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Armel Guerne (Éditeur scientifique)
EAN : 9782752900258
992 pages
Éditeur : Phébus (22/10/2004)
4.53/5   15 notes
Résumé :

Publié pour la première fois sous sa forme complète en 1963, ce recueil mythique rassemblant l'une des plus belles brassées de textes qui se puissent rêver (la plupart en version intégrale), considéré comme l'un des grands livres de son époque, manquerait à tous les amoureux du Romantisme allemand. Hölderlin, Jean-Paul, Tieck., Novalis. les frères Schlegel, Arnim, Chamisso, Hoffmann, La Motte-Fou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
jmb33320
  27 janvier 2019
J'ai pris tout mon temps, presque deux mois, pour déguster petit à petit, en parallèle à mes autres lectures, cette merveilleuse anthologie aux vastes dimensions. J'ai utilisé l'édition de la collection libretto, qui compte tout de même près de mille pages.
Je n'avais quasiment encore rien lu des Romantiques allemands et j'ai été saisi par la largeur du champ littéraire de ce mouvement. Je pensais poésie, contes et romans. Mais il faut y inclure aussi théâtre, essais (scientifiques, religieux) et correspondances.
J'ai pu mesurer à quel point le Romantisme se voulait à la fois retour à un passé réinventé et mythifié et volonté de faire table rase de la raison. La plupart des auteurs, hommes ou femmes, présents dans ce volume ont eu des vies probablement riches en sensations mais, selon nos critères, courtes et marquées par la maladie, physique ou mentale, voire le suicide.
J'ai particulièrement apprécié les poètes Hölderlin et Novalis. Pour les contes, ceux de Ludwig Tieck « le voyage dans le bleu », de Achim von Arnim « Les héritiers du majorat », de Friedrich de la Motte-Fouqué « Ondine » et de Joseph von Eichendorf « le château de Durande » me paraissent être de purs chefs d'oeuvre.
Les présentations du poète Armel Guerne sont assez réduites. Il ne faut donc pas attendre de cette anthologie un guide de lecture ou des explications poussées de ce que l'on découvre. Mais peut être la surprise, mêlée parfois d'incompréhension, face à des textes aussi puissants est-elle le meilleur des moteurs.
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Julian
  10 septembre 2007
Anthologie de textes des écrivains romantiques allemands préfacés et traduits par le passionant Armel Guerne. On y trouve de nombreux textes quasiment inédits en langue française et d'autres n'ayant pas été édités depuis plusieurs décennies. La plupart des auteurs majeurs du XVIIIe et du XIXe siècle allemand sont présents : Arnim, Novalis, Eichendorff, Kleist, Jean-Paul, Wackenroder, Stifter. Les trauductions sont absolument impeccables et rendent parfaitement la tonalité particulière du romantisme allemand.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
jmb33320jmb33320   15 décembre 2018
NOVALIS

Le vrai lecteur, il faut qu’il soit l’auteur amplifié. Il est cette suprême instance qui reprend la cause préparée déjà en première instance. Le sentiment, grâce auquel l’auteur a distingué les unes des autres les différentes matières de son écrit, chez le lecteur distingue le gros du fin, ce qui est encore fruste de ce qui est élaboré ; et si le lecteur retravaillait le livre à son idée, un deuxième lecteur le purifierait encore, en sorte que la masse ainsi travaillée viendrait toujours de nouveau prendre forme en des vases d’une efficacité plus fraîche, pour devenir enfin essentiellement partie intégrante, membre propre de l’esprit opérant.

Par une lecture et une relecture impartiale de son propre livre, l’auteur lui-même peut le décanter et le purifier. Chez les autres lecteurs, les inconnus, il se fait d’ordinaire que l’essentiel est égaré du même coup, puisque si rare est le don d’entrer pleinement et à fond dans une idée étrangère, dans l’idée de quelqu’un d’autre. Souvent même en-va-t-il pareillement chez l’auteur lui-même. Ce n’est point la marque d’une plus grande culture et d’une plus grande puissance, que de laisser tomber l’arrêt d’une juste critique sur un livre : la nouveauté d’impression rend toute naturelle une plus grande acuité de l’esprit.

(Page 246)
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nadejdanadejda   09 avril 2015
Karoline von Günderode
Libre voici que je l'étais, des frontières étroites de mon individu ; et cessant d'être une goutte isolée, j'avais été rendue au tout que je possédais à mon tour ; du tout j'avais la pensée, du tout j'avais le sentiment ; dans l'océan j'étais une onde, dans le soleil j'étais rayon, avec les astres la gravitation ; en tout j'avais sentiment de moi-même, et en moi-même je jouissais de tout. p 686
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jmb33320jmb33320   23 décembre 2018
Achim VON ARNIM
Les Héritiers du Majorat

[…]
Après l’église, il avait coutume de se rendre en visite chez la vieille noble dame, dont il franchissait la porte chaque dimanche, alors que les autres jours il passait seulement devant, en aspirant une prise de tabac de Schneeberg qui le faisait bien éternuer cinquante fois, déambulant comme une jeune fat et faisant le beau coq, se dandinant comme un petit-maître au risque de franchir malgré lui le porche de la demeure, tandis que sa flamberge lui battait les mollets, car il la portait à l’ancienne mode, glissée entre les basques de son habit.
Cette vieille dame noble, suprêmement frisée, poudrée comme neige, fardée comme un émail et couverte de mouches, avait conservé depuis trente ans le même empire sur notre malheureux duelliste, sans lui avoir jamais donné le moindre signe d’une quelconque réciprocité de sentiment. Quasi chaque jour il la célébrait sous toutes les formes poétiques, en des vers innombrables, mais sans oser se risquer jamais à lui lire ces épanchements de sa Muse, retenu par une juste crainte de son esprit et de sa repartie. Peigner chaque dimanche le gros caniche noir dans la présence de la dame, répondre à ses questions, tel était le salaire de cette journée dominicale tant attendue ; mais aussi recevait-il en échange un gracieux sourire, auguste récompense que notre galant estimait sans prix.

(Pages 397-398)
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jmb33320jmb33320   11 décembre 2018
Ludwig TIECK :

Le mortel ne peut jamais compter sur la raison et la logique pour pénétrer sa propre essence… Et peu importe, n’est-ce-pas ? s’il pense avec des notes de musique ou avec des pensées. La musique, langue plus obscure et plus délicate, souvent lui semblera bien préférable à la langue elle-même.

Ainsi que des semences merveilleuses, les notes jettent en nous des racines avec une rapidité incroyable ; des forces ardentes et invisibles nous animent, et en un instant s’élève le bruissement d’un bocage que parent mille fleurs merveilleuses aux couleurs d’une étrangeté indescriptible ; parmi les feuilles et les branches surgit notre enfance et même un passé plus lointain encore.

(page 216)
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jmb33320jmb33320   08 décembre 2018
Friedrich HÖLDERLIN
LE CIMETIÈRE

Silencieux endroit, verdoyant de jeune herbe
Où gisent l’homme et la femme, et les croix sont debout
C’est là que sont accompagnés les amis qui s’en vont
Là-bas où luit l’éclat des vitres claires des fenêtres,

Lorsque sur toi brille du ciel la haute flamme
De midi, quand le printemps souvent s’attarde,
Lorsque la nue immatérielle au loin, et grise, humide,
Et le jour doucement dans sa splendeur s’éloigne.

Quelle paix de silence au long de ce mur gris,
D’où déborde et se penche un arbre avec ses fruits ;
Lourds de noire rosée, et son feuillage est plein de deuil,
Mais les fruits sont pressés avec un bel orgueil,

Dans l’église là-bas, c’est une paix très ténébreuse,
Aussi l’autel dans cette nuit est comme inexistant,
Dedans il est encor certaines choses belles,
Mais dans l’été, dehors, beaucoup de grillons chantent.

Là, pour quelqu’un, entendant ce que dit le prêtre,
Alors qu’est à côté, debout, le groupe des amis
Qui sont avec le mort, quelle existence en soi
Et quel esprit, et pieusement demeurer recueilli.
(page 63)
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Videos de Armel Guerne (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Armel Guerne
Armel GUERNE – Qui est Armel Guerne ? (France Culture, 1984) L’émission « Agora », par Olivier Germain-Thomas, diffusée le 10 avril 1984 sur France Culture. Invité : Dominique Gagnard.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Littératures des langues germaniques (21)
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