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Martine Thomas (Traducteur)Ramón Chao (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2842055810
Éditeur : 1001 Nuits (30/11/-1)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 126 notes)
Résumé :
Le 29 décembre 1951, lorsqu'il monte sur le siège arrière de la Norton 500 de son ami Alberto Granado, Ernesto Guevara va bientôt avoir vingt-quatre ans. Leur traversée aventureuse de l'Amérique latine se révélera être un véritable voyage initiatique même si, au départ, les deux étudiants sont plus attirés par le romantisme de la route cher à la Beat Generation que par la découverte des peuples opprimés.
Bouillonnement d'êtres et de destins, fragments de vies... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  20 novembre 2012
Voici le journal de voyage du Che, et même, comment le Che est devenu Che.
C'est une manière de "Sur la route" de Kerouac à la sauce sud américaine. (Les points communs entre ce livre et celui de Jack Kerouac sont, à mon avis, largement sous estimés.)
Au départ, notre Ernesto favori n'est encore qu'un jeune étudiant en médecine, fils de bonne famille, désireux de découvrir le monde. Avec son compagnon, le biochimiste Alberto Granado, ils s'embarquent sur une moto improbable.
De péripéties de baroudage en chutes et de chutes en péripéties cocasses, ils atteignent le Chili en traversant la majestueuse Cordillère des Andes, la colonne vertébrale des Amériques.
C'est alors qu'ils découvrent le pouvoir secret du "CHE !", interjection typiquement argentine, et qui, lorsqu'ils l'emploient ailleurs, est une porte d'entrée admirable, à la fois pour raconter leur périple, mais aussi, pour gagner la bienveillance des gens (qui les appellent alors petit Che, Alberto, et grand Che, Ernesto).
On y découvre alors un visage inattendu du futur révolutionnaire, parfois drôle et roublard. On comprend aussi, à mesure de l'avancement du voyage, que l'événement marquant du voyage va être la rupture définitive de leur monture, la moto, qui va les obliger, notamment à partir du nord désertique du Chili, puis surtout au Pérou, à voyager au contact des populations locales, à les écouter, à compatir à leurs misères, en somme à ne plus évoluer en qualité de touristes, mais en observateurs des réalités et dysfonctionnements sociaux.
Le virage dans la vision du Che est amorcé et nous en sommes les témoins, par l'évolution du style et des centres d'intérêt de l'auteur (beaucoup moins de descriptions de paysages, beaucoup plus de constats sociaux et une évocation de plus en plus engagée) dans ce carnet de voyage au cours des découvertes et de l'avancée du chemin parcouru jusqu'au Venezuela en passant par les léproseries et la forêt équatoriale.
Ernesto Guevara prend peu à peu conscience d'une appartenance pan-américaine, véhiculée en premier lieu par la langue espagnole, mais pas seulement. le futur médecin bourgeois est devenu engagé politique et idéologique.
En somme, un voyage initiatique réellement captivant, une écriture alerte, limpide et savoureuse de mon point de vue, mais ce n'est que mon point de vue, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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le_Bison
  22 avril 2013
Je connais ces terres J'ai foulé ces pierres J'y suis déjà venu Et j'y ai vécu
Une sensation franche Cette lumière blanche J'ai enfin trouvé La paix que je cherchais
Prendre une vieille motocyclette déglinguée qui ne tient que par la solidité de quelques fils de fer et chevaucher la pampa, les montagnes et les déserts à la rencontre des gens et des âmes. Et partir sur ces Terres. Partir avec Ernesto. A l'époque, le Che n'était pas encore tout à fait le Che. C'était juste un gamin de vingt-quatre ans, étudiant en médecine, loin encore de ses considérations politiques futures. Juste Guevara. D'ailleurs, pour lui, ce voyage semblait plus un hommage à Jack Kerouac, à cette « beat generation » qui veut vivre juste pour vivre. Avec son comparse, Alberto, il pense avant tout à la bouffe et au vin lors de cette longue pérégrination à travers l'Amérique. Moi, cela me convient aussi ! Je pars avec eux…
Départ : l'Argentine – Arrivée : Miami.
Découverte de l'Argentine, du Chili, de la Colombie, du Venezuela. Je vais en voir des paysages grandioses et peut-être même que je rencontrerai quelques bonnes âmes pour accueillir ce troisième voyageur virtuel que je fus (et l'espoir secret de croiser la route de Florent Pagny). Quand il y a du vin pour deux, pourquoi il n'y en aurait pas pour trois ? La révolution passe par ce partage ; non ce n'est pas le début du communisme mais celui de l'entraide et de la sociabilité par le vin.
Si le début de l'expédition semble plus être le voyage de deux êtres potaches, des étudiants aimant faire la fête, faire ripaille et boire, boire, boire jusqu'au bout de la nuit, petit à petit, je sens l'humeur d'Ernesto se transformer. Ce voyage va lui ouvrir les yeux sur sa route à mener. Il s'en va à la rencontre du monde. Il découvre les mines de sel, et de minéraux où les conditions de travail de ces ouvriers sont bafouées. Aucune sécurité pour un salaire de misère. Ce n'est plus un travail, mais de l'exploitation pure et simple, avec une espérance de vie pas très flatteuse.
Il visite les hôpitaux, et ces mouroirs que l'on appelle, de façon plus politique, les léproseries. L'espoir d'embarquer pour l'île de Pâques à la rencontre de la plus grande léproserie de cette partie sud du continent. Peut-être l'année prochaine… le bateau vient de quitter le port.
Il part à la rencontre des gens, des légendes, des croyances. La motocyclette n'a finalement pas fait long feu, et n'a pas dépassé l'Argentine. J'aurais pu faire demi-tour mais non ; le voyage continue, à pieds, en car ou en auto-stop. le pouce levé, un nuage de poussière s'élève, un pick-up nous dépasse. Il s'arrête, nous embarquons, pour le prochain village, le prochain poste frontière. Il nous propose une bière, quelques feuilles de coca, et nous planons vers les sommets de la Cordillère des Andes.
Aquí se queda la clara,
La entrañable transparencia,
De tu querida presencia,
Comandante Che Guevara.
Tu mano gloriosa y fuerte
Sobre la Historia dispara
Cuando todo Santa Clara
Se despierta para verte.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Ambages
  11 octobre 2015
J'ai beaucoup apprécié cette lecture. Ce voyage au travers de l'Amérique latine était fort plaisant, la découverte de villes, d'architectures variées, de lacs et de paysages parfois arides ou d'autres de nuit qui glaçaient les joues quand les voyageurs avançaient à pieds ou dans des camions, le tout très bien rendu par le narrateur. Les personnages rencontrés étaient tout aussi intéressants et certains avaient une âme qui ne pouvait que me toucher. S'agissant d'Ernesto Guevara, j'ai découvert un aspect du personnage que j'ignorais : chenapan, rusé, rieur et bon vivant avec son compagnon de route, Alberto Granado. Le Che, un lettré, intelligent, qui a su transcrire ses émotions dans son carnet de voyage d'une fort belle manière, pour ouvrir vers la fin du récit sur ce que serait son futur, comme un curieux pressentiment.
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Lunalithe
  30 avril 2016
Ce roman de voyage est écrit par le jeune Ernesto Guevara lorsqu'il avait à peine 24 ans et qu'il n'était pas encore « Che Guevara ». En effet, Che Guevara était un auteur prolifique puisqu'il a tenu des notes et des journaux toute sa vie, même lorsqu'il menait des opérations guérillas.
Au début de ce roman, nous suivons deux amis, Ernesto et Alberto, jeunes étudiants, qui veulent traverser l'Amérique du Sud sur une moto Norton 500 cm² qu'ils appellent « La Poderosa » (la vigoureuse, en espagnol). Ils aiment faire la fête, manger, boire, et ils sont plutôt roublards. Il en résulte des scènes très cocasses.
Pourtant, au fur et à mesure de leurs contacts avec la pauvreté de la population on sent un changement dans l'esprit d'Ernesto. le voyage devient alors plus initiatique alors qu'ils découvrent les mines où les conditions de vie des ouvriers sont épouvantables, ou encore les hôpitaux aux conditions désastreuses, et les léproseries qui font office de mouroir.
Au travers de ses observations, on sent petit à petit comment le jeune étudiant en médecine est devenu le grand révolutionnaire que l'on sait. Dans la préface, écrite plus tard, l'auteur reconnait d'ailleurs à quel point ce voyage l'a changé.
Le livre a été adapté par Walter Salles, et a reçu 3 prix et 13 nominations. Gaël Garcia Bernal joue extrêmement bien le jeune Ernesto (sans compter une ressemblance physique assez troublante) et les paysages sont somptueux – entre autres choses !
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lelikes
  31 janvier 2016
J'ai vraiment apprécié cette lecture. Ce voyage au travers de l'Amérique latine était fort plaisant, la découverte de villes, d'architectures variées, de lacs et de paysages parfois arides ou d'autres de nuit qui glaçaient les joues quand les voyageurs avançaient à pieds ou dans des camions, le tout très bien rendu par le narrateur. Les personnages rencontrés étaient tout aussi intéressants et certains avaient une âme qui ne pouvait que me toucher. S'agissant d'Ernesto Guevara, j'ai découvert un aspect du personnage que j'ignorais : chenapan, rusé, rieur et bon vivant avec son compagnon de route, Alberto Granado. le Che, un lettré, intelligent, qui a su transcrire ses émotions dans son carnet de voyage d'une fort belle manière, pour ouvrir vers la fin du récit sur ce que serait son futur, comme un curieux pressentiment.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   23 novembre 2012
À la pointe de l'aube, nous avons rencontré deux ivrognes auxquels nous avons joué le fabuleux numéro de l'anniversaire. La technique en est la suivante :
1) On dit bien fort une phrase initiale, du type : " Che, dépêche-toi et arrête tes bêtises. " Le candidat tombe dans le piège et demande immédiatement d'où on vient ; on engage une conversation.
2) On commence à raconter en douceur nos difficultés, le regard perdu au loin.
3) J'interviens et je demande la date du jour, quelqu'un la donne ; Alberto soupire et dit : " Dis donc, quel hasard, ça fait juste un an aujourd'hui. " Le candidat demande un an de quoi, on lui répond, un an que nous avons entrepris notre voyage.
4) Alberto, beaucoup plus culotté que moi, pousse un profond soupir et dit : " Dommage que nous soyons dans une telle situation, autrement on pourrait fêter l'événement ", (cela, il me le dit à moi sur un ton apparemment confidentiel). Le candidat s'offre ensuite à nous inviter, mais nous, nous prenons l'air gêné pendant un moment et lui expliquons que nous ne pourrons pas lui rendre l'invitation... que nous finissons par accepter.
5) Après le premier verre, je refuse catégoriquement d'en prendre un autre et Alberto se moque de moi. Notre mécène se fâche et insiste, je refuse à nouveau sans donner d'explication. Notre homme persiste et, à ce moment-là, je lui avoue tout confus qu'en Argentine on a l'habitude de boire en mangeant. La quantité de nourriture dépend évidemment de la tête du client, mais notre technique est bien rodée.
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le_Bisonle_Bison   19 avril 2013
Une fois la gourde vidée, s’avancer à pied dans le désert devenait une entreprise très pénible. Cependant, nous y sommes allés sans crainte, laissant derrière nous la barrière qui marque la limite de la ville de Chuquicamata. Tant que nous sommes restés dans le champ visuel des habitants du lieu, nous avons marché d’un pas athlétique. Mais ensuite, l’immense solitude des Andes pelées, le soleil de plomb qui nous tombait sur la tête et le poids mal réparti de sacs à dos encore plus mal fixés nous ont ramenés à la réalité. A quel point notre situation était « héroïque », comme l’avait qualifiée l’un des douaniers, nous n’en savions rien. En revanche, nous commencions à soupçonner, et avec raison, je crois, que le mot qui définissait le mieux devait tourner autour de l’adjectif « stupide ».
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Nastasia-BNastasia-B   21 novembre 2012
L'une des choses qui nous a le plus impressionnés, malgré sa simplicité, fut la scène d'adieux avec les malades. À eux tous, ils ont réuni 100,50 sols qu'ils nous ont remis avec un petit mot grandiloquent. Ensuite, plusieurs d'entre eux sont venus prendre congé de nous individuellement ; plus d'un a versé des larmes en nous remerciant du peu de vie que nous leurs avions données en leur serrant la main, en acceptant leurs petits cadeaux ou en s'asseyant parmi eux pour suivre un match de football. S'il y a quelque chose qui puisse nous inciter à nous consacrer sérieusement un jour à la lèpre, c'est bien cette affection que nous témoignent partout les malades.
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AmbagesAmbages   11 octobre 2015
«L'avenir appartient au peuple, qui, pas à pas où d'un seul coup, va conquérir le pouvoir, ici et partout sur la terre.
L'ennui c'est qu'il doit se civiliser, et cela ne peut se faire qu'après avoir pris le pouvoir, pas avant. Il ne se civilisera qu'en reconnaissant le prix de ses propres erreurs, qui seront très graves et coûteront beaucoup de vies innocentes. Peut-être d'ailleurs qu'elles ne seront pas si innocentes que cela, car elles auront commis l'énorme péché ~contra natura~ qui consiste à manquer de capacité d'adaptation. Toutes ces victimes, tous ces inadaptés, vous et moi par exemple, mourront en maudissant le pouvoir qu'ils ont contribué à établir au prix de sacrifices parfois immenses. Car la révolution, sous sa forme impersonnelle, leur ôtera la vie et se servira de leur souvenir comme exemple et comme instrument de domestication de la jeunesse montante.

p. 178
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Nastasia-BNastasia-B   21 novembre 2012
Un nouvel épisode de nos aventures commençait. Nous étions habitués à retenir l'attention des badauds avec notre accoutrement original et la silhouette prosaïque de la Poderosa II [N. B. : c'est le nom de la moto], dont le souffle asthmatique faisait pitié à nos hôtes, mais, d'une certaine façon, nous étions les chevaliers de la route. Nous appartenions à la vieille aristocratie " errante " et nous arborions, comme carte de visite, nos diplômes qui faisaient une énorme impression. Maintenant, c'était fini. Nous n'étions plus que deux clochards avec nos sacs à dos et toute la boue du chemin collée à nos combinaisons, comme un arrière-goût de notre condition aristocratique.
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Videos de Ernesto Che Guevara (33) Voir plusAjouter une vidéo
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