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ISBN : 2070361179
Éditeur : Gallimard (09/06/1972)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 328 notes)
Résumé :
André Gide, exalté, sensuel, lyrique. Les Nourritures Terrestres, oeuvre de jeunesse, est un hymne panthéiste. Il célèbre la vie, la nature, le désir. Sa composition est kaléidoscopique. Les genres y sont mêlés : notes de voyages, fragments de journal intime, rondes et ballades, dictionnaire poétique, dialogues fictionnels. Toutes les formes d'écriture sont convoquées pour dire l'ardeur avec laquelle Gide tente d'exister. Il invite le lecteur à éduquer sa sensibilit... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
stcyr04
30 juin 2012
Quel beau livre! Quel bonheur! Voici une offrande qu'on voudrait déposer au pied du lit, pour qu'au réveil nous puissions boire à la source cette eau lustrale et nous y retremper, pour que nous offrions un OUI au jour qui s'éveille, pour avoir le courage, quand-même et malgré tout, d'être soi-même! “Un mot encore : Certains ne savent voir dans ce livre, ou ne consentent à y voir, qu'une glorification du désir et des instincts. Il me semble que c'est une vue un peu courte. Pour moi, lorsque je le rouvre, c'est plus encore une apologie du dénuement, que j'y vois. C'est là ce que j'en ai retenu, quittant le reste, et c'est à quoi précisément je demeure encore fidèle. Et c'est à cela que j'ai dû, comme je le raconterai par la suite, de rallier plus tard la doctrine de l'Évangile, pour trouver dans l'oubli de soi la réalisation de soi la plus parfaite, la plus, haute exigence, et la plus illimitée permission de bonheur. « Que mon livre t'enseigne à t'intéresser plus à toi qu'à lui-même, – puis à tout le reste plus qu'à toi.» André Gide.
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zohar
06 mai 2011
«Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur » ! Et quelle ferveur incroyable qui se dégage de ce livre dans lequel Gide y exprime l'ardeur de vivre, cet élan qui permet d'éveiller les sens et le désir (car sans désir il n' y a pas de plaisir !).
Cette oeuvre hybride (où se mêlent notes de voyages et récits poétiques sous formes de ballades) nous invite à apprécier l'instant présent qui est l'essence de l'existence ; elle nous montre aussi une forme de vie hédoniste qui, par définition, cherche à s'affranchir de toutes conventions sociales (l' oeuvre est l'expression même de l'érotisme, un des thèmes en filigrane du roman) et/ou contraintes morales (notamment et par rapport à la culture chrétienne qui est évoquée).
Si « les Nourritures terrestres » reste fortement marqué par l'individualisme, c'est une véritable hymne à « Éros et Thanatos », voire une ode mystique des plaisirs (sans attaches) de la vie !
Gide explore ici son moi et s'efforce, par l'esprit critique, de rechercher ses limites : « les Nourritures terrestres » sont à déguster sans modération !
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colimasson
18 juillet 2011
Difficile d'accrocher aux premiers passages des Nourritures (et des suivants aussi, mais l'habitude aidant, l'exaltation forcée du ton choque moins lorsqu'on avance dans la lecture). On ouvre le livre en lisant qu'il faut se débarrasser des livres, et même si on comprend que par « livres », Gide entend plus vraisemblablement parler de la culture et du savoir en général, cette affirmation d'une indépendance et d'une liberté totales vis-à-vis de la culture laisse à sourire… Gide apparaît aux premiers abords comme un homme rempli de paradoxes. On sent qu'il tente de prendre ses distances avec l'enseignement qu'il a reçu, sans pouvoir toutefois s'empêcher d'y revenir. Au milieu de tout ça, le lecteur est un peu perdu… Lorsque les dix premières pages d'un livre ne cessent de se contredire, faut-il jeter le livre au feu ou essayer d'aller voir plus loin, au moins pour rire un peu ?
Bon, j'ai eu envie de rire…
Tout n'est pas mauvais dans ces Nourritures, et de nombreux passages sauront rappeler au lecteur contemporain (forcément moderne, stressé, et blasé) qu'il faut savoir profiter des choses simples que la Nature peut nous offrir (c'est-à-dire des fruits purs, des fleurs, de la rosée, des jardins, des parcs et même des villes, si elles sont grandes, belles et ensoleillées). Quid des autres productions de la Nature, des inventions pas toujours reluisantes de son rejeton l'être humain ? Car la Nature, si on l'entend dans sa définition la plus étendue, regroupe également des éléments qui déplairaient certainement à Gide, qui n'entend dans ce terme-là que les productions simples et bêtes qui sortent de la terre.
Certains passages sont très mignons :
« Et notre vie aura été devant nous comme ce verre plein d'eau glacée, ce verre humide que tiennent les mains d'un fiévreux, qui veut boire, et qui boit tout d'un trait sachant bien qu'il devrait attendre, mais ne pouvant pas repousser ce verre délicieux à ses lèvres, tant est fraîche cette eau, tant l'altère la cuisson de la fièvre. »
Ils donnent envie de voir la vie de la même manière que Gide. Mais il y a quand même quelque chose qui cloche… Un doute pointe dans l'esprit du lecteur : faut-il faire un immense effort de concentration pour que chaque instant de l'existence ait l'air aussi exaltant que pour Gide, ou faut-il consommer les mêmes substances hallucinogènes que lui ? Rien d'inné là-dedans en tout cas.
La vie est-elle vraiment si belle qu'il faille faire tant d'efforts pour arriver à la percevoir de cette façon ? Il y a forcément quelque chose qui cloche s'il faut mobiliser toute son attention et sa concentration pour trouver que ce qui nous entoure est une porte d'accès direct au bonheur. Comme si personne n'avait déjà essayé. Si c'était aussi simple, ça se saurait non ?
Si Gide, comme il le clame lui-même, méprise autant la culture, l'éducation, les travaux intellectuels, si la vie –presque sauvage, dans le dénuement le plus complet- telle qu'il la décrit, peut très bien se passer de toutes ces inventions humaines, pourquoi y revient-il donc, à travers l'écriture par exemple ? Il y a de la mauvaise foi là-dedans…
Je ne critique pas la recherche assidue des plaisirs de Gide. Après tout, chacun fait comme il peut pour être heureux et trouver un semblant de sens à sa vie. Mais stigmatiser, comme il le fait, ceux qui ne se donnent pas la peine de trouver en chaque instant de leur vie une joie à consommer, c'est faire preuve d'une prétention difficilement égalable. Quid du commun des mortels, de tous ceux qui, contrairement à lui, n'ont pas eu la chance de pouvoir s'évader dans des pays lointains ? Car lorsque Gide nous parle de bonheur et d'émerveillement, jamais il ne se situe ailleurs que dans les lieux les plus idylliques de notre planète, faisant la liste de tous les sites qu'il a visités à l'instar d'un gamin tout fier de sa collection de cartes Pokémon.
Mais enfin, Gide n'est pas non plus un gentil bisounours sur toute la longueur des Nourritures. Il faut avouer que parfois il s'énerve, car le bonhomme n'aime pas tout ce qui « empêche l'homme d'être lui-même » (paradoxe encore jamais résolu).
« Au soir, je regardais dans d'inconnus villages les foyers, las de travail ; les enfants revenaient de l'école. La porte de la maison s'entrouvrait un instant sur un accueil de lumière, de chaleur et de rire, et puis se refermait pour la nuit. Rien de toutes les choses vagabondes n'y pouvait plus rentrer, du vent grollant du dehors –Familles, je vous hais ! foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur.-«
Le bonheur se trouve n'importe où, nous dit Gide, mais voilà une chose qui fait exception, et pas des moindres : l'attachement en fait partie. Enfin, peu importe ce que dit Gide, puisqu'il nous conseille lui-même de ne pas l'écouter et de jeter ce livre après lecture. C'est peut-être la meilleure idée qu'il n'ait jamais eue…

(et comme je suis pas tout à fait méchante non plus, de beaux passages qui m'ont tout de même plus. Ils n'impliquent personne d'autre que Gide, mais chacun peut y retrouver du sien…)
« J'enrageais de la fuite des heures. La nécessité de l'option me fut toujours intolérable ; choisir m'apparaissait non tant élire, que repousser ce que je n'élisais pas. Je comprenais épouvantablement l'étroitesse des heures, et que le temps n'a qu'une dimension ; c'était une ligne que j'eusse souhaitée spacieuse, et mes désirs en y courant empiétaient nécessairement l'un sur l'autre. Je ne faisais jamais que ceci ou que cela. Si je faisais ceci, cela m'en devenait aussitôt regrettable, et je restais souvent sans plus oser rien faire, éperdument et comme les bras toujours ouverts, de peur, si je les refermais pour la prise, de n'avoir saisi qu'une chose. L'erreur de ma vie fut dès lors de ne continuer longtemps aucune étude, pour n'avoir su prendre mon parti de renoncer à beaucoup d'autres. »
« Nos actes s'attachent à nous comme sa lueur au phosphore ; ils font notre splendeur, il est vrai, mais ce n'est que notre usure. »
Lien : http://colimasson.over-blog...
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aouatef79
26 avril 2015
En voulant faire une critique sur les nourritures terrestres d A. GIDE , je dois remonter le temps et faire appel a mes souvenirs pour rappeler les sensations et les emotions nees de la lecture de ce livre. Je suis tombe par hasard sur ce dernier chez un bouquiniste . Ayant feuillete quelques pages,le desir et la curiosite m ont pousse a l achete et a le lire aussitot arrive chez-moi. Donc en premier lieu , il y a une lecture de jeunesse et d un neophyte car pas encore habitue a la lecture d un tel auteur . Ce livre je ne l ai lu qu une ou deux fois et loin de moi la pretention de vous que j ai tout saisi ou tout compris a patir de cette lecture . Ce n est que plus tard que j ai pris sur moi de revenir a l oeuvre de GIDE et la avec le temps j ai certains de ces livres. Ce que j ai remarque l ecrit de GIDE ne laisse indifferent : on aime ces ecrits ou on ne les aime pas ! Et cela vient ,je pense , de la complexite de cet auteur. Son enfance au cote d une mere rigoriste et puritaine ,appartenant a une classe sociale bourgeoise stereotypee ,ses penchants sexuels qui apparaitront plus tard ,le mariage mal consomme avec sa cousine et tous ces aleas ou facteurs reunis vont pousser l auteur a couper les liens avec cette societe hypocrite . IL va se recreer un autre monde a sa convenance .Ce livre est ecrit par un pantheiste , un hedoniste .un epicurien . IL laisse libre cours a tous ses instincts: il va aimer la terre ,la nature ,
les arbres ,les saisons , les roses ,les parfums, Eros etc . On peut dire que ce livre est un livre individualiste ou l on voit l auteur pousser Natanael vers la route qui mene au BONHEUR .IL semble lui dire fait tout ce qui te
fait plaisir il n y a pas de limite ni d interdit .Agis comme bon te semble ! Sois toi-meme !Ne cherche pas a possedes et vit dans le denuement mais sois heureux pour toi-meme
EN conclusion :A. GIDE semble dire a Natanael :VIS. Donne toi du plaisir !Laisse eclater la JOIE !LA VIE !LA FERVEUR ! ici dans le sens de l enthousiasme .
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volubilae
06 février 2017
Entamé à, au moins, six reprises, à peine dépassé les quelques premières pages, impossible, style zeurk. Ça arrive des fois tous le monde vous recommande un livre et vous attrapez de l'urticaire dés la première page.
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Citations & extraits (111) Voir plus Ajouter une citation
Hellas07Hellas0713 juillet 2017
Que l'importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée.
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Hellas07Hellas0713 juillet 2017
Chaque désir m'a plus enrichi que la possession toujours fausse de l'objet même de mon désir.
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Hellas07Hellas0713 juillet 2017
Effrayante une liberté que ne guide aucun devoir.
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stcyr04stcyr0430 juin 2012
C’est dans l’abnégation que chaque affirmation s’achève.
Tout ce que tu résignes en toi prendra vie. Tout ce qui cherche à s’affirmer se nie ; tout ce qui se renonce s’affirme. La possession parfaite ne se prouve que par le don. Tout ce que tu ne sais pas donner te possède. Sans sacrifice il n’est pas de résurrection. Rien ne s’épanouit que par offrande. Ce que tu prétends protéger en toi s’atrophie.
À quoi reconnais-tu que le fruit est mûr ? – À ceci, qu’il quitte la branche. Tout mûrit pour le don et se parachève en offrande.
Ô fruit plein de saveur, qu’enveloppe la volupté, je sais qu’il te faut faire abandon de toi pour germer. Qu’elle meure donc ! qu’elle meure, cette douceur autour de toi. Cette abondante chair exquise et sucrée, qu’elle meure ! car elle appartient à la terre. Qu’elle meure afin que tu vives. Je sais que « si le fruit ne meurt, il reste seul ».
Seigneur ah ! donnez-moi de n’attendre pas la mort pour mourir.
C’est en se renonçant que toute vertu se parachève. C’est à la germination que prétend l’extrême succulence du fruit.
La vraie éloquence résigne l’éloquence ; l’individu ne s’affirme jamais plus que lorsqu’il s’oublie. Qui songe à soi s’empêche. Je n’admire jamais tant la beauté que lorsqu’elle ne sait plus qu’elle est belle. La ligne la plus émouvante est aussi la plus résignée. C’est en renonçant à sa divinité que le Christ vraiment devient Dieu. Et, réciproquement, en se renonçant dans le Christ Dieu se crée.

Les Nouvelles Nourritures Terrestres
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fanfanouche24fanfanouche2422 juillet 2015
Tandis que d'autres publient ou travaillent, j'ai passé trois années de voyage à oublier au contraire tout ce que j'avais appris par la tête. Cette désinstruction fut lente et difficile; elle me fut plus utile que toutes les instructions imposées par les hommes et vraiment le commencement d'une éducation.
Tu ne sauras jamais les efforts qu'il nous a fallu faire pour nous intéresser à la vie; mais maintenant qu'elle nous intéresse, ce sera comme toute chose- passionnément. (p. 19)
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