent à nous comme sa lueur au phosphore ; ils font notre splendeur, il est vrai, mais ce n'est que notre usure. »
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Citations et extraits (213) Voir plus Ajouter une citation
SophiePatchouliSophiePatchouli   18 septembre 2019
Il ne suffit pas de lire que les sables des plages sont doux; je veux que mes pieds nus le sentent... Toute connaissance que n'a pas précédée une sensation m'est inutile.
Je n'ai jamais rien vu de doucement beau dans ce monde, sans désirer aussitôt que toute ma tendresse le touche. Amoureuse beauté de la terre, l'effloraison de ta surface est merveilleuse. Ô paysage où mon désir s'est enfoncé ! Pays ouvert où ma recherche se promène; allée de papyrus qui se referme sur de l'eau; roseaux courbés sur la rivière; ouvertures des clairières; apparition de la plaine dans l'embrasure des branchages, de la promesse illimitée. Je me suis promené dans les couloirs de roches ou de plantes. J'ai vu se dérouler des printemps.
VOLUBILITÉ DES PHÉNOMÈNES
Dès ce jour, chaque instant de ma vie prit pour moi la saveur de nouveauté d'un don absolument ineffable. Ainsi je vécus dans une presque perpétuelle stupéfaction passionnée. J'arrivais très vite à l'ivresse et me plaisait à marcher dans une sorte d'étourdissement.
Certes, tout ce que j'ai rencontré de rire sur les lèvres, j'ai voulu l'embrasser; de sang sur les joue, de larmes dans les yeux, j'ai voulu le boire; mordre à la pulpe de tous les fruits que vers moi penchèrent des branches. A chaque auberge me saluait une faim; devant chaque source m'attendait une soif _ une soif, devant chacune, particulière; _ et j'aurais voulu d'autres mots pour marquer mes autres désirs
de marche, où s'ouvrait une route;
de repos, où l'ombre invitait;
de nage, au bord des eaux profondes;
d'amour ou de sommeil au bord de chaque lit.
J'ai porté hardiment ma main sur chaque chose et me suis cru des droits sur chaque objet de mes désirs...
(Et d'ailleurs, ce que nous souhaitons, Nathanaël, ce n'est point tant la possession que l'amour.) Devant moi, ah! que toute chose s'irise; que toute beauté se revête et se diapre de mon amour."
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stcyr04stcyr04   30 juin 2012
C’est dans l’abnégation que chaque affirmation s’achève.
Tout ce que tu résignes en toi prendra vie. Tout ce qui cherche à s’affirmer se nie ; tout ce qui se renonce s’affirme. La possession parfaite ne se prouve que par le don. Tout ce que tu ne sais pas donner te possède. Sans sacrifice il n’est pas de résurrection. Rien ne s’épanouit que par offrande. Ce que tu prétends protéger en toi s’atrophie.
À quoi reconnais-tu que le fruit est mûr ? – À ceci, qu’il quitte la branche. Tout mûrit pour le don et se parachève en offrande.
Ô fruit plein de saveur, qu’enveloppe la volupté, je sais qu’il te faut faire abandon de toi pour germer. Qu’elle meure donc ! qu’elle meure, cette douceur autour de toi. Cette abondante chair exquise et sucrée, qu’elle meure ! car elle appartient à la terre. Qu’elle meure afin que tu vives. Je sais que « si le fruit ne meurt, il reste seul ».
Seigneur ah ! donnez-moi de n’attendre pas la mort pour mourir.
C’est en se renonçant que toute vertu se parachève. C’est à la germination que prétend l’extrême succulence du fruit.
La vraie éloquence résigne l’éloquence ; l’individu ne s’affirme jamais plus que lorsqu’il s’oublie. Qui songe à soi s’empêche. Je n’admire jamais tant la beauté que lorsqu’elle ne sait plus qu’elle est belle. La ligne la plus émouvante est aussi la plus résignée. C’est en renonçant à sa divinité que le Christ vraiment devient Dieu. Et, réciproquement, en se renonçant dans le Christ Dieu se crée.

Les Nouvelles Nourritures Terrestres
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oranoran   31 janvier 2018
Ce que j’ai connu de plus beau sur la terre, Ah ! Nathanaël ! C’est ma faim. Elle a toujours été fidèle a tout ce qui toujours l’attendait. Est-ce de vin que se grise le rossignol ? L’aigle de lait ? ou non point de genièvre les grives ? L’aigle se grise de son vol. Le rossignol s’enivre des nuits d’été. La plaine tremble de chaleur. Nathanaël, que toute émotion sache te devenir une ivresse ; Si ce que tu manges ne te grise pas, c’est que tu n’avais pas assez faim.
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fanfanouche24fanfanouche24   22 juillet 2015
Tandis que d'autres publient ou travaillent, j'ai passé trois années de voyage à oublier au contraire tout ce que j'avais appris par la tête. Cette désinstruction fut lente et difficile; elle me fut plus utile que toutes les instructions imposées par les hommes et vraiment le commencement d'une éducation.
Tu ne sauras jamais les efforts qu'il nous a fallu faire pour nous intéresser à la vie; mais maintenant qu'elle nous intéresse, ce sera comme toute chose- passionnément. (p. 19)
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coco4649coco4649   09 mai 2018
Nathanaël, je t’enseignerai la ferveur…


Nathanaël, je t’enseignerai la ferveur.
  Nos actes s’attachent à nous comme sa lueur au phosphore.
Ils nous consument, il est vrai, mais ils nous font notre splendeur.
  Et si notre âme a valu quelque chose, c’est qu’elle a brûlé plus
ardemment que quelques autres.
  Je vous ai vus, grands champs baignés de la blancheur de l’aube ;
lacs bleus, je me suis baigné dans vos flots – et que chaque caresse
de l’air riant m’ait fait sourire, voilà ce que je ne me lasserai pas de
te redire, Nathanaël.
Je t’enseignerai la ferveur.
  Si j’avais su des choses plus belles, c’est celles-là que je t’aurais
dites – celles-là, certes, et non pas d’autres.

Tu ne m’as pas enseigné la sagesse, Ménalque.
Pas la sagesse, mais l’amour.
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Videos de André Gide (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Gide
Ecrivain prolifique, figure du milieu littéraire et médiatique, Yann Moix se retrouve au centre d?une vaste polémique en cette rentrée littéraire. Un premier scandale a éclaté dès la sortie de son dernier roman, "Orléans" dans lequel l?écrivain raconte la maltraitance qu?il a subie enfant. Son père, puis son frère, ont dénoncé le livre comme une pure affabulation. Quelques jours plus tard, L?Express a publié des fanzines antisémites conçus par Moix il y a 30 ans, alors qu'il était encore étudiant, ce que Moix lui-même a fini par reconnaître avant que, à la fin de la semaine, le Monde ne révèle l?étendue de ses contacts dans les milieux négationnistes littéraires d?extrême-droite, contacts qui se sont poursuivis jusqu?en 2013.
Après les affaires Renaud Camus et Mehdi Meklat, notre paysage médiatique et culturel se trouve de nouveau hanté par le spectre de l?antisémitisme. Pour essayer de décrypter cette histoire complexe, parler de négationnisme, mais aussi de confusion médiatique, et enfin de littérature, Marc Weitzmann reçoit Yann Moix et Marie Gil, critique littéraire, spécialiste de la littérature d?avant-guerre et membre du jury du prix André Gide.
Pour en savoir plus : https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/dandre-gide-a-yann-moix-la-trahison-des-origines-profite-t-elle-a-la-litterature
Signe des temps de Marc Weitzmann - émission du 1er septembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/signes-des-temps/saison-26-08-2019-29-06-2020
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